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Full text of "Revue des sociétés savantes des départements"

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DES DÉPARTEMENTS, 

PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES 

DU MINISTÈRE DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE, DES CULTES 
ET DES BEAUX-ARTS. 



CINQUIÈME SÉRIE. 

TOME VI. 

ANNÉE 1873. — 2‘ SEMESTRE. 


PARIS, 

IMPRIMERIE NATIONALE. 


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DES DÉPAltTEMENTS, 


PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES 

IN [STÈRE I)E L’INSTUliCTION IHjlILIQUE, DES CULTES 
ET DES BEAUX-ARTS. 


CINQUIÈME SÉRIE. 


TOME VI. 

ANNÉE 1873. — 2* SEMESTRE. 



PARIS, 


IMPRIMERIE NATIONALE. 






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REVUE 



SOCIÉTÉS SAVANTES. 












L'administration de l'Instruction publique déclare qu'elle laisse 
à chaque auteur la responsabilité de ses doctrines et de ses asser¬ 
tions. 


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REVUE 


DES 


SOCIÉTÉS SAVANTES 

DES DÉPARTEMENTS, 

PUBLIÉE SOCS LES ADSPICES 

DU MINISTÈRE DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE, DES CULTES 

FT DKS BEAUX-AR TS. 

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CINQUIEME SERIE. 

TOME VI. 

ANNÉE 1873. — 2* SEMESTRE. 



PARIS, 

IMPRIMERIE NATIONALE. 

M DCOC LXXIY. 


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REVUE 


DES 

SOCIÉTÉS SAVANTES. 

JUILLET-AOÛT 1873. 


COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES 

ET DES SOCIÉTÉS SAVANTES. 


SECTION D’HISTOIRE ET DE PHILOLOGIE. 


SÉANCE DU 5 MAI 1873. 


PRÉSIDENCE DE M. LASCOUX, 

TICS-PïfolDtBT. 

M. Lascoux donne lecture d'un arrêté de M. le Ministre, en date 
du 8 avril 1873, qui nomme M. Léopold Delisle président de la 
section d'histoire et de philologie du Comité des travaux historiques 
et des Sociétés savantes, en remplacement de M. Amédée Thierry. 

M* Lascoux invite à prendre place, au fauteuil de la présidence, 
M. Delisle, qui prononce, à cette occasion, les paroles suivantes : 

rr Messieurs, 

* Appelé à présider la section d'histoire du Comité des travaux 
historiques et des Sociétés savantes, je ne puis m'asseoir dans ce 
fauteuil sans remercier M. le Ministre de l'instruction publique de 
l'honneur qu'il m'a conféré et auquel j'avais moins de droits que 

Rev. des Soc. sav. 5* s^rie, t. VI. \ 


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— *2 — 


beaucoup d'entre vous. Je dois encore exprimer les regrets que 
nous inspire à tous la perte de l'homme éminent dont je serai ici 
Tindigne successeur, et dont les compositions historiques resteront 
parmi les œuvres mémorables du xix e siècle. Par les exemples et 
les conseils qu’il a prodigués, par l’activité, le dévouement et la 
bienveillance avec lesquels il a partagé et dirigé nos travaux 
pendant une longue suite d’années, M. Àmédée Thierry a puis¬ 
samment contribué à répandre chez nous le goût des études histo¬ 
riques. 

<rSecondé par votre zèle et soutenu par votre indulgence, j’es¬ 
sayerai de marcher sur ses traces. Nous n’aurons qu’à nous inspirer 
de sa mémoire pour ne pas laisser déchoir une institution qui, de¬ 
puis quarante ans, rend tant de services à l’histoire nationale, et 
qui, en faisant mieux connaître un passé souvent glorieux, doit 
affermir et raviver en France l’amour de la patrie. * 

M. Gustave Bertrand, membre de la section d’archéologie, 
adresse les copies collationnées de deux des recueils de documents 
français existant à la bibliothèque de Saint-Pétersbourg. Ces copies 
sont renvoyées à la commission nommée dans la séance du 
1 3 mai 1872 pour examiner les premiers envois de M. G. Bertrand. 

M. Gabriel Monod, directeur adjoint de l’École des hautes études, 
demande à publier, dans la Collection des documents inédits, une 
chronique française rimée sur la troisième croisade, dont le ma¬ 
nuscrit est conservé à la bibliothèque du Vatican. 

Ce poème inédit n’est pas une œuvre d’imagination, un roman 
poétique : c’est une histoire en vers écrite par un contemporain, 
par un témoin oculaire, et qui doit, par conséquent, trouver sa 
place dans la grande collection de documents publiée par le minis¬ 
tère de l’instruction publique. 

M. Monod donne, dans sa lettre, des renseignements sur ce ma¬ 
nuscrit plusieurs fois mentionné, et particulièrement par Montfau- 
con, dans sa Bibliotheca manuscriptorum , parmi les manuscrits de la 
reine Christine, à Rome, sous le titre de Boman des guerres de la 
Terre Sainte. 

Outre le récit de la troisième croisade, qui comprend i 2,21 o vers, 
il contient uue chanson sur la mort du roi Richard et le Petit plet 
de Chardry. 


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— 3 — 


Ce projet de publication est renvoyé à l’examen d’une commis¬ 
sion composée de MM. Meyer, de Mas-Latrie et Marty-Laveaux. 

M. le baron de Girardot, membre non résidant, adresse, poul¬ 
ies archives du Comité, un extrait du compte du receveur du gre¬ 
nier à sel de Vierzon (i 5 i 6 ). 

Remercîments et dépôt aux archives. 

M. Le Héricher, correspondant, fait hommage du Glossaire éty¬ 
mologique des noms propres de France et £ Angleterre (ethnologie et 
familiation), extrait du XXVI* volume des Mémoires de la Société 
des antiquaires de Normandie. 

Dépôt à la bibliothèque du Comité et remercîments. 

M. Nozot, correspondant, adresse copie de diverses ordonnances 
conservées dans les archives de Sedan. 

Renvoi à M. Bellaguet. 

M. Soucaille, correspondant : copies de deux documents histo¬ 
riques conservés dans les archives municipales de Béziers. 

Renvoi à M. Boutaric. 

M. Briquet réclame contre la décision prise par le Ministre, sur 
l’avis du Comité, au sujet des Tables générales alphabétiques et ana¬ 
lytiques des Mémoires de Trévoux. Il n’est cependant pas découragé, 
parce qu’il espère que la comparaison que le Comité sera prochai¬ 
nement à même de faire entre la table de M. Summervogel et celle 
dont il achève la rédaction modifiera l’opinion des membres de la 
section et amènera une nouvelle décision favorable à la publication 
de son œuvre. 

M. Briquet donne, à cette occasion, un aperçu de ce travail et 
des recherches laborieuses auxquelles il a dû se livrer. 

La section ne peut que passer à l’ordre du jour sur cette récla¬ 
mation, qui se rattache à une question en dehors des attributions 
du Comité et dont celui-ci n’a eu à s’occuper que tout exception¬ 
nellement. 

M. le Président désigne, pour rendre compte de publications de 
Sociétés savantes, MM. Théry, Michelant, Bellaguet, Jourdain, 
Marty-Laveaux et A. de Barthélemy. 


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— A — 


Des rapports sont lus par : 

M. Bellaguet, sur la Revue agricole , industrielle , littéraire et artistique 
publiée par la Société d'agriculture, etc., de l'arrondissement de 
Valenciennes 1 ; 

M. Hippeau, sur les Mémoires de la Société de statistique du départe¬ 
ment des Deux-Sèvres 2 ; 

Le même M. Hippeau, sur les Mémoires de la Société académique de 
Cherbourg 3 ; 

M. Théry, sur le Bulletin de la Société d'études scientifiques et archéo¬ 
logiques de Draguignan 4 . 

Ces quatre rapports sont renvoyés à la commission de la Revue . 

M. Meyer rend compte verbalement d’une communication de 
M. Soucaille, dont il propose le dépôt aux archives. 

M. Hippeau fait la même proposition au sujet d'une ordonnance 
du conseil communal de Draguignan, communiquée par M. Mireur, 
instituant une maison pour les femmes de mauvaise vie (3 no¬ 
vembre 1377). 

C. Hippeau, 

Secrétaire de la section d'histoire et de philologie. 


SÉANCE DU 9 JUIN 1873 . 


PRÉSIDENCE DE M. LÉOPOLD DELISLE, 

MEMBRE DE LTHSTITUT. 

M. Anatole de Barthélemy fait hommage d'une brochure qu'il 
vient de publier sous ce titre : Les origines de la maison de France . 
(Extrait de la Revue des questions historiques.) 

Remercîments et dépôt dans la bibliothèque du Comité. 

‘ T. XXII, XXIII, XXIV et XXV, années 1868-1872. 

5 T. IX, 1869, et X* 1870. 

8 Année 1871. 

4 T. VII et VIII. 


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— 5 — 


M. Francisque Michel, membre non résidant, renvoie ie manus¬ 
crit des Rôles gascons des règnes de Henri III et d’Edouard I er , qu’il 
a revu avec soin, et il prie M. le Ministre de vouloir bien le soumettre 
au Comité, afin que celui-ci se prononce sur les dispositions à 
prendre au sujet de cette publication arrêtée en principe. 

Renvoi à la commission sur le rapport de laquelle la publication 
a été adoptée. 

M. Octave Teissier, membre non résidant, adresse quelques ex* 
traits du Liber mortuorum de l’église de Brignoles (Var), 1588-1609. 
Le sacristain qui tenait ce registre y mentionnait, à leur date, les 
événements politiques ou les faits locaux de quelque importance 
qui parvenaient à sa connaissance. Ces indications peuvent être 
très-utiles pour fournir des dates, et M. Teissier propose à la section 
de publier dans la Revue les extraits qui font l’objet de sa présente 
communication, dans le seul but de signaler ces sortes de recueils 
aux investigations des correspondants. 

Renvoi à M. Rathery. 

M. J. d’Arbaumont, correspondant, adresse le résultat de ses re¬ 
cherches sur le prieuré de Sainte-Foy ou mieux de Chevigny-Sainte- 
Foy, fondé vers la fin du x e siècle. Ce travail a été exécuté d’après 
des documents empruntés, pour la plupart, soit au cartulaire de la 
Sainte-Chapelle de Dijon, soit au registre terrier de la même église. 

Renvoi à M. de Mas-Latrie. 

M. de Beaurepaire, correspondant, adresse copie du testament 
de Nicolas de Neufville de Villeroy, secrétaire d’Etat sous les rois 
Henri III, Henri IV et Louis XIII, mort à Rouen en 1617. Ce tes¬ 
tament a paru au correspondant offrir quelque intérêt pour la bio¬ 
graphie de l’homme célèbre qu’il concerne. 

Renvoi à M. Rathery. 

M. Duhamel, correspondant, adresse copie de deux documents 
concernant l’histoire de la Corse, qui lui paraissent intéressants à 
faire connaître pour constater quel était l’esprit dont était animée 
la première assemblée ayant eu lieu après l’annexion de l’ile à la 
France. 

Dépôt de ces documents aux archives du Comité, et remerciments 
à M. Duhamel. 


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6 — 


M. Dupré, correspondant, adresse un mémoire sur le cérémo¬ 
nial des obsèques du roi Charles VII et du duc Charles d'Orléans, 
d'après une instruction qui fut ajoutée lors de la mort du roi, en 
1 46 1, au nécrologe de l'abbaye de Pontlevoy, conservé à ta biblio¬ 
thèque de Blois. 

Renvoi à M. Bellaguet. 

M. L. Robin, correspondant à Digna (Jura), adresse deux notes. 
La première concerne Nemrod II. C'est un extrait d’un travail inédit 
de M. Robin sur l’empire assyrio-babyIonien. La seconde a pour 
titre : Saint Démétrius , disciple des apôtres . Elle est extraite d’un autre 
travail, également inédit, du même auteur, sur la Grèce politique 
et religieuse depuis le xv® siècle avant J.-C. jusqu’au temps présent. 

Dépôt aux archives de celte communication, dont l'objet ne 
rentre pas dans les attributions du Comité. 

M. Soucaille, correspondant, adresse copie d’un document his¬ 
torique conservé dans les archives de Béziers, et qui lui paraît cu¬ 
rieux et intéressant, en ce qu’il est écrit partie en vieux français, 
partie en roman et partie en latin. Ce document a pour titre : « Ac¬ 
cord entre les consuls de Béziers et le commandeur des comman- 
deries de Béziers, des Brézines etdeSaint-Jean-de-Libron.* 

Renvoi à M. Meyer. 

M. Albanès, docteur en théologie, adresse copie de deux pièces 
copiées dans de vieux registres de notaires, comme sa précédente 
communication du 3 t mars 1873. Les deux pièces qui font l’objet 
de son euvoi d’aujourd’hui, et qui sont tirées l’une et l’autre du 
cartulaire d’Honoré Paris, notaire à Toulon, comprennent : i° un 
procès pour des droits seigneuriaux à l’occasion d’une tête de pois¬ 
son (10 août 1/187); 9 ° un document indiquant comment on re¬ 
crutait l’équipage d’un navire à Toulon (ai février 1/197). 

Renvoi à M. Lascoux. 

M. Victor de Saint-Genis, conservateur des hypothèques à Châ- 
tellerault (Vienne), adresse copie d’un mémoire sur un manifeste 
inédit du parti français en i 4 o 5 , adressé par Christine de Pisan à 
la reine Isabeau de Bavière. La pièce originale est tirée d’un ma¬ 
gnifique manuscrit existant a Châtellerault. Elle figure à la fin de 


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ce manuscrit, qui a pour litre : «La vu® partie du livre de la muta¬ 
tion de fortune qui parle de l'histoire des Romains abrégée, celle 
d'Alexandre et des principaux régnans environ l'Age de la personne 
qui a composé ledit livre.» 

Renvoi à M. Marty-Laveaux. 

» 

Plusieurs volumes ont été adressés à la section par leurs auteurs 
à titre d'hommage, savoir : 

M. Jules Loiseleur : Les jours égyptiens, leurs variations dans les 
calendriers du moyen âge; 

M. François Rabut, professeur d'histoire, frère de M. Laurent 
Rabut : Le mystère de monseigneur saint Sébastien , première journée, 
drame en vers joué à Lans-le-Villard en Maurienne, au mois de 
mai 1567. 

M. Jules Finot : Notice nécrologique sur M . Amédée Thierry , lue à 
la séance de la Société d'agriculture, sciences et arts de la Haute- 
Savoie; 

M. Thuot : Aubusson considéré comme le lieu où campèrent deux légions 
de César ; 

M. Morand : Question du musée de Boulogne; 

M. Ch. L. Grandmaison : La commission extraordinaire de F Assem¬ 
blée provinciale de Touraine (1787-1790); 

M. le comte Hector de La Ferrière : La Normandie à F étranger , 
documents tirés des archives étrangères; 

M. Henri Tartière : Etats généraux de Pontoise en i 56 i , cahier du 
Tiers État. 

Ces divers ouvrages seront déposés à la bibliothèque du Comité. 

M. le Président désigne, pour rendre compte de publications de 
Sociétés savantes, MM. Desnoyers, Marty-Laveaux, A. de Barthé¬ 
lemy, Patin, Théry, Bellaguet, Jourdain, Meyer et Lascoux. 

M. Meyer lit un rapport au nom de la commission chargée d'exa¬ 
miner le projet de publication, présenté par M. Monod, du poëme 
d'Ambroise relatif à la troisième croisade. 

La commission propose à la section d'émettre un avis favorable 
au projet de publication de M. Monod. La section adopte les con¬ 
clusions de ce rapport et priera M. le Ministre de vouloir bien 
prendre une décision conforme. 


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— 8 — 


M. Michelant lit un rapport sur les pièces relatives à l'histoire 
du xvi e siècle, recueillies par M. le comte de La Ferrière pendant 
sa mission en Russie. La commission propose le dépôt de ces pièces 
au département des manuscrits de la Bibliothèque nationale. 

M. Boutaric fait part d'une réclamation qui lui a été adressée 
par M. le président de la Société académique de Blois, au sujet de 
l'Histoire de l’abbaye de Saint Lomer de Blois, publiée par M. Dupré 
sous les auspices de cette société. D'après les renseignements qui 
lui sont communiqués par M. le Président, M. Boutaric se fait un 
plaisir de reconnaître que la Société de Blois a contribué, pour une 
somme de 5 oo francs, aux frais de publication de ('Histoire de l'ab¬ 
baye de Saint-Lomer. 

M. Desnoyers lit un rapport sur des communications de 
MM. Beaune et Àlbanès. 

M. Meyer lit un rapport sur un fragment de manuscrit de la 
Chanson d’Alexandre, adressé par M. Dubosc, archiviste de la 
Manche, correspondant. Ce texte présente quelques différences 
avec celui de la Bibliothèque nationale, que reproduit l'édition pu¬ 
bliée par M. Michelant en 18/16. 

Ces feuillets appartenant aux archives de la Manche, il y a lieu 
de les renvoyer à M. Dubosc, en le remerciant de cette communi¬ 
cation. 

M. Rathery donne lecture d'un rapport sur une communication 
de M. l'abbé Tisserand, correspondant, consistant en une copie de 
la correspondance du colonel comte Luce Gaspari avec son père 
Charles Luce de Saillans, bourgeois de la ville de Grasse (1787- 
1790). M. le rapporteur donne, dans le compte rendu, un aperçu 
de cette correspondance, dont la copie ne comprend pas moins de 
137 feuillets in-folio, et il en propose le dépôt aux archives, après 
avoir remercié M. l’abbé Tisserand pour cet envoi. 

M. Rathery fait un rapport verbal sur diverses communications 
de M. le baron du Bois de Romand relatives a des documents ma¬ 
nuscrits concernant l'histoire de Corse, dont le propriétaire pro¬ 
pose l’acquisition au Gouvernement. La section est d’avis qu’elle ne 
peut prendre aucune décision au sujet de cette proposition. 


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— 9 — 

Des rapports sur des publications de Sociétés sont lus par : 

M. Bellaguet, sur les Mémoires de la Société des sciences , de F agri¬ 
culture et des arts de Lille 1 ; 

M. Michelant, sur le Bulletin de la Société académique de Laon 2 ; 

M. Ralhery, sur le Journal de la Société (Tarchéologie et du Comité 
du musée lorrain 3 ; 

M. Théry, sur les Mémoires de F Académie des sciences , arts et belles - 
lettres de Caen 4 . 

À propos de cette lecture, M. Meyer présente quelques observa¬ 
tions sur un travail contenu dans ces derniers Mémoires, celui de 
M. Rambaud, professeur d'histoire à la Faculté de Caen, sur le chro¬ 
niqueur Robert de Clary.Dans cette dissertation, M. Rambaud parle 
d’une édition publiée par M. C. Hopf, professeur à Kœnigsberg, et 
d’une remarque peu obligeante dont l’éditeur aurait fait précéder 
le texte de la chronique. M. Meyer regrette que M. Rambaud n’ait 
pas pris des informations plus complètes, puisque l’édition à la¬ 
quelle il a fait allusion n’a pas encore été publiée par M. Hopf. 

Les rapports dont il vient d’être fait mention sont renvoyés à la 
commission de la Revue. 

C. Hippeau, 

Secrétaire de la section d’histoire et de philologie. 


1 3 *série, X* vol. 1873. 

• Tome XVII. 

3 19 e et a o* années. 

4 Année 1873. 


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— 10 — 


SECTION D’ARCHÉOLOGIE. 


SÉANCE DU 12 MAI 1873 . 


PRÉSIDENCE DE M. LE MARQUIS DE Là GRANGE, 

MEMBRE DB L’INSTITUT, PRÉSIDENT DI LA SECTION. 

M. Léon Renier, anticipant sur le rapport qu’il s’est chargé de 
faire sur une communication de M. Flouest, relative à un autel dédié 
aux Castores, signale l’erreur commise par le zélé correspondant, 
lorsqu’il cherche à démontrer que ce petit monument date du m* ou 
du commencement du iv e siècle. L’époque à laquelle appartient cette 
inscription est, au contraire, très-reculée, ainsi que M. L. Renier 
espère le prouver lorsqu’il rendra compte de l’important travail de 
M. Flouest. 

La section est informée que l’impression du tome I er du Recueil 
des Inscriptions de la France , publié par M. le baron de Guilhermy, 
est terminée, et que la distribution en est commencée. La section 
apprend cette nouvelle avec une satisfaction d’autant plus vive que 
cet ouvrage fait, ainsi que le Corpus des inscriptions de la Gaule, 
l’objet de ses constantes préoccupations» On apprend encore dans cette 
même séance, avec non moins de satisfaction, que l’impression du 
travail de M. Léon Renier ne tardera plus maintenant. L’impression 
des autres ouvrages qui se publient sous les auspices de la section 
d’archéologie n’a pas fait de progrès depuis quelque temps, mais 
reprendra prochainement. 

M. Albert Dumont, qui vient d’être nommé sous-directeur de 
l’École d’Athènes, avec la charge de faire à Rome un cours d’ar¬ 
chéologie pour les élèves de cette école, qui tous doivent séjourner 
d’abord un an dans la dernière de ces deux villes, demande le titre de 
membre du Comité. M. Dumont expose que le professeur chargé 


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— 11 — 

d'initier les élèves de l'École d'Athènes à l'archéologie pourrait 
concourir utilement aux travaux de la section par une correspon¬ 
dance suivie pendant son séjour à Rome, comme par sa présence 
aux séances de la section pendant les mois qu'il passerait à Paris. 
M. Dumont ajoute qu'il attacherait le plus grand prix à l'honneur 
d’être associé aux travaux du Comité, ainsi qu'à l'avantage de pro¬ 
fiter de l'expérience des savants qui le composent, et de pouvoir 
donner, dans son enseignement,' la place qui leur est due aux dé¬ 
couvertes qui se font journellement en France. 

Les membres de la section, et notamment M. le vice-président et 
le secrétaire, qui connaissent bien les travaux de M. Dumont et 
savent que les relations du Comité avec ce jeune érudit ne peuvent 
être que très-profitables à la science, accueillent avec une faveur 
marquée la demande de M. Dumont et la recommandent à l'attention 
de M. le Ministre de l'instruction publique. 

M. H. de La Plane, correspondant, secrétaire général de la So¬ 
ciété des antiquaires de la Morinie, adresse, au nom de cette com¬ 
pagnie, une protestation contre la délibération du conseil munici¬ 
pal de Saint-Omer, qui a décidé l'annexion définitive à la propriété 
d'un habitant de celte ville, du sol qui portait autrefois le chevet 
de la basilique de Saint-Bertin. Celte protestation est renvoyée à la 
Commission des monuments historiques. 

M. le maire de la ville de Vienne (Isère) sollicite des fonds qui 
permettent de mener à bonne fin des fouilles que le conservateur 
du musée a fait ouvrir dans la partie supérieure de la ville, entre 
deux fortifications romaines. Cette demande est appuyée par la sec¬ 
tion , qui n'ignore pas que les fouilles de Vienne ont déjà produit 
des résultats intéressants; d'ailleurs, la ville de Vienne mérite 
d’être encouragée, car elle fait beaucoup par elle-même. En consé¬ 
quence, la section prie M. le Ministre de vouloir bien accorder 
l'allocation demandée. 

M. le préfet de Constantine fait savoir qu'il n’y a plus lieu de 
s'occuper d’un candidat aux fonctions d'archiviste et de conserva¬ 
teur des monuments antiques de son département. La vacance 
n'existe plus ; ce poste vient d'être confié à M. Monange. Dans une 
seconde lettre, le même fonctionnaire sollicite, pour la Société 


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— 12 — 

archéologique de Constantine, un crédit de 5 ,ooo francs, destiné 
à exécuter des fouilles dans le Madracen. M. le préfet de Constan- 
tine désirerait que M. L. Renier voulût bien venir en Algérie pré¬ 
sider une commission chargée de diriger les fouilles, et prie M. le 
Ministre de vouloir bien prendre à ce sujet une décision le plus 
promptement possible, en raison de la saison, qui est déjà très- 
avancée, et des difficultés qu’à partir du i 5 juin les chaleurs ap¬ 
porteraient à l’exécution des travaux. 

La section applaudit au projet d’explorer le Madracen, l’un des 
monuments les plus importants de l’Algérie, mais en faisant obser¬ 
ver qu'il ne faudrait pas procéder comme au monument de la Chré¬ 
tienne, quiaétéfortendommagé par les fouilles. Il s’agit d'une pro¬ 
priété nationale, où des travaux ne doivent être exécutés que sous la 
surveillance et la direction d’un architecte tlésigné par le Gouver¬ 
nement. Il serait sans doute à désirer que cette exploration pût 
commencer prochainement, mais on ne pourra sans doute pas 
se passer des secours que pourrait accorder la Commission des 
monuments historiques. En conséquence, la section d’archéo¬ 
logie renvoie à cette commission la demande de M. le préfet de 
Constantine, et prie M. L. Renier de rédiger une note dans laquelle 
serait exposée la marche que M. le vice-président de la section 
croit qu’il faudra suivre pour mener à bonne fin cette importante 
entreprise. 

M. Cherbonneau, membre non résidant, grâce à l’obligeance 
de M. Rarnéond, adresse copie d’une inscription gravée sur une 
stèle en pierre calcaire située dans un jardin de Lambèse. Cette 
inscription, dont la date doit être placée entre les années 270 et 
275, c’est-à-dire sous le règne d’Aurélien, est une dédicace au dieu 
solaire Bonus puer ou Phosphorus. Une seconde communication de 
M. Cherbonneau a pour objet l’envoi d’un rapport rectificatif sur la 
première. Le même adresse un rapport sur les tuyaux calorifères des 
bains de Pacatus, à Cirta, et une note sur le nom kabyle d’El- Kan- 
tour, province de Constantine, qui, selon notre collègue, aurait été 
écrit à tort avec une S finale dans l’Itinéraire historique et descriptif 
de l’Algérie de M. Piesse. Ces quatre communications sont renvoyées 
à l’examen de M. L. Renier. 

M. Dusevel, membre non résidant, adresse, sur diverses antiquités 


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— 13 


du déparlement de la Somme, des notes dont l'examen est confié à 
M. Lance. 

M. Hucher, membre non résidant, adresse les feuilles 9 et 10 de 
VArt Gaulois , ainsi que trois brochures intitulées : Compte rendu des 
travaux de la Commission d'archéologie de la Société dagriculture , sciences 
et arts de la Sarthe; Note sur Nicole de VEscluse , maître ès œuvres de la 
cathédrale du Mans en iiao y et Sigillographie du Maine : Evêques du 
Mans , sceau de Hamelin , évêque du Mans , ugo. 

M. Barbier de Montault, camérier du pape, correspondant, fait 
hommage d’une étude intitulée : Iconographie et symbolisme de lafable 
du Loup écolier , et adresse en même temps une empreinte en gulta- 
percha du gaufrier de l’église Saint-Paul de Narbonne, décrit par 
lui dans un mémoire qu’imprime en ce moment la Société archéolo¬ 
gique du midi de la France . 

M. Beauchet-Filleau, correspondant, adresse des copies de deux 
inscriptions gravées sur des cloches dont l’une apartenait à l’église 
de Fleurance (Gers). Cet envoi sera examiné par M. de Guilhermy. 

M. Goze, correspondant, adresse une notice sur la crypte de l’église 
de Nesle (Somme), dont la construction date de 1021, avec plan et 
dessin. M. Lance examinera cette communication. 

M. Joseph Roger, correspondant à Philippeville, fait une commu¬ 
nication dont la première partie, relative à la numismatique, est 
renvoyée à M. Chabouillet, tandis que la seconde, relative à l’épi- 
graphie, est renvoyée à M. Léon Renier. 

M. Tholin, correspondant, adresse une notice, accompagnée de 
deux dessins, sur l’église romane de Gueyre (Lot-et-Garonne), 
qui est renvoyée à M. Lance. 

M. Jules Chevrier, correspondant, envoie plusieurs dessins de 
solea ferra (hipposandales) exécutés, pour la plupart, d’après des 
pièces originales. Cette communication est renvoyée à M. Jules 
Quicherat. 


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— 14 — 

M. André, conseiller à la cour de Rennes, fait hommage d'une 
notice biographique par lui publiée sur M. le docteur Aussant, 
directeur honoraire de l’école de médecine de Rennes. 

M. A. Bréan, ingénieur des ponts et chaussées à Pithiviers, adresse 
un mémoire relatif à la découverte de silex taillés rencontrés dans 
une grotte située dans le domaine de M. le comte de Châteaubriant, 
au territoire de la commune de Buthiers (Seine-et-Marne). Ce mé¬ 
moire, qui est accompagné d’une feuille de dessin, est renvoyé à 
M. Alexandre Bertrand. 

M. Jules Finot, archiviste de la Haute-Saône, envoie une trans¬ 
cription de quelques inscriptions recueillies dans les anciennes pro¬ 
vinces de Bithynie et de Paphlagonie, par M. Eusèbe Galmiche, 
inspecteur des forêts, chargé par M. le Ministre des finances d’une 
mission en Asie Mineure. Le texte de ces inscriptions a été en par¬ 
tie rectifié et traduit par M. Constantin Zachariadif, professeur à 
la grande école nationale grecque de Constantinople. Cette com¬ 
munication est renvoyée à M. Léon Renier. 

M. Grasset ainé, conservateur de la bibliothèque et du musée de 
Varzy (Nièvre), adresse une note manuscrite relative a un cadran 
solaire en plomb portant la date de i5io. 11 y a joint un dessin 
exact du cadran, qui est conservé au musée de Varzy. M. le comte 
Clément de Ris examinera cet envoi. 

M. Je Président désigne, pour rendre compte de publications de 
Sociétés, MM. Clément de Ris, de Guilhermy, Chabouillet, Gustave 
Bertrand et Lance. 

M. Alexandre Bertrand communique plusieurs nouvelles archéo¬ 
logiques à la section. Notre collègue nous apprend d’abord la ter¬ 
minaison des fouilles poursuivies, sous sa direction, par M. Abel 
Maître dans les tumulus de la Marne et dans la Côte-d’Or, et dont 
il a déjà parlé à la section. M. Bertrand prépare un rapport sur ces 
fouilles, qui ont dépassé les espérances qu’on en avait conçues. 

Passant à une époque moins reculée que celle des tumulus de la 
Champagne et du Châtillonnais, M. A. Bertrand rappelle que, pour 
expliquer la forme bizarre de la cour du château de Saint-Germain- 


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15 — 


en-Laye, on croyait généralement, d’après l’assertion d’Androuet 
du Cerceau, que le château de François I er avait été construit sur 
les fondations de celui de Charles V. Sa forme aurait donc été im¬ 
posée à l’architecte par le monument qu’il était chargé de remplacer. 
Mais voici que M. Eugène Millet, architecte du château de Saint-Ger¬ 
main , vient de découvrir les soubassements du château de Charles V, 
et a constaté que la cour présentait la forme d’un quadrilatère régu¬ 
lier. Un seul fait pourrait légitimer en quelque sorte le dire d’An¬ 
drouet du Cerceau : ce quadrilatère n’était pas complet. Le côté où 
est la chapelle ne contenait que la chapelle seule, et laissait ainsi 
un vide considérable, qui fait supposer que le château était défendu 
par une seconde enceinte extérieure. Au contraire, le château de 
François I" devant englober la chapelle dans ses murs, il a fallu 
incliner le mur du côté sud pour dégager un peu l’abside. La cour 
se trouvant ainsi trop restreinte, il a fallu également incliner le côté 
nord; mais, pour une raison que l’on ne saisit pas, on l’inclina 
moins que l’aile sud r et la cour prit ainsi la forme bizarre qu’on lui 
connaît. 

Revenant â l’antiquité, M. A. Bertrand fait connaître la découverte 
d’une épée en fer avec poignée en bronze faite eu Suisse, dans la 
station de Mœringen, lac de Bienne. Cette épée a exactement la 
forme des épées en bronze précédemment découvertes dans cette 
statiou. Notre collègue termine cette série de communications par 
l’analyse d’une lettre de M. Mossmann, de Colmar, annonçant que 
dans un tumulusde la forât d’Ensisbeim, fouillée par l’administration 
allemande, on a trouvé des objets en or, savoir, des fragments de 
chaîne, un bracelet et un diadème, qui vont être portés au musée 
de Colmar. 

M. Quicherat propose verbalement l’impression dans la Revue 
des Sociétés savantes d’une note de M. Gaultier du Mottay, relative aux 
restes d’une statue de pierre représentant, à ce que l’on croit, 
l’Hercule gaulois, qui existent à la ferme du Rillan, commune de 
Saint-Brendan, canton de Quintin (Côtes-du-Nord). 

M. Quicherat propose également l’impression dans la Revue d’une 
notice adressée par M. Bulliot sur les fouilles opérées par ce zélé 
correspondant, en 1870 et 1871, dans les environs de la tour dite 
Temple de Janus , à Autun, mais seulement dans le cas où ce tra-r 
vail serait inédit. 


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— 16 


M. Darcel lit un rapport sur l'inventaire, adressé par M. l'abbé 
André, des ornements de quelques évêques de Carpentras, et propose 
l'impression dans la Revue des extraits recueillis parle correspondant 
dans les Libri conclusionum du chapitre de Carpentras. 

Le même M. Darcel donne lecture d'un rapport sur l'inventaire 
du trésor de l’église Saint-Georges du Puy-en-Velay, dressé en 
1 35 a , et dont M. Auguste Chassaing, correspondant, a communiqué 
une copie. Le rapporteur propose l'impression de cet inventaire. 

Les conclusions des rapports de MM. Quicherat et Darcel sont 
adoptées par la section, qui renvoie ces rapports et les documents 
en question a la commission de rédaction de la Revue . 

La section apprend quelle a perdu un de ses correspondants ho¬ 
noraires, M. Corrard de Bréban, à qui M. Lebrun-Dalbanne, prési¬ 
dent de la Société académique de l'Aube, a consacré une notice 
biographique. Nous sera-t-il permis d'exprimer ici le regret que la 
recherche de la forme empêche parfois les auteurs de travaux de ce 
genre de leur donner la précision qui les rendrait si utiles? En ce 
qui concerne l'éloquent discours de M. Lebrun-Dalbanne on apprend, 
en le lisant, à connaître et à apprécier les remarquables travaux et les 
solides qualités qui ont rendu la mémoire de M. Corrard de Bréban 
chère à la Société académique de l'Aube, mais on regrette de n'y pas 
apprendre le rang occupé dans la magistrature par cet archéologue, 
parce critique, qui remplit avec distinction les fonctions de président 
du tribunal civil de Troyes, et on peut en terminer la lecture sans 
savoir les dates de la naissance et de la mort de l'homme distingué 
qui en est l'objet K 

Chabouillet, 

Secrétaire fie la section d'archéologie. 


1 M. Corrard de Bréban est mort le 17 août 1871. 


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— 17 — 


SÉANCE DU 16 JUIN 1873 . 


PRÉSIDENCE DE H. LE MARQUIS DE LA GRANGE, 

MEMBRE DE L’INSTITUT, PRESIDENT DE LA SECTION. 

M. le Président donne lecture de l’arrêté de M. le Ministre de 
l’instruction publique, en date du 5 juin 1873, par lequel M. Albert 
Dumont, sous-directeur de l’École d’Athènes et professeur du cours 
d’archéologie institué récemment à Rome pour les élèves de cette 
école, est nommé membre du Comité des travaux historiques et 
des Sociétés savantes, section d’archéologie. Après la lecture de 
cet arrêté, M. le Président invite M. Dumont à prendre séance et à 
concourir aux travaux de la section. 

M. de La Villegille, secrétaire du Comité, lit ensuite la lettre de 
remercîmenls adressée au Ministre par M. Albert Dumont au sujet 
de cette nomination. 

M. le Ministre de la marine transmet une lettre de M. le contre- 
amiral de Lapelin, avec des calques d’inscriptions gravées sur bois 
et composées de caractères offrant une certaine analogie avec le 
système hiéroglyphique égyptien. Ces inscriptions, qui ont été 
recueillies dans l’ile de Pâques (Océan Pacifique), n’ont plus de 
sens pour la plupart des naturels ; mais la tradition de l’interpré¬ 
tation de cette sorte d’écriture parait cependant s’être conservée 
dans quelques familles. Un indigène qui habite actuellement aux 
îles Gambier a été signalé à M* r d’Axiéri, possesseur de ces bois 
gravés, comme pouvant au moins donner la clef de l’écriture gravée 
sur ces bois, dont quelques-uns paraissent assez récents. Ce seraient 
des chants populaires et, plus fréquemment, des prières aux divinités 
des naturels; mais tout cela est extrêmement vague. L’intention de 
M^ d’Axiéri est d’offrir à nos musées les bois gravés qu’il a re¬ 
cueillis. M* le comte Clément de Ris est chargé de faire un rapport 
sur cette communication. 

M. le préfet du Puy-de-Dôme appuie l’Académie des sciences, etc., 
de Clermont, qui sollicite du Ministre de l’instruction publique 
une subvention à employer à des fouilles à faire au sommet du 

Ret. des Soc. sav. 5* si'rie, l. VI. a 


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Puy-de-Dôme, et pour lesquelles cette société a déjà donne elle- 
mcme un subside de 5oo francs. La section décide qu’avant de faire 
une proposition au Ministre, on attendra de connaître les résultats 
des fouilles commencées. 

M. Cherbonneau, membre non résidant, informé par le Journal 
officiel de l’avis donné à l’Académie des inscriptions et belles- 
lettres par M. Léon Renier, du projet formé par la Société ar¬ 
chéologique de Constantine d’explorer l’intérieur du Madracen, 
s’empresse de faire connaître à la section la situation de cette 
affaire. Les fouilles ont commencé à la fin d’avril, et déjà l’on paraît 
certain d’arriver au but qu’on se propose, c’est-à-dire que ce mo¬ 
nument colossal cessera d’être un mystère. 

M. Hucher, membre non résidant, fait hommage d’une brochure 
intitulée Le Vitrail royal de f église Notre-Dame de Saint-Lo (Manche), 
restauré à la manufacture de vitraux peints du Carmel du Mans, 
par M. E. Rathouis, sous la direction de M. E. Hucher. 

M. l’abbé André, correspondant, adresse des notes inédites sur 
trois artistes de l’ancien comtat Vénaissin, Bernus, Meynier et 
Bouettrai. Celte communication sera examinée par M. de Mon- 
taiglon. 

M. l’abbé Arbellot, curé, archiprêtre de Rochechouart, corres¬ 
pondant honoraire, adresse une dissertation sur le diptyque de 
Flavius Félix, publié par Mabillon dans le tome Ht des Annales de 
l'ordre de Saint-Benoît , et dont un feuillet a été déposé en 1808 au 
cabinet des médailles et antiques de la Bibliothèque nationale. v 
Cette communication est renvoyée à M. Chabouillet. 

M. Aurès, correspondant, adresse un travail intitulé: « Notes sur 
l’expression antique de la contenance d’une œnochoé du musée de 
Nismes, accompagnées de quelques détails sur les mesures romaines 
de capacité et quelques explications relatives au véritable sens du 
mot cyathus . -n 

M. Albert Dumont, notre nouveau collègue, qui a écrit sur des 
sujets analogues, est chargé de rendre compte de cette communi¬ 
cation. 


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— 19 — 

M. Barbier de Montault, correspondant, adresse quelques obser¬ 
vations à l’occasion d’un passage d’un rapport de M. de Guilliermy, 
et signale en même temps une lecture, selon lui fautive, attribuable 
a feu M. de Caumont et acceptée par M. de Longuemar, à propos 
d’une inscription de l’église de Saint-Savin, près Poitiers. 

M. Chassaing adresse les renseignements qui lui avaient été de¬ 
mandés sur la découverte signalée dans la séance du 7 avril dernier 
par M. A. Bertrand, et qui, nous apprend notre zélé correspondant, 
a eu lieu, non pas à Clermont, comme on le croyait, mais au village 
de Mauson, commune de Saint-Genest-Champanelle, canton de 
Clermont, Cette communication est renvoyée à M. A. Bertrand. 

M. Clerc, président honoraire à la cour d’appel de Besançon, 
signale des restaurations qui lui paraissent urgentes. Il s’agit de 
l’abbaye de Baume-les-Moines (Jura). L’Etat entretient très-soi¬ 
gneusement l’extérieur de l’église de cette abbaye, qui est classée 
* comme monument historique, mais on a négligé quelques parties 
de l’intérieur, notamment une salle voisine du chœur, qui renferme 
plusieurs tombeaux remarquables par les sculptures dont ils sont 
ornés. L’état de cette salle, selon M. Clerc, est déplorable; c’est 
un lieu de débarras, où les délicates sculptures des tombeaux en 
question courent grand risque d’être brisées ou mutilées. En con¬ 
séquence, M. Clerc sollicite l’intervention du Ministre de l’instruc¬ 
tion publique pour que l’on mette cette salle à l’abri de pareils 
accidents; en même temps il signale l’existence d’un tableau sur 
bois, appartenant à l’abbaye de Baume, aujourd’hui en dépôt au 
musée de Lons-le-Saunier. Ce tableau, qui représente Guillaume 
Poupel, abbé de Baume en 1 585, va tomber en poussière; cepen¬ 
dant une habile et prompte restauration pourrait encore le sauver. 
La section renvoie la communication de M. Clerc à la Commission 
des monuments historiques. 

M. l’abbé Corblet, correspondant, a envoyé une note sur une 
matrice de sceau en cuivre, qui vient d’être découverte à Saint- 
Quentin, et fait hommage du tome III de son Hagiologie du diocèse 
(TAmiens. La note de M. Corblet est renvoyée à M. Douët d’Arcq. 

M. Cournault, correspondant, adresse des dessins d'objets en 


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— 20 — 

bronze, trouvés partie a Frouard, partie sur divers points du dépar¬ 
tement de Meurthe-et-Moselle, qui lui ont paru offrir un certain 
intérêt. Cette communication sera examinée par M. J. Quickerat. 

M. Martin-Daussigny, correspondant, donne avis de la découverte 
qui vient d'être faite à Lyon, le mois dernier, d'une colonne de 
pierre (Choin de Fay) couchée perpendiculairement h la rue de Savy 
et ayant son extrémité supérieure engagée sur le trottoir, ainsi que 
d’un fragment d’une autre colonne semblable. Cette communication 
est renvoyée à l’examen de M. Albert Dumont. 

M. Léo Drouyn, correspondant, adresse cinq calques de croquis 
représentant des sculptures de la petite église de Moncaret, canton 
de Véline, arrondissement de Bergerac (Dordogne). Cette commu¬ 
nication sera examinée par M. Ad. Lance. 

M. Flouest, correspondant, offre au Comité une brochure inti¬ 
tulée : Notes pour servir à Vhistoire de la haute antiquité en Dordogne ; 
les fouilles du Magny-Lambert. C’est un tirage à part d’articles publiés 
récemment dans la Bevue archéologique. 

M. A. de Lamothe, correspondant, adresse copie de deux inven¬ 
taires d’armes conservées en i5n et i5i2 à l’hôtel de ville de 
Ni'mes. Cette communication est renvoyée à M. Darcel. 

M. G. Leroy, correspondant, adresse copie de documents inédits 
avec note explicative sur les peintres Ambroise Dubois et Martin 
Fréminet, ainsi que des détails sur quelques œuvres d’art de l’an¬ 
cienne abbaye du Lys, près Melun. Renvoi h M. A. de Montaiglon. 

M. le comte de Mellet, correspondant, adresse une note sur des 
fouilles exécutées par ses soins, en octobre et novembre 1872 , dans 
une caverne située sur la rive gauche de la rivière d’Isle, commune 
de Saint-Léon (Dordogne). Ces fouilles avaient pour objectif des 
objets de l’époque préhistorique. M. A. Bertrand examinera cette 
communication. 

M. Joseph Roger, correspondant, envoie l’estampage d’une ins- 
eriplion romaine dont M. Boissière, inspecteur de l’Académie 


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d’Alger, a adressé copie à M. Renier, puis le n° 11 5 du journal 
l'Observateur de la province de Constantine , qui contient, sous le titre 
d 'Archéologie africaine , une relation purement imaginaire de décou¬ 
vertes de ruines qui auraient eu lieu lors des travaux exécutés par 
les zouaves pour l’aplanissement de la roule de Collo à Robertville. 
M. Roger annonce en même temps qu’il est en train de découvrir 
un escalier dans les ruines du théâtre de Rusicade (Philippeville), 
et qu’il vient d’apprendre que les ruines de l’hypogée de Prœcilius, 
découvertes à Constantine en i 855 , étaient sur le point d’être 
détruites. La communication de M. Roger est renvoyée à M. Léon 
Renier. 

M. Tholin, correspondant, fait hommago de trois brochures dont 
il est l’auteur : Notice sur l'église de Leyrac , — Les églises du Haut- 
Languedoc , — Notice sur les sépultures anciennes découvertes dans le dé¬ 
partement du Lot-et-Garonne . 

M. Albanès, docteur en théologie, adresse une rectification au 
sujet d’une communication antérieure. 

La première partie de l’épitaphe de sainte Casarie, placée au¬ 
trefois dans la chapelle de cette sainte, près de Villeneuve'lez- 
Avignon, n’était pas entièrement inédite, comme avait cru pouvoir 
l’affirmer M. Albanès. De nouvelles recherches lui ont appris que 
les auteurs du Gallia christiana , après avoir donné dans le tome l" 
la partie tant de fois imprimée de cette épitaphe, avaient reproduit 
dans les Addenda du tome II les neuf premiers vers, qui leur avaient 
été communiqués par dom Jacques Boyer, religieux de Saint-André, 
mais le dixième vers, qui lie la première partie à la deuxième, 
avait été omis des deux côtés, de manière à laisser l’épitaphe incom¬ 
plète. Cette importante rectification est renvoyée à M. le baron de 
Guilhermy. 

M. l’abbé Chevalier, président de la Société archéologique de 
Touraine, fait hommage d’une étude biographique dont il est 
fauteur et qui a pour titre : L'abbé Bourassé et le mouvement intel¬ 
lectuel en Touraine depuis quarante ans. Tours, 1873, grand in-8°, 
6 A pages. 

M. l’abbé Grasilier, correspondant de la Commission de la topo- 


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— 22 — 


graphie des Gaules, annonce que des travaux de terrassement 
nouvellement effectués à Saintes, pour la construction d’une mai¬ 
son particulière, ont amené la découverte d’un temple romain. Les 
ruines de ce temple paraissent s’étendre sous la base des anciens 
remparts, mis également à découvert par les mêmes travaux. En 
même temps, M. l’abbé Grasilier demande une subvention au Mi¬ 
nistre de l’instruction publique pour aider à des fouilles qui, dit-il, 
peuvent être fructueuses. Fidèle à ses précédents, la section, en 
présence du nombre toujours croissant de faits semblables, attend, 
pour appuyer la demande de M. l’abbé Grasilier, que les résultats 
obtenus par des explorations faites aux frais des sociétés ou des 
autorités locales aient garanti le bon emploi des fonds que l’Etat 
peut consacrer à ces utiles entreprises. 

M. Thuot, professeur de philosophie au collège de Guéret, 
adresse une nouvelle réclamation au sujet du rapport sur sa qua~ 
trième note concernant les forts vitrifiés de la Creuse en général et 
particulièrement le Puy de Gaudy, qui n’a pas paru à son grand 
regret. Un fait matériel a seul empêché qu’un rapport ait été fait 
sur la quatrième note de M. Thuot. Cette note avait été égarée; 
on vient de la retrouver, et la section en ordonne le renvoi à 
M. J. Marion; mais M. Quicherat, qui a pris connaissance acci¬ 
dentellement de ce travail, dont le résumé a été reproduit dans la 
cinquième note, déclare qu’il croit que l’auteur se fait illusion sur 
son importance. 

M. le duc de La Trémoille a envoyé pour le Comité la copie 
d’une pièce dont l’original fait partie des archives de Thouars. 
C’est une ordonnance d’Anne de Montmorency qui, comme gou¬ 
verneur et lieutenant général du roi en Languedoc, prescrit des 
mesures pour assurer la conservation des monuments historiques 
de Nîmes. Cette intéressante communication est renvoyée à M. A. 
de Montaiglon. 

M. Morand, membre non résidant, fait hommage d’une brochure 
intitulée: La question du musée de Boulogne-sur-Mer, 1873;—M.Raoul 
Guérin, d’un travail intitulé : De la conservation des objets £ archéologie; 
— et M. Mallay père, d’un travail intitulé : Classification des églises 
de Clermont-Ferrand . Ces diverses publications seront déposées à la 


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— 23 


bibliothèque des Sociétés savantes, au ministère de l'instruction pu¬ 
blique. 

M. Darcel, notre collègue, offre à la section un ouvrage dont il 
est l’auteur et qui est intitulé : Etudes sur le mouvement archéologique 
de î 83 o à 1867. 

La section délibère ensuite sur la suite à donner à une demande 
de la Commission des monuments historiques. M. du Cleuziou a 
obtenu du Ministre de l’instruction publique une mission à l’effet 
d’explorer les monuments dits mégalithiques de l’ancienne province 
de Bretagne. M. du Cleuziou a rapporté de son voyage un nombre 
considérable de dessins que la Commission des monuments histo¬ 
riques fait placer sous les yeux des membres de la section d’ar¬ 
chéologie du Comité des travaux historiques, et en mémo temps 
prie la section de vouloir bien appuyer auprès du Ministre la 
demande d’une subvention de 2,000 francs, qui, jointe à une 
somme égale accordée par la Commission des monuments histo¬ 
riques sur son crédit spécial, permettrait à M. du Cleuziou de 
faire une seconde exploration de la Bretagne et de compléter son 
œuvre. Déjà la Commission de la topographie des Gaules, appelée 
à formuler son opinion sur cette proposition, a déclaré que le 
travail de M. du Cleuziou lui paraissait plus artistique qu’archéo¬ 
logique; que sa mission ne peut être de grande utilité aux travaux 
de la Commission; qu’elle ne croit pas devoir émettre un avis 
favorable à une continuation de la mission de M. du Cleuziou; 
mais que les dessins déjà exécutés par ce dernier seraient utilement 
placés au musée de Saint-Germain. Quant à la section d’archéolo¬ 
gie du Comité, son avis se rapproche fort de celui de la Commission 
des monuments historiques. Après examen des dessins de M. du 
Cleuziou, ceux des membres de la section, et ils sont nombreux, 
qui ont visité la Bretagne, trouvent que ces dessins, en général assez 
négligés, constituent plutôt une œuvre pittoresque qu’un travail sé¬ 
rieusement archéologique. Ces reproductions ne sont pas exécutées 
à l’échelle, et leur exactitude peut être suspectée en bien des cas 
à juste titre, car, en les comparant avec certains des monuments 
originaux dont on possède des moulages, on est obligé de constater 
des différences notables. Par ces motifs, la section persiste dans les 
conclusions négatives qu’elle avait formulées l’an dernier au sujet 


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— 24 — 


du projet de ia première mission de M. du Cieuziou. La décision 
de la section est prise à ('unanimité, comme l'avait été la première 
l’an passé. 

M. le Président désigne, pour rendre compte de publications 
des Sociétés savantes, MM. Édouard de Barthélémy, de La Villegille, 
Léon Renier, Paul Lacroix, Douët d'Arcq, Albert Lenoir et A. de 
Montaiglon. 

M. le Président désigne ensuite une commission qui sera chargée 
de soumettre des propositions a la section au sujet des subventions 
à accorder aux Sociétés savantes. Cette commission se composera, 
celte année, de MM. de La Grange, Chabouillet, de Guilhermy, 
Quicherat, Douët d'Arcq, Éd. de Barthélemy, Gustave Bertrand, 
de La Villegille, secrétaire du Comité, ainsi que de MM. Bcllaguet 
et Servaux, l’un inspecteur des travaux historiques, l'autre chef 
du bureau des travaux historiques. 

M. Chabouillet lit un rapport sur le Recueil des publications de la 
Société havraise d'études diverses , t. XXX à XXXVIII, 7 vol. 1863-187 1 ; 

M. Paul Lacroix, sur le Bulletin de la Société archéologique , histo¬ 
rique et scientifique de Soissotis, t. XX (1866), i re série, 1 .1 et H ’de la 
2® série, 1867-1868; 

M. Gustave Bertrand, sur le Bulletin de la Société de statistique des 
sciences naturelles et des arts industriels de f Isère, 8 e année, t. II, 
3 ° livraison; 

M. de Guilhermy, sur les Lectures et mémoires de l'Académie de 
Sainte-Croix d'Orléans, t. I et II, et sur le Bulletin de la Société agri¬ 
cole , scientifique et littéraire des Pyrénées-Orientales, t. XIX; 

M. le comte Clément de Ris, sur les tomes VI et VII (années 
1868-69-70) du Bulletin de la Société archéologique de la Charente; , 

M. Marion, sur le Bulletin de la Société des sciences historiques et 
naturelles de Semur ( C 6 te-dOr ), 8® année. 

Ces sept rapports sont renvoyés à la commission de rédaction de 
la Revue . 

M. Douët d’Arcq déclare n’avoir rien trouvé qui pût fournir la 


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— 25 — 

matière d'un rapport dans les volumes du Bulletin du Comité flamand 
qui avaient été renvoyés à son examen. 

M. le comte Clément de Ris lit un rapport sur une importante 
acquisition que vient de faire le musée du Louvre. Il ne s’agit de 
rien moins que d’une statue de bronze du xin° siècle, représentant 
Blanche de Champagne, duchesse de Bretagne, morte en 1283. La 
section, sur la proposition de M. Clément de Ris, décide qu’un 
bois exécuté d’après une photographie gracieusement comjnuniquée 
par notre collègue M. Darcel sera publié dans la Revue avec le 
rapport de M. le comte Clément de Ris 1 . 

M. J. Quicherat propose l’insertion dans la Revue des Sociétés sa¬ 
vantes de deux notes qu’il a reçues de M. Tholin, correspondant. La 
section adopte la proposition de M. Quicherat, el décide également 
que ces notes seront accompagnées de bois représentant, l’un une 
lampe antique de bronze trouvée au Mas-d’Agenais (Lot-et-Garonne), 
l’autre une statuette de cheval, également en bronze, trouvée à 
Aubiac (Lot-et-Garonne). On fera observer, à cette occasion, qu’il 
vaut mieux, à tous égards, que les communications des correspon¬ 
dants soient envoyées directement au Minisire qu’individuellemeut 
aux membres du Comité. 

M. de Montaiglon lit uu rapport sur le sarcophage chrétien 
trouvé à Tipaza, en Algérie, dont M. Cherbonneau a envoyé une 
excellente photographie. Le rapporteur conclut à la publication 
dans la Revue d’une gravure qui accompagnerait le rapport dans le¬ 
quel sont transcrits les passages principaux de la lettre d’envoi de 
notre zélé collègue, M. Cherbonneau. Les conclusions de M. de 
Montaiglon sont adoptées par la section, qui renvoie le rapport 
à la commission de rédaction de la Revue. 

M. de Guilhermy lit un rapport sur diverses communications 
de MM. Beauchet-Filleau, Abbé Canéto, Nozot, Soucaille et Pouy 
(d’Amiens). Ce rapport est renvoyé à la commission de rédaction de 
la Revue des Sociétés savantes . . 

Chabouillet, 

Secrétaire de la section d’archéologie. 

1 Voyez plus loin, p. î a a. 




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— 26 — 


RAPPORTS 


DES MEMBRES DU COMITE SUR LES TRAVAUX DES SOCIETES SAVANTES. 


SECTION D’HISTOIRE ET DE PHILOLOGIE. 


Société d'agriculture, sciences et arts de l'arrondissemest 
de Valenciennes. — Revue agricole, industrielle, littéraire et artistique. 

T. XXII, XXIII, XXIV et XXV.— 1868-187a. 

De ccs*quatre volumes, les deux derniers ne contiennent rien qui 
se rapporte h la littérature ou à l'histoire; ce ne sont que matières 
industrielles ou agricoles. Il en est à peu près de même des 
tomes XXII et XXIII. Cependant nous y avons rencontré çà et là 
quelques pages qui appartiennent à notre examen, mais qui ont 
trop peu d’étendue ou d'importance pour que nous ayons à nous y 
arrêter longtemps. Ainsi, Les débuts de Cicéron , par M. Louis Le¬ 
grand, ne sont autre chose qu’un résumé, d'après Plutarque, Sué¬ 
tone, Pomponius Atticus et surtout Cicéron lui-même, des pre¬ 
mières années et des commencements de la carrière du grand 
orateur, suivi d’une analyse de son plaidoyer Pro Roscio . Un peu 
plus loin, c’est une cantate à Watteau, par M. Édouard Delière, 
couronnée par la Société de Valenciennes. Nous ne parlons pas 
de la chronique littéraire que contient chaque volume et qui est 
destinée aux comptes rendus soit des publications locales, soit des 
ouvrages offerts à la Société, soit des travaux de quelques-uns de 
ses membres. Nous avons lu avec intérêt une notice de M. Cellier 
sur Saint Christophe et les fruitiers de Valenciennes. Saint Christophe 
était de temps immémorial l’objet d’une dévotion toute particulière 
dans cette ville, et on y célébrait sa fête (q 5 juillet) par des ré¬ 
jouissances du caractère le plus bizarre : crC’était eu quelque sorte, 
dit M. Cellier, le carnaval de la saison d’élé, un carnaval lel que 


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— 27 — 

les saturnales romaines, dans leurs plus grands excès, en donne¬ 
raient à peine une idée.i> On trouve, à ce sujet, dans Simon Le 
Boucq, le passage suivant : «Ceste feste estoit de tenir convives 
publicques par les rues et de ruaiges en ruaiges, par récréations 
grandes, de grand coust et excessif, et par plusieurs journées, 
principalement du soir, et bien souvent quasy toutte la nuict; et 
après estre eschauffez de vin faisoient beaucoup de joyeusetez. Au¬ 
cuns ruaiges mettaient prix honnestes pour gaigner plusieurs jeux; 
aultres par railleries faisoient des bancquetz de nopces et eslisoient 
pour dame des nopces le plus laid vilain de toute la rue, accoustré 
en femme, selon son estât et la pompe nuptiale, le plus sallement 
et de manière la plus provocante à rire qu’il estoit possible, à 
laquelle venaient faire présents tous les plus grands ruaiges de la 
ville, et n’y avoient nuis excepté de venir en ce bancquet, ains y 
estoient chacun contraint, povre et riche, et de venir à la danse de 

ce populace sur grosses amendes.On voyoit durant cette Teste 

des assiégemens de maisons des rebelles, des joustes et esbate- 

mens sur la rivière de l’Escaut.Aucunes femmes, aiant le 

vin en teste, se rassembloient de nuict comme insensez, par grandes 
congrégations, n’ayant en leurs parolles et gestes aucun respect ny 

à leur sexe et condition, ny à leur honneur. j> La fête se 

passait rarement sans que le sang coulât. Enfin, en 1547, à la suite 
d’orgies où la licence avait dépassé toutes les bornes, le magistrat 
interdit les divertissements qui accompagnaient la célébration de 
cette fête. 

On ignore pourquoi la corporation des fruitiers de Valenciennes 
s'était placée sous la protection spéciale de saint Christophe. Us 
avaient fait peindre sou image sur sa bannière, qu’ils portaient 
à chaque procession solennelle. On y portait également la statue 
du patron. Il parait que la corporation des fruitiers n’était pas 
riche; car leur saint n’était que de bois et si vieux, qu’en 1737, 
pendant la procession, il tomba en poussière. Il résulte d’un docu¬ 
ment communiqué par M. Cellier que les membres de la confrérie, 
pour se procurer les aumônes nécessaires à l’acquisition d’une 
nouvelle statue, résolurent de s’abstenir tous de boire les deux 
tonnes de bière qu’ils buvaient tous les ans la veille de saint Chris¬ 
tophe, et de faire avancer la somme par un d’entre eux, qui devait 
recevoir annuellement la valeur des deux tonnes jusqu’à l’entier 
remboursement de ladite somme. L’organisation des fruitiers de 


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Valenciennes remontait à i 6 o 3 , comme en fait foi la charte qui les 
concerne et qui est datée du i 3 mai de cette année. 

Une note de M. Th. Louise (I. XXIII, p. 3 s 5 ) nous donne 
quelques renseignements curieux sur les compagnies bourgeoises i 
Valenciennes . Ces compagnies furent créées vers le milieu du 
xvi e siècle pour la défense des libertés de la ville et de lordre pu¬ 
blic. Dissoutes en i 566 , pendant les troubles religieux, par le 
comte de Sainte-Aldegonde-Noircarmes, qui gouvernait le Hainaul 
en l’absence du grand bailli, le marquis de Bcrghes, elles furent 
réorganisées en 167/1. Leur nombre pouvait s’accroître suivant les 
besoins. Un ban du a 3 juin 1678 nous apprend que, de quatre 
qu’elles étaient en 167/1, e ^ es f ure nt portées à huit. Un autre ban 
du 19 juillet de la même année détermina à l'avance les positions 
stratégiques que chacune d’elles devra, le cas échéant, occuper 
dans la ville. Chaque compagnie se composait de cent hommes, un 
capitaine, un lieutenant, un porte-enseigne, des sergents, caporaux 
et dizeniers. Ces compagnies ont existé à Valenciennes jusqu’à 1789. 

L’article le plus étendu du tome X XIII est le Catalogue du médail- 
lier de la Société d’agriculture, sciences et arts de Valenciennes, 
précédé, en guise d’introduction, d’un chapitre prélimaire d’une 
Histoire métallique de F arrondissement de Valenciennes , par M. Cellier. 
Mais l’examen de ce travail est du ressort de la section d’archéologie. 

Il est regrettable que la Société de Valenciennes, dans les quatre 
volumes dont nous venons de rendre compte, n’ait pas donné plus 
de place à la partie historique et littéraire. Nous le regretterions 
plus encore, si nous ne savions pas que cette compagnie savante 
réserve la plupart des travaux de cette nature, et particulièrement 
les travaux de longue haleine, pour le recueil de Mémoires qu’elle a 
entrepris en i 865 et dont le tome III vient de paraître. 

L. Bellagubt, 

Membre du Comité. 


Mémoires de la Société de statistique, sciences et arts du département 
des Dbui-Sèvrbs. 

a* série, tomes IX, 1879, et X, 1870. 

Le premier de ces volumes s’ouvre par un rapport lu, dans la 
séance pdblique du 10 janvier 1869, par M. Duval, ancien biblio- 


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— 29 — 

thécaire de la ville de Niort, au nom d'une commission qui a 
décerné une médaille d'or à M. Merland, de Nantes, pour son 
mémoire intitulé Les illustrations de la Vendée; des médailles d'ar¬ 
gent à M. Moussaud, de Niort, pour sou mémoire sur l'hygiène de 
la ville de Niort, et à M. Ledain, de Parthenay, pour son histoire 
d'Alphonse, comte du Poitou, frère de saint Louis; et des mentions 
honorables à M. Beauchet-FiJleau, de Chef-Boutonne, pour sa notice 
sur Gautier de Bruges, évêque de Poitiers, et à M. Imbert, pour ses 
recherches archéologiques sur la ville de Thouars. 

Le général Allard, qui présidait la séance, a félicité la Société de 
son zèle à recueillir les documents relatifs à l'histoire du passé, à 
propager la culture des arts elles études sérieuses, qui exercent une 
si salutaire influence sur la moralité des populations. «C'est ainsi, 
dit-il, que l’on parviendra à rendre la vie aux provinces et à com¬ 
battre l'absorption fâcheuse qu'exerce la capitale en se constituant 
comme le centre unique et le foyer exclusif des travaux intellectuels. * 

Le secrétaire de la Société a fait ensuite l'énumération des œuvres 
produites directement par les membres de la Société ou publiées 
sous ses auspices. 

François Viète, simple avocat à Fontenay, puis successivement 
maître des requêtes et conseiller du roi Henri IV, inventeur de l'al¬ 
gèbre moderne, est l'objet d'une savante notice due à M. Ritter, 
ingénieur en chef du département et secrétaire de la Société. Pré¬ 
curseur de Descartes, de Fermât, de Newton, François Viète appar¬ 
tient à cette grande époque où l'esprit humain, en pleine renais¬ 
sance, se fraya vers tous les horizons des voies nouvelles. M. Ritter 
regrette que la France, qui élève des statues» des hommes n'ayant 
eu ni le génie ni l'illustration de Viète, n’ait pas rendu à sa 
mémoire un solennel hommage. La seule marque de souvenir qui 
lui ait été donnée jusqu'à présent est la plaque de marbre qui décore 
la façade du nouveau palais de justice de Fontenay. 

L’ouvrage couronné de M. C. Merland, Les illustrations de la Ven¬ 
dée , occupe une grande place dans le présent volume, fl est con¬ 
sacré à cinq notabilités poitevines de caractères et de mérites bien 
divers : Barnabé Brisson, La Reveillière-Lépeaux, Lancelot Voisin 
de la Popelinière, Nicolas Rapin et André Riveaudeau, Ces cinq 
monographies, résultat de recherches consciencieuses, habilement 
mises en œuvre, font le plus grand honneur à l'écrivain et jus¬ 
tifient pleinement la distinction dont son œuvre a été l'objet. 


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— 30 — 

Le tome X est consacré tout entier à Hiisloire de la ville de 
Thouars par M. Hugues Imbert. Ce sujet avail été traité déjà par 
deux écrivains, Drouyncau de Brie, avocat ducal, et Berthre de 
Bournizeaux. Le premier, qui avait entrepris son travail en 17^2, à 
l'instigation de l'intendant Lenain, avait puisé ses documents à des 
sources suspectes, et, quoique son livre soit rédigé avec assez de soin 
et de méthode et ne soit pas dépourvu d'intérêt, il ne s'appuie sur 
aucun de ces documents authentiques ou sérieux qui sont pour les 
œuvres d’un historien la première et la plus forte garantie d’exac¬ 
titude. Il existe à Thouars un assez grand nombre de manuscrits de 
de cet ouvrage, qui paraît avoir été presque exclusivement mis à 
contribution par M. Berthre de Bournizeaux pour l'Histoire de 
Thouars qu’il a publiée en 1824. M. Imbert, mieux inspiré, a 
cherché les matériaux de son livre dans les archives du château de 
Thouars, où, grâce à l'obligeance de M. le duc de La Trémoille, 
aux précieuses indications et aux communications de M. P. Marche- 
gay, il a pu donner à son œuvre les caractères dont sont dépourvus 
les travaux de ses devanciers. Indépendamment des documents que 
lui a fournis ce vaste chartrier, dont les dossiers sont déposés à 
Sarraut et à Paris, M. Imbert a mis à contribution, les Archives 
et la Bibliothèque nationales, les bibliothèques de Poitiers et de 
Niort, la mairie de Thouars et les portefeuilles que lui ont gra¬ 
cieusement ouverts MM. Marchegay, Guilbault et Benjamin Fillon. 

Quelque intéressante que soit réellement l’histoire de la vicomté 
de Thouars, elle ne saurait offrir à foutes les époques le même 
degré d’importance. Parmi les faits recueillis par M. Imbert, il en 
est d'assez insignifiants par eux-mêmes, et que le désir de n’omettre 
aucun des documents mis à sa disposition ne lui a pas permis de 
négliger. Ce que son œuvre aurait gagné à être resserrée dans un 
récit vif et animé, dégagé des textes et des pièces justificatives, con¬ 
tenant les faits saillants et se bornant à indiquer ceux d’une moindre 
importance, elle l'aurait perdu au point de vue de l'érudition et de 
la multiplicité des détails. L’auteur s’est résigné à être moins litté¬ 
raire afin d'être plus complet. 11 a partagé son histoire en six pé¬ 
riodes : i r# période, Epoque antihistorique et romano-gauloise. Cette 
partie est nécessairement la plus courte. Des haches de pierre trou¬ 
vées dans plusieurs communes du Thouarsais, des tessons de po¬ 
terie grossière, des sépultures, un de ces établissements métallur- 
giques désignés sous le nom de magnæ ferrariœ , semblent attester 


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— 31 — 

l'existence (Tune bourgade gauloise d’une certaine importance. — 
3° période, Etablissement de la vicomté .famille de Thouars. — 3 e période, 
Famille cTAmboise (1397-1489). — 4 ° période, La famille de La Tré - 
moille , 1489-1793. — 5 ° période, aviii* siècle. — 6 e période, 
Epoque révolutionnaire : le siège de la ville en 181 5 et la conspiration de 
Berton en 1802. Le récit des événements de cette dernière période 
exigeait de la part de l’auteur, comme tout ce qui est relatif aux 
faits presque contemporains, beaucoup de réserve et d’impartialité. 
frNous avons cherché la vérité partout, dit-il dans sa préface, dans 
les ouvrages de M 1 "* de La Rochejacquelein et de M. de Beaucbamp, 
aussi bien que dans le Moniteur. Notre récit doit remplir les con¬ 
ditions voulues .v On ne saurait, après l’avoir lu, lui refuser ce 
genre de mérite. 

La Société de statistique, sciences et arts des Deux-Sèvres pu¬ 
blie, indépendamment de ses Mémoires, un Bulletin mensuel auquel 
peuvent participer les personnes même étrangères à la Société, 
pourvu qu’elles se renferment dans son programme, qui comprend : 
l’archéologie scientifique et artistique, la numismatique, la philo¬ 
logie, la géographie ancienne et du moyen âge, l’histoire politique, 
littéraire et scientifique; les sciences physiques naturelles, médi¬ 
cales, industrielles, économiques et agricoles, les beaux-arts. O11 
voit que la Société, qui à son début semblait se consacrer presque 
uniquement à la statistique, a singulièrement élargi le cadre de ses 
études. 

Les bulletins de 1870 et de 1871 qui nous sont parvenus (à 
l’exception des numéros de 6 à 11) contiennent, entre autres articles, 
un document faisant connaître le montant des contributions patrio¬ 
tiques de 1789 h 1790 dans la commune de Niort; L'élection d'un 
abbé dans un monastère , au commencement du xvi° siècle, par M. G. 
Laurence; La justice révolutionnaire à Niort, par M. Antonin Proust; 
Les sires de Clervaux en Poitou, par M. L. Duval; Le bilan intellectuel 
du département des Deux-Sèvres, par M. Caillé, conseiller général, 
ou énumération des principaux travaux historiques, scientifiques et 
littéraires, publiés dans le département pendant les vingt dernières 
années. Plusieurs articles des Mémoires et du Bulletin appartiennent 
à la section d’archéologie et à celle des sciences. 

C. Hippeau, 

Membre du Comité. 


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— 32 — 


Mémoires de la Société nationale académique de Cuerbovrg. 

Année 1871. 

Le volume dont j'ai à rendre compte se compose d'un assez grand 
nombre d'articles appartenant à des ordres d'études fort, variés. 
Ceux qui sont consacrés à des recherches locales, c’est-à-dire à ce 
genre de travaux au moyen desquels les Sociétés savantes des dé¬ 
partements sont appelées à rendre le plus de services, doivent surtout 
attirer notre attention. Je mentionnerai d'abord plusieurs biogra¬ 
phies : celles du docteur Norbert et de l'abbé de Caudunnel, par 
M. de Pontaumont, de Victor le Sens et du chevalier Charles de 
Brucan, par M. Digard (de Lousta.) Les pouillés inédits de la Hague 
et de Carentan, collationnés et traduits par M. de Pontaumont, sont 
extraits du Livre noir du diocèse de Coutances, rédigé vers 1 s 5 o, et 
du Livre blanc , qui date de i 34 o. On sait combien de renseigne¬ 
ments utiles procurent à l'histoire ces sortes de travaux. Notre col¬ 
lègue M. Delisle, qui ne refuse jamais son concours aux savants 
occupés d'une province qu’il connaît si bien, a rédigé pour la Société 
académique de Cherbourg une note sur Robert de Saint-Pair, péni¬ 
tencier de Rouen, vers l’année taoo. On connaît le moine qui por¬ 
tait le nom de Guillaume de Saint-Pair, et a composé le poëme ou 
roman du Mont-Saint-Michel. M. Eugène de Beaurepaire a discuté 
savamment les diverses questions relatives à cet ouvrage, et M. Fran¬ 
cisque Michel en a publié le texte en 1 853 . Le second écrivain, 
qui a tiré son nom de la paroisse de Saint-Pair, Robert, le péni¬ 
tencier de Rouen, dont it est ici question, est auteur d'un petit traité 
ayant pour objet la pénitence ecclésiastique . Il a été découvert par 
M. L. Delisle dans un manuscrit conservé au Mont-Saint-Michel, 
et qui se trouve à la suite de la Somme de Pierre le Chantre, connue 
sous la dénomination à'Abel II est à présumer que ce traité a été 
spécialement composé pour l’église de Rouen : cinq chartes publiées 
par M. Delisle et indiquant les fonctions que l'auteur y remplissait 
donnent à cette hypothèse un assez haut degré de probabilité. 

Les Documents pour servir à F histoire de Cherbourg , recueillis par 
M. de Pontaumont, sont extraits d'un mémoire de dom Guillaume 
Julien, prieur d'un fief de l’Hôtel-Dieu de Cherbourg désigné sous 
le nom de fief du Lardier. Les textes produits et commentés tendent 
à établir que l'Hdtel-Dieu de Cherbourg a possédé des biens fonds 


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— 33 — 

de la donation de Guillaume le Conquéraut; que le fief du Lardier 
en faisait partie; que l’Hôtel-Dîeu les possédait du temps de Wace, 
et qu'il en a joui pendant plusieurs siècles et tout au moins jus¬ 
qu’en 1A77, temps de la rédaction du mémoire inséré dans le 
cartulaire. M. Geufroy aîné, architecte de la ville, chargé de res¬ 
taurer la vieille église de Cherbourg, fait connaître, dans une inté¬ 
ressante notice, les circonstances dans lesquelles elle a été construite, 
les souvenirs historiques qui s’y rattachent, et, enfin, l’esprit dans 
lequel il conçoit les réparations que comporte, au point de vue de 
l’art, cette église bâtie pendant les xv a et xvi* siècles. 

U église Notre-Dame dus vœu de Cherbourg , par M. l’abbé Besnard, 
est aussi l’objet d’une dissertation historique, faisant suite aux sa¬ 
vantes recherches de l’auteur sur le même sujet, publiées dans les 
Mémoires de la Société en 1861 et en 1867. Il traite, dans cet ar¬ 
ticle, de l’établissement des petites sœurs des pauvresses prédica¬ 
tions faites dans l’église, du remplacement du bourdon qui s’était 
fêlé en i 858 , au moment où on l’avait lancé à toute volée, de 
deux statues sculptées par M. Robert, des agrandissements du pres¬ 
bytère, de la fondation, au mois de septembre 1870, d’une mai- 
trise, et, enfin, d’une procession annuelle votée pour l’expulsion du 
sol français de l’invasion prussienne. 

M. de Pontaumont est encore l’auteur de recherches nouvelles 
sur les prétendues possessions diaboliques survenues dans la vicomté 
de Carentan, et, en particulier, dans la sieurie de Léaupartie, pen¬ 
dant le xvii* et le xviu® siècle. 

Ce mémoire fait suite à celui que l’abbé Charles-Gabriel Porée 
a publié en 1733 sur les scènes étranges qui se passèrent à cette 
époque au manoir en question et à Landes près Bayeux, et à une 
notice de M. Alleaume, ancien élève de l’École des chartes, insérée 
dans les Mémoires de l’Académie de Caen (i 855 ). Les archives de 
la Manche et de la Seine-Inférieure ont fourni à M. de Pontaumont 
non-seulement des détails relatifs aux enquêtes faites à ce sujet en 
1739, mais encore une autre enquête non moins curieuse qui avait 
eu lieu en 16A6 au même manoir, appartenant alors à René Cani¬ 
vet, écuyer, et à Charles Symon, son beau-père. Les tristes scènes 
qu’elle révèle avaient eu lieu quelques années après la guerre des 
Pieds-nus. Elles ressemblent à toutes celles où, dans les siècles 
d’ignorance, ont figuré les malheureux, qui, se croyant réellement 
sorciers ou sorcières, et s'accusant d'avoir été au sabbat, subirent 

Rkî. dbs Soc. sa?. 5 * série, t. VI. 3 


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— 34 — 

plus d'une fois d'horribles supplices pour des crimes qui n’existaient 
que dans leur imagination pervertie et troublée. Les trois filles de 
de M. de Léaupartie, qui, au milieu du xvin e siècle, se crurent en 
proie à des obsessions diaboliques et se livrèrent à des actes rappe¬ 
lant ceux qui s'étaient accomplis en 1732 au tombeau du diacre 
Paris, eurent un sort beaucoup moins tragique. A son retour d'un 
voyage, monseigneur de Luynes, évêque de Bayeux, ami de la 
famille de Léaupartie, fut prié d’exorciser les trois sœurs. Il les vit et 
leur parla raison ; mais, ayant reçu pour toute réponse un soufflet 
de la main de l’ainée, il jugea qu’il n’y avait que le diable capable 
d’une pareille extravagance, et n’hésita pas h croire à la réalité de la 
possession. Des médecins ayant été appelés auprès des jeunes filles 
ne s’y trompèrent point. Ils constatèrent chez elles les symptômes 
d’une véritable maladie : des douleurs intermittentes, des tristesses 
sans causes apparentes, la compression de l'estomac, des élance¬ 
ments aigus vers la région du cœur, des sueurs nocturnes pendant 
un temps froid, un délire mélancolique fréquent, et, enfin, des syn¬ 
copes qui amenaient parfois une insensibilité très-prononcée. On 
renonça, sur leur avis, aux exorcismes, qui ne faisaient qu'aggraver 
le mal. M. de Léaupartie plaça ses filles dans un couvent de Bayeux, 
où, sous la conduite de religieuses sages et prudentes, elles ne tar¬ 
dèrent pas à recouvrer, au milieu des compagnes de leur âge, la 
santé et la gaieté qu’une vie mystique et solitaire leur avait fait 
perdre. 

Je ne sais si M. Legouvé connaît le fait relatif à son père que 
signale M. de Pontaumont dans un article intitulé Legouvé à Ca - 
rentan en i8oj. Dans le cas où il l’ignorerait, il apprendra que, 
dans un voyage fait en Normandie, le gracieux auteur du Mérite des 
femmes , forcé, par une grave maladie, de s’arrêter à Ca rentan, et ne 
pouvant trouver une garde-malade, vit arriver auprès de lui deux 
deses admiratrices, mesdames de Turqueville, qui, après s’être ins¬ 
tallées dans son auberge, comme ses gardes-malade, l’emmenèrent 
à leur château de Beuzeville, où il passa un mois pour achever son 
rétablissement. On montre dans ce manoir la chambre qu’occupa 
le poète en 1807, et qui fut vingt-quatre ans plus tard habitée par 
Chateaubriand, allié à la famille de Saint-Simon-Turqueville. 

Parmi les mémoires traitant des sujets d’une portée générale, 
on peut signaler celui de M. Hoffmann, Souvenir d'un voyage m 
Orient; celui de M. Jouan, L'expédition de Corée en 1866, et le Livre 


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— 35 — 


de la science de la mer et des astres dans l'Inde; et, enfin, une causerie 
qui rappelle un peu l'entretien sur la pluralité des mondes et ayant 
pour titre Les habitants des planètes , par M. Vérusmor. La poésie, à 
laquelle les membres de la Société n’oublient jamais de payer un 
tribut plus ou moins heureux, est représentée par huit fables de 
M. de La Chapelle; par une comédie en un acte et en vers, de 
M. Charles Frégoult, intitulée Une heure chez Ninon; par deux scènes 
du Plutus d'Aristophane, traduites par le même, et, enfin, parles deux 
célébrités de village, Jean le voyeur d'anges et Jacques le rimeur, 
que fait connaître M. Digard (de Lousta), directeur de la Société, en 
publiant quelques-unes des improvisations de ce dernier, plus digne 
du titre de rimeur , que lui donne avec raison M. Digard, que de 
celui de poète. 

C. Hippeau, 

Membre du Comité. 


Bulletin de la Société d'études scientifiques et archéologiques 
de Draguignan. 

Tomes VII et VIII, comprenant les années 1868, 1869, 1870 et 1871. 

Quoique les Bulletins de la Société d’études de Draguignan res¬ 
tent fidèles à leur titre et soient tout spécialement consacrés aux re¬ 
cherches scientifiques et archéologiques, ('histoire et la philologie 
n'en sont pas absentes. Les transformations du langage, non moins 
que les monuments, racontent la vie des peuples, et c’est à une 
conclusion historique qu'aboutissent les travaux de l'archéologue et 
du philologue, quelque limité que paraisse quelquefois l’objet de 
leurs travaux. 

C'est le caractère d'un savant mémoire, signé D. R., dont l'auteur 
étudie une question locale très-controversée, l'origine de Toulon. 

IL s’efforce d'établir que cette ville a été fondée par les Liguriens, 
peuple d'origine ibérienne, et n’était pas, comme plusieurs érudits 
l’ont prétendu, un simple poste placé là par les Romains pour sur¬ 
veiller une teinturerie impériale, motivée par la pêche abondante 
du murex. 

Dans une discussion, où la vivacité du style couvre l'aridité du 
sujet, l’auteur, s'appuyant principalement sur l'autorité de M. Amé- 
dée Thierry et sur d’ingénieuses inductions philologiques, soutient 

3 . 


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— 36 — 

% 

que le nom primitif de la ville de Toulon était Tolou , et que son 
importance, reculée arbitrairement par les amateurs d’origines fa¬ 
buleuses, date, non pas des Troyens, comme on l’a dit d’abord, 
non pas des colonies phocéennes, comme on l’a prétendu encore, 
mais, plus modestement, du v® siècle de notre ère, époque probable 
de la fondation de l’évêché. 

Un épisode tragique des luttes soutenues en Provence au xv® siècle 
contre les seigneurs par leurs vassaux, que vingt ans de procès avaient 
exaspérés jusqu’à la frénésie ; une étude piquante de M. Teissier sur 
certaines institutions démocratiques du moyen âge, et spécialement 
sur les élections municipales, germe et, en quelque sorte, préface 
obscure du suffrage universel, terminent le premier de ces deux 
volumes. 

Le second est rempli tout entier par une description historique 
inédite du diocèse de Fréjus, œuvre de deux ecclésiastiques, Joseph 
Antelmy et Jacques Girardiu, qui ont traité diversement le même 
sujet, le premier en latin, il y a près de deux cents ans (1676), le 
second en français, cinquante trois ans plus tard (1729). M. l’abbé 
Disdier, quia donné ses soins à la publication de ce manuscrit, fait 
ressortir l’érudition judicieuse d’Antelmy et les détails curieux qu’il 
donne sur le clergé du diocèse de Fréjus, le serieux travail, les vé¬ 
rifications consciencieuses qui distinguent l’œuvre dè Girardin. Au 
reste, ces deux ouvrages sont incomplets, quoique chacun, à quel¬ 
ques égards, comble les lacunes de l’autre. M. Disdier les regarde 
comme les matériaux, insuffisants, mais précieux, d’une histoire gé¬ 
nérale de ce grand diocèse, bien plus vaste aujourd’hui, bien plus 
intéressant pour la science historique, œuvre qui se prépare sous 
les auspices du vénérable évêque de Fréjus. 

M. l’abbé Disdier annonce la publication prochaine du cartulaire 
de l’ancienne et illustre abbaye de Lérins, qui devra compléter 
celui de Saint-Victor de Marseille, et où l’histoire locale s’enrichira, 
dit-il, d’un grand nombre de détails authentiques et inconnus. 

Théry, 

Membre du Comité. 


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— 37 — 


Mémoires de la Société des sciences, de l* agricvltüre et des arts 

de Lille. 

Année 187a, 3 * série, X # volume. 

Quelques mémoires historiques et quelques articles d'économie 
sociale et politique forment le fonds principal de ce volume. 

Les mémoires historiques sont : i° trois chapitres de l’histoire 
de Lille intitulés : Le livre Raisin, Le privilège de non confiscation , Les 
comptes de la ville , par M. J. Houdoy ; 3° Les châtelains de Lille , par 
M. Th. Leuridan; 3 ° Note sur la bataille de Saucourt , par M. l'abbé 
Dehaisnes. 

Les articles d’économie politique et sociale sont : t° Principes 
élémentaires d'économie sociale , par M. René Telliez; 3° Des jeux et lo¬ 
teries au point de vue de Véconomie sociale , par le même; 3 ® Vimpôt 
sur le revenu au xvi e siècle , Les Etais de Lille et le duc dÀlbe , par 
M. J. Houdoy. 

Le livre Roisin est un des plus anciens recueils des coutumes 
écrites que possède la Flandre. Il contient non-seulement les usages 
traditionnels qui régissaient à Lille la'propriété, mais encore 
l’ensemble des libertés et des franchises politiques qui établissaient 
l’indépendance des habitants de cette ville dès le xn* siècle. 
M. J. Houdoy ne s’est occupé, dans sa notice, que de ce dernier 
point de vue. Il cherche h démontrer, à l’aide de ce document, 
l’ancienneté de la commune lilloise et les précautions prises en tout 
temps par les Lillois pour assurer le maintien de ses droits. Il in¬ 
dique en quoi consistaient les franchises de la ville et ce qu’elles 
devinrent sous la domination française 1 . H fait remarquer que, 
tandis que les corporations ou corps de métiers, à Gand, à Bruges 
et à Ypres, jouaient un grand râle dans l’organisation munici¬ 
pale, à Lille l’influence des corporations était presque nulle, et que 
ses privilèges principaux avaient été conquis par l'association 
des bourgeois. Parmi ces privilèges figurait le droit d’arsin, qui 
lui fut souvent contesté. M. Houdoy est entré dans des détails 
assez curieux sur ce 'droit, qui consistait à brûler en certains cas 
les propriétés des coupables, et sur la manière dont il s’exerçait. 
Lorsque, par un acte du mois d’avril i 34 o, qui prit le nom de traité 


1 De 1297 * *^69. 


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— 38 — 

de* di\-*«ept article*, Philippe de \aloi> confirma les franchises de 
la ville de Liile, un seul point a*ail été réservé par le roi el ses 
«muni--a ires celait la question pendante devant le parlement 
sur le privilège de farsin. Après diverses décisions du parlement, 
un arrêt définitif, eu date de i 35 *i, maintint l'échevinage en pos¬ 
session d'un droit qu'il considérait comme un de ses plus impor¬ 
tants pritiléges. Du re^te, ce droit, malgré les quelques exécutions 
dont les arrimes de Lille ont conservé le souvenir, était, en réalité, 
plutôt uri droit comminatoire quune coutume d'application fré¬ 
quente, et à partir de l'arrêt précité on ne trouve plus la trace 
d'aucune exécution. 

rOn peut conclure sans hésitation, dit M. Houdoy en terminant 
son examen du Livre Raisin, que la domination française au 
xiv 4 siècle n'en traîna la perte d'aucun de nos privilèges, et que bien 
plutôt, en éveillant la sollicitude du magistrat et du peuple, en dé¬ 
veloppant dans la bourgeoisie le respect du droit et l'amour de la 
cité, elle eut pour résultat de surexciter cet esprit public qui, plus 
que toutes les chartes, est la garantie durable de la liberté. 

Le second, chapitre d'histoire de M. Houdoy est exclusivement 
consacré k un des privilèges mentionnés dans le chapitre précédent, 
celui de mnr-eonfiscation. Le droit de confiscation, pour les crimes 
de certaine nature, fui, avec plus ou moins de restrictions, exercé 
dans toutes les provinces de France dès l'origine de la monarchie. 
La Flandre wallonne, dont Lille était la capitale, fut la seule 
où celte peine n'ait jamais été admise et légalement appliquée. 
C'est en s'appuyant uuiquemenl sur des documents authentiques et 
pour la plupart inédits que M. Houdoy a écrit l'histoire de ce pri¬ 
vilège. Les faits qu'il expose et les textes qu'il cite prouvent qu'il a 
étudié la question avec soin. Il fait ressortir la force de volonté, 
l'énergie et la persévérance que durent déployer les autorités muni¬ 
cipales de Lille pour maintenir, malgré les efforts souvent réitérés 
des rois et des seigneurs, un droit qui se trouvait en opposition 
formelle avec la législation générale. Lorsque, en 1667, la ville 
de Liile fut prise par Louis XIV, il fut stipulé dans la capitulation 
<t qu'elle jouirait pleinement et paisiblement de tous privilèges, cou¬ 
tumes, usages, immunités, droits, libertés, franchises, juridiction, 
justice, police et administration à elle accordés tant par les rois de 
France par ci-devant que par les princes souverains de ce pays, 
comme aussi du droit de nou-conlisquer, pour quelle cause et 


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— 39 — 

crime que ce fût, même celui de lèse-majeslé divine et humaine.» 
Si, après ia réunion à ia France, elle vit ses institutions munici¬ 
pales perdre peu à peu de leur importance sous la pression du 
pouvoir absolu, aucune infraction au privilège dont il s'agit n'a 
été constatée, et les cahiers des députés aux états généraux n'eu¬ 
rent pas à demander l'annulation du droit de confiscation, qui 
avait été imposé à tout le reste de la France. 

M. Léon de La Borde, dans son introduction des Ducs de Bour¬ 
gogne , exprimait l'espérance que l'érudition trouverait à Lille un 
homme assez dévoué pour entreprendre dans les archives munici¬ 
pales de cette ville un travail analogue à celui qu'il avait fait lui- 
même dans les archives départementales pour une partie des 
comptes de la recette générale de Flandre. M. Houdoy s’était pro¬ 
posé de réaliser cette espérance, et depuis plusieurs années il a 
compulsé dans ce but une quantité considérable de documents et 
recueilli des notes nombreuses qui lui ont déjà fourni les éléments 
de différents travaux publiés par lui, tels que l'histoire des terres 
émaillées, celle des tapisseries de haute lisse et ; une monographie 
de l'ancienne halle échevinale. Mais il a reculé jusqu'à présent de¬ 
vant la publication d'un ouvrage complet qu’il a préparé sur ce 
sujet. Les pages insérées dans ce volume des Mémoires, sous le 
titre de Comptes de la ville de Lille , ont été écrites pour servir d'in¬ 
troduction à cet ouvrage. M. Houdoy y expose le plan de son travail, 
et l'intérêt qu'il pourrait présenter pour l’archéologie et pour l’his¬ 
toire des arts et de l'industrie. A cette introduction il a joint une 
analyse sommaire d'un compte de l'année 1817 à i3i8; le texte 
d’une ordonnance rendue par Philippe le Bon, en i466, sur la 
comptabilité municipale, et une analyse explicative des comptes de 
Mathieu Domessent, argentier de la ville, depuis le i or novembre 
1467 jusqu'au 31 octobre 1468. Les intitulés de ces comptes, aux¬ 
quels s'est borné M. Houdoy sans entrer dans les détails, suffisent, 
avec les courtes explications qu'il y a ajoutées, pour donner une 
idée de l'utilité des renseignements qu'on peut tirer de ces sources 
d'informations. Ainsi, le chapitre Pensions comprend les gages de 
tous les hauts fonctionnaires de l'administration municipale; le 
chapitre Voyages et Journées est la partie politique et diplomatique 
des comptes; il enregistre les rapports de la ville avec l'autorité 
souveraine» Le chapitre Présents de vin donne la liste de tous les 
personnages de distinction qui ont séjourné dans la ville ou y ont 


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— 40 — 

passé dans le courant de Tannée. Le chapitre Ouvrages et réfections 
contient ie détail des travaux exécutés pour le compte de la ville, 
le prix des différents matériaux, celui de la main-d’œuvre, et 
mentionne quelquefois des œuvres de sculpture, de peinture et de 
verrerie. Il en est ainsi de beaucoup d’autres chapitres. 

Il est fort désirable que M. Houdoy continue à mettre en lumière 
les résultats de ses intéressantes recherches. 

Il existe une histoire des châtelains de Lille, écrite en i6t i par le 
chanoine Floris van der Haer, trésorier de la collégiale de Saint- 
Pierre de Lille. Mais cet ouvrage, incomplet, souvent confus, dé¬ 
fectueux et d’une lecture pénible, était à refaire de tous points. 
M. Th. Leuridan, muni de nouveaux documents et de l’expérience 
due aux progrès de la science historique, a entrepris celte tâche. 
La première partie de son travail a été imprimée dans le volume 
soumis à notre examen. Cette première partie comprend l’origine 
et la topographie historique de la châtellenie de Lille, l’office des 
châtelains, leurs attributions judiciaires, administratives et mili¬ 
taires , leurs devoirs envers la commune de Lille et ceux de la com¬ 
mune envers les châtelains, leurs rapports avec les abbayes dont 
ils étaient ou devaient être les protecteurs, leurs droits et leurs pré¬ 
rogatives. Ces différents points, sur lesquels la certitude était sou¬ 
vent difficile à établir, ont été traités par M. Th. Leuridan avec 
beaucoup de sagacité. 

La note de M. l’abbé Dehaisnes sur la bataille de Saucourt en 
Vimeux, gagnée sur les Normands par le roi de France Louis III, eu 
juillet 881, a pour objet de démontrer que cette bataille ne fut, 
comme l’ont prétendu quelques historiens modernes, ni peu im¬ 
portante ni indécise, et que ce fut au contraire une victoire écla¬ 
tante et complète. L’abbé Lebeuf, dans un mémoire lu le s 3 juin 
17/19 à l’Académie des inscriptions et belles-lettres, avait fait re¬ 
marquer que les annalistes de Saint-Berlin et de Saint-Waast s’ac¬ 
cordent à rapporter que, dans le combat de Saucourt, les deux 
années prirent la fuite. Le P. Daniel avait avancé que ce combat 
n’eut aucun résultat. Depuis, Sismondi a été jusqu’à dire que ce fut 
une défaite; Depping, dans son Histoire des expéditions des Normands , 
l’appelle une demi-victoire, et M. H. Martin présente les deux armées 
comme fuyant chacune de son côté. M. l’abbé Dehaisnes, en pu¬ 
bliant, pour la Société de l’histoire de France, une nouvelle édition 
des Annales de Saint-Bertin et de Saint-Waast d'après des manus- 


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— 41 — 

crits qui n'av&ient pas encore été consultés, a trouvé des textes qui 
lui ont permis, en les rapprochant des annales du x% du xi 6 et du 
xii* siècle, d'établir clairement que la bataille de Saucourt a été 
une victoire glorieuse, et que ses suites ont été très-profitables à la 
France en assurant pour un certain temps à quelques-unes de 
ses provinces une sécurité inaccoutumée. Tous les chroniqueurs 
qui ont écrit un siècle ou deux après l'événement sont d'accord sur 
ce point. On peut le constater dans les annales de Saint-Bénigne 
de Dijon, de Verdun et de Saint-Ricquier près d'Abbeville, dans 
le cartulaire de Samt-Bertin ou dans un Discours sur la translation 
des reliques de saint Quentin . Il en est de même des chroniqueurs 
contemporains, des auteurs des annales de Fulda, des annales de 
Metz, de la chronique des Normands et de Réginon, abbé de 
Prüym. De plus, une étude attentive du texte même des Annales 
de Saint-Waast, sur lequel s'appuie l'opinion contraire, et qui n'a¬ 
vait pas été connu intégralement de l'abbé Lebeuf, est venue con¬ 
firmer les assertions de l'abbé Dehaisnes. 

M. Telliez, dans son exposé des Principes élémentaires (Téconomie 
sociale y n'a eu d'autre but que de répandre quelques notions simples, 
claires et précises sur une matière généralement peu étudiée, et 
dont l’ignorance donne lieu, de nos jours, à tant d'idées fausses et 
préjudiciables à la prospérité et à la sécurité publiques. C’est au 
point de vue de la morale que M. Telliez, dans un autre article, 
examine la question des jeux et des loteries, et qu'il combat les ar¬ 
guments qui se sont produits dans ces derniers temps en faveur de 
leur rétablissement sous l'autorisation et la protection du gouver¬ 
nement. 

Le mémoire que M. Houdoy a intitulé L'impôt sur le revenu au 
.xvi* sikcle est le récit des discussions que provoquèrent dans les 
états géuéraux des Pays-Bas, et principalement dans les états parti¬ 
culiers de Lille, les demandes de contributions proposées par le 
duc d'Albe, et des conflits qui s'ensuivirent entre ces états et l'auto¬ 
rité royale. Lorsque le duc d’Albe prit possession du gouvernement 
des Pays-Bas, les guerres de la réforme et la détresse du trésor 
avaient mis Philippe 11 dans la nécessité d'exiger des provinces de 
Flandre des sommes considérables, et en i568, dans l'assemblée 
des états généraux tenue à Bruxelles, le duc d'Albe, après avoir 
longuement développé les besoins du trésor, demanda aux députés 
réunis le centième denier de la valeur de tous les biens meubles 


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— 42 


et immeubles, le dixième denier de la vente des meubles et mar¬ 
chandises, et le vingtième denier de la vente des immeubles. Ces 
impositions nouvelles et excessives soulevèrent une vive résistance, 
et donnèrent lieu à de graves débats dans le sein des états, et à de 
longues et difficiles négociations entre eux et le duc; négociations 
qui se. terminèrent par l'acceptation du centième et par l'abandon 
des deux autres demandes. Ce sont les diverses péripéties de cette 
lutte dont M. Houdoy nous a retracé l'histoire. Il nous fait con¬ 
naître en même temps la réglementation par laquelle fut établie et 
levée dans les Pays-Bas la nouvelle taxe dont la perception avait 
été adoptée, et qui équivalait à ce qu'on appelle aujourd'hui l'impôt 
sur le revenu. 

Si aux différents travaux que nous venons de signaler nous 
ajoutons la mention d'une pièce de vers de M. Deletombe, Bonheur 
du Pauvre y et quatre pièces de M. Jules Dutilleul, Sur la tombe 
d'un enfant , la Violette , Prise d'armes au moyen âge y le Chant du pâtre 
de la montagne y nous aurons indiqué tout ce qui, dans ce volume, 
ressortit à notre section. 

L. Bellaguet, 

, Membre du Comité. 


Bulletin de la Société académique de Laon . 

Tome XVII, Laon, 1868. 

Le Bulletin de le Société académique de Laon s'ouvre, comme 
d'habitude, par le rapport du secrétaire général sur les travaux de 
l'année écoulée; celui de M. Dey, rédigé un peu trop sommairement 
peut-être, ne donne pas une idée complète de l'intérêt qu’ils pré¬ 
sentent. A la suite, on trouve les comptes rendus des séances, qui 
ne renferment que les actes d'administration et les délibérations de 
l'Académie; alors seulement viennent les mémoires communiqués 
dont l'impression a été votée. Le premier et le plus important, sans 
contredit, comprend la seconde partie des recherches de MM. Matton 
et Midoux sur les filigranes employés pour la fabrication du papier 
dans le nord de la France au xv° siècle; celle qui précède, consa¬ 
crée aux filigranes du xiv e siècle, a dû vous être signalée par mon 
prédécesseur, notre regretté collègue, M. Huillard-Bréholles. Un long 
tableau nous présente d'abord 370 filigranes empruntés à des pièces 


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— 43 — 

tirées des archives de l’Aisue, de celles de la ville et de l’Hôtel-Dieu 
de Laon, de l’Hôlel-Dieu de Soissons, des archives de Saint-Quentin, 
de la Fère, de Chauny, de Roucy, des bibliothèques de Laon, 
Saint-Quentin et Soissons, et de quelques collections particulières; 
un second porte de 371 à £29 les filigranes tirés des manuscrits dé 
ces bibliothèque; un troisième et dernier tableau nous donne la 
nomenclature de 84 filigranes de papiers employés dans le midi 
de la France; mais ce qui forme la partie la plus curieuse et la 
plus importante de ce long et minutieux travail, ce sont les plan¬ 
ches de lithographies qui accompagnent le texte. 11 serait à souhaiter 
qu’on pût étendre ces recherches aux diverses régions de la France, 
comme on l’a fait récemment en Belgique et en Hollande. On aurait 
là les élémenls d’une histoire de la fabrication du papier, industrie 
qui a si puissamment contribué aux progrès de la civilisation en 
fournissant à l’imprimerie une matière abondante et d'un prix peu 
élevé; jamais, en effet, la merveilleuse invention de Gutenberg 
n’aurait produit de si immenses résultats, si elle avait été réduite à 
l’emploi coûteux et restreint du parchemin ; nous sommes loin de 
partager l’opinion de Frédéric de Schlegel (Histoire de la littéra¬ 
ture , leçon IX), qui voyait avec regret la trop grande multiplication 
des produits de la presse, par suite de l’abus qui peut en résulter, 
et nous croyons fermement que le remède se trouve placé immé¬ 
diatement à côté du mal. Les dessins, plus particulièrement dus à 
M. Midoux, représentent, et parfois d’une façon fort grossière, les 
objets les plus divers : nous nous garderons d’énumérer ces nom¬ 
breuses marques de fabriques qui se reproduisaient et s’altéraient 
de mille manières, souvent dans un but de fraude; cependant cette 
infinie variété avait fini par se réduire à quelques types d’un usage 
plus constant et plus général, et, aujourd’hui que la fabrication du 
papier mécanique a amené la suppression des filigranes pour ce 
genre de produit, les noms de raisin, jésus, couronne, écu, pot, 
cloche, coquille, types des anciens filigranes, sont restés en usage 
dans le commerce de la papeterie comme indication du formai des 
papiers. 

Jaloux, de conserver la mémoire des anciens dignitaires de la 
Société, M. Filliette a consacré une notice biographique à M. Du- 
change, qui avait longtemps exercé les fonctions de président. Né à 
Laon, eu 1786, M. Duchange embrassa la carrière militaire; élevé 
d’abord au Prylanée militaire à Paris, il passa ensuite à Sainl-Cyr, 


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— àà — 

et, enfin, à l’école spéciale de Fontainebleau. Entré sous-lieutenant 
au 6 # régiment d’infanterie légère en i 8 o 3 , après avoir fait les 
campagnes de i 8 o 5 , 1806 et 1807, il fut blessé grièvement à 
la bataille de Friedland, où un biscaïen lui fracassa une jambe. 
M. Duchange, décoré de la Légion d’honneur, dut, à l’âge de 91 ans, 
renoncer à la carrière qu’il avait choisie, et il entra aux finances 
comme surnuméraire dans les contributions directes. Nommé con¬ 
trôleur à Laon en 1811, il refusa tout avancement pour ne pas 
quitter sa ville natale, où il prit sa retraite en 18/17. L’estime de 
ses concitoyens lui conféra de nombreuses fonctions gratuites ; il 
s'y fit remarquer par son dévouement aux intérêts de la cité. Il prit 
une part active à la fondation de la Société, qui le nomma succes¬ 
sivement vice-président, président, et, lorsque son âge le força à 
résigner ce titre, président honoraire. M. Duchange, mort a 80 ans, 
a laissé des notices historiques et littéraires, et des poésies qui 
forment plusieurs recueils. Rien ne peint mieux le caractère de cet 
homme de bien que la dernière strophe de la pièce qu’il lut comme 
adieu à la Société : 

-m 

Heureux, cent fois heureux, à cette heure fatale, 

Qui laisse à ses amis, à sa terre natale. 

Non un vain souvenir, de stériles regrets. 

Mais d’utiles travaux et de réels bienfaits. 

Sous ce titre, Le protestantisme à Remigny, de 16g8 à iGyy , 
M. Matton raconte les tribulations d’un pauvre berger, esprit fort de 
village, qui, en possession d’une bible et de divers traités élémen¬ 
taires que lui avaient procurés des protestants zélés du voisinage, 
avait voulu pénétrer les mystères les plus profonds de la religion. 
Agé de 3 a ans et siégeant au banc des marguiliiers en 1698, Ni¬ 
colas Frenoy croyait pouvoir en remontrer à son curé; mais celui-ci 
veillait sur la brebis infidèle qu’il voulait ramener au giron de l’Église. 
Pour détruire le mal dans sa racine, il se contenta d’abord de prendre 
et de brûler les livres qu’il regardait comme la cause des erreurs 
de son paroissien; mais, voyant celui-ci persister dans son impéni¬ 
tence, il se décida à adresser une plainte en règle à l'intendant de 
Soissons. Le moment n’était pas favorable aux doctrines de la ré¬ 
forme; aussi le procureur du roi du bailliage de Chauny entama 
chaudement l'affaire, procéda à une descente de lieux et entendit 
des témoins. Frenoy n'attendit pas une assignation en forme; il se 


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— 45 — 

rendit à Chauny, où l'aveu de sa faute et surtout la remise d'une 
somme de 55 livres, faisant à peu près deux années de ses gages, 
désarmèrent Injustice, qui se contenta d’une amende, et, comme 
réparation du scandale qu’il avait pu causer dans la paroisse, le 
condamna à demander publiquement pardon de ses erreurs. 

Comme contraste à ce récit, M. Bâton a réuni quelques détails sur 
les fêtes célébrées à Laon, en 17^1, 1761 et 1762, en l’honneur 
de monseigneur de Rochechouart, évêque-duc de Laon. M. Bâton 
n’a guère fait que réunir les relations imprimées /lu temps sur l’en¬ 
trée du prélat à Laon, le 18 décembre 17/11, sur les réjouissances 
qui eurent lieu lors de sa promotion au cardinalat en 1761, et sur 
la rentrée de la nouvelle éminence dans sa ville épiscopale en 1762. 
On y retrouve les programmes de toutes les fêtes officielles de cette 
époque, arcs de triomphe, salves d’artillerie, devises, harangues, 
compliments, illuminations, feux d’artifice, distribution de vin, et 
de tous ces récits on peut dire sans crainte de se tromper : Ab uno 
disce omnes. 

Une histoire manuscrite de l’établissement de l’hôpital général 
de Laon, conservée dans les archives hospitalières, a suggéré à 
M. Filliette l’idée d’une Notice sur les institutions qui précédèrent 
la fondation de cet hôpital (i 642 -i 643 ). De ses recherches il ré¬ 
sulte que, sur la (in du règne de Louis XU 1 , la misère était arrivée 
dans la ville de Laon à un tel degré, qu’il fallut absolument chercher 
un remède efficace à ce mal toujours croissant. Il existait dans 
d’autres diocèses une association de Notre Dame sous le titre et in¬ 
vocation de la Reine de paix, qui avait procuré de notables soulage¬ 
ments aux infortunes les plus pressantes; elle fut introduite à Laon, 
où, grâce à la protection efficace qu’elle reçut successivement de 
deux évêques, M* 1, Philibert de Brichanteau et M* r César d’Eslrées, 
grâce aussi au zèle empressé du clergé et à l’esprit de charité des 
habitants, elle produisit les plus heureux résultats; mais en 1660, 
à la suite de la paix des Pyrénées, les désastres causés par la guerre 
avaient aggravé la misère au point qu’on se vit amené à créer une 
nouvelle association qui se joignit à la première. Après avoir vécu 
quelque temps en harmonie, les deux sociétés, à la suite de nou¬ 
velles élections, virent éclater une rivalité qui pouvait avoir les suites 
les plus fâcheuses. L’intervention de M* 1, d’Estrées parvint à rame¬ 
ner la paix; on introduisit une nouvelle organisation qui fit sentir 
le besoin de centraliser les secours disséminés alors dans toute la 


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— 46 — 


ville, en réunissant dans un seul local les pauvres, assistés jusque là 
à leur domicile respectif; et, enfin, en i 663 , les directeurs de l'as¬ 
sociation achetèrent, au prix modique do 5 ,600 livres, trois petites 
maisons qui furent l'origine de la création de l'hôpital général. 
M. Piette,dans sa notice, nous fait connaître, pour leurs parties 
les plus essentielles, les règlements et l'organisation des associations 
charitables, dont il se propose de continuer l'histoire jusqu'à nos 
jours. 

Dans sa relation du Siège de Soiesons en 1617, M. Gomart retrace 
un épisode des troubles .qui agitèrent la France au commencement 
du xvn 6 siècle. A la suite de l'arrestation du prince de Condé, le 
1 er septembre 1616, plusieurs seigneurs, prétextant la faveur tou¬ 
jours croissante du maréchal d'Âncre et ses funestes conséquences, 
se soulevèrent contre l'autorité royale et s'assemblèrent à Soissons, 
où le duc de Mayenne avait, sans ordre du roi, introduit des troupes 
qui lui étaient dévouées. La reine, voulant étouffer ces complots par 
les armes, leva trois corps d'armée, dont un, commandé parle 
comte d'Auvergne, après s être emparé de Pierrefonds, vint mettre 
le siège devant Soissons. Un plan gravé d’Abel Béraud, couvert 
d'indications manuscrites, provenant de la collection du maréchal 
d’Uxelle8 (département des Estampes, Bibliothèque nationale), a 
permis à M. Gomart de faire connaître avec la plus exacte précision 
toutes les opérations de ce siège, qui,après plusieurs attaques infruc¬ 
tueuses, se termina brusquement par la remise de la place, lorsque 
les assiégés apprirent la mort du maréchal d’Ancre, tué par Vitry. 

La troisième partie du Bulletin est consacrée aux documents iné¬ 
dits ou présumés tels qui sont communiqués à la Société. Elle 
comprend deux chartes d'affranchissement de communes, dont 
M. Manille a envoyé les copies. La premièré, reproduite par une tra¬ 
duction authentique de deux notaires de Coucy, du 26 juin 1716, 
est la charte accordée aux habitants de Selens et Saint-Aubin par 
Enguerrand III, dit le Grand, seigneur de Coucy, datée de ce lieu, 
en octobre 1 s 35 ; la seconde, en latin, est la confirmation par Raoul 
de Coucy de la charte concédée par son père aux habitants de Juvi- 
gny, datée de Folembray, août 12/16. Les deux textes, mis en regard 
pour faire ressortir la concordance de plusieurs articles, sont ac¬ 
compagnés de notes de M. Manille; il y donne les explications 
nécessaires pour en faciliter l'intelligence, et il relève les erreurs 
et les inexactitudes de la traduction des notaires Canivet et Pipelet. 


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— 47 — 

Le volume se termine par une communication de M. Malton, tirée 
des archives départementales et intitulée : Compte rendu aux repré¬ 
sentants du peuple Lejeune et Roux sur les moyens employés contre Venne¬ 
mi dans le département de l'Aisne et sur la formation du camp près la 
ville de Riunion-sur-Oise (Guise). Cette pièce, en date du i 5 octobre 
1793, a été rédigée par les administrateurs et procureur général 
syndic du département, les citoyens Lefèvre, Aubry, Huet et Ré¬ 
gnault. Après avoir énuméré les mesures prises par les généraux 
Parent et Beauregard pour s'opposer à l'invasion et repousser l'en¬ 
nemi, ils signalent les inconvénients qui peuvent résulter de l'esprit 
de rivalité et de la mésintelligence sourde qui règne entre ces deux 
chefs et les troupes placées sous leurs ordres-; ils concluent en émet- 
tantl’espoir que la présence du général Belair, chargé du commande- 
ment en chef, suffira pour y apporter remède. Le Bulletin de la Société 
de Laon contient, en outre, des rapports sur des fouilles archéolo¬ 
giques et sur la découverte d’objets antiques trouvés dans le dépar¬ 
tement; mais l'examen de ces travaux, qui contribuent à faire con¬ 
naître l’activité de cette Société, ne nous appartient pas et rentre 
dans les attributions d'une autre section du Comité. 

Michblant, 

Membre du Comité. 


Journal de la Société d’archéologie et du Comité du musée lorrain . 

19* et ao* années 1870-1871, 2 fascicules in-8°. 

J'aurai peu de choses à dire de ces deux volumes, d'abord parce 
que, comme l'indique leur titre, l’archéologie y occupe une place 
relativement considérable, ensuite parce que, pour la partie même 
qui rentre dans nos attributions, le renvoi tout à fait exceptionnel 
qui m'en a été fait me trouve absolument sans préparation et sans 
compétence sur les choses de la province. A cette première impres¬ 
sion s'en est jointe une autre bien autrement pénible, lorsqu'en 
feuilletant ces pages j'y ai retrouvé en maint endroit la trace des 
catastrophes qui ont frappé la France en général, et d’une manière 
toute particulière nos malheureuses provinces de l'Est. Ici, c'est un 
document tiré de la bibliothèque de la ville de Strasbourg, qui ne 
fait que rendre plus sensible la destruction du précieux dépêt où 


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— 48 — 

il était conservé. Ailleurs, ce sont des mentions succinctes, mais 
d'autant plus douloureuses dans leur brièveté même, des événements 
qui ont momentanément arrêté les travaux de la Société et la pu¬ 
blication du journal. Enfin, comme si tous les fléaux étaient con¬ 
jurés contre cette modeste et utile entreprise, en juillet 1871, l’in¬ 
cendie de la Galerie des Cerfs et du Musée lorrain vient mettre en 
question son existence elle-même. 

Par ces diverses considérations, nous nous bornons à indiquer, 
parmi les mémoires historiques compris dans ces deux volumes, 
celui de M. Lepage, Sur VAustralie et le royaume de Lorraine, la Rela¬ 
tion du voyage de la reine Marie Leszczinska , tirée du Journal historique 
du chevalier Daudet , pour compléter des fragments déjà donnés par 
mon collègue de la Bibliothèque nationale, M. J.-A. Schmit, dans 
les Mémoires de la Société (tarchéologie lorraine , année 1869. Parmi 
les variétés, nous signalerons : Les abbesses lorraines de Vabbaye de 
Notre-Dame de Soissons , par M. Arthur Benoit; une Note du même 
sur les réfugiés lorrains dans le pays de Nassau , à la suite des grandes 
guerres du xvn* siècle; enfin une autre Note sur la tombe du poète Saint- 
Lambert au Père-Lachaise, due au même collaborateur, pour com¬ 
pléter le travail de M. Lallement sur le lieu de naissance du meme poète 
(Nancy, sfi décembre 1716). On nous permettra aussi d’accorder 
une mention aux Recherches de bibliographie lorraine , par M. l’abbé 
Marchai, ainsi qu’à une Note de M. Meaumeaur /’ acquisition , par le 
musée lorrain, de la bibliothèque et des collections lorraines , de ce savant 
et laborieux abbé, mort le 12 novembre 1871, et sur lequel on 
trouvera une notice nécrologique dans le Bulletin de ce mois. 

Nous ne pouvons mieux finir que par le passage relatif à cette 
acquisition. *En résumé, dit M. Meaume, l’incendie a privé le 
musée lorrain d’une bibliothèque précieuse à plus .d’un titre, mais 
dans laquelle un grand nombre d’ouvrages ne présentaient aucun 
caractère lorrain. Il en possède maintenant une nouvelle, plus nom¬ 
breuse, plus riche, plus précieuse, et dont tous les volumes se rat¬ 
tachent à la Lorraine, soit par leur auteur, soit par leur contenu, 
soit par le lieu d’impression, soit par des autographes rappelant les 
savants ou les établissements publics qui les ont possédés. 


E.-J.-B. Rathery, 

Membre du Comité. 


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— *9 — 


Mémoires de h y Académie xatioxale des sciences , arts et belles-lettres 

de Caen. 

187.3. 

Le dernier volume publié des Mémoires de l'Académie de Caen 
porte le millésime de_ 1873. Il est en avance sur celui de 1872, qui 
paraîtra dans quelques mois, et qui sera consacré tout entier au 
fondateur de l’Académie, Moisant de Brieux. 

L'Académie, ayant ouvert un concours sur la vie et les œuvres de 
ce savant personnage et sur ses relations avec la société lettrée de son 
temps, renfermera dans une publication spéciale le rapport sur le 
concours, Touvrage couronné, et un choix fait avec un respect tout 
filial dans les œuvres de celui dont elle honore la mémoire. 

C’est un trait distinctif et un titre légitime des Sociétés savantes 
des départements que ce culte passionné des souvenirs locaux et 
cette application sincère à former, à compléter le musée de famille. 
Il faut sans doute faire une part à l’optimisme, et corriger quelque¬ 
fois, selon le droit delà critique, l’indulgence des jugements. Mais 
le principe est louable et doit être encouragé. Les académies nor¬ 
mandes sont fidèles observatrices de cette tradition respectable ; 
leur tâche est facilitée par l’abondance des noms, souvent célè¬ 
bres, quelquefois illustres, inscrits à chaque page des annales du 
pays de sapience . 

Ce volume est certainement un des mieux remplis et des plus 
variés de la collection. Indépendamment de quelques études scien¬ 
tifiques et médicales, dont il ne m’appartient pas d’apprécier la va¬ 
leur, j’v rencontre des travaux sérieux sur l’histoire, sur la philo¬ 
sophie, sur les arts; des biographies animées et instructives; des 
poésies, enfin, dont plusieurs portent un cachet de distinction et de 
facilité. 

La fondation d’une école libre de sciences politiques, due à l’ini¬ 
tiative de MM. Emile Boutmy et Ernest Vinet, a donné lieu à un 
rapport solidement pensé et gravement écrit de M. Bertrand, ancien 
maire de Caen, ancien député, ancien doyen de la Faculté des 
lettres. Cest une éludé judicieuse et modérée des services que 
peuvent rendre à la société, dans un temps de funestes utopies, 
des leçons savantes, élevées, impartiales, sur les vrais principes 
sociaux. Les dangers de l’ignorance, et surtout de la demi-science, 
Ret des Soc. sa?, y série, t. VI. , 


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— 50 — 

en pareille matière, sont peints énergiquement par fauteur de ce 
rapport, et, s’il s’exagère quelque peu les effets que l’on peut espé¬ 
rer de l'institution nouvelle, c’est l’illusion pardonnable d’un homme 
de bien, qui a besoin de croire a la puissance des théories épurées 
par un sentiment patriotique, et qui voudrait les voir travailler 
loyalement à la conciliation désirable de deux principes salutaires, 
la conservation et le progrès. 

Le nouveau professeur d’histoire de la Faculté des lettres, M. Ram- 
baud, successeur du regretté M. Dansin, nous retrace les vicissitudes 
du manuscrit de Robert de Clary, gentilhomme picard, guerrier et 
historien de la quatrième croisade, comme le Champenois Villehar- 
douin, son compagnon d’armes, et qui partage avec lui l'honneur 
d'avoir appliqué le premier la langue vulgaire à un récit national. 

Je ne suivrai pas le docte professeur dans cet exposé, dont plu¬ 
sieurs détails sont de nature à susciter la contradiction 1 . Ce que 
personne ne contestera, c’est que M. le comte Riant a rendu 
service aux lettres en publiant le premier celte œuvre toute fran¬ 
çaise, que gardait depuis trop longtemps la bibliothèque de Copen¬ 
hague, où elle s'était égarée, on ne sait comment, il y a deux ou 
trois siècles. 

Le livre, en lui-même, selon M. Rambaud, doit surtout sa va¬ 
leur à deux circonstances qui le distinguent de celui de Villehar- 
douin, et auxquelles il doit d'en être le précieux complément. 

Robert de Clary était Picard, ce qui le porte à insister sur la 
part que les Picards ont prise à la conquête, tandis que Ville- 
liardouin, Champenois, fait ressortir de préférence les titres de la 
Champagne au souvenir de la postérité. Il était noble, mais pauvre; 
plus soucieux de ménage que de diplomatie. Il n'avait point de 
rôle officiel, n'était pas admis dans le conseil des princes, n'était 
chargé, en dehors de son service militaire, d'aucune responsabilité. 
Aussi révèle-t-il certains détails que le grand maréchal de Cham¬ 
pagne a laissés dans l’ombre. Les renseignements inédits qu'il nous 
donne sur la quatrième croisade sont précisément ceux qu'a omis 
la prudence diplomatique de Villchardouin. ((Ce récit d'un mécon¬ 
tent, ou tout au moins d'un indépendant, dit M. Rambaud, ne 
dissimule pas les fautes des chefs; il n'a de ménagements pour per- 


1 M. Meyer, membre du Comité . a présenté à ce sujet des ol>servations qui sonl 
consignées au procès-verbal (voy. ci-dessus, page 9). 


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— 51 


sonne. Il a d'autres passions que Villehardouin, mais il a des pas¬ 
sions. Derrière le livre, nous trouvons un homme et un caractère.» 

Ce jugement explique la prédilection du critique pour un auteur 
qui a fourni à notre littérature .historique un de ses plus vieux 
monuments. 

Une dissertation de M. Caillemer sur Le contrat de société à Athènes 
montre les qualités ordinaires de ce jeune savant : une érudition 
exacte, une étude consciencieuse des sources, une analyse lumi¬ 
neuse des éléments de la législation grecque avec un regard vers 
la législation moderne, des vues justes, des conclusions positives, 
tout ce qui peut constituer un solide et sérieux travail. 

M. Jules Cariez poursuit son histoire fragmentaire de la musique 
française. Dans un article piquant, intitulé Gritnm et la musique de 
son temps , il conteste au spirituel critique le sentiment musical. Il . 
le réduit à l'exposition d'idées neuves et élevées, quand il se ren¬ 
ferme prudemment dans la théorie; mais, au point de vue pratique, 
il lui dénie toute autorité. 

Un ingénieux fantaisiste, qui parait consacrer son érudition à 
réhabiliter les animaux les plus méconnus, M. Bataillard, nous en¬ 
tretient des ânes légendaires . Il les gratilie d’une sorte de célébrité 
religieuse, comme il a rnis en relief la célébrité patriotique des 
oies, modestes sauveurs du Capitole. Ce sont les amusements d'un 
homme d’esprit; mais, à travers un travail d’apparence frivole, il 
nous laisse voir des qualités sérieuses qu'il ne tiendrait qu’à lui 
d’appliquer à d’autres sujets. 

Un fragment d’un tableau de la poésie française au xix® siècle, 
où M. David, lauréat des Jeux floraux, juge avec sévérité Delille et 
son école, Lebrun, Marie-Joseph Chénier, avec indulgence Fon- 
lanes, André Chénier, Millevoye, et surtout Andrieux, offre un tra¬ 
vail incomplet, quelquefois inexact, mais qui ne manque ni de 
Irait ni de nouveauté. 

Je mentionnerai seulement une grave étude de M. Chauvet, pro¬ 
fesseur de philosophie, sur la théologie de Galien , théologie qui se 
réduit à la glorification des causes finales, que Bossuet, dans la 
Connaissance de Dieu et de soi-même , a si admirablement mises en lu¬ 
mière; et un court extrait d’un utile travail, non terminé, de M. Fer¬ 
rand, préfet du Calvados, sur les intendants au xvit° siècle. Ces 
deux morceaux, peu étendus l’un et l'autre, méritent d'étre lus tout 
entiers. 


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— 52 — 

Trois notices biographiques, d’un intérêt varié, appellent aussi 
notre attention. La plus importante est due à la plume spirituelle et 
savante de M. Joly, doyen de la Faculté des lettres. Elle a pour 
sujet la vie et les œuvres d’Edmond Legrain, peintre de Vire, artiste 
énergique, mais incomplet, arrêté dans son élan par son amour pour 
sa ville natale, qu’il ne voulut jamais quitter, si ce n’est pour un 
pèlérinage annuel au musée de Paris, où ses œuvres étaient ac¬ 
cueillies avec faveur, et qui a laissé quelques portraits vivants et 
quelques tableaux bien touchés sur des scènes de la vie religieuse. 

La seconde notice, œuvre de M. Lavalley, est consacrée à M. Le¬ 
fèvre, commandant du génie, son beau-père. Nous avons connu cet 
esprit d’élite, resté volontairement obscur, et qui, dans les séances 
de l’Académie de Caen, nous initiait, par une improvisation lumi¬ 
neuse, aux découvertes les plus récentes de la science. 

La troisième notice, enfin, due à M. Robillard de Beaurepaire, 
nous retrace les études et les succès de Georges Besnard, professeur 
de droit, esprit délicat et heureusement réglé, mort à 38 ans, 
avant d’avoir eu le temps de faire apprécier toute sa valeur. 

Je ne serais pas complet si je ne disais un mot des poésies, plus 
nombreuses que dans les publications précédentes, qui terminent 
ce volume. MM. Travers, secrétaire perpétuel; Rossignol, Piéda- 
gnel, Paul Blier, correspondants; Collas, conseiller à la cour d’ap¬ 
pel, en font les honneurs. Elles ne manquent ni de vigueur ni de 
grâce. La vile prose ne suffit pas à l’imagination normande. Les com¬ 
patriotes de Malherbe, de Corneille, de Casimir Delavigne, prêtent 
toujours l’oreille à cette voix mystérieuse de la poésie, qui vient de 
leurs ancêtres et qu’ils ne laissent pas sans écho. 

Théry, 

Membre du Comité. 


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53 — 


SECTION D’ARCHÉOLOGIE. 


Recueil des publications de la Société nationale uavbaise d*études 

DIVERSES . 

. 7 vol. in-8°, comprenant les 3 o, 3 1, 3 a, 33 , 34 , 35 , 36 , 37 et 38 * «années. 

( 1 863 à 1871.) 

J’aurais mauvaise grâce à nie plaindre, comme je le faisais il y 
a dix ans 1 , de la parcimonie avec laquelle on mesure la place de 
l’archéologie dans les publications de la Société havraise d’études 
diverses, d’abord parce que, depuis quelque temps, l’arche'ologie 
parait plus en faveur dans cette savante compagnie, mais surtout 
parce que je suis extrêmement en retard avec elle. Ce n’est pas, 
du reste, seulement avec la Société havraise que j’ai un arriéré dont 
je suis confus, je suis dans le même cas avec plusieurs autres; 
aussi demanderai-je la permission de m’expliquer à ce sujet. 

J’ai l’honneur d’être secrétaire de la section ; je n’ai pas besoin 
d’ajouter que c’est là un titre dont je suis très-fier; mais il me 
faut dire que c’est aussi une charge sérieuse qui réclame la plus 
grande part des rares loisirs que me laissent mes fonctions à la 
Bibliothèque nationale. Aussi est-ce toujours à mon corps défen¬ 
dant que j’accepte, comme membre du Comité, la mission de rendre 
compte des travaux périodiques des Sociétés savantes. Dans l’impos¬ 
sibilité où je suis d’être à la fois secrétaire ponctuel et rapporteur 
régulier, sans choisir entre ces devoirs divers, je m’acquitte de mon 
mieux de ceux qui sont de stricte obligation, et j’attends des loisirs 
qui n’arrivent guère pour songer aux autres, c’est-à-dire pour étu¬ 
dier avec l’attention qu’ils méritent les travaux de nos collaborateurs 
des départements. Je demande donc un bill d’indemnité pour ces 
négligences involontaires, en priant la section d’agréer le rapport 
succinct que m’a arraché l’arrivée d’un volume de la Société havraise, 
qui est venu depuis notre dernière séance s'ajouter à six autres que 
j'avais, à mou grand regret, laissé s’empiler sur ma table de travail. 

1 Revue de* Soc. «ru?. 3 * série, t. Il, ]>. 38 1. 


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54 — 


Le premier de ces sept volumes, comprenant les travaux de Tannée 
j 863 , la 3 o° de la Société havraise, a été publié en 1 864 . J’aurais 
pu le rendre, il y a longtemps; il ne contient rien qui soit de notre 
ressort. Le second, qui embrasse la 3 t e et la 3 a* année, a été pu¬ 
blié en 186 5 . Dans ce volume de 700 pages, Tarcbéologie n’en 
occupe que 19, employées par un mémoire de feu M. Léon Fallue, 
intitulé : eDe l'armement des Romains et des Celtes à l’époque de 
la guerre des Gaules, d'après les commentaires de* César, à propos 
des armes antiques postérieures de plusieurs siècles à la conquête 
trouvées devant Alise-Sainte-Reine.n C’est une pièce de plus, je 
ne puis dire nouvelle, à ajouter au dossier de la question d’Alise 
et d’Alaise. On ne doit pas s’en souvenir, mais j'ai déjà eu l’occa¬ 
sion de déclarer dans la Revue , que je me reconnais incompétent 
sur les questions de topographie et de stratégie; aujourd’hui, plutôt 
que de me jeter, sous prétexte d r études sur l’âge de telles ou telles 
armes, dans une mêlée ou personne ne peut encore dire qu’il ail 
remporté la victoire, je préfère avouer que je connais peut-être 
moins mal les monnaies, qui de tous temps ont été considérées 
comme le nerf de la guerre,, que les armes avec lesquelles on la 
faisait jadis. 

Le volume de la 33 e année,, publié en 1867, inaugure au Havre 
une ère nouvelle pour l'archéologie; de ses A 5 o pages, le Tableau 
archéologique de /’arrondissement du Havre , par M. Ch. Roessler, eu 
occupe plus de îoo. 11 est vrai que ce travail y est à peu près isolé, 
car on ne peut ranger sous la rubrique Archéologie d’agréables 
souvenirs de voyage, esquissés par M. G. Réfuveille, sous le litre de 
Promenade dans FAvranchin. Au contraire, c’est bien œuvre d’archéo¬ 
logue qu’à voulu faire et qu’a faite M. Roessler. Son Tableau est une 
sorte de répertoire archéologique abrégé de l’arrondissement du 
Havre, ou plutôt une leçon sur les monuments des diverses époques 
de cette région. M. Roessler passe en revue tout ce que l’on a dé* 
couvert dans l’arrondissement du Havre, qui est, dit-il, particuliè- 
menl pauvre en monuments gaulois, et où l’on aurait peine à eu 
montrer un seul de ceux que Ton nomme druidiques, mais où Ton a 
cependant trouvé des hachettes de silex ou de bronze, ainsi que des 
monnaies gauloises* Le chapitre consacré à l’époque romaine est 
plus riche : Lillebonne, où Ton a trouvé d’intéressantes inscriptions, 
notamment la grandeslatue d’Apollon, de bronze doré, conservée au¬ 
jourd’hui au Louvre, ainsi que la statue de marbre blanc du muvsée 


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— 55 — 

de Rouen, et en 1870 la mosaïque de Félix et d’Amor 1 , fait partie 
de l'arrondissement du Havre; c’est dire que M. Roessler a eu 
d’intéressants monuments à signaler. Le moyen âge et la Renais¬ 
sance lui ont aussi fourni un grand nombre de monuments de tous 
genres qu’il a enregistrés rapidement, et qu'il a même parfois fait 
reproduire, comme un fragment des peintures murales de la 
crypte de Saint-Jean d’Abbetot, la pierre tombale de Katerine de 
La Roë à Honfleur. M. Roessler, qui dans l’introduction de son 
travail dit avec beaucoup de justesse : L'histoire sans T archéologie 
semble toujours quelque peu légendaire , est un bon esprit, et il y a 
lieu de féliciter la Société havraise de le posséder parmi ses mem¬ 
bres , où les archéologues sont en minorité. 

Nous retrouvons M. Roessler dans le volume suivant, celui qui, 
publié en 1868, comprend les mémoires de la 34 e année. Cette 
fois nous n’avons plus affaire à un travail d’ensemble, mais à une 
étude spéciale intitulée : Exploration des sépultures gallo-romaines du 
Mesnü-sous-Lillebonne, en mai, juillet et août 186 7. M. Ch. Roessler 
s’est montré dans ce travail observateur de la bonne école, de 
l’école méthodique; il décrit bien et brièvement ses trouvailles et 
les illustre par des bois. On lira avec fruit le récit de cette explo¬ 
ration. Vient ensuite, dans le même volume, un mémoire inti¬ 
tulé : Reconnaissance de la sépulture de Guillaume Malet, fondateur du 
prieuré de Graville, par M. Brianchon. Le sujet était intéressant, et 
M. Brianchon l’a traité avec conscience et talent. Une planche 
représentant Guillaume Malet (mort dans la première partie du 
xiu® siècle) et sa femme, dont on ignore le nom, accompagne le 
compte rendu de M. Brianchon, qui nous apprend que la dépense 
de celte reconnaissance et de la restauration de cette tombe re¬ 
trouvée dans l’église Sainte-Honorine de Graville a été faite en 
partie par un baronnet anglais, sir Alexander Malet, qui descend 
de l’illustre famille normande des Malet de Graville. 

Je trouve encore dans ce volume une sorte de projet de répertoire 
archéologique de l’arrondissement du. Havre, sous le titre de Notes 
inédites d'archéologie et dhistoire sur quelques localités de Varrondissement 
du Havre, par feu M. Léon Fallue. Ce titre est touchant lorsqu’on 
le rapproche de cette phrase de l'introduction : <r Depuis quarante 
ans que je m'occupe d’archéologie et d’histoire, j’ai réuni une foule 

1 Voyez, sur ces trois importants monuments, Revue des Sociétés savantes , 5 e série 
l. V, p. 3 1 o à 3 1 9 , et ici môme, p. 07. 


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— 56 — 

de noies inédites susceptibles d’être utilisées pour des travaux que 
je ne me sens plus le courage d’entreprendre. Mais, ne connaissant 
pas le sort que ces notes auront après moi, je prends le parti d’en 
publier quelques-unes qui pourront servir à qui voudra les utiliser. * 

La mort n’a pas permis à M. Fallue d’impriiner lui-même ces 
notes, mais elles ont eu le sort qu’il leur souhaitait, et ont sans doute 
été déjà utilisées dans le répertoire archéologique définitif de la 
Seine-Inférieure que l’on doit à M. l’abbé Cochet. 

Dans le volume publié en *869, 35 e année, M. Roessler repré¬ 
sente seul l’archéologie. Il y a inséré deux travaux : i° Le tombeau 
de Maasole , d'apres les historiens anciens et les découvertes de M. Newton 
à Halicarnasse ; 2 0 Note sur une figurine en bronze représentant Cybèle. 
Je ne m’arrêterai pas sur le premier de ces écrits, qui s’écarte un 
peu du ressort de la section d’archéologie; quant à la note, je re¬ 
procherai à son auteur d’avoir négligé de mentionner les dimensions 
du buste de Cybèle qui en fait le sujet r . Je dis buste et non figurine , 
comme M. Roessler, que je critique à mon aise, grâce au dessin 
qu’il a eu soin de placer en tète de son travail. Je lui reprocherai 
en outre d’avoir, d’après dotn Montfaucon et dom Martin, cité le 
buste de bronze de Cybèle trouvé à Paris, sans rappeler à ses lecteurs 
qu’on peut voir ce précieux monument au cabinet des médailles et 
antiques, à la Bibliothèque nationale. 

Le volume de la 3 o e année, publié en 1869, ne comprend qu’un 
seul mémoire d’archéologie; en tête nous trouvons encore le nom 
de M. Roessler, cette fois en compagnie de MM. Menant et Devaux. Ce 
mémoire est intitulé Les sépultures gallo-romains du Havre. Il s’agit 
de sépultures découvertes dans le terrain dépendant d’un couvent 
que les Dominicains viennent de fonder au Havre. Le morceau ca¬ 
pital est un vase de terre rouge avec sujets eu relief, de bon style, 
dont M. de Longpérier a entretenu l’Académie des inscriptions le 
1 o juin 1870, et dont les sujets sont relatifs aux amours de Vénus 
avec Mars et Anchise. Des bois et des planches fort bien exécutés 
accompagnent ce mémoire, qui fait honneur aux trois auteurs ainsi 
qu’à la Société havraise. 

* Peut-être ces détails et d’autres encore ent-Us été consignés dans le Bulletin bi¬ 
mensuel de la Société d’études diverses, n° de juillet-août 1869, °è ce monument 
a été mentionné, comme nous l'apprend AI. lloessler; mais ce bulletin n’accompagne 
pas ce volume, et je saisi»celle occasion de dire qu'on ne le trouve pas régulièrement, 
comme cela serait désirable, dans les volumes de Mémoires. 


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— 57 — 

Quant au plus récent des volumes de la Société havraise, celui 
qui porte le millésime de 1872 et se rapporte aux aimées à ja¬ 
mais néfastes 1870 et 1871, on y trouve jusqu a six mémoires 
relatifs à l’archéologie. C’est d’abord une notice de M. Roessler sur 
la mosaïque découverte à Lillebonne en 1870, dont nous venons de 
parler. Cette notice se compose de quelques mots d'avant-propos et 
d’une lettre de M. Roessler à M. de Longpérier, suivie de la réponse 
de l’archéologue parisien à son frère du Havre. 

Ces lettres sont intéressantes, mais leur publication a été trop 
tardive pour qu’il soit utile de s’y arrêter. Tout le monde les 
connaît ici, puisque M. Chatel a lu à la Sorbonne, en 1870, pour 
M. Roessler absent, une notice sur la mosaïque de Lillebonne, qui 
a été analysée dans la Revue des Sociétés savantes 1 . Je n’y reviendrai 
donc pas et me contenterai de rappeler qu’en mai 1870 M. l’abbé 
Cochet a fait paraître dans la Revue archéologique un mémoire sur 
ce mouumenl, l’un des plus importants qui aient été découverts 
depuis longtemps en France, et que M. Chatel, à notre dernière 
réunion de la Sorbonne (avril 1873), revenant pour son compte 
sur ce sujet, a lu sur la Mosaïque de Lillebonne une dissertation très- 
développée dont il a déjà été fait mention dans la Revue des Sociétés 
savantes 2 , et qui doit paraître dans les Mémoires de la Société des 
antiquaires de Normandie. 

Plus loin, M. Devaux a lithographié lui-même la plus ancienne des 
maisons du Havre, pour en conserver le souvenir au moment où des 
réparations venaient de lui faire perdre son caractère primitif. M. De¬ 
vaux suppose que cette maison, dont la porte était fort ornée, remon¬ 
tait au xvi* siècle et avait dû être construite pour un ecclésiastique. 

De la page ài 5 à la page ù 3 o, l’infatigable M. Roessler a con¬ 
signé des Notes sur quelques points d’archéologie locale. C’est une suite 
ou un supplément au Tableau archéologique du volume de 1867, 
dont nous venons de parler. On y trouve également la mention 
de beaucoup de découvertes et d’intéressantes observations. Je no¬ 
terai une cloche de l’abbaye de Moutivilliers qui porte la date 
de m ccc mi xx et vin, le setier en bronze de la vicomté de Lille¬ 
bonne aux armes de la maison d’Harcourt, un bref compte rendu 
de fouilles au tumulus de Trouville-en-Caux exécutées par M. Brian- 

1 5 e série, t. I, p. h 26. Voy. aussi, sur la mosaïque de Lillebonne, mémo vo¬ 
lume, p. àa 1. 

* :V série, t. V, p. 3 1 6. 


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— 58 — 

cIiod , la description d'une chapelle du xn* siècle à Saint-Romain, 
enfin des carreaux émaillés. Je m'arrêterai pour faire une légère 
critique. M. Roessler dit avoir rencontré dans une collection privée, 
à Manéglise, deux médailles d'or recueillies à Sandouville, l’une à 
l’effigie de Charles V avec ces légendes : KAROLVS DI GR.FRAN- 
CORV.REX. XPC VINCIT XPC REGNAT XPC IMPERAT; 
l'autre sans inscription et gauloise. H valait autant ne pas parler 
de ces deux monuments numismatiques que d'en parler aussi suc¬ 
cinctement, et surtout il aurait mieux valu les nommer tous deux 
monnaies, car l'un est sans doute un écu <Tor et non une médaille, 
tandis que l'autre est un statère gaulois dont il aurait fallu indiquer 
le type. Dans cette rapide nomenclature, on remarquera encore la 
description et le dessin d'un chapiteau provenant de Saint-Denis de 
Lillebonne, qui se rattache à cette intéressante question soulevée 
par M. Fleury, cette année même (1873), dans une de nos séances 
de la Sorbonne l . En effet, M. Roessler parait considérer ce cha¬ 
piteau comme appartenant au *style qui marque le développement 
de l'architecture de l'époque mérovingienne à l'époque carlovin- 
gienne.» Ce travail est suivi d'une Note de M. Duval de Lillebonne 
sur les diverses découvertes faites à l'emplacement de l'église Saint-Denis , 
et d'une lettre de M. Brianchon sur les briques moulées d'une maison 
de Saint-Eustache-le-Pont, qu'on ne lira pas sans profit; enfin, tou¬ 
jours au point de vue de la section, ce volume se termine par une 
Note sur quelques antiquités de Gonfrevüle-VOrcher et de Honfleur, par 
M. J. Bailliard. 

Ce dernier travail est une sorte d’inventaire de différentes décou¬ 
vertes, auquel je ne reprocherai que les commentaires, peut-être 
superflus, dont l'auteur a cru devoir faire suivre une énumération 
de monnaies consulaires. On ne le lira cependant pas non plus 
sans profit ; je signalerai surtout un objet en bronze qui intéressera 
particulièrement les archéologues qui, comme MM. Quicherat et 
Bertrand, nos collègues, se sont souvent appliqués à commenter 
les usages et les ustensiles des Gaulois. C'est un porte-lampe dont 
le dessin figure page 45 i, et qui ressemble beaucoup, dit M. Bail¬ 
liard, à celui qui parait sur la planche XII des Antiquités gallo-romaines 
Eburoviques , publiées d'après les recherches et les fouilles dirigées par 
M. Th. Bonnin . 

1 Voyez le compte rendu des séances de la Sorl»onue, Revue des Soc. sav. 5 e série, 
I. V, p. 33 /i. 


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— 59 — 

Malgré la rapidité avec laquelle je viens de parcourir ces sept 
volumes, j’espère avoir moutré que, si la Société havraise a élé 
lente à se décider à faire place à l’archéologie, maintenant elle pa¬ 
rait avoir pris goût à cette branche des sciences historiques. Il faut 
espérer que la savante compagnie persévérera dans ces excellentes 
dispositions. 

CüABOUILLET, 

Membre du Comité. 


Bulletin de la Société archéologique , historique et scientifique 
de Soissons . 

Tome XX. Soissons, imprimerie de Fossé d’Arcosse, 1866, in-8° de 46 a pages. — 
Tomes 1 et II de la deuxième série, xbid. 1867 el *868, 2 vol. in-8°de a 55 et 
399 pages, avec deux eaux-fortes. 

Ces trois volumes portent des dates de publication déjà bien 
éloignées; mais, pour expliquer, pour excuser le retard que j’ai mis 
à rendre compte des mémoires d’archéologie que renferment ces 
trois volumes, j’aime à me persuader que lesdites dates sont fautives. 
Le dernier volume a paru peut-être depuis que Soissons est délivré 
de l’occupation prussienne, car je remarque dans ce volume deux 
jolies eaux-fortes de M. Laurent, datées de 1870. Quoi qu’il en soit, 
je trouverai mon excuse dans les événements, si cruels et si dou¬ 
loureux, qui ont empêché trop longtemps la Société archéologique, 
historique et scientifique de Soissons de se réunir et de poursuivre 
ses travaux. Hélas! comment les membres de cette Société auraient- 
ils eu le courage de s’intéresser à leurs études favorites pendant 
que leur admirable musée était à la merci de l'invasion étrangère? 
Comment auraient-ils donné suite à leurs excursions archéologiques 
dans les environs de Soissons, lorsque les Allemands étaient maîtres 
de la ville et du pays? De là, l’ajournement forcé de la publication 
du Bulletin de la Société; de là, aussi, les lenteurs inusitées de ce 
compte rendu retardataire. Enfin la ville de Soissons a repris pos¬ 
session d’elle-méme : l'ennemi s'est éloigné ; enfin la France respire, 
et nous pouvons tous retourner à nos habitudes, à nos goûts, à nos 
plaisirs, c’est-à-dire à la science, à l’histoire, à l’archéologie. 

Je vais donc parler des trois volumes qui sont entre mes mains, 
et dont j'avais lu le premier bien avant la guerre, bien avant les 


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— 60 — 

tristes et sombres événements qui Font suivie. Il me semble que 
célait hier, mais, comme le disait en 1 865 le président de la Société 
archéologique de Soissons, en commençant le compte rendu annuel 
des travaux de cette Société : rr Vous parler de la rapidité avec laquelle 
le temps passe serait répéter une réflexion que chacun de nous se 
Fait tous les jours.’) Bien des mois, bien des années ont passé de¬ 
puis que M. Leclerc de Laprairie se plaisait à rappeler que, si le 
temps s'enfuit avec une rapidité inexorable, les Sociétés savantes, 
telles que la Société archéologique de Soissons, comptent les années 
par des travaux solides et durables, par des publications utiles et 
intéressantes. 

Les trois volumes du Bulletin de la Société archéologique de Sois¬ 
sons, que je vais examiner seulement au point de vue de l'archéo¬ 
logie, prouveront assez que les archéologues savent bien employer 
leur temps. La Société, qui a maintenant vingt-six années d'existence, 
n'a pas publié moins de 22 volumes, remplis des procès-verbaux 
de ses séances et de ses travaux les plus remarquables, les plus 
dignes d’éloges. On dirait que cette Société prend à tâche de conti¬ 
nuer les honorables traditions de l'ancienne Académie de Soissons, 
qui était contemporaine de l'Académie française, et qui, après avoir, 
sous le règne de Louis XIV, essayé de suivre d’un peu loin les 
traces de son illustre devancière, s’était décidée, dans le dernier 
siècle, à imiter de préférence l'Académie des inscriptions et belles- 
lettres. L'ancienne Académie de Soissons, en effet, a pu s'enorgueillir 
d'avoir fait succéder aux harangues de Julien d’Héricourt et aux 
poésies d’Hélène Basin les dissertations historiques et archéologiques 
de l’abbé Lebeuf et de Gouye de Longuemare. 

Arrêtons-nous d'abord à la curieuse notice que M. de Laprairie a 
consacrée aux anciennes cloches du département, notice qui a paru 
en quatre parties dans les trois volumes du Bulletin datés de 1866, 
1867 et 1868. Il y avail, avant la Révolution, un nombre prodigieux 
de cloches dans les églises et les couvents, comme dans les édifices 
municipaux. Beaucoup de ces cloches étaient de vénérables monu¬ 
ments du moyen âge ; beaucoup se recommandaient à l’intérêt local 
par leur fabrication artistique et surtout par leurs inscriptions. La 
plupart de ces cloches ont été fondues pour faire de la monnaie de 
cuivre ou des canons. Celles qui ont échappé à la destruction révo¬ 
lutionnaire méritent d'être signalées et décrites. On s'occupera peut- 
être un jour d'un travail d'ensemble sur les cloches anciennes qui 


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— 01 — 

subsistent encore ; ces cloches seront classées alors par catégories, 
par siècles, par provinces, par noms de fondeurs; on recueillera 
soigneusement leur épigraphie, qui est si variée, parfois si singu¬ 
lière , et toujours importante pour l’histoire des lieux, des hommes et 
des événements. Voilà ce que M. de Laprairie a voulu faire, voilà 
ce qu’il a fait pour le département de l’Aisne. 

Dans les prolégomènes de sa notice, M. de Laprairie nous fait 
observer que les inscriptions des cloches, celles du moins qu’il a 
rassemblées et qui peuvent offrir un aperçu de ce que serait ce ré¬ 
pertoire épigraphique avec son classement et son commentaire, 
n'évoquent pas seulement des noms appartenant à la noblesse et au 
clergé: ce sont surtout des bourgeois, des marchands, de simples 
habitants des campagnes, qui ont voulu concourir à la dédicace de 
ces cloches, qu’ils regardaient comme les confidentes et les messagères 
de leurs devoirs et de leurs labeurs, de leurs joies et de leurs deuils. 
M. de Laprairie avait donc eu d’abord l’idée de distinguer, dans un 
iugénieux classement, les cloches aristocratiques, les cloches bour¬ 
geoises et les cloches populaires. Son premier rapport concerne 
63 cloches anciennes, antérieures à la Révolution, dans la ville de 
Soissons et dans les communes voisines. Trois de ces cloches sont 
du xiv* siècle, trois du xv* et dix du xvi°. La plus curieuse est celle 
qui figure en tête de cet inventaire raisonné, la cloche du village 
de Camelin, laquelle a 72 centimètres de hauteur et 86 de diamètre; 
elle présente cette inscription, qui en fait un monument historique : 
le porte le nom demoiselle Jehenne Delvilly (peut-être de Juilly) quifu 
famé Bocere de Kamely , et me fist Jehan Jouvente Van i 36 i. Ce Jean 
Jouvente, qui a fabriqué cette cloche pour l’église de Camelin, n’est 
autre que le célèbre fondeur qui, vers la même époque, fondit la 
cloche de l’horloge du Palais, par ordre du roi Charles V, ainsi que 
la grosse cloche du château de Monlargis. 

On a lieu de s’étonner que la cathédrale de Soissons, qui fut 
saccagée d’une manière si épouvantable lors de la prise de cette 
ville par les Huguenots en 1567, ait conservé alors deux de ses an¬ 
ciennes cloches. Ce ne sont, il est vrai, que deux petites cloches 
qui sonnent les-quarts à l’horloge de la cathédrale et dont l’inscrip¬ 
tion nous apprend que M. L Vernier , echevin de Soissons , les fit faire 
en 1697. Quelques-unes des cloches du département de l’Aisne 
portent des figures en relief et des emblèmes de diverses sortes, 
qu’il ne serait pas facile de comprendre et d’expliquer, quoiqu’ils 


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— 62 — 


accusent généralement une iutention pieuse. Ces reliefs et ces gra¬ 
vures en creux ne manquent pas d’un certain art du dessin. On y 
reconnaît ordinairement les armes parlantes du fondeur, les insignes^ 
de sa corporation, c’est-à-dire les fleurs de lys royales, ou les ar¬ 
moiries des donateurs, des parrains et marraines, de l'église ou du 
couvent, elc. La cloche de Pierrefonds, qui dépendait autrefois du 
diocèse de Soissons, offre un des plus curieux spécimens de ce 
genre de décoration. M.de Laprairie a relevé avec soin les inscriptions 
et surtout les noms des fondeurs; mais le plus grand nombre des 
cloches anciennes ne portent aucun nom d’artiste. 

La découverte d’un ancien cimetière, où l’on a cru reconnaître 
le caractère des sépultures mérovingiennes, a fourni à M. Calland 
le sujet d’une dissertation où les faits précis, simplement présentés 
et méthodiquement étudiés, cèdent trop souvent la place à des con¬ 
sidérations générales, qui, pour être ingénieuses et savantes, n’en 
sont pas moins vagues et conjecturales. L’existence de ce cimetière 
sur le plateau qui domine au nord la commune deSaconin, canton 
de Vic-sur-Aisne, avait été reconnue, il y a cinquante ans. C’est 
encore la charrue qui a de nouveau rencontré, en cet endroit, des 
tombes en pierre, rangées par groupes sur plusieurs lignes. On a 
ouvert seulement une trentaine de ces énormes tombes, au nombre 
de plus de 3 oo, qui ne contenaient guère que des ossements, 
sans aucun signe extérieur, païen ou chrétien, qui pût indiquer leur 
âge et leur origine. On avait pourtant recueilli, parmi ces osse¬ 
ments, des armes et des plaques de ceinturon trau caractère méro¬ 
vingien,» dit M. Calland, mais ni colliers, ni bagues, ni fibules, ni 
bracelets, avec une seule médaille fruste, appartenant au règne de 
Constantin. Il n’a pas été possible, non plus, de trouver un seul vase 
intact, quoique des fragments de poterie romaine, noircis par le feu, 
aient été ramassés dans un lit de cendres de charbons et de pierres 
brûlées. On a trouvé, en outre, de nombreux débris de tuiles à 
rebords; au nombre desquels il en est deux * ornés de cercles con¬ 
centriques gravés dans la pâte.» Quant aux crânes qu’on a pu ex¬ 
traire des tombes ouvertes (et l’on comprend qu’on n’en ait pas 
fouillé davantage, puisque le couvercle de chacune d’elles pèse deux 
ou trois cents kilogrammes, d’après les calculs de M. Calland), ces 
crânes ne suffisent peut-être pas, malgré les progrès de la science 
anthropologique, pour faire connaître si ce cimetière remonte à 
i 5 oo ans, comme celui de Pommiers, et s’il était situé dans le voi- 


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— 63 — 

sinage d une slation militaire franque ou mérovingienne, aujour¬ 
d'hui disparue el entièrement effacée. 

Un autre cimetière, indiqué par quelques découverles dans la 
forêt deLongponl, a peu de distance de l’abbaye, au lieu dit le 
Champ Mentard ou la Chapelle Mentard, a permis d’établir d’une ma¬ 
nière certaine l’emplacement de cette chapelle, qui n’avait pas laissé 
de traces, si ce n’est dans le Cartulaire de Longpont. M. de Laprairie 
a examiné les tombes, qui ne portaient aucun signe ni aucune ins¬ 
cription et qui ne renfermaient que des ossements; il ne s’est pas 
borné à constater l’existence des substructions voisines, qui donnent 
le périmètre de la chapelle, à l’ouest du cimetière : il a démontré, 
d’après le texte des Bollandistes, que le fameux miracle de saint 
Bandry, évêque de Soissons au vi* siècle, qui n’eut qu’à enfoncer 
son bâton dans la terre pour en faire sortir une source jaillissante, 
avait dû être opéré, non pas au village d’Arlhèse, comme on le croit 
généralement, mais bien dans la forêt de Retz ou de Longpont. 
près du lieu appelé Aiditius , non loin de l’endroit même où fut cons¬ 
truite une chapelle, en souvenir de ce miracle, sous l’invocation de 
saint Bandry. C’était à cette chapelle que se rendait autrefois le 
curé d’Arthèse avec ses paroissiens, le jour de la fête du saint patron. 
Quant au nom de la chapelle, il est bien difficile de faire dériver 
Mentard, ou Dementard, du bas latin Metairica, même avec l’autorité 
de Muldrac, auteur du Valais royal, qui accepte cette innocente éty¬ 
mologie. 

Une tranchée ouverte par les travaux du chemin de fer derrière 
l’abbaye de Saint-Médard, sur un espace de plus de 800 mètres, a 
produit quelques découvertes de vases et de médailles antiques, qui 
sont allés se réfugier dans le musée de la Société archéologique; 
mais cette tranchée avait permis de reconnaître la présence de plu¬ 
sieurs anciens fossés, que les vieux historiens de Soissons n’ont pas 
négligé d’indiquer. M. Laurendeau, qui a fait depuis de longues 
années une étude miuutieuse du sol, tant à Soissons qu’aux alen¬ 
tours de la ville, s’est attaché à rechercher la direction des fossés 
encore visibles et bien caractérisés, qui appartiennent à des époques 
distinctes, elqui ont eu des destinations différentes. Ainsi, un de ces 
fossés ne parait pas antérieur aux travaux de fortification qui pré¬ 
cédèrent le siège de 1617. Mais, en revanche, M. Laurendeau, en 
s’appuyant sur les témoignages de Dormay, de Cabaret, de Rousseau 
des Fontaines et d’autres historiens de Soissons, ne semble pas 


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éloigné de croire qu'on a retrouvé les restes des fossés qui entou¬ 
raient le palais de Crouy , habité par les premiers rois mérovingiens, 
attenant à l'ancien Champ de Mars A'Augusta Suessionum et réuni, 
par donation royale, au domaine de l'abbaye de Saint-Médard. 
En tout cas, M. Laurendeau n’a constaté dans ces fossés aucune 
trace de vase, de limon ou du sable, produite par une eau courante. 

Une notice de M. l’abbé Poquet nous présente la description de 
l'église du village de Pagnan, dans son état actuel, qui n'est rien 
moins que satisfaisant. Cette petite église, bâtie au xu # et xm c siècle, a 
été successivement reconstruite, déformée ou remaniée ; on a mûré 
quelques petites fenêtres à plein cintre; on a, en revanche, agrandi 
les autres ; l'ancien clocher, qui était placé au-dessus du chœur, a été 
abattu, et il le méritait bien, puisqu'il avait produit un écartement 
de 3o è ko centimètres dans les murs de soutènement, qu'il a fallu 
relier avec des chaînes en fer. Le nouveau clocher, élevé sur le porche, 
date de 1 836, mais l'architecte qui a bâti celte espèce de pigeonnier 
n’a pas songé à refaire les contre-forts de l'église désagrégés par les 
eaux pluviales et prêts à tomber. Il ne reste donc rien de bien re¬ 
marquable dans cette église, si ce n’est la chapelle de la Sainte- 
Vierge, qui n'a pas été aussi maltraitée que le reste de l’édifice. Celte 
chapelle renferme des peintures polychromes fort intéressantes, re¬ 
présentant un Jugement dernier, une Annonciation et un épisode de 
la vie de saint Remy. C’est là tout ce qui subsiste de la décoration 
peinte. Nous espérons, avec M. l'abbé Poquet, que la Commission 
des monuments historiques prendra en pitié les anciennes peintures 
qui s’altèrent à vue d’œil. Les peintures murales du xiv® siècle de¬ 
viennent plus rares de jour en jour ; on ne peut pas, il est vrai, les 
restaurer toutes; mais il serait facile de les protéger en les couvrant 
d’un vernis siccatif. On découragerait ainsi les curés qui leur font 
la guerre et qui conspirent pour les cacher sous le badigeon. 

Dans une seconde notice sur les anciennes cloches du départe¬ 
ment, M. de Laprairie a décrit encore i3 cloches, qui sont toutes 
du xvii® siècle, et qui, par conséquent, offrent peu d'intérêt, 
quoiqu’elles donnent plusieurs noms de fondeurs. Les plus impor¬ 
tantes sont celles de Saint-Quentin, notamment la grosse cloche de 
la tour Saint-Michel à l’église collégiale, cloche dont Louis XIV avait 
été parrain avec la reine Anne d’Autriche. 

Une notice biographique sur un archéologue, c’est encore de 
l’archéologie. M. l’abbé Pécheux avait été chargé, par la Société 


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— 65 — 

archéologique de Soissons, de composer cette notice sur Stanislas 
Priou, membre titulaire, actif et infatigable, de la Société, un des 
meilleurs correspondants des Comités historiques du ministère de 
Tinstruction publique. Il s’est acquitlé de cette mission avec une 
fraternelle sympathie pour la mémoire de son estimable collègue, 
mort au champ d’honneur, c’est-à-dire sur Je terrain même de l’ar¬ 
chéologie, en relevant les plans d’une ancienne carrière du village 
de Cerseuil, où il croyait retrouver les vestiges d’une chapelle mé¬ 
rovingienne. M. Priou était le véritable type de l’archéologue pas¬ 
sionné et dévoué; il devait à l’archéologie seule l’instruction très- 
réelle qu’il avait acquise lui-même, sur le lard, avec le secours des 
livres; il avait consacré à l’archéologie toutes ses forces physiques 
et intellectuelles; il ne vivait que pour l’archéologie, et l’on peut 
dire qu’il en est mort, le 6 mars 1866, à l’âge de 52 ans, après 
avoir mis au jour une foule d’ouvrages qui témoignent de son zèle 
et de son enthousiasme pour la science qu’il aimait d’instinct et 
par vocation. 

Dans le volume du Bulletin de 1867, nous retrouvons M. Lau¬ 
rendeau et la topographie historique de Soissons. C’est M. l’abbé 
Poquet qui avait été chargé par la Société d’examiner les rapports 
de M. Laurendeau relatifs à un savant mémoire de M. Laprairie 
sur les fortifications de Soissons à diverses époques de son histoire, 
mémoire très-remarquable et très-remarqué, qui valut à son auteur 
autant d’éloges que de critiques. M. Laurendeau, qui, nous l’avons 
dit plus haut, possède une connaissance exacte de l’ancienne to¬ 
pographie soissonnaise, a non-seulement rectifié différents points 
du beau travail de M. de Laprairie, mais il l’a encore complété 
et perfectionné. Il s’est aidé surtout des renseignements incontes¬ 
tables qu’il a puisés dans les histoires inédites de Soissons, que la 
bibliothèque publique de cette ville conserve en manuscrits. Nous 
sommes surpris que la Société archéologique de Soissons, qui a 
déjà publié le Cartulaire de Saint-Léger et qui nous promet de pu¬ 
blier aussi les Cartulaires des abbayes de Saint-Médard et de Saint- 
Crépin, n’ait pas encore mis sous presse, en les accompagnant 
de notes, les précieux ouvrages de Berlette, de Rousseau des Fon¬ 
taines, de Michel Berlin et de Cabaret, les précurseurs des archéo¬ 
logues soissonnais de notre temps. 

Nous regrettons de 11e pouvoir donner l’analyse d’un autre mé¬ 
moire topographique de M. Laurendeau sur le canal de dérivation 

R*?, dks Soc. sa?. 5* série, I. VI. 5 


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— f>(]; — 

de la Crise dans l'intérieur de Soissons. Dès le temps des Romains, 
la petite rivière de la Crise avait été, en partie du moins, détournée 
de son cours et amenée dans la ville de Soissons, soit pour remplir 
d’eau les fossés de ses remparts, soit pour fournir aux habitants l’eau 
dont ils avaient besoin dans les usages de la vie domestique et in¬ 
dustrielle. Ce canal, qui ne cessait de causer des inondations ter¬ 
ribles dans les faubourgs, lors des grandes crues de l’Aisne, fut 
modifié, transformé et enfin supprimé, à partir du xu® jusqu’au 
xvi® siècle. M. Laurendeau s’est servi très-habilement des textes 
comparés de tous les anciens historiens pour réfuter un petit 
nombre d’assertions erronées émises dans le mémoire de M. de La- 
prairie sur les fortifications de Soissons, et pour battre en brèche, 
sans pitié et sans merci, quelques passages de l’estimable Histoire 
deSoissons, par M. Leroux, ancien ingénieur civil de la ville, au¬ 
jourd’hui secrétaire de la mairie et trésorier de la Société. On a re¬ 
connu, dans les fouilles qui ont eu lieu à Soissons depuis quarante 
ans, le lit du canal de la Crise dans certaines rues de la ville, 
mais il y a encore du doute à beaucoup d’égards, et la tradition 
dont les historiens se sont faits les échos ne peut être confirmée 
que par de nouvelles fouilles. En attendant, nous répéterons le con¬ 
seil que nous donnions tout à l’heure à la Société archéologique : 
il faut publier, à titre de documents, les chroniques inédites de 
Soissons. 

Les antiquités trouvées au Mont-d’Origny, dans les fondations 
de l’église nouvelle destinée à rem placer j l’antique chapelle de 
Sainte-Benoite, auraient mérité sans doute d'être décrites par 
M. l’abbé Delaplace, qui s’est borné à les mentionner, et encore 
d’une façon très-incomplète. II ne fait que citer, par exemple, une 
sonnette qui aurait appartenu à la sainte, martyrisée en 36 s ou 365 , 
et dont elle se servait pour appeler le peuple à la prière. M. Gour- 
let, curé du Mont-d’Origny, ne s’est pas dessaisi de la sonnette du 
iv® siècle, mais il a offert au musée de Soissons quelques autres an¬ 
tiquités, savoir une hache en fer, découverte près d’un squelette 
qui avait eu le crâne fracturé par un instrument tranchant, dit 
M. Delaplace, un javelot, un « objet en os, qui parait être un ins¬ 
trument de travail, plutôt qu’une arme ou un ornement. r> M. De¬ 
laplace aurait dû au moins nous donner la description de cet objet 
en os, qui a de quoi piquer notre curiosité, surtout si on a la fan¬ 
taisie de le faire contemporain de la sonnette de sainte Benoite. 


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— 67 — 


M. de Laprairie. en compensation, a décrit très-minutieusement 
deux dalles en pierre, avec bas-reliefs et inscriptions, trouvées der¬ 
rière la plaque de cheminée d’une maison du village de Leury. Le 
soin qu’on avait pris de cacher ces deux dalles à l’époque de la ré¬ 
volution de 93, montre assez l’importance qu’on attachait à leur 
conservation. En effet, une de ces dalles est un monument commé¬ 
moratif de la dédication de l’église primitive de Leury «en l’honneur 
de Dieu, de Notre-Dame et de saint Nichodeme,» le 3 mai i382. 
La cérémonie de la dédicace est représentée en relief au milieu de 
cette pierre, et les détails en sont vraiment curieux. La seconde 
dalle, qui n’offre qu’une inscription sans image sculptée, constate 
la consécration de la nouvelle église moderne, bâtie vis-à-vis la 
fontaine de Saint-Nichodème, laquelle église fut bénite le 9 avril 
1768. M. de Laprairie exprime l’espoir de voir replacés dans l’église 
de Leury ces.deux monuments historiques, qui lui ont appartenu 
et que la pieuse sollicitude d’un bon paroissien de cette église a 
sauvés du vandalisme révolutionnaire. 

M. de Laprairie a continué dans ce volume son inventaire des¬ 
criptif des cloches du département de l’Aisne, mais il n’a découvert 
que 17 cloches nouvelles, dont la plus ancienne est du xvi® siècle, 
et qui n’offrent pas un grand intérêt sous le rappport de la fabri¬ 
cation et de l’épigraphie. 11 a consigné, cependant, un fait très- 
étrange : en 1791, au moment même où l’on changeait les cloches 
en canons et en gros sous, lorsque des spéculateurs parcouraient 
les campagnes pour acheter ces cloches au prix du métal, la com¬ 
mune de Troly-Loire avait jugé le moment opportun pour ac¬ 
quérir quatre cloches provenant de l’abbaye de Nogent-sous-Coucy, 
devenue propriété nationale. Les 17 nouvelles cloches décrites par 
M. de Laprairie lui ont donné dix nouveaux noms de fondeurs, 
l’un desquels, nommé Hamet, en i 663 , s’était attribué un écusson 
portant une cloche comme armes parlantes. 

Le second volume de la deuxième série du Bulletin remet en pré¬ 
sence les deux champions archéologues, M. de Laprairie et M. Lau¬ 
rendeau, qui combattent de nouveau à armes courtoises sur le 
terrain imaginaire ou incertain de la rivière de Crise et de son 
détournement dans la ville de Soissons. La question était un peu 
embrouillée, excepté pour quelques indigènes; voilà qu’elle s’em¬ 
brouille davantage de part et d’autre. Chacun des deux adversaires 
trouve d’excellentes raisons à l’appui de son sytème. La lulle sur 

5 . 


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— 68 — 

ce terrain pourrait durer plus longtemps que ia guerre de Troie; 
en tout cas, l'érudition n’y perd jamais rien, malgré les déborde¬ 
ments de la Crise. Il s’en faut à peine d’une brasse pour que nos 
deux honorables savants soient d’accord. Le mémoire de M. de La- 
prairie sur les fortifications de Soissons n'en restera pas moins un 
excellent mémoire. 

Nous regrettons de ne pouvoir suivre M. l’abbé Dupuy dans sa 
visite à plusieurs musées des villes d’Allemagne, bien que celte vi¬ 
site ait précédé l’affreuse guerre que les Allemands ont faite à la 
France. Il est bon cependant de récolter, en passant, la prodigieuse 
inscription que le touriste soissonnais a rencontrée dans le vestibule 
du musée de peinture à Cologne : *Dieu donna l’art aux Grecs; 
de ceux-ci il passa aux Latins, et de ces derniers aux Germains.* 
Remarquons que cette gasconnade rhénane n’avait pas attendu, pour 
se produire coram populo, l’incendie de la bibliothèque et du musée 
de Strasbourg. On comprendra maintenant pourquoi les artistes 
germains n’avaiejit aucun souci de bombarder Paris et de brûler le 
Louvre, le tout par amour de l’art. 

M. l’abbé Dupuy, qui est revenu d'Allemagne un peu étonné de 
l’outrecuidancedes Allemands héritiers de l’art des Grecs et des Latins, 
nous rend compte de la découverte de 6,100 pièces de monnaies 
romaines à la ferme de Forêt, près de Morsain. Ces monnaies de 
bronze se trouvaient contenues dans un pot de terre, qu’un labou¬ 
reur a brisé avec le soc de sa charrue. Le laboureur s’est cru riche ; 
il a endommagé une partie des pièces, en les dépouillant de leur 
patine, pour savoir si elles étaient en or. Il a vendu le reste au 
poids du vieux cuivre. M. l’abbé Dupuy, qui s'en est rendu acqué¬ 
reur, a reconnu dans ces monnaies sept types différents d’empereurs 
romains depuis Trajan jusqu'à Albin et sept types d’impératrices; 
il y a quelques revers rares, mais les types intermédiaires les plus 
précieux, Pertinax, Didius Julianus, Pescennius Niger, manquent 
dans la série. A coup sûr, le premier propriétaire de la collection 
n’était pas un numismate. 

Un dernier rapport de M. de Laprairie sur les anciennes cloches 
du département de l’Aisne nous en présente encore neuf, dont sept 
appartiennent à l’arrondissement dé Vervins. Une seule, celle de 
la Bouteille, est du xvi e siècle et porte un écusson aux armes de 
Coucy. La dernière, celle d’Hirson, se distingue par une particu¬ 
larité qui est peut-être unique en France. Cette cloche, haute de 


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— 69 — 

90 centimètres avec un diamètre de 1 mètre 20 centimètres, a été' 
fabriquée par N. Regnaud, fondeur, et bénite par le curé d’Hirson 
en 1793! L’inscription nous parait si audacieuse vis-à-vis de cette 
date néfaste, que nous ne résistons pas au plaisir de la copier : 
«L’an 1793,11 e de la République française, j’ay été bénite par le 
citoyen Jean-François Godard, curé depuis 1781, et officier muni¬ 
cipal, et nommée Cæeart par les citoyens Cœsar Mezand, maire 
d’Hirson, et Marie-Louise-Victor Bouillard, épouse de Louis Gau- 
defroy, procureur de la commune. Moy et mes deux sœurs, nous 
avons été fondues aux frais de la commune d’Hirson. * Les deux 
sœurs de cette vaillante cloche réactionnaire ont probablement été 
sacrifiées aux malheurs des temps; quant à la nommée Cœsart, qui 
leur a survécu, elle porte le monogramme du Christ au-dessous 
d’une croix, une vierge à droite, et à gauche un évêque. Si les 
sans-culottes de la Convention avaient appris la protestation clo¬ 
chante du curé Jean-François Godard, ils eussent été certainement 
plus ébahis que les fondeurs de cloches. 

La question des haches celtiques est à l’ordre du jour dans la 
Société archéologique de Soissons, comme dans toutes les Sociétés 
savantes du monde savant; mais cette Société ne s’est pas encore 
prononcée sur la question, quoique M. l’abbé Dupuy l’ait mise en 
demeure de donner son avis sur ces matières obscures et ardues : 
M. Robert, médeciu des Ardennes, a soutenu que les haches en 
silex taillé et les haches en pierre polie étaient du même temps, et 
que ces dernières, beaucoup plus rares que les autres, devaient être 
considérées comme les armes ou les attributs des chefs. Là-dessus, 
M. l’abbé Dupuy a prié ses collègues d’étudier la question encore 
douteuse, afin de décider si l’âge de pierre en Europe ne devait pas 
être divisé en quatre périodes distinctes, suivant le degré de perfec¬ 
tion des haches taillées et polies. Nous attendrons, avec M. l’abbé 
Dupuy, la décision de la Société archéologique de Soissons, qui 
s’occupe trop de travaux sérieux et utiles pour donner beaucoup de 
temps à ces bagatelles préhistoriques, suivant une expression qu’on 
emploie avec trop de complaisance, et qui probablement n'aura 
pas accès dans la prochaine édition du Dictionnaire de l’Académie. 

Paul Lacroix, 

Membre du Comité. 


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— 70 — 


Bulletin de la Société de statistique , des sciences natuiielles 

RT DES*ARTS 1NDUSTRIELS*DE LISERE. 

8 e série, t. II, 3* li\raison. 

Tandis que d'autres Sociétés se donnent des dénominations très- 
générales et réussissent à grand’peine à les justifier partiellement, 
la Société de statistique, des sciences naturelles et des arts indus¬ 
triels de l’Isère en est arrivée à élargir le cadre primitif de ses tra¬ 
vaux. L’histoire et l’archéologie, qui n'étaient pas annoncées, y oui 
pris place, et l’archéologie, en particulier, n’a pas à réclamer moins 
de quatre mémoires dans cette 3 ° livraison du tome II de la 3 ° série. 

Il nous faut négliger les deux chapitres d’archéologie militaire 
de M. de Rochas-Aiglun, puisqu’ils se réfèrent à l’antiquité grecque 
et romaine. Examinons d’abord, avec M. Gustave Vallier, la Décou¬ 
verte de diverses monnaies ci d'un bracelet d'argent, faite à Saint-Vin- 
cent-de-Mercuze.( arrondissement de Grenoble). 

Le 25 février 1870, un cultivateur de cette commune brisa du 
bout de sa pioche un vase en terre rouge enfoui à 5o centimètres 
environ du niveau moyen du sol, lequel vase contenait 3 o 4 mé¬ 
dailles romaines. Quelques pièces s’égarèrent dans les mains des 
curieux, mais le propriétaire en garda 294, qu’il soumit a l’examen 
de M. Vallier. Celui-ci nous en donne la liste complète avec les 
légendes et l’indication des types. 54 de ces pièces de monnaie 
sont d’argent oji de billon, 123 de moyen bronze et 117 de petit 
bronze. H y en a 1 de Caracalla, 1 d’Héliogabale (ce sont les deux 
plus anciennes), i 3 de Gordien III, 17 des deux Philippe, 4 de 
Valérien I er , 12 de Gallien, 6 d’Aurélien, 20 de Probus, 33 de 
Dioclétien, 39 de Maximien, 21 de Constance I er , 11 de Maxence, 
65 de Constantin le Grand, etc. En résumé, ce petit trésor est com¬ 
posé de monnaies de trente-trois empereurs ou impératrices, qui ont 
pu être frappées dans un intervalle de cent quarante-deux ans (196- 
337), si l’on compte de la première année du règne de Caracalla 
à la dernière de celui de Constantin le Grand. M. Vallier fait ob¬ 
server que ce modeste trésor a dû être caché là par un soldat arri¬ 
vant d’Italie, puisqu’il contient très-peu de pièces de Gallien, des 
deux Tetricus, de Claude le Gothique, et pas une de Pertinax ni 
de Victorin, qui tous avaient régné sur les Gaules, et dont les 
monnaies abondent naturellement dans tous les dépôts du même 


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— 71 — 


genre que Ton découvre sur notre sol. II rappelle, par exemple, 
qu’il avait compté jusqu’à 2,*Ao8 Gallien, 2,677 Claude le Gothique 
et 4,256 Tetricus dans la trouvaille des Fins d’Annecy. (Voir la Revue 
savoisienne du 2 5 septembre 1867.) 

Les pièces trouvées à Saint-Vincent-de-Mercuze sont, en géné¬ 
ral, dans un état de conservation assez satisfaisant, et celle de Dio¬ 
clétien en argent (virtus militum) est d’une beauté exceptionnelle. 
Quant à leur valeur comme rareté, à part quelques-unes qui 11e 
sont pas trop communes, l’ensemble de la petite collection est d'une 
banalité regrettable. M. Gustave Vallier s’excuse de n’avoir pas eu 
le temps de relever les exergues et les lettres différentielles; il a 
pu néanmoins constater que la plupart de ces pièces sortaient des 
ateliers de Trêves, de Londres, de Lyon, d’Arles et de Siscia, ce 
qui contredirait, jusqu’à un certain point, l’hypothèse émise par 
lui d’une provenance non gauloise de ce petit dépôt. Quant au bra¬ 
celet trouvé dans le même vase, c’est un bracelet ouvert, en argent 
de bas aloi, fait d’une tige ronde façonnée au marteau, d’un travail 
peu fini et sans autre ornement que quelques traits en forme d’I et 
d’X, marques irrégulières et insignifiantes. Ce bracelet figure à la 
collection des antiques de Grenoble. 

Le même M. Vallier, dans un autre article, nous décrit plusieurs 
pièces delà numismatique dauphinoise, qui font défaut (avec bien 
d’autres) dans l’ouvrage de M. Faustin Poëy d’Avant, Les Monnaies 
féodales de France. Les lacunes et les inexactitudes sont assez nom¬ 
breuses, en effet, dans cet ouvrage, dont le principal mérite aura 
consisté à offrir un premier cadre général, un premier ensemble : 
c’est affaire ensuite à l’érudition locale d’en reprendre un à un tous 
les chapitres à part, pour y apporter les retouches et les complé¬ 
ments indispensables. 

Pour ce qui est de la numismatique féodale du Dauphiné, 
M. Morin en avait commencé l’étude par une monographie, puis 
M. Poëy d’Avant avait beaucoup ajouté à ces premiers éléments 
dans le troisième volume de son ouvrage; mais le dernier mot des 
découvertes n’est jamais dit, et M. Vallier forme une collection spé¬ 
ciale dont il nous promet beaucoup. Il la laisse grossir d'année en 
année, et, pour le moment, il ne veut nous parler que de quatre 
monnaies dauphinoises, étudiées au médaillier municipal de Lyon 
et dans les collections particulières de M. Eugène Ghaper et du 
docteur de Brye. 


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72 — 


Les trois premières pièces sont cTilumbert I er de La Tour, chef 
des dauphins de la troisième race par son mariage avec Anne, 
sœur et héritière de Jean I er . L’auteur de l’article tient pour certain 
qu’on doit attribuer à Humbert 1 er toutes les monnaies où le nom 
est indiqué par l’initiale H toute seule, comme les pièces de Hum¬ 
bert Il se reconnaissent à l’association des deux premières lettres 
du nom, H V. Suivant la coutume dauphinoise, le revers appar¬ 
tient à l’évêque, qui, outre la légende EPS. GRON0P0L. ( episcopus 
Gratianopolitanus) , est représenté par la croix pattée, tandis que 
l’image du dauphin à gauche, avec un annelet au-dessus de la tête, 
accompagne la légende Humbertus dalphinus Viennensis ; H.DALPH. 
(ou DAS ou PHS) VIEN. 

M. Vallier fait encore remarquer que le dauphin héraldique n’est 
pas toujours crêté, qu’il a quelquefois la tête nue ou bien surmontée 
d’un annelet. 

Le quatrième type dauphinois décrit dans cet article offre un 
intérêt particulier. On savait, par une ordonnance de Charles V, 
du 8 juin 1867 \ qu’il avait dû être frappé des deniers noirs, dont 
le titre et le poids sont définis dans cette ordonnance, et qui de¬ 
vaient porter quatre fleurs de lys avec la légende K.PRIMOG. 
FRANC. REG., et au revers un dauphin avec les mots Dalphinus 
Viennensis. On n’a trouvé que récemment deux exemplaires de ces 
deniers noirs : l’un est en la possession de M. Chaper, et l’autre au 
médaillier de Lyon; M. Vallier nous les décrit l’un et l’autre. 

Nous devons consacrer une courte analyse au mémoire de M. Er¬ 
nest Chantre, correspondant de la Commission de topographie 
des Gaules, sur Les palafittes ou constructions lacustres du lac de Pa - 
ladru, près Voiron (Isère). Protestons d’abord contre ce mot de «-pa¬ 
lafittes» dont la science française n’a vraiment que faire, puis¬ 
qu’elle possède le terme excellent et consacré de <rpilotis». C’est 
une fâcheuse tendance que d’embarrasser à plaisir l’érudition de 
mots prétentieux, exotiques, dont les équivalents existent dans la 
bonne langue. 

Dans son livre De l'influence du mineur sur les progrès de la civilisa¬ 
tion, d’après les données de la géologie et de T archéologie (1860), M. le 
professeur Fournet avait, le premier, indiqué que les débris de 
pilotis du lac de Paladru avaient dû appartenir à des constructions 


Le mémoire de M. Vallier porte i 3&7, ce qui est une erreur évidente. 


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— 73 — 

lacustres. En i 863 , M. Vallier avait substitué à la vieille légende 
populaire quelques données d’observation sérieuse, mais il assi¬ 
milait simplement ces pilotis à ceux du lac du Bourget, n’ayant 
fait que des investigations sommaires. Enfin M. Ernest Chantre, 
qui, à l’issue du congrès préhistorique de Neufchâtel, en 1866, 
avait assisté aux explorations scientifiques des antiquités lacustres 
de la Suisse, eut l’idée d’étudier à fond celles de Paladru, et 
c’est ce travail dont les incidents nous sont racontés en grand 
détail. 

Les descriptions des pilotis subsistant à la date de ce travail sont 
d’autant plus précieuses que les pilotis eux-mêmes auront en grande 
partie disparu, les propriétaires du lac ayant pris occasion de ces 
recherches scientifiques pour faire extraire la plupart des bois, 
avec l’intention de les vendre ou d’en faire un emploi pratique. Il 
y a longtemps, d’ailleurs, qu’on s’était mis à arracher les parties 
supérieures de ces pilotis et des charpentes qui les surmontaient, 
pour une? destination soi-disant utile. 

M. Ernest Chantre a poussé le scrupule jusqu’à faire analyser 
chimiquement les couches de vase où plongeaient les pilotis et dor¬ 
maient les objets manufacturés ou fossiles qui ont été découverts à 
l’entour. Il donne aussi de minutieux détails sur la faune et la flore. 
Il indique la longueur ordinaire des poutres, leur mode d’assem¬ 
blage et les inductions qu’on en doit tirer pour la forme des habi¬ 
tations. Il y aurait aussi à consulter, en ce sens les poutrelles et 
les planches détachées qui se sont retrouvées entre les pilotis, dans 
la tourbe, et qui provenaient évidemment des planchers ou des 
parois des logements construits sur la plate-forme générale. Aucun 
de ces bois ouvrés ne témoigne de l’emploi de la scie ni de celui 
des clous; les tenons et mortaises accuseraient l’usage exclusif de la 
hache et du ciseau; les planches mêmes semblent avoir été faites 
à la hache. Les tenons et les feuillures retrouvés dans la vase sup¬ 
posent des montants de portes et de fenêtres, et, en effet, l’on a 
découvert un certain nombre de clefs et de serrureries rudimen¬ 
taires. Les charnières étaient sans doute faites de certaines lanières 
qu’on retrouve en quantité. 

Comme armes et ustensiles, on a remis au jour une lance, une 
pointe de javelot, une hache en fer assez semblable aux francisques, 
un poinçon, une vrille, une happe, un ciseau en fer, bon nombre 
de lames de couteau, en fer également. Un éperon grossier, mais 


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— là — 

bien caractérisé, une sorte d’étrille et un très-grand nombre de 
fers à cheval, avec leurs clous, donnent l’idée d’une peuplade de 
cavaliers. 

Parmi les ustensiles, il faudrait citer deux peignes dont les dente, 
très-longues, sont fines et serrées d’un côté et plus espacées de 
l’autre, une moitié de bracelet en plomb et divers fragments, qui 
ne sont peut-être pas d’une signification aussi décisive que le sup¬ 
pose M. Ernest Chantre. Les débris de poterie sont pareillement trop 
frustes pour qu’on ose rien dire des formes primitives. Un seul 
vase a été retrouvé entier : il est presque rond, avec un col assez 
étroit et deux anses, aplati d’un côté, et de l’autre pourvu d’une 
seconde ouverture. 

Au rebours de tant d’autres antiquaires qui s’efforcent de faire 
remonter vers les âges préhistoriques la date possible des monu¬ 
ments qu’ils décrivent, M. Chantre consent de bonne grâce, sur la 
foi de l’éperon et des fers à cheval, à ce que les pilotis du lac de 
Paladru aient été habités tels quels jusqu’à l’époque carlovingienne. 
L’absence de monnaies et la rareté des objets de quelque valeur 
s’expliqueraient par un abandon volontaire de la station lacustre, 
abandon qui pourrait simplement avoir eu pour cause une élévation 
accidentelle des eaux du lac, analogue à celle qu’elles viennent de 
subir par suite d’éboulements des terres riveraines. 

Telles sont les conclusions de ce travail consciencieux : il sera dé¬ 
sormais malaisé de le contrôler autrement que par des spéculations 
conjecturales, puisque les inondations récentes ont achevé et pro¬ 
fondément recouvert l’œuvre de destruction active entreprise par les 
propriétaires du lac, qui, nous l’avons déjà dit, exploitaient, comme 
un chantier de charpentes, ces vénérables débris du village lacustre. 

Gustave Bertrand, 

Membre du Comité. 


Académie de Sainte-Croix d'Orléans. 

Tome 11, 187 a. 

Un seul des mémoires contenus dans ce second volume intéresse 
l’archéologie. L’auteur, M. P. Mantellier, a pris pour objet d’étude 
deux inscriptions funéraires qui existent encore dans la vieille église 


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collégiale et paroissiale de Saint-Pierre-Ie-Puellier, à Orléans. Ce 
sont les épitaphes de Foy Bornésienne, décédée en i 6 o 3 , veuve 
de Paul de Palis, orfèvre du roi, et de Renée de Palis, leur petite- 
fille 9 morte en ifitA.- Paul de Palis, décédé eu 1678, vingt-cinq 
ans avant sa femme, avait porté le titre d’orfévre du roi sous les 
quatre règnes de Henri II, de Frauçois II, de Charles IX et de 
Henri III. 11 était né à Rome et faisait peut-être partie de la colonie 
italienne qui suivit en France Catherine de Médicis. Ses œuvres ne 
sont point connues. Renée de Palis, fille d'honorable homme César 
de Palis et de Louise Renouard, fonda plusieurs messes en mémoire 
de ses parents défunts et fut inhumée auprès de son aïeule, à qui 
elle avait survécu un peu plus de dix ans. 

M. Mantellier s est livré à de longues recherches pour savoir si 
Paul de Palis avait exercé son art à Orléans, et pour découvrir 
fauteur des vers français, d'une facture touchante, qui composent 
en partie les deux épitaphes. Il n’est arrivé qu’à des hypothèses. II 
pense que Paul de Palis n’a point habité Orléans, que sa veuve et 
sa petite-fille se seront retirées en cette ville pendant les troubles 
de la fin du xvi° siècle, et que Renée de Palis pourrait bien avoir 
écrit elle-même les vers gracieux que Malherbe et Racan n’auraient 
pas désavoués. 

L’église Saint-Pierre-le-Puellier possède dix autres inscrip¬ 
tions qui concernent des prêtres, des marchands, et un premier 
valet de chambre de Henri IV, Jean Viot-Mercure, qui était en 
même temps maître des verreries du royaume. Cette dernière seule 
est visible; une boiserie de-revêtement cache les neuf autres. 

Le mémoire de M. Mantellier fournit, sur les anciens épita- 
phicrs manuscrits ou imprimés de la ville d’Orléans, des rensei¬ 
gnements qu’on devra consulter, si jamais on publie les inscrip¬ 
tions du diocèse dont cette ville est le chef-lieu. 

F. de Guilhkrmy, 

Membre du Comité. 


Société agricole, scientifique et littéraire des Pyrénées-Orientales. 

Tome XIX, 187a. 

Une courte notice de M. Alart nous apprend qu’on a trouvé ré- 


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comment, daus l'église du Coruella du Bercol, une inscription ro¬ 
maine réduite par malheur à quelques lettres : 

LAE lui.... 

caiTab.... 

On a supposé quelle pouvait avoir appartenu à un monument 
élevé par quelques soldats de la quatrième aile de la légion des 
Cantabres, dans le premier siècle de notre ère. Nous n'avons pas 
la prétention de contester cette attribution. Les dernières phrases 
de la notice de M. Alart nous donnent à penser que le cloître d'EIne 
serait destiné à devenir un musée archéologique, sans rien perdre 
d'ailleurs de son caractère religieux. C’est une bonne nouvelle pour 
le Comité. 

Deux monuments celtiques, les tumulus de la Porteilla et de 
las Clausas, situés sur la montagne de Molitg, sont signalés et 
décrits par M. Rouffiandis, professeur à l’École normale de Perpi¬ 
gnan. Il parait que ces tumulus sont surmontés de dolmens au¬ 
jourd’hui très-ruinés. Ce ne sont que des sépultures de peu d’im¬ 
portance. 

Sous le titre de Notices historiques sur la peinture et les peintres 
roussiüonnais , M. Alart, dont nous avons déjà cité le nom une pre¬ 
mière fois, a réuni un certain nombre de renseignements curieux 
sur des artistes des xiu® et xiv® siècles et sur les ouvrages qu’ils ont 
laissés des deux côtés des Pyrénées. 

La nomenclature est intéressante. On y lit les noms de Pierre de 
Peynafreita, maître de l’œuvre de la cathédrale de Lérida, en 1286; 
du sculpteur Raymond, qui fit une statue d’évêque pour le cloître 
d’EIne, en 1202, et une effigie de chevalier, l’année suivante, 
pour le prieuré de l’Eule; de Barthélemy de Perpignan, qui, avec 
l'aide de ses deux fils, exécuta une partie des stalles du chœur de 
la cathédrale d’EIne, en 129/1; de Jacques Canall de Berga, qui 
tailla dans le marbre, en i 345 , le retable de l’autel principal de 
l'église de Cornella de Confient; puis, enfin, ceux de trente-quatre 
peintres, depuis maître Alexandre, en 1261, jusqu’à Jacques 
Roche, en i 343 . On ne cite d'ailleurs, de ces derniers, que des 
peintures d’un ordre secondaire. 

Le volume sc clôt par une notice, rédigée avec beaucoup de soin 
par M. Ernest Detainout, sur la vie et les ouvrages du célèbre Hya- 


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— 77 — 

cintbe Rignud, le plus renommé des artistes que le Roussillon ait 
produits. 

F. de Guilhermy, 

Membre dn Comité. 


Mémoires de l’Academie des sciences, belles-lettres et arts 
de la Savoie. 

a* série, t. XII, in-8°, cclti et 365 pages. 

Nous avons eu déjà plusieurs fois à accorder de légitimes éloges 
aux travaux de l’Académie de Savoie. Elle ne paraît pas avoir dé¬ 
mérité par le volume que nous venons de recevoir, mais c est à la 
section d’histoire qu’il appartient d’apprécier le travail qui occupe 
dans ces mémoires la place la plus considérable, Y Histoire de Va- 
griculture en Savoie , de M. Tochon. 

Nous nous occuperons d’une note de M. Borrel, architecte à 
Moûtiers, sur une découverte de tombes romaines faite récemment 
en Tarantaise, sur la route nationale n° 90, entre Villette et Aime. 
Les ouvriers mirent d’abord à découvert une pierre tumulaire 
élevée par une matrone romaine à son mari ; on a pu en recueillir 
les principaux fragments; le monument forme un parallélogramme 
de 1 mètre sur o m ,66, surmonté d’un fronton de o ra ,33 de hauteur, 
avec deux oreilles sur les angles; on y lit : 

T. VIREIO 
OHESIM 0 

VIREIA . COLCHIS 
VXOR.H. 

L. CASSIVS . ERASTVS. 

H. 

. VS. ALCIMVS. 

CONL. 

M. Borrel fit continuer les fouilles ; il découvrit une urne en terre 
rouge grossière, remplie de terre, d’os calcinés, de cendres, avec une 
fiole lacrymatoire en verre; elle était posée sur le couvercle d’un 
cercueil en dalles, dans lequel on trouva de nombreux morceaux de 
poterie variée, un fragment de lampe en terre grise, un tronçon 
de lame, une partie de fourchette en fer, des os carbonisés, du 
charbon, des cendres de bois pourri ; des clous et quelques graines. 


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Les recherches continuèrent, et quatre autres tombes furent succes¬ 
sivement mises à découvert; mais les poteries, assez nombreuses 
et riches, qui y étaient renfermées, ou étaient déjà brisées, ou le 
furent par la maladresse des ouvriers. 

M. André Perrin a écrit une élude préhistorique de la Savoie. 

H croit que l’homme est venu habiter la Savoie à une époque 
relativement tardive, à cause de l’abondance des glaciers, qui éloi¬ 
gnèrent de ces contrées les populations. Nulle part n’ont été ren¬ 
contrés dans ces parages les restes de grands animaux contemporains 
du premier âge de la pierre; le renne, qui appartient à la deuxième 
époque des cavernes, est le plus ancien animal dont les ossements 
aient été retrouvés en Savoie, mêlés aux débris de l'industrie hu¬ 
maine. Un seul gisement jusqu’à présent a fourni la preuve de la 
contemporanéité de l’homme et du renne en Savoie, c’est la carrière 
de Veyrier, qui a fourni à M. Thioley un grand nombre de silex 
taillés et d’os travaillés et brisés. Après cette station, jusqu’ici 
unique, M. Perrin cite deux stations de l’âge de la pierre polie, 
sur pilotis, au bord du lac Léman, sis l’un en face de Thonon et 
l’autre des Eaux-Vives; ces deux palafittes (melius pilotis) ont fourni 
des fragments de poterie grossière, des silex, une hache en ser¬ 
pentine et des ossements, entre autres, de l’urtis. Des haches en 
pierre ont été recueillies sur plusieurs points; des silex travaillés, 
fréquemment, sur les hauts plateaux de la Maurienne. 

Les souveuirs de l’âge de bronze sont beaucoup moins rares dans 
les stations lacustres aujourd’hui connues au-dessus des eaux des 
lacs savoisiens ; les constructions sur pilotis s’élevaient dans les 
lieux abrités des grands vents ou dans les baies ; là surtout, dit 
M. Perrin, où des collines submergées permettaient de planter à 
une moindre profondeur les piquets destinés à supporter la cabane. 
Ces pierres sont groupées d’une façon très irrégulière, mais pré¬ 
sentent cependant le plus ordinairement une disposition circulaire; 
sur ces pierres, dépassant le niveau des hautes eaux, étaient établies 
des traverses supportant un plancher irrégulier, recouvert d’un 
béton en terre battue, mêlé de cailloux et fortement tassé. Les 
cabanes, de forme circulaire, étaient construites en clayonnages et 
branches revêtues à l’intérieur d’un mortier en terre glaise battue, 
ornées parfois de petits cercles concentriques et de chevrons diver¬ 
sement disposés; la petitesse des fragments retrouvés n’a pas permis 
jusqu’ici d’apprécier la dimension de ces cabanes. Des débris de 


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toute nature sont répartis dans l'intervalle des piquets et non pas 
exclusivement autour de la bourgade; les groupes des cabanes 
étaient réunis par des ponts et non par un plancher continu. 

Sur le lac du Bourget on a reconnu des stations lacustres à 
Grésine (deux), Meimont, Châtillon, le Saut, Conjux, les Fiollets. 
M. Perrin résume la description des objets qui ont pu y être re¬ 
cueillis. 

Les poteries sont très-variées de grandeurs, de formes et de 
types; les unes grossières, les autres fine£, d’une belle teinte noire 
recouverte d’un enduit rouge, décorées de traits formant des grecques, 
des chevrons, des croix, des cercles; on y voit même des dessins 
faits par l’application de lamelles d’étain, les petits vases se ter¬ 
minant en pointe. On a trouvé aussi des lampes à quatre pattes, h 
un bec, de forme ovoïde; des pesons ou fusarolles en très-grande 
quantité, servant probablement à faire des colliers, des bracelets, etc., 
quelques statuettes informes, que M. Perrin compare au point de 
vue artistique à nos bonhommes en pain d’épice. 

Les instruments de bronze ne sont pas rares et ont été exécutés 
dans le pays, à en juger par les nombreux moules découverts à 
Châtillon, à Conjux, à Grésine et au Saut. Ce sont des armes, en 
petite quantité, des haches à oreillettes, couteaux à douille, mar¬ 
teaux, faucilles droites et recourbées, lames, rasoirs, poinçons, 
lancettes, pinces, aiguillons, hameçons; comme ornements, des 
agrafes, bracelets, colliers, chaînes, appliques estompées, pendants, 
boutons, bagues; tous les bracelets sont ouverts; quelques-uns 
sont gros et creux; on a recueilli un seul bracelet d’enfant en 
étain. L’or a fourni uniquement un filet tordu, recueilli à Grésine. 
Les instruments en fer sont rares; ce sont des armes. Quelques 
objets représentent le bois, qui naturellement a moins bien résisté 
aux ravages du temps; un talon de chaussure, un manche coudé 
de bâche, quelques emmanchures d’un instrument à douille, des 
fuseaux, des fragments d’assiettes et de baquets. Des tissus, on ne 
possède qu’un morceau d’étoffe; un peloton de fil, quelques frag¬ 
ments de cordages. Nous citerons ensuite des pinceaux et des em¬ 
manchures en os; un bois de cerf présentant des traces de travail, 
beaucoup d’instruments en pierre, notamment des polissoirs et 
des marteaux, des poids; quelques haches de petite dimension; 
quelques ornements pour colliers et boucles d’oreilles; des grains 
de verre bleu, blanc et vert, servant évidemment au même 


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— 80 — 

usage. Les échantillons de fruits et de graines recueillis constatent 
la connaissance de glands, noisettes, fraises, prunelles, merises, 
prunes sauvages, pommes, mûres de haies, fraises, petits pois, 
fèves, millet, orge et froment. Les os accusent la présence de l'urus, 
du castor, de Tours brun, sanglier, cochon, chien, cheval, cerf, 
chevreuil, chèvre, mouton, bœuf et renard. 

M. Perrin mentionne l'existence de deux stations lacustres sur le 
lac d'Annecy, une dans le lac d’Aiguebelle, vingt-huit sur le lac 
Léman, dont seize dans les eaux françaises : deux de l’âge de la 
pierre, les autres de l’âge de bronze. 

M. Perrin cherche, en terminant cette savante revue, à fixer 
pour les antiquités du Bourget les époques extrêmes auxquelles 
peuvent être placés leur commencement et leur fin. Les nom¬ 
breuses découvertes de ces dernières années placent l'existence des 
bourgades lacustres à l’âge de bronze. L’âge de la pierre ne parait 
pas y avoir précédé l'âge du bronze, bien que Ton retrouve des 
couteaux, des grattoirs et des pointes de flèche en silex éclaté et 
des haches de pierre polie, mais en petit nombre et comme conti¬ 
nuation d’anciens usages ; les mêmes instruments se retrouvent 
d’ailleurs encore employés à l’âge de fer. Les rares objets en fer 
indiquent quelques rapports avec les populations de cet âge, mais 
non pas une longue existence. On a voulu conclure à cette coexistence 
des habitants des stations lacustres du Bourget avec les peuples de 
l’âge de fer et de l’époque romaine, en s’appuyant sur les poteries 
polychromes, les formes de lignes tracées sur les poteries et sur les 
bronzes et de quelques débris de l’époque romaine retrouvés près 
de ces rives. Les deux premières preuves n’indiquent qu’une civili¬ 
sation plus avancée que dans les stations de la Suisse, par rapport 
auxquels il y aurait d’ailleurs infériorité quant au travail et à 
l’ornementation du bronze. M. Perrin conclut à dater les palafittes 
du Bourget de la fin de Tâge de bronze, et il en trouve une dernière 
preuve dans les longueurs actuelles des tronçons des piquets, 
comparées aux données fournies par les emplacements des lacs 
suisses qui appartiennent à des époques bien déterminées. 

M. Perrin termine par quelques notes sur les habitants du sol 
de la Savoie contemporaine de l’époque lacustre. Les preuves ma¬ 
térielles sont plus rares, parce que ces ornements n’ont pu être 
conservés comme dans la boue du lac. On a trouvé çà et là des 
haches et des épingles analogues aux mêmes objets retirés des pa- 


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— 81 


lafittes ; les résidus des fonderies oui procuré de meilleurs ré¬ 
sultats : celle de Drumettay-Clarafond appartient nettement a 
la période de bronze, mais est plus récente que la station du 
Bourget. 

M. le marquis d’Oncieu de La Bâtie décrit les constructions 
romaines et les mosaïques découvertes à Arbin. Il s'agit ici d'une 
véritable villa dont un seul côté encore a été mis à découvert, 
quoique les fouilles aient déjà un développement de 1,160 mètres. 
Un heureux hasard a fait diriger les travaux précisément sur la 
partie de la villa habitée par le maître : les deux ailes et les dépen¬ 
dances sont à exhumer, mais on en suit facilement les traces. Un 
détail préliminaire à noter est que ces bâtiments reposent sur des 
constructions grossières et beaucoup plus anciennes. 

Cette villa était située dans une position charmante qui explique 
son nom de Miranda, facile à retrouver dans le nom actuel du lieu : 
Mérande . A l’heure présente, M. d'Oncieu a reconnu trois corps de 
logis séparés. Le premier, le plus somptueux, d’une longueur de 
64 mètres, était desservi par un corridor sur lequel ouvraient dix 
pièces importantes, dont la plus grande mesure 8 mètres sur i t ; 
c'étaient évidemment les appartements de réception; on y a re¬ 
cueilli trois belles mosaïques, Tune de 7°\90 sur 6 ra , 5 o, compre¬ 
nant vingt-quatre grands sujets, fleurs, armes, animaux, dans des 
compartiments de o m , 5 o carrés, entourés d'une large bordure de 
fleurs et de feuilles de lotus; l’autre, de 5 m ,70 sur 4 m ,9 5 , se com¬ 
pose d’une série de cercles de o n, ,*?7 de diamètre, dans lesquels 
autant de losanges évidés, en pierres blanches et noires, ont une 
bordure où se trouvent en plus le jaune, le rouge et le gris ; 
le dernier a les mômes proportions et figure des tracés géomé¬ 
triques d’un riche dessin avec fleuron au centre des comparti¬ 
ments. Des traces de calorifères existent dans les pièces joignant 
les salles. 

Le second corps de logis, large de 7 m ,5o sur fio mètres de 
longueur, offre trente pièces déjà explorées ; on y arrivait par 
une porte charretière; on y remarque de nombreux et ingénieux 
appareils de chauffage; aux extrémités on voit deux petits bâti¬ 
ments en saillie et paraissant avoir eu pour destination, l'un la cui¬ 
sine et l’autre le fournil. 

Le troisième corps de logis parait avoir servi à une forge d’une 
certaine imporlance ; il se compose de six pièces ou pavillons en 

ilF.¥. DES SOC. MiV. 5' I. VI. I> 


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— 82 — 

(orme de demi-cercle faisant saillie sur la façade. Il est fâcheux 
que dans ces nombreuses constructions on n’ait pu recueillir que 
très-peu d’objets ; les plus remarquables sont un plat en étain ar¬ 
genté, un petit vase en terre noire portant en dessous l’inscription 
Sewo fecit , une broche avec agrafe en pierre de couleur, plus une 
vingtaine de monnaies romaines de Faustine, Philippe, Gallien, 
Constantin, Gratien, Maxime, c’est-à-dire comprenant, sauf pour 
Faustine, les années aàà à 388 . Ces pièces paraissent à M. d’Oncieu 
indiquer que la ville d’Arbin doit dater du iv c siècle de notre ère, 
et il explique la présence de la monnaie de Faustine et de deux 
autres indéchiffrables, mais datant évidemment du premier âge de 
l’empire, par les anciennes substructions plus communes qu’il a 
reconnues au-dessus des fondations de la somptueuse habitation 
qu’un heureux hasard lui a fait découvrir. 

M. l'abbé Ducis, archiviste de la Haute-Savoie, a trouvé trois 
inscriptions romaines : l’une à Saint-Jean-Puy-Gaulhier, l’autre à 
la Chapelle-Blanche, qui, réunies, font connaître une généalogie : 
Publius Lucretius Parvolus, de la tribu Voltinia, père de Maximilia, 
femme de Quinlus; leur fille Julia Vera, flamine augustale. La troi¬ 
sième, à Saint-Pierre-de-Saulcy, est un monument élevé par Marius 
Nigrius Crispinianus à sa femme Julia Decumilla ; sur un côté de 
la dalle est la représentation de la défunte avec ses noms et celui de 
l’artiste: Titus Mustiçus sculpsit.( sic). 

Édouard de Barthélemy, 

Membre du Comité. 


Bulletin de la Société archéologique de la Charente. 

Tomes VI et Vif. Années 1868, 1869 et 1870. 

Les travaux contenus dans ces deux volumes ne sont pas infé¬ 
rieurs à ceux que j’ai déjà eu l’honneur de signaler à la section. Ils 
ont surtout pour objet les fouilles faites dans le département et l’é¬ 
tude des découvertes auxquelles ces fouilles ont donné lieu. 

Le premier est un rapport du secrétaire de la Société, M. Tré- 
meau de Rochebrune, lu dans la séance du ta mai 1869, sur un 
tuniulus-dolmen découvert dans la commune de Barro, arrondisse¬ 
ment de Ruffec, au village de Cuchet, en janvier 1869. Élevé au 
sommet d'un plateau qui domine la rive droite de la Charente, ce 


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— 83 — 


tumulus mesurait 2 mètres de haut sur un diamètre de 6 mètres. 

* Les fouilles firent découvrir au centre du tumulus un dolmen 
formé d'une table de 9 mètres de long, reposant sur six piliers de 
î mètre de hauteur. La cetta mesurait une hauteur de 8o centi¬ 
mètres. L'entrée était orientée au nord-est.» 

Les travaux de déblayement, entrepris avant l'arrivée du rappor¬ 
teur par un propriétaire peu intelligent, mirent au jour six cadavres 
de grandeur différente, des vases de terre cuite, des pointes de 
flèches et de lances en silex taillé, qui — d’après la planche jointe 
à l'article — ne présentent aucune particularité saillante. On peut 
regretter que M. de Rochebrune n'ait pas pu pousser plus loiu ses 
investigations relativement aux six squelettes que le premier explo¬ 
rateur assure avoir trouvés. Si le fait est vrai, il eût été intéressant 
de savoir quel était le degré de conservation de ces squelettes, de 
connaître leur forme, leur dimension, leur pose; toutes questions 
intéressantes pour l'bistoire et l'anthropologie. 

Puis vient un rapport du vice-président, M. Calandreau, lu au 
mois de mars 1870, sur un théâtre romain découvert par M. Gon- 
tier dans le bois des Bouchauds, commune de Saint-Cibardeaux, 
canton de Rouilhac. Une planche donne le plan des constructions. 
Elles se composent d'un massif demi-circulaire mesurant 100 mètres 
d’ouverture. Comme à Taormina, en Sicile, le proscenium ne paraît 
pas avoir été hermétiquement clos, et, comme à Taormina, M. Ca¬ 
landreau explique cette circonstance par la beauté et l'étendue du * 
site qui formait décoration naturelle pour les spectateurs des gra¬ 
dins. Les fouilles n’ayant pas été continuées, on en est encore aux 
conjectures pour la plupart des questions soulevées par cette décou¬ 
verte, notamment à propos du centre de population auquel était 
destiné ce théâtre. La Commission de la carte des Gaules a reçu 
communication de cette découverte. 

On retrouve le nom de M. de Rochebrune au bas de deux rap¬ 
ports faits, le premier, sur des fouilles exécutées à Angouléme sur 
l’emplacement de la vieille église Saint-Martial, nouvellement re¬ 
construite; le second, sur les anciennes pierres tombales existant 
encore dans quelques cimetières du département de la Charente. 

Les fouilles de Saint-Martial ont déblayé le cimetière de l'église, 
datant de la fin du xi c ou du commencement du \u e siècle. Trois 
rangées de belles tombes de pierre datent de cette époque. Elles 
contenaient des objets usuels qui ne présentent aucune pnrlicttla- 

f». 


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— 8/1 — 

rite, et des ossements dont les exostoses seraient — suivant M. de 
Rochebrune — le résultat d’affections syphilitiques. L’examen de 
cette assertion, qui me parait intéressante à contrôler, appartient à 
la section des sciences et à celle de l’histoire. 

Une découverte plus importante est celle d’une crypte placée 
sous une portion du chevet, détruite depuis longtemps, dont les 
murs conservent d’assez considérables vestiges de peintures. Je n'ai 
pas vu ces peintures, et ne puis que me rapporter à la chromolitho¬ 
graphie jointe au travail de M. de Rochebrune, et qui parait fort 
exacte. Leur valeur artistique est médiocre, pour ne pas dire plus; 
mais elles présentent un incontestable intérêt au point de vue ar¬ 
chéologique; M. de Rochebrune les attribue au xin* siècle. Je par¬ 
tage son avis. Au moins la façon dont le Christ est vêtu est-elle 
conforme à l’hagiographie admise pour cette époque. La partie de 
ces fresques la moins bien conservée est celle où sont représentés 
le donateur et la donatrice, accompagnés de leurs patrons. Il est 
malheureusement devenu impossible de reconnaître les attributs 
de ces patrons, et, par suite, de savoir les noms de baptême de ces 
donateurs, qui eussent pu mettre sur la voie de leurs noms de fa¬ 
mille ou de fiefs, et donner la date approximative des peintures. 
Des recherches ultérieures pourront combler cette lacune. Je re¬ 
grette que M. de Rochebrune n’ait pas joint à ces planches le plan 
de la crypte et l’indication précise de sa situation sous l’ancienne 
et la nouvelle église. Faute de cette annexe, les explications de l’au¬ 
teur deviennent confuses, quel que soit le degré d’attention dont on 

soit doué. . , 

Le second rapport se borne à signaler de belles pierres tombales 

datant des xn°, xm e et xiv* siècles, existant encore dans les cime¬ 
tières des communes de Pranzac-Vilhonneur, Claix et Mouthiers. 
M. de Rochebrune relève en passant l’inscription suivante, lue sur 
le tombeau d’un chevalier, Pierre de Chambes, inhumé à Vilhon- 
ncur en 12 56 : 

De Charobis dictas Petrus est tellure reliclus 
Quem si Christe place! tibi virgo piissima placet 
Prcteriens poscat Chrislum quod pacc quiescat 
Cuin sanctis anima nec inlerni sciât y ma. Amen. 

Deux planches gravées d’après les dessins de M. de Rochebrune 
facilitent l’intelligence de ces descriptions. 


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— 85 — 

M. Jules de Laurière s’est fait le rapporteur des fouilles exécutées 
sous l’abside de l’église cathédrale Saint-Pierre. Au mois d’oc¬ 
tobre 1868, ces fouilles ont fait reconnaître l’église primitive, dont 
on ignorait au juste l’emplacement et qui fut démolie lorsque, dans 
les premières années du xii* siècle, la construction de l’église ac¬ 
tuelle amena un remaniement complet du premier édifice. L’étude 
attentive du plan joint au travail de M. de Laurière suscite des 
observations d’une certaine importance qui ont échappé au rap¬ 
porteur et dont voici le résumé: 

L’église primitive se composait de deux édicules soudés l’un à 
l’autre, et dont la construction remonte à des époques différentes. 
Le plus ancien, le martyrium , qui enveloppait le tombeau de saint 
Saturnin, le premier patron de l'église, est la partie la plus éloi¬ 
gnée du périmètre de l’abside actuelle. Cette partie est-elle l’église 
qui, selon la tradition, aurait été bâtie du temps de Clovis? ou 
bien faut-il en reporter la construction à la seconde moitié du 
i*siècle? M. de Laurière a oublié de nous le dire, et — en nous 
apprenant de quelle façon les murs sont appareillés — de nous 
fournir les éléments nécessaires pour obvier à son silence. 

Plus tard, vers io 5 o probablement, le premier sanctuaire de¬ 
venant trop étroit à mesure que l’agglomération angoumoisine s’é¬ 
tendait, on le prolongea par l’adjonction d’un second sanctuaire de 
6 mètres de côté à voûtes d’arêtes dont les retombées portaient sur 
vingt et une pileltes alignées sur trois rangs et séparées par un 
intervalle de i m , i 5 . C’est la partie la plus rapprochée de l’abside 
actuelle. On mit ce second sanctuaire en communication avec le 
premier, en ouvrant dans le mur du fond une baie^jui existe enéore 
(c’est celle marquée H sur le plan); et, comme il existait une dif¬ 
férence de niveau entre le sol des deux édifices, on racheta cette 
différence par un escalier de quatre marches, pris dans l’embra¬ 
sure de la porte. 

Plus tard encore, lorsque l’on éleva l’église qui subsiste aujour¬ 
d’hui (elle fut consacrée en ita8), on enveloppa dans l'abside 
nouvelle les deux édifices, et l’on exhaussa de deux mètres le niveau 
du sol primitif. Par suite de cette surélévation, les deux premiers 
édifices devaient disparaître. Mais, afin de n’interrompre ni le ser¬ 
vice divin, qui se faisait sur l’autel du premier édifice en attendant 
que l’autel du second fût élevé* ni la circulation, on procéda suc¬ 
cessivement a ce nivellement, en commençant la démolition par la 


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— 86 — 

partie la plus rapprochée de la nouvelle abside. On rasa les vingt 
et une pilettes presqu’au niveau de leur base ; on combla la porte H 
par une maçonnerie faisant mur, et devant ce mur on éleva un 
massif de pierres (G du plan) destiné à servir de table d'autel 
pendant la durée des nouvelles constructions. C’est ainsi que l’on a 
procédé, il y a quelques années, lors de la réédification de l'église 
Notre-Dame, à Auray (Morbihan); et l'examen des plans fournis 
par M. de Laurière confirme, d’une manière qui équivaut à l’évi¬ 
dence, les hypothèses que font naitre les règles de la pratique. Je le 
répète : M. de Laurière a passé sous silence cette succession de 
travaux indiqués par les plans mêmes joints à son rapport. C'est la 
seule critique que j'aie à lui adresser. 

Un second travail de M. de Laurière est cousacré à la description 
de la Lanterne des morts de Pranzac, arrondissement d'Angoulême. 
A en croire la lithographie jointe au texte, ce gracieux monument 
remonterait au xin* siècle et serait remarquablement conservé. 11 
était d’ailleurs connu depuis longues années. M. Alexis de Chastei- 
gnier l'avait décrit et reproduit dans une notice datant de i 84 o, 
et M. l'abbé Michon en a parlé dans sa Statistique monumentale de la 
Charente (page 33 a). Peut-être n'est-il pas mauvais que de temps 
à autre on réveille l'attention publique sur des monuments qu'elle 
semble oublier. 

Enfin M. l’abbé Chaumet, en publiant in extenso le Procès-verbal et 
information des titres et ornements bruslés et volés de Féglise cathédrale 
iAngotdéme par les gens de la religion , en Vannée i 56 s, a donné un 
vérilabié et curieux inventaire des richesses de tout genre qui dé¬ 
coraient les murs de Saint-Pierre et qui furent anéantis lors du 
sac de l'église dans les journées des a, 3 et A juin i 56 a» Le procès- 
verbal des dépositions est daté du 7 octobre i 56 a et jours sui¬ 
vants. Les témoins sont presque tous des artisans, des industriels, 
des chefs d’atelier: fondeurs, menuisiers, serruriers, peintres-vi¬ 
triers, couturiers-brodeurs, orfèvres. Ils déposent d'abord des dé¬ 
gâts qu’ils ont vu commettre; puis estiment non pas la valeur des 
objets détruits, mais le prix qu’ils demanderaient pour les rem¬ 
placer par des objets semblables : statues, tableaux, autels, orne¬ 
ments d’église, vêlements sacerdotaux, missels, évangéliaires. Le 
total des estimations se monte, au taux actuel de l'argent, a 
8/19,600 fr. Je laisse de côté la valeur artistique de ce qui fut dé¬ 
truit. qui est inappréciable. * Tou tes les richesses accumulées dans 


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— 87 — 

la cathédrale par la piété de nos pères, dit M. l'abbé Chaumet, 
l'autel d'argent donné par l'évêque Girard en 1128, les vases 
sacrés, les manuscrits précieux, les ornements donnés par les rois 
de France et d’Angleterre, par les comtes et les évêques d'Angou- 
lêmc, et enfin les dernières richesses données à l'église par le 
comte Jean d'Angoulême et par Jean de Sainl-Gelais, évêque d'Uzès, 
dont la chapelle fut entièrement dépouillée, tout fut détruit.?) Une 
perte non moins regrettable est celle des archives et des livres de 
la librairie. Le détail de ce qui y était contenu, donné par Ozony 
Petitbois, sous-chantre, gardieu des livres, est douloureux a par¬ 
courir. 

Grâce à ces dépositions, d’une précision presque mathématique, 
faites par des témoins oculaires quatre mois après les événements, 
on pourrait non-seulement reconstituer le trésor, mais encore in¬ 
diquer d'une façon minutieuse les endroits où étaient placées les 
œuvres d'art. C'est donc un excellent document que M. l'abbé 
Chaumet a publié là. 

Tels sont, de 1868 à 1870, les travaux qui méritent l'attention 
de la section. Je terminerai par un éloge bien dû au Bulletin de 
la Charente . Je veux parler des planches gravées ou lithogra¬ 
phiées qui accompagnent le texte des articles. Ces reproductions 
sont nombreuses, fidèles et bien exécutées. Toutes les fois que le 
travail d’un de ses membres exige cette utile annexe, la Société n'hé¬ 
site jamais à supporter des frais qui doivent être considérables. 
Pour ma part, je l’en remercie. Quelles que soient la précision et la 
justesse des descriptions, les meilleures n'équivalent jamais à la re¬ 
production de l’objet décrit. Je souhaite vivement que cet usage se 
généralise; et je félicite la Société archéologique de la Charente d'être 
résolument entrée dans cette voie. 

L. Clément de Ris. 

Membre du Comité. 


Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles 
de Semur (Côte-d'Or). 

8* année. — 1871. 

La Société des sciences de Semur, dont nous avons suivi, depuis 
sa fondation, les travaux avec uné attention scrupuleuse, a publié, 


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— 88 — 

dans le dernier numéro de son Bulletin, un très-subslantiel et très- 
intéressant mémoire archéologique de M. Ed. Flouest, divisé en 
deux parties et intitulé : Notes pour servir à T étude de la haute antiquité 
en Bourgogne. Je vais essayer de vous rendre un compte fidèle de 
cet excellent travail, le seul d’ailleurs qui appartienne à l'archéo¬ 
logie proprement dite dans le volume que vous avez renvoyé à 
mon examen. 

A quelques kilomètres au sud-est de Châtillon-sur-Seine, sur le 
territoire de la commune de Prusly-sur-Ource et près de la ferme dite 
du Bois de Langres, existait de toute ancienneté un tertre funéraire, 
bien connu des habitants du pays, et qui paraissait n’avoir jamais 
été touché. Des fouilles y ont enfin été pratiquées dans ces der¬ 
nières années par le propriétaire de la ferme, M. Achille Maître, 
et c'est du résultat de ces fouilles, auxquelles il a assisté en per¬ 
sonne, que M. Flouest nous entretient dans la première partie de 
son mémoire. 

Le tumulus, dont le sommet ne s’élevait pas de plus d’un mètre 
au-dessus du niveau du sol environnant, était de forme ovale et 
mesurait environ ho mètres de tour. Son grand axe était dirigé de 
l’est à l’ouest. Attaqué par sa partie supérieure, il livra prompte¬ 
ment aux regards une grossière construction en pierres sèches, de 
forme quadrangulaire, et composant, au centre même du tertre, 
un réduit à toiture et à fond plats, dont la destination funéraire ne 
pouvait, dès le premier coup d’œil, faire doute pour personne. Les 
pierres, aussi diverses de grosseur que de forme, qui constituaient 
les parois de ce cercueil primitif, avaient été simplement ramassées 
sur place et entassées au hasard; elles s’enchevêtraient cependant 
de façon à laisser peu de vides entre elles. Une grande dalle, encore 
debout, était placée verticalement à l’une des extrémités du réduit, 
dont elle dépassait la hauteur. Le corps de l’homme en l’honneur 
de qui avait été érigée cette sépulture occupait encore sa place; 
mais les débris de membres à demi réduits en poussière achevèrent 
de s’anéantir au contact de l’air. Les pieds étaient tournés vers 
l’orient. A côté du mort-on trouva les restes d’un vase de terre, 
une grande épée en fer à double tranchant et un petit instrument 
de forme semi-circulaire, en cuivre ou en bronze, consistant en 
une lame très-mince, dont l’un des bords, le bord extérieur, est 
convexe et très-aiguisé, et le bord intérieur concave et légèrement 
relevé en bourrelet. Cet instrument, dont la destination n’a pu 


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— 8 » — 

encore êlre précisée d'une façon définitive, n'est point une nou¬ 
veauté pour les archéologues; les analogues se rencontrent en grand 
nombre dans les collections, soit publiques, soit particulières. 
Circonstance digne de remarque, on ne trouve dans le tumulus 
du Bois de Langres nulle trace de l'action du feu, et les cendres 
d'ossements, aussi bien que les cendres de bois, manquent abso¬ 
lument. 

Les fragments du vase mentionné plus haut sont épais et mas¬ 
sifs, et la terre, de couleur brune et recouverte à l’extérieur d’un 
enduit noir, en est grossière, mal cuite et très-friable. La panse, 
dont la courbe parait avoir été simplement façonnée à la main, est 
ornée, sous le rebord, d’un trait droit et, au-dessous, d’une double 
grecque tracée à main levée au moyen d’un poinçon. Quelques 
débris, de forme différente des autres, semblent indiquer que ce 
vase était muni d’un couvercle conique et très-évasé. L’épée qui 
l’accompagne est une lourde lame de 70 centimètres de longueur, 
à double tranchant, partagée sur chaque face en deux plans obliques 
par une arête médiane et présentant un élargissement sensible vers 
le milieu. L’âme de la poignée, forgée avec la lame et plus large 
que celle-ci, était sans doute garnie de chaque côté de plaques de 
bois ou d’os, dont il ne reste plus rien à celle heure que les quatre 
rivets de bronze destinés à les fixer à la poignée de métal. Le four¬ 
reau de l'arme était en bois; mais on n’en a retrouvé que la bou- 
terolie en fer, a l’extrémité de laquelle sont encore adhérentes 
quelques fibres ligneuses retenues par l’oxydation. De l’étude atten¬ 
tive des deux objets que je viens de décrire, non moins que de l’as¬ 
pect du cercueil de pierre et du tumulus lui-même qui les renfermait, 
M. Flouest se croit autorisé à induire (et il en expose nettement les 
raisons) qu’ils ne remontent pas à l’époque la plus reculée de l’ère 
celtique, et qu’il convient plutôt de les attribuer au temps où la 
Gaule commence à entrer dans le domaine de l’histoire, c’est-à-dire 
à une époque voisine des premières invasions romaines. Je suis à 
cet égard complètement de son avis. 

Reste à dire quelques mots du mystérieux instrument, en forme 
de lame semi-circulaire et très-aplatie, qui complétait le mobilier 
de la sépulture du Bois de Langres et que j’ai décrit plus haut. 
Comme le fait justement remarquer M. Flouest, « il appartient à 
une très-nombreuse famille, dont les individus sont particulière¬ 
ment remarquables tout à la fois par leur immuable fidélité à un 


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— 90 — 

type fondamental et par leur variabilité extrême dans les détails 
d’application.» A quel usage cet instrument, de peu de résistance et 
de forme bizarre, pouvaitril bien être appliqué? Certains antiquaires 
ont voulu en faire une serpette; d’autres, un tranchet à couper le 
cuir ou un couteau à sacrifices; d’autres enfin, et ce sont les plus 
nombreux et les plus accrédités, ont imaginé que ce pouvait ou plutôt 
que ce devait être le rasoir de nos ancêtres. M. Flouesl se range sans 
hésiter à cette dernière opinion, qu’il défend longuement contre les 
objections trop fondées quelle soulève, et qu’il appuie de toutes les 
raisons que son esprit ingénieux peut lui fournir. Le dirai-je cepen¬ 
dant? l’auteur ne parvient pas h me convaincre, et, en dépit de 
l’abondance, de l’ingéniosité et de l’apparente simplicité de ses rai¬ 
sonnements, je ne saurais reconnaître le rasoir gaulois dans un 
instrument si peu approprié par sa forme ou plutôt si opposé à 
l’usage auquel on le suppose destiné, et dont, quoi qu’en dise 
M. Flouest en sa démonstration, la manœuvre sur le visage du 
patient eût été si compliquée et si sujette à accidents. A quoi donc 
pouvait servir ce large et mince couteau? Je l’ignore absolument, 
comme tant d’autres choses qui concernent les Gaulois. De tous les 
peuples de l’antiquité, nos ancêtres sont peut-être ceux dont nous 
connaissons le moins la vie sociale et les mœurs privées: il faut 
donc nous résigner, quand nous voulons parler d’eux, à multiplier 
les points d’interrogation et à nous passer de réponses, au moins 
de réponses péremptoires. 

Je ferai en sorte d’être plus bref dans l’analyse de la deuxième 
partie du mémoire de M. Ed. Flouest intitulée : Les sépultures anté - 
historiques de Veuxhaulles . 

Le village de Veuxhaulles 1 , désigné dans une charte de 1099 du 
cartulaire de l’abbaye de Molesmes par le nom de Vacua Sylva , passe 
pour une des localités les plus anciennement habitées de la Côte- 
d’Or. On a découvert dans la parlie méridionale de son territoire, 
et non loin de la voie romaine de VertiUum à Langres, les substruc- 
tions assez considérables d’une villa antique, et le cimetière de la 
paroisse a conservé jusqu’aujourd'hui un certain nombre de tombes 
monolithes, que l’on attribue, non sans vraisemblance, à l’époque 
mérovingienne. 

1 Côte-d’Or, arrondissement de Châtillon-sur-Seine, canton de Monligny-sur- 
Auhe. 


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— 91 — 

Les sépultures dont l'auteur va nous entretenir sont situées à 
quelque distance du village, au milieu d'une ancienne sablière aux 
trois quarts entourée par les sinuosités de l'Aube et formant pres¬ 
qu'île. Aucun amoncellement de pierres ou de terre ne décèle de loin 
leur présence. Elles sont placées trèa-près les unes des autres * et, 
à compter seulement celles qui ont été ouvertes en 1860 et en 
1868, on n'en trouve pas moins de quinze ou vingt. C'est donc un 
véritable cimetière gaulois que l'on a là sous les yeux. Toutes ces 
sépultures sont identiques et consistent uniformément en une fosse 
longue en moyenne de a mètres sur 60 centimètres de largeur, et 
renfermant un coffre ou cercueil eu pierre, à toiture et à fond plats, 
mesurant 4 o ou 5 o centimètres de côté et construit avec ces dalles 
grossières que l'on appelle laves en Bourgogne. De tous les cer¬ 
cueils successivement fouillés en 1868 (les fouilles de 1860 n'ont 
laissé dans le pays que des souvenirs sans précision), deux seule¬ 
ment ont été trouvés intacts; les douze ou quinze autres étaient 
vides. 

Dans le premier, le cadavre qui l'occupait avait à sa droite une 
épée de bronze, brisée en plusieurs tronçons, et un marteau ou 
casse-tête en corne de cerf. On recueillit en outre, du même côté, 
d’élégantes pendeloques, composées d'anneaux de fer entrelacés et 
terminées par des olives de même métal. Ces pendeloques, dont on 
retrouverait facilement plusieurs spécimens dans les vitrines de nos 
musées, faisaient sans nul doute partie de l’ornementation de la 
large ceinture du guerrier enseveli. Enfin deux vases de terre, 
d’un travail grossier et sans nul ornement, l’un intact, l’autre brisé 
en menus morceaux, étaient placés à la tête et aux pieds du dé¬ 
funt. Le mort de la deuxième sépulture était moins richement 
outillé que son voisin; car on n’a trouvé dans son cercueil qu’un 
bracelet en bronze, perdu depuis, et une très-curieuse broche ou 
épingle à cheveux, dont la longueur tout à fait inusitée (59 centi¬ 
mètres) et la remarquable élégance d’ornementation méritent d’être 
particulièrement signalées. 

Avant de terminer ce compte rendu, il me faut mentionner aussi 
un magnifique couteau de bronze, trouvé à peu de distance du 
cimetière gaulois, et dont la lame aiguë et recourbée, à la façon des 
poignards orientaux, est ornée sur ses deux plats d’arabesques en 
forme de lignes chevronnées gravées au burin. 

Tous ou presque tous les objets antiques trouvés sur le terri- 


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— 92 — 

(oire de Veuxhaulles sont aujourd'hui en la possession d'un riche 
propriétaire du pays, M. Henri Bordet, ancien maître des requêtes 
au conseil d'État et membre du conseil général de la Côte-d'Or, 
qui en a composé un petit musée gaulois plein d'intérêt. C’est donc 
à M. Bordet qu'incombe l’honorable charge de stimuler et de sur¬ 
veiller la continuation de ces fouilles déjà si fructueuses, et qui 
n’ont certainement pas encore dit leur dernier mot. 

Jules Marion, 

Membre du Comité. 


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— 93 — 

RAPPORTS 

DES MEMBRES DU COMITE SUR LES COMMUNICATIONS MANUSCRITES. 


SECTION D’HISTOIRE ET DE PHILOLOGIE. 


Rapport sur lb projbt db publication du pobub d’Ambroise 

SUR LA TROISIÈMB CROISADE . 

M. Gustave Monod, ancien élève de l’École normale et directeur 
adjoint à l’École des hautes études, a adressé au Ministre une de¬ 
mande à l'effet d’étre autorisé a publier, dans la Collection des 
documents inédits, conjointement avec M. G. Paris, professeur au 
Collège de France, un poëme français inédit dont le sujet est 
l’expédition de Richard Cœur de Lion en Palestine. La commission, 
composée de MM. de Mas-Latrie, Marty-Laveaux et Meyer, à la¬ 
quelle a été renvoyée la proposition de M. Monod, a eu en main 
les éléments nécessaires pour apprécier l’intérêt de ce projet. Elle 
a pu examiner le poëme même, dont la copie complète a été mise 
à sa disposition, et elle a acquis la conviction que M. Monod n’en 
avait nullement exagéré la valeur. 

Ce poëme, qui contient environ 12,000 vers octosyllabiques, ne 
parait s'être conservé que dans un seul manuscrit, le numéro 81A 
du fonds de la reine Christine au Vatican. Bien qu’il eût été si¬ 
gnalé à diverses reprises, par Montfaucon, puis par M. P. Lacroix, 
et que le début, qui est un morceau intéressant, en eût été publié 
par M. Ad. Keller dans son Romvart , ce récit est demeuré jusqu’à 
ce jour complètement ignoré des historiens, et MM. Monod et Paris 
sont les premiers érudits qui en aient apprécié toute la valeur. Il 
a été composé par un personnage, d’ailleurs inconnu, nommé Am¬ 
broise, qui parait avoir fait partie de la suite de Richard. Du 
moins c’est aux actes de ce prince qu’il s’attache principalement, 


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— 94 — 

et Ton peut croire qu'il l'a suivi partout, depuis son départ pour la 
croisade jusqu'à son retour en Europe. Le caractère tout personnel 
du récit, les témoignages directs qui s’y rencontrent, ne permettent 
pas de douter qu'Ambroise ait été le témoin oculaire des faits qu’il 
rapporte. D’ailleurs, le poëme a dû être composé avant 1199, car 
las derniers vers, qui font allusion à divers événements de la vie de 
Richard postérieurement à la croisade, ne font pas mention de sa 
mort. 

On conçoit quelle peut être la valeur d’un récit aussi étendu, 
composé par un homme en situation de bien voir, et qui d’ailleurs, 
son œuvre en fournit mainte preuve, savait observer. 

Toutefois M. Monod ne prétend pas que le poëme dont il pro¬ 
pose la publication soit réellement une source nouvelle de l’histoire 
de la troisième croisade. Il fait justement remarquer que nous pos¬ 
sédons ce même récit sous une autre forme; mais on va voir que ce 
que le poëme perd en intérêt au point de vue de l'histoire des faits, 
il le regagne d’un autre côté au point de vue de l'histoire littéraire. 

Depuis longtemps on avait signalé un passage du Chronieon Terrœ 
Sanctœ , ouvrage anonyme attribué sans raison à Raoul, abbé de 
Coggeshal l , où il est fait allusion à un récit français sur l’expédi¬ 
tion de Richard : «Si quis plenius scire desiderat, légat librum 
quem domnus prior Sanctæ Trinitatis de Londoniis ex gallica lin— 
gua in latinum, tam eleganli quam veraci stylo, transferri fecit 2 .» 
Le livre du prieur de la Trinité de Londres, auquel il est ici fait 
allusion, c’est indubitablement Yltinerarium Peregrinorum et Gesta 
regis Ricardi, la source principale de l’histoire de l'expédition de 
Richard en Palestine, ouvrage attribué, par Gale et par ceux qui 
l’ont suivi, à Geoffroi Vinsauf. M. Stubbs, le dernier éditeur de 
l Itinéraire 9 , a fait une juste application du passage précité du Chro- 
nicon Terrœ Sanctœ , et s’en est servi, concurremment avec d'autres 
argumenta, pour retirer à Geoffroi Vinsauf un ouvrage qu’il con¬ 
vient de restituer à Richard, prieur ou chanoine de la Trinité de 

1 Voy. Th. Duffus Hardy, Detcriptwe catalogue of materialt relatmg to the hittçry 
0 / Great Bntam and Ireland , II, A 56. 

* Ce texte a été cité notamment par M. de Mas-Latrie dans son * Essai de classifica¬ 
tion des continuateurs de Guillaume de Tyr,r> Bibl. de Y École de* charte* , 5* série, 
I, 56. 

3 En 18 64, dans la collection des Chronicle* and Memorial* nf Créai Ihilain and 
Jreland. 


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— 95 — 

Londres l . Mais il ne veut pas aller plus loin; il admet avec le Chro- 
nicon que ïItinéraire est l’œuvre de Richard, mais il rejette absolu¬ 
ment l’autorité de celle même chronique lorsqu’elle affirme que 
Richard n’a fait que traduire en latin un ouvrage français 2 . Pour 
lui, Y Itinéraire est une composition parfaitement originale, et il en 
déduit longuement les raisons, parmi lesquelles il en est qui, à 
première vue, semblent assez spécieuses. Tout au plus admettrait- 
il que l’auteur aurait écrit en français des notes d’après lesquelles il 
aurait ensuite rédigé son ouvrage en latin. Ces raisons paraissent 
n’avoir soulevé aucune objection, et Sir Th. Duffus Hardy les admet 
pleinement 3 . 

Si bien déduite, et à divers égards si intéressante que soit l’ar¬ 
gumentation à laquelle s’est livré M. Stubbs, elle est radicalement 
renversée par l’apparition du poëme dont MM. Monod et Paris 
proposent la publication. De l’examen auquel votre commission 
s’est livrée, résulte la confirmation la plus complète de l’opinion 
exprimée par M. Monod dans sa lettre, à savoir que Yltinerarium 
n’est autre chose que la traduction élégante et exacte du poëme 
d’Ambroise. Sauf que le traducteur latin a modifié en certains en¬ 
droits l’ordre du récit, il lui eût été difficile d’être plus fidèle. 
L’auteur du Chronicon Terrœ Sanctœ avait raison. C’est ainsi que, 
selon la juste observation de M. Monod, «une œuvre remarquable, 
que l’on croyait jusqu’ici appartenir exclusivement à l’historiogra¬ 
phie anglaise, est restituée à la nôtre.’» Pour constater par une 
preuve en quelque sorte palpable le rapport de YItinerarium latin à 
son original français, votre commission croit devoir placer en re¬ 
gard l’un de l’autre le texte latin et le texte français de deux pas¬ 
sages pris à une assez grande distance. Dans le premier, il s’agit 
de la famine dont souffraient les chrétiens au siège d’Acre : 


Manuscrit du Vatican, fol. 3a b. 

Une chose en Tost vendeient, 
Quaroblet ot non, ço diseient. 
Qui ierent duces a mangier ; 

E sis aveil l’em sans dangier, 

De celes et de noiz menues 


IrjjfERARivu , 1 , lxxyi (édit. Stubbs, p. i33). 

Venumdanduni exponebatur genus 
fruclus nascens in arboribus, grana scili- 
cetin folliciilis, utlegumen incluse, vulgo 
Yocatum caruble, gustu dulce et esu salis 
delectabile. His reficiebantur egentes, 


1 Chanoine d’après Nicolas Trivet; voy. Stubbs, Introduction , p. xl-xlj. 

* Introduction, p. lv etsuiv. 

* Descriptive catalogue , lï, 5o5. 


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La iert la voie bien menée. 

Por le denier une denrée. 

I furent molt genz sostenues; 

Mais cil qui malade gisoient, 

Qui le fort vin sovent bevoient 
Dont il aveient grand raarchié 
Esteient de vin si chargié 
À iço que riens ne menjoient * 
Fors ço que il meins coveitoient 
Qu'il moreint, ça treis, ça quatre. 
E cil qui s'aloient esbatre 
E repassoient e jouoient, 

Qui point de vilaille n’avoient, 
Cil maldisoient le marchis 
Par qui il erent si aquis. 


quia major erat inde copia quant rerutn 
aliamm, unde ad hæc emenda via satis 
erat Irita 1 , quia, licet minoris æslima- 
tionis, nonnihil erat. lllorum qui decum- 
bebant infirmi quia parum edebant, vel 
quia non babebant, vei quia non poteranf, 
vino quo utebantur œstuante suffocali sunt 
plurimi, vel ex Falerni violenlia, quia 
cibis non temperabatur, vel ex inGrmitate 
quœ vini non poterat sustinere virtutem. 
Yini quidem satis tolerabilis babebatur 
copia vendendi, sed conservando corpori 
humano non bene competit plurimum 
vini etmodicum cibi ; hoc eniradecetœquo 
temperari moderamine. Sed qui tant» 
fuerat egestatis occasio non dormilat Mar- 
chisi maledictis. 


Ce qui suit à trait a l’assaut de Daron : 


Manuscrit dd Vatican, fol. 08 c. 

Et il se misent ço me semble, 

En la maistre tur tuit ensemble ; 
Mais de grant mal se porpenserent 
Qui lor chevals esjareterent 
Et que li cresliens eussent 3 
Ne que chevalchier les peüssenl. * 

La gent Dieu el chastel montèrent, 
E cil 4 qui primes i entrèrent 
Seguins Barrez fud li premiers, 

Et Espiarz uns escuiers, 

Ne se tint pas de Seguin loinz. 

Li tierc fud Pieres li Gascoinz, 

E d'autres en i pot aveir 
Dont je ne poi les nons saveir. 

Puis i entrèrent les banieres ; 


Itinbrariüm, V, xxxix (édit. Stubbs, p. 354). 

Turcos a ruina fugientes raptim noslri 
insequunlur cædenles, qui resistere non 
valentes se intromiserunt in turrim prin- 
cipalem ; nequissimo quidem usi consilio : 
universos equos suos, ne alienum cede- 
rent in usum, prius subnervaverant. Ipsis 
fugientibus, nostri viriliter ingrediuntur 
in castrum, quorum primus erat Segui- 
nus Barrez cum armigero suo Ospiardo 5 ; 
tertius intrantium Pelrus erat de Gars- 


1 On voit que le traducteur s'est donné de la peine pour rendre le vers La iei't la 
voie bien menée , qui n'est qu'une cheville; mais il a passé les deux vers suivants, qui 
peut-être manquaient dans son manuscrit. 

5 Ms. menjouent, et plus loin coveitouent, et même morouent, mais un peu plus 
bas avoient en rime avec jouoient (ms. jououent) , montre bien qu'il faut partout cor¬ 
riger cuent en eient oq oient. 

3 Sic. Corr. Que li cre*tien ne» püsneut. 

4 Corr. De cil» f 

s Espiardo. dans un antre manuscrit, ce qui s'accorde avec le français. 


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— 97 — 


tonia 1 ; alii quara plurimi postea quo¬ 
rum jam nomina exciderunt. Baneria 
Slepliani de Longo Campo prima muris 
eminebat imposila ; sccunda comitis Lei- 
cestriæ, terlia Andrea» de Chavegni, 
quarla Reimundi filii Principis. Genucn- 
ses eliam et Pisani. 


La traduction latine est partout de cette exactitude. On remarque 
que le traducteur conserve presque toujours les noms sous leur 
forme vulgaire, ne se hasardant à traduire que ceux dont l’équiva¬ 
lent latin était facile à trouver. 

Il devra donc être admis dorénavant que toute la valeur attribuée 
jusqu'à ce jour à Yltinerarhm doit être reportée à son original. C’est 
cet original qui devient la principale source de l’histoire de la troi¬ 
sième croisade, la traduction latine n’ayant plus qu’une importance 
accessoire, et ne pouvant plus guère être utilisée que pour aider à 
l’interprétation du texte français, qui, ne nous ayant été conservé 
que par un seul manuscrit, présente ça et là des obscurités et même 
des lacunes. 

Dans ces circonstances, votre commission n'hésite pas à proposer 
au Comité d’accueillir le projet de M. Monod. La publication du 
poème d’Ambroise sera d’ailleurs peu onéreuse, car les 13,000 vers 
dont il se compose tiendront en soixante feuilles, et l’introduc¬ 
tion, les tables et le glossaire conduiront difficilement le volume 
au delà de quatre-vingts feuilles. 

Le Comité ne peut concevoir aucun doute sur la compétence des 
deux édieurs. M. Monod, avantageusement connu par ses études 
sur Grégoire de Tours et par son active collaboration à la Revue cri¬ 
tiqua, saura mettre en pleine lumière la valeur historique du poëme 
d’Ambroise; et quant à M. Paris, à qui incombera plus particu¬ 
lièrement la tache d’établir le texte et d’en rédiger le vocabulaire, 
le Comité a eu, il y a déjà plusieurs années, occasion de lui témoi- 

1 M. Stubbe rejette en variante la bonne leçon Gatcoma. 

* Corr. ert. 

3 Corr. Cele. 

R*v. ois Soc. sa?. 5* série, t. VI. n 


Si n'i ot de plusors maniérés : 
Estiene de Longchamp première 
] entra, si n’iert pas entière. 

Et anceis esteit 5 molt depeciée; 
(E) après icele (i) fud dresciéc 
La 3 le conte de Leicestre; 

E de aseùr mur a deslre 
Fud l’Andriu deChavigny mise; 
E ovec (tele) i fud cele assise. 
Après, la mon seignor Reimont, 
Le fils le Prince, el mur amont. 
E cil de Gienne e cil de Pise... 


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— 98 — 

gner sa confiance en le chargeant de la publication d’un recueil 
d’anciens glossaires français que, nous l’espérons du moins, il ne 
nous fera pas longtemps attendre l . 

Votre commission ne croit donc pas nécessaire d’imposer à 
MM. Monod et Paris un plan rigoureusement déterminé. Toutefois, 
dans le cas nù leur projet obtiendrait l’agrément du Comité, la 
commission croirait devoir appeler leur attention sur deux points. 
D’abord, il lui paraît nécessaire que des recherches soient faites 
sur les personnages nombreux qui figurent dans le poème, de façon 
que chacun d’eux soit, autant que possible, l’objet d’une note suc¬ 
cincte. Ce travail aurait pu être fait par les précédenls éditeurs de 
ïltinerarium , mais il ne l’a point été, et trop souvent, faute d’une 
information suffisante, le dernier éditeur de ce texte latin n’a pas 
été en état de choisir la meilleure des leçons que lui offraient ses 
manuscrits pour un même nom. Un commentaire historique, 
pouvant s’adapter au poème d’Ambroise comme à ïltinerarium , 
reste à faire. En second lieu, il sera à propos que les éditeurs dis¬ 
posent le long du texte un sommaire qui permette de parcourir ra¬ 
pidement, dans l’ordre du récit, la série des faits racontés dans le 
poème. C’est là une aide fort utile, que certains éditeurs étrangers 2 
joignent à leurs publications, et dont il serait désirable de voir 
l’emploi se généraliser chez nous. Le peu de longueur des vers du 
poème permettra de faire entrer ce sommaire marginal dans la 
justification. 

L. de Mas-Latrie, Ch. Marty-Laveaux, 
Paül Meyer, rapporteur , 

Membres du Comité. 


Rapport sur on fragment de manuscrit de la chanson d'Alexandre. 
Communication de M. Dubosc. 

Le Comité a déjà reçu, il y a peu d’années, communication d’un 
fragment du roman d’Alexandre, adressé par M. Deschamps de Pas 3 . 
Voici qu’un autre de nos correspondants, M. Dubosc, archiviste de 
la Manche, nous envoie deux feuillets provenant d’un manuscrit du 

1 Voy. Revue det Sociétés gavantes, h* série, IX, 379 . 

* Voy. par exemple les publications de VEarly English Text Society et de la 
Chaucer Society. 

3 Voy. Revue àes Sociétés tarantes, h 9 série, X ( 1869 ), Æ 78 . 


Digit 


Googl 



— 99 — 

même roman. L'écriture paraît appartenir à la seconde moitié du 
mi* siècle. Chaque colonne (il y en a deux par page) contient 5 o 
vers. Il y a donc en tout Aoo vers. Les deux feuillets ne se suivent 
pas. Le premier, dont le reclo est maculé au point d’être en partie 
illisible, commence par ce vers : Bien li puet souvenir de dolente se - 
metni, qui correspond au vers 2 5 delà page 173 de l'édition publiée 
par M. Michelant en 18A6. Le dernier vers du même feuillet, Tôt le 
mit en presant cil li ont detranchié , se retrouve à peu près dans l’édi¬ 
tion précitée (p. 179, v. 1A). Ce texte offre une leçon en général 
plus correcte que le ms. B. N. fr. 786, que reproduit l’édition de 
M. Michelant, mais, pour ce premier feuillet, l’ordre des laisses 
est le même de part et d’autre. Il n'en est pas de même pour le 
second feuillet, qui se rapporte à une partie du roman d’Alexandre, 
le fuerre de Gadres, où l’ordre des laisses varie singulièrement d’un 
manuscrit à l'autre. Je vais donner la série des laisses de ce feuillet 
avec la concordance de l’édition. Les deux premiers vers du feuillet 
sont : One ne le vi partir que ne fu derompue; Se de moi desevrez tote est 
m’ost esperdue.Le premier manque dans le manuscrit 786 et, par 
conséquent, dans l’édition; le second correspond au vers 3 o, p. 196, 
de l’édition. Voici le premier vers de chacune des tirades qui oc¬ 
cupent le même feuillet : 

(1) Li roi» ses cor» meïsmes est primes retornez. 

(Édit. Mich. 196,8s.) 

(а) Li rois chevauche tost qui molt ot fier corage. 

(Ibid. 197,17.) 

( 3 ) L’amir. fu honteus quant a terre se sent. 

(Ibid. 198 , 1 .) 

(h) Pris est li amir. par foie ment venir. 

(Ibid. 198,86.) 

( 5 ) Li eslor fu molt fier, que plus ne sai retreire. 

(Ibid. 199,33.) 

(б) Li estor fu molt fier et durement ferai. 

(Ibid. 901,1.) 

(7) Molt fu grande la perte si com raconte Witace. 

(Ibid. 171,5.) 

(8) Li duz fu desconfiz et sa gent a perdue. 

(9) Li duz fu desconfiz et sa terre gaslée. 

On voit que ce texte et celui qu'a suivi M. Michelant donnent 


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— 100 — 

dans le même ordre les six premières de ces tirades, qu’ils sont au 
contraire en désaccord pour la place de la septième. Enfin les deux 
dernières manquent dans l'édition (c’est-à-dire dans le manuscrit 
786), bien quelles se retrouvent dans divers manuscrits, notamment 
dans le manuscrit N. B. fr. 1 5 ogi, fol. 88, et dans le manuscrit du 
musée Correr, à Venise, fol. 3 o. 

Je transcris ici une des laisses contenues dans l’un de ces feuil¬ 
lets, afin de donner les moyens d’apprécier la langue de ce texte : 

Molt fu grande la perle, si com raconte Wiface, 

Des mors et des navrez qui gisent en la place. 

Li dus voit Alix, qui de mort le menace : 

S'as poins le puet baillier ne lera nel defface : 

La poor qu'il en a li fet muer la face: 

A la fuie s'est mis, or gart chascuns qu'il face ! 

Clins les voit desconfi, si s'est mis en la trace 
Et choisist .j. gadrain c'on apele Dicace, 

Et sist sor .j. destrier c'om claime Boniface 
Nus chevaus envers li ne vaut une limace. 

S’or l’en lesse mener ne se prise une grape, 

Aulresi près le tient com faucon la becace, 

Ne li puet eschaper ne qu'au Lombart sa mace. 

Par devant li se met au travers d'une trace, 

Sel feri de sa lance ou li confanons lace 
Que sor le costé destre li a fet tel crevace, 

Ja tant comme il mes vive n'en erl jor qu’il ne hace. 

Des arçons le sozlieve, a terre le raquace, 

Assez en petit d'eure fu si froiz comme glace; 

Dant Clins vint au cheval, par la resne l'embrace, 

Le fiuz Qaduit l'enmaine, qui qu'en poil ne qui place, 

Puis l’ot es deserz d’Ynde et el resne Caudace. 

Paul Meyer, 

Membre du Comité. 


B APPORT SV R LES COPIES DE SAINT-PÉTERSBOURG ENVOYÉES 

par M. de La Ferrière. 

M. de La Ferrière, à la suite de sa mission en Russie, a adressé 
à M. le Ministre de l’instruction publique une série de copies de 
pièces qui ont été renvoyées au Comité pour leur assigner une des¬ 
tination. La commission nommée pour examiner ces documents a 
reconnu qu’ils comprenaient diverses suites de correspondances des 


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— 101 — 

xvi* et xvu e siècles, reproduites, non pas intégralement, mais seu¬ 
lement par des analyses quelquefois très-sommaires. Elles forment 
quinze liasses contenant : 

1° i 4 o lettres adressées à Henri II, François II, Charles IX et 
Catherine de Médicis, du i 3 janvier 1 558 au 6 mai 1872; 

2° 90 lettres à Charles IX, du 9 octobre i 562 au 2 septembre 
1572; 

3 ° 85 lettres de Charles IX, de i 5Ô2 au 23 octobre 1670 (quel¬ 
ques-unes sont sans date), et 2 de Charles de Valois, de i 638 à 
t 648 ; * 

4 ° 47 lettres du duc d’Anjou à Charles IX, du 7 octobre 1667 à 
mai 1673, plus quelques extraits de lettres de Henri III à Vil leroy; 

5 ° 8 lettres de Henri IV, à partir de novembre 1601 ; 

6° 12 lettres de Marie de Médicis, de 1612 à 1619; 

7 0 42 lettres de Louis XIII et 2 de Louis XIV, du 5 janvier 161 o 
au 3 o mai 1649; 

8° 4 lettres d’Anne d’Autriche, cotées de 22 à 28, du 10 mai 
1647 au 11 septembre 1649; 

9 0 i 4 lettres de Gaston, duc d’Orléans, cotées de 10 à 3 o avec 
lacunes, du 26 juillet 1621 au t er février 1657; 

io° 2 lettres de la duchesse d’Orléans, cotées 33 et 34 , du 
9 juin et d’octobre 1668 ; 

ti° i 4 lettres de Louis XIII, Louis XIV et Louis XV, du 11 jan¬ 
vier 1616 au 6 avril 1735; 

12° 91 lettres de M. de Baugy, ambassadeur à Vienne, à M. de 
Léon (Brulart), ambassadeur à Venise,* du 6 décembre 1612 au 23 
avril 1619; 

i 3 ° 82 lettres de Phélippeaux à M. de Cesy, du 9 mars 1626 
au 7 mai 1629; • 

i 4 ° 61 lettres de M. de Brienne à M. de Brasset, du i 5 août 
1 643 au 17 juillet t 652 ; 

i 5 ° 26 lettres de Champignv, intendant de Provence, au chan¬ 
celier Séguior, du 28 juillet 1637 au 21 oc h>bre 1649. 

Comme les originaux faisaient partie de collections d’où ils ont 
été enlevés avant que ces collections fussent transférées à la Biblio¬ 
thèque nationale, ce qui occasionne des lacunes regrettables dans 
les séries de pièces diplomatiques que possède cet établissement, la 
commission est d’avis que ce serait là la destination la plus conve¬ 
nable qu’on pût leur assigner, attendu que ces extraits remplaceraient 


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— 102 — 

en partie les documents qui sont perdus ou en feraient connaître 
le contenu aux érudits qui en ignorent même l’existence; en consé¬ 
quence, elle vous propose de décider le dépôt des pièces tirées des 
bibliothèques de Saint-Pétersbourg et envoyées par M. de La Ferrière 
au département des manuscrits de la Bibliothèque nationale, où 
elles pourront être facilement communiquées au public. 

Michelant, 

Membre du Comité. 


Correspondance du colonel comte Lues Gaspari avec son père. 

1787-179°. 

Communication de M. l’abbé Tisserand. 

M. l'abbé Tisserand, correspondant, a trouvé dans les archives 
de la préfecture des Alpes-Maritimes la correspondance du comte 
Luce Gaspari, né à Grasse en 175A, d’abord major dans un ré¬ 
giment polonais, puis colonel en France. De 1787 à 1790, il ré¬ 
sidait avec son régiment tantôt à Paris, tantôt à Versailles. Il fit 
aussi, à cette dernière époque, quelque séjour en Corse et à la 
cour de Turin. Pendant ce temps, il entretint avec son père, l’un 
des notables de la ville de Grasse, un commerce de lettres assez 
suivi, bien qu’on y remarque quelques lacunes, du a h novembre 
1788 jusqu’en juin 1789, puis du 11 au 18- juillet de cette der¬ 
nière année. 

L'auteur de l’envoi déclare en commençant que cette correspon¬ 
dance (rne nous apprendra rien de nouveau.» Un pareil aveu, tout 
en faisant naître le regret que M. l’abbé Tisserand ait pris la peine 
de copier les 137 pages dont se compose son envoi, semblerait devoir 
nous dispenser d’en faire une plus longue analyse; mais il ne con¬ 
vient peut-être pas de le prendre tout à fait à la lettre, et, sans 
penser que la correspondance du comte Gaspari sur ces années 
grosses d’événements et qui ont donné lieu à tant d’écrits divers 
puisse former la base d’une publication nouvelle, nous ne croyons 
pas inutile d’en donner ici une idée. Déposé dans les archives du 
Comité, le manuscrit copié par M. l’abbé Tisserand et accompagné 
par notre zélé correspondant de détails sur la famille de l’auteur, 
sur la ville de Grasse, sa patrie, et sur le contre-coup des mouve¬ 
ments dont Paris était le centre, pourrait être utilement consulté 


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— 103 — 

par ceux qui voudraient compléter ou commenter les mémoires ou 
journaux du temps, tels que Métra, Bachaumonl, Pidansat de Mai- 
robert, etc. 

Le comte Luce Gaspari, qui paraît avoir prolongé jusqu’à la 
maturité de l’âge les dissipations de la jeunesse, n’était pas assez 
absorbé par les devoirs de la vie militaire, ni par les distractions 
de toute espèce dont sa correspondance porte des traces, pour ne 
pas prêter une certaine attention aux événements qui se préparaient 
ou s’accomplissaient sous ses yeux à Paris et à Versailles. C’est d’a¬ 
bord l’Assemblée des notables, puis bientôt les Etats généraux, le 
renvoi et le retour de Necker, les folles dépenses de Calonne, les 
querelles entre les ministres et le parlement, l'attitude hésitante de 
la royauté, l’arrestation des magistrats d’Eprémesnil et Monsabert, 
elles troubles qui en sont la suite. Aux récits politiques se mêlent 
quelques nouvelles littéraires, des épigrammes échangées entre 
Beaumarchais et Mirabeau, des bruits de cour et de ville, les 
pamphlets de plus en plus hardis, qui, vendus d'abord sous le man¬ 
teau, en viennent à s'étaler aux vitres des libraires du Palais-Boyai. 
A propos des nouvelles constructions faites par le d(ic d’Orléans 
dans ce palais et du cadran solaire qui venait d’être posé dans le 
jardin, nous remarquons un quatrain déjà donné par Bachaumont, 
mais dont notre correspondance offre une variante assez piquante : 

Dans ce jardin où tout se montre, 

Excepté l'ombrage et les fleurs, 

Si Ton y dérègle ses mœurs. 

On peut au moins régler sa montre. 

Mais déjà les plaisanteries ne sont plus de saison : l’horizon se 
rembrunit. Nous sommes au 11 juillet 1789; les premiers excès 
se produisent, le sang coule, et, après une lacune significative de 
quelques jours, l'auteur de la correspondance reprend à la date du 
18: ?rPendant la nuit d’hier, les troupes ont décampé. Le comte 
d’Artois et ses enfants sont partis. La famille de Polignac a fait de 
même. On nomme encore MM. de Vaudreuil, deBroglie, le prince 
de Lambesc, etc.n Puis quelques pages plus loin : <r Nous sommes 
témoins de choses horribles, mais il faut se taire. r> 

Le comte Gaspari était faiseur de projets et composait même, 
selon la manie du jour, des brochures économiques et politiques. 
Un jour, il s’avise de demander une audience à Mirabeau. Celui-ci, 
qui sent le coup, répond, à la dale du 19 décembre 1790, par 


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— 104 — 

cette lettre que nous reproduisons, parce qu’elle est courte et assez 
caractéristique : 

*11 n’y a point, Monsieur, défaut de bonne volonté de ma part, 
si je vous ai refusé la conférence que yous m’avez fait l’honneur de 
me demander. Je vous prie de faire attention à mes occupations et 
d’avoir quelque indulgence. Il y a un calcul d’économie très-étendu 
pour moi à recevoir par lettres toutes les instructions et les confi¬ 
dences qu’on veut me faire, et cela en outre fixe mes souvenirs, 
lorsque des audiences multipliées, et se nuisant autant par la diffé¬ 
rence de leurs objets que par leur nombre, ne me laisseraient au¬ 
cunes traces de beaucoup de choses. Je désirerais que vous jugeas¬ 
siez convenable de votre part d’adopter cette voie. 

*J’ai l’honneur d’être très-parfaitement, Monsieur, votre très- 
humble et très-obéissant serviteur. 

* Mirabeau. y > 

Nous n’insisterons pas sur les derniers extraits des papiers du 
comte Luce-Gaspari. Ils sont relatifs à un court séjour qu’il fit 
en Corse avec son régiment, à une mission près la cour de Turin; 
enfin ils se terminent par quelques notes généalogiques sur sa 
famille. Ce que nous avons dit suffit pour faire juger du genre d’in¬ 
térêt qu’ils peuvent présenter. S’il y avait à suivre le comte Gaspari 
au delà de l’époque où s’arrête la communication de M. l’abbé 
Tisserand, nous pourrions indiquer ici deux pièces qui se trouvent 
à la Bibliothèque nationale et qui pourraient servir à compléter sa 
biographie : 

i° Récit historique du mariage du comte Luce de Gaspari-BeUeval avec 
mademoiselle la baronne de Jacobi-Kluest. Paris, s. d. in-fol. (vers 

» 79 8 )- 

2° Mémoire du général comte Luce de Gaspari-BeUeval , ancien cham¬ 
bellan du roi de Pologne , et, en dernier lieu } secrétaire ([État de la prin¬ 
cipauté de Valachie. Paris, s. d. in 4 ° (après septembre 1816). 

Il ne nous reste qu’à remercier M. l’abbé Tisserand et à deman¬ 
der le dépôt de sa copie aux archives du Comité. 

E.-J.-B. Rathery, 

Membre du Comité. 


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— 105 — 


SECTION D’ARCHÉOLOGIE. 


Copie d’une épitaphe de l’Église Notre-Dame de Beau ne \ 
Communication de M. Ch. Aubertin, correspondant. 

J'ai trouvé dans les manuscrits inédits laissés par l'abbé Guil¬ 
laume Bredault 2 , prêtre habitué à l’église Notre-Dame de Beaune, 
la description d’une curieuse épitaphe, qui y existait avant la Révo¬ 
lution. 

(rOn lisait autrefois sur une tombe une inscription si singulière, 
que je la rapporterai ici pour la conserver. C’est celle d’une dame 
Grignette, femme de Joseph Chasot, docteur ès droits, avocat à 
Beaune, qui mourut d’un remède mal administré.» 

Vix mea ter denos ætas exegerat annos, 

Cumque meos dysmo medicus lenire dolores 
Tentât et offendi membra verenda pudet, 

Inscia tam millier femori caya vulnera figit. 

Clysmum non capinnt viscera, corpus habet. 

Intumuit venter, sphacelus cito nasdtur urens, 

Et properata mihi mors medicina fuit. 

Sic placuit Superis. Morte est mihi trislior ipea 
Natorum fletus conjugis atque. Datur 
Quid dolor et fletus, non possunt fata moveri, 

Serius aut dtius mors sua quemque manet. 

Steph. Bouchin, Bein. censor ac proc. regius, defunctæ cognatus mœrens, 
posait piæ mémorisé ejusdem. 

1 Elle n'est ni dans les additions au chapitre xxm du livre 1 des Bigarrure de 
Tabourot, qui est consacré aux Épitaphes, ni dans le curieux recueil de Fraociscus 
Sweertius, Epitaphia joco-seria, Cologne, Josse Kalkoven, i 6 ô 5 , petit in-8°. 

* L'abbé Guillaume Bredault, né â Merceuil en 1737, commença ses études à 
Beaune, les finit au séminaire d'Àntun, et exerça les fonctions de curé de Demigny, 
pais de Lusigny. Il quitta cette paroisse lors de la grande révolution, passa sept 
années sur la terre étrangère et reprit en 1 809 ses fonctions curiales, à la Rochepot, 
canton de Nolay (Côte-d’Or). 11 était, à sa mort, arrivée le 99 février 1818, prêtre 
habitué à Notre-Dame de Beaune. Cet ecclésiastique a laissé manuscrits plusieurs 
ouvrages considérables, que relatent en détail les notices consacrées à leur auteur 
dans les principaux recueils biographiques. 


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— 106 — 

tr Un peu plus bas on lisait : 

Chymicus ægrotæ liquidum KAT2THPA GrignetUc 
Attulit : hic uteri nempe levaraen erat. 

Ilia verecundo vultus perfusa rubore, 

À medico tantum non sibi poscit opem. 

Ergo ut abit, mulier male cauta vocatur, adestque, 

Fudit et obliqua pharmaca dicta manu. 

Inde cavæ ventris læsi intumuere cavernæ, 

Sciiicet exitii prævia signa sui. 

Sic morilur prætæsa homini monstrare verenda. 

Doc ta verecunde ut vivere , doc ta mori. 

Posuit J. Navetier, advocatus, ex conjuge affinis defunctæ. Obiit 3o aug. 1608 

Pour copie conforme : 

Charles Aubertin, 

Correspondant à Beaune. 


Inventaire de la sacristie dbs Cordeliers d*Avignon. 
a* communication de M. l’abbé André. 

La Revue des Sociétés savantes a publié, en 1872 2 , un Inventaire de 
la sacristie des Cordeliers d'Avignon en i 35 g, communiqué par moi. 

Malheureusement, beaucoup de graves erreurs typographiques se 
sont glissées dans ce document, qui ne se trouvent pas dans mon 
manuscrit. J’adressai les rectifications dès la publication de l’inven¬ 
taire. Ces rectifications s’étant égarées, sans nul doute, j’en adresse 
aujourd’hui, là juillet 1873, le duplicata au Comité. 

Au préambule, on lit dans la Revue : Ego F. Gerardus de Ale- 
m aria , c’est ALAMANIA que porte mon manuscrit. La baronnie 
d’Allemagne, aujourd’hui commune de 600 âmes, dans le canton 
de Riez, était une des quatre grandes baronnies de Provence, pos¬ 
sédée, dès le xm e siècle, par une branche des barons de Castellane. 
Les chartes l’appellent Castrum de Alamania. Le prénom de Gérard, 

1 J’ai trouvé dernièrement, dans un des anciens registres de la paroisse Notre- 
Dame, à l’endroit des mortuaires pour l’année 1608, la mention suivante ; 

« Le penultielme aoust a esté enterrée Chrestienne Grignette, femme de maislre 
Joseph Chasol, ad vocal à Beaulne.* 

* Voy. 5 ' série, t. III, p. Mo. . 


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Page 46 1, 
Page 662, 


— 107 — 

assez commun dans la dynastie des barons d'Allemagne, me fait 
conjecturer que frère Gérard d’Allemagne, qui fit l’inventaire, était 
de cette race. C’est dans ce lieu que se livra, en i 586 , une terrible 
bataille entre les Ligueurs provençaux commandés par le marquis 
de Vins et le parti opposé ayant à sa tête le baron d’Allemagne. 

ligne 12 du texte, de Crystaüi, lisez de crystallo. 
ligne 20, ampuüæ argentœ , lisez argrnteæ. 
ligne 27 y de taphatanato virgato , lisez tapuata-no. 
ligne 33 , de bucaramo , lisez de bucoramo. 

I ligne 2, Quartus tartarimus , lisez tartarinus. 
a £ e ’ ( ligne 10, item un mappus , lisez mappæ. 

Même page, à la note, Boniface VII , lisez VIII; le fief de Bagnoles , 
lisez Bagnols. 

Page 446, ligne 20, Item xi cuxas , lisez caxas. 

Page 645, ligne 12, Biso de Phystoria , lisez de Pystoia. On sait 
que Pistoia est une ville de Toscane. 

j ligne 19, cum columpira , lisez columpna. 
a ® e * ( ligne 21, Comitis de Ariano , lisez cornus de Ariano. 
11 s’agit de saint Elzéar de Sabran, comte d’Ariano, au royaume de 
Naples, mort en 132 5 et canonisé à Avignon par le pape Urbain V, 
le 16 avril 1 36 g. 

Abbé J.-F. André, 


Correspondant à Vaucluse. 


Inventaire des ornements de quelques évêques de Carpentras. 

Communication de M. l’abbé André, correspondant. 

Le document adressé par notre correspondant, M. l’abbé André, 
renferme l’indication du spolium de quelques évêques de Carpentras, 
tiré des registres du chapitre de la cathédrale. 11 vise les ornements 
pontificaux attribués au chapitre après la mort des évêques depuis 
l’année 1328 jusqu’à l’année 1758. 

L’inventaire de ces spolia est très-sommaire et donne, en général, 
peu de détails relativement à la forme et à la décoration des bijoux 
et des vêlements dont il est question, surtout lorsqu’il s’agit des 
xvn* et xvm e siècles. Cependant nous estimons qu’il est utile de 
publier les extraits recueillis par M. l’abbé André, qui a éclairci son 
travail par quelques notes indispensables. 


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— 108 — 

Nous ne voyons point qu'il en ait mis à l'article relatif au célèbre 
saint clou, transformé en mors de cheval par Constantin, à ce que 
rapporte la légende, dont les églises de Milan et de Carpenlras se 
disputent la possession. Ce qui nous semble devoir diminuer quel¬ 
que peu l'authenticité de celui de Carpentras, c’est qu’il n’est entré 
dans le trésor de l’église Saint-Siffrein qu’en i 338 , comme spolium 
de l’évêque Othon. Or, dans une Notice historique sur le saint mors 
de T empereur Constantin , M. l’abbé Ricard 1 s’efforce de prouver par 
des preuves tirées d’auteurs du xvii® au xix* siècle, et par la tradi¬ 
tion, et par une foule de raison qu’admet difficilement une critique 
quelque peu sévère, que le saint mors, fait avec un des clous de la 
croix, fut apporté directement à Carpentras par un des croisés ayant 
eu part à la prise et au sac de Constantinople. 

Le fait rapporté tout simplement par le Liber conclusionum du 
chapitre de Carpentras démolit tout cet échafaudage d’érudition. 

Reste à savoir comment cette relique, fausse ou authentique, est 
arrivée aux mains d’un évêque du xiv e siècle, d’où elle est passée 
dans le trésor de la cathédrale. 

Alfred Darcel, 

Membre du Comité. 


Inventaire de» ornemente de quelques évêques de Carpentras. 

D’après différents textes du droit canonique, aux titres De testa - 
mentis, Depeculio clericorum et autres, le spolium (c’est le mot usuel) 
des évêques appartient au chapitre de leur cathédrale. Ce spolium 
ne comprend que les ornements du prélat défunt et tout ce qui 
concerne le culte, tels que mitres, chasubles, bagues, calices, croix 
pectorales, pluviaux, gants, sandales, daimatiques, bassins, os¬ 
tensoirs, etc. Les évêques ne peuvent pas disposer de ces objets-là 
par testament. Les différentes prescriptions rendues sur cette matière 
constituent en faveur des cathédrales ce qu’on appelle le jus spolii. 

Je vais donc tirer des Libri conclusionum du chapitre de Carpen¬ 
tras, manuscrits appartenant aujourd’hui à la mairie de cette ville, 
quelques extraits des inventaires du spolium de divers évêques. Je 
laisserai de côté tout ce qu’on trouve dans tous les inventaires de 


1 i vol. in-18, de a6a pages. (J.-B. Pélagaud, Lyon, 1863.) 


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— 109 — 

cette nature, et me bornerai à ne transcrire que ce qui présente 
quelque intérêt au point de vue de l’art ou de la liturgie. 

i 33 a. frltem un instrument en parchemin de l’an i 3 a 8 , le 5 * du mois 
de dec., notaire Ponce Geoffroy, qui est l’inventaire des choses sacrées faict 
par le chapitre au décès du seigneur Othon, evesque de Carpentras \ dans 
lequel sont mentionnées les choses suivantes : 

<rPremièrement, un sainct clou, un des trois qui servirent au crucifie¬ 
ment de Nostre Seigneur Jesus-Christ, mis sous la forme d'un frein de che¬ 
val , couvert les extrémités du frein d’argent. 

ffUne des costes de saint Laurent, martyr, mise dans un vase de cristal 
ayant le pied de vermeil doré arlistement travaillié. 

«r Un petit vase de cristal ayant le pied d’argent artistement travaillié 
dans lequel on porte le 1res sainct sacrement de l’eucharistie au jour et 
feste Dieu. 

irDeux grandes croix d’argent travaillées avec beaucoup d’artifice, une 
croix de cristal, deux calices de vermeil et autant de patenes et quatre bu- 
retes d’argent, un baston pastoral d’argent, une mitre de vermeil ornée 
de plusieurs grosses pierres précieuses, une autre mitre de drap blanc or¬ 
née de petites esmeraudes, une autre mitre de drap de soye blanc vestu 
d’or, autre mitre raze de brocard, un ciboyre d’y voire couvert d’argent 
pour tenir les hosties. » 

(Extrait de la délibération capitulaire du 99 avril 1681, relative aux 
manuscrits.) 

1698 .(r Plus les deux bacils d’argent avec son boucal et deux 

missaux que feu M* r Sacrat* de bonne mémoire a laissé. Fuit conclu- 
sum : Missalia R mi Dmi Sacrati dentur pretio viginti duorum florenorum 
unumquodque \ « 

1697. wVoici ce qui revient de l’espolio de feu monseig. de Fortia de 
Montreal nostre evesque : Deux pluviaux toile d’argent, l’un rouge, l’autre 
blanc avec les agraffes d’argent, avec les armes de feu Monseigneur; plus 
deux chasubles, l’une de brocard rouge, or et argent, l’autre de tabis cou¬ 
leur de pourpre avec son passemant de soye, leur estolles et manipules; 
plus une bource et voile de brocard violet, soye et or, une mitre toile d’or, 

1 L’évêque Othon, élu en i 3 i 8 , mourut en i 3 s 8 . 

* Jacques III Sacrato, neven par sa mère du cardinal Sadolet, fut élu évêque de 
Carpentras en 1569 et mourut en 1593. 

3 À cette époqne, le florin valait douze sols tournois, et le sol tournois vingt- 
quatre deniers, ainsi qu’il appert des documents que je dépouille. (André.) 


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— 110 — 

une escharpe blanche toile d'or, deux pairs de brodequins avec leur san¬ 
dales, l‘un de brocard d’or et l’autre de damas blanc. J’ay retiré vint six 
louis d’ort et demy de la vante d’un bassin doré argent et d’une ayguiere 
argent fin doré, vendu le tout vint neuf livres et demy le marc, ayant pesé 
le tout dix marcs douze onces et cinq ternails ; pour cette somme estre 
employée pour l’embellissement de nostre maislre autel, scavoir : en six 
chandeliers argent autour du throsne du très sainct sacrement, et une guir¬ 
lande aussy argent au devant du pied d’étal qui soutient le throsne con¬ 
formement au dessein de l’orfreivre, luy ayant donné le prix faict dudict ou¬ 
vrage pour la façon six louis d’or aux vielles especes *. » 


1710. frJ’ay receu de Tespolio de feu M** Laurent Buzzi*, nostre 

evesque, une chasuble bleue 3 et ses dalmatiques, plus.plus 

un gremial blanc en broderie, deux pluviaux de toile d’argent blanc et 

l’autre de toile d’or violet, plus.plus trois mitres dans leur estuy, 

l’une de toile blanche, l’une en broderie d’or, appelée la prœcieuse, et 
l’autre en toile d’argent fleurie, plus un bougeoir d’argent et une paix d’ar¬ 
gent aux armes de feu Monseigneur, plus.plus un dais et pare¬ 

ments de serge violette pour ses prædications ; plus la croix prætieuse 
d’esmeraudes et diamants; plus une bague aussi de diamants.» 

1734. <rj’ay reçu du spolium de feu monseig. Abbati 1 , nostre evesque. 

récemment décédé.plus une petite main d’argent qu’on appelle 

indice; plus deux petits instruments pour donner la communion en temps 
de peste, dont le bout est d’argent 1 ; plus une croix pectorale où il y a six 
turquoises entourées de brillants, montées sur l’argent, uneametiste mon¬ 
tée sur l’or, une topaze montée sur l’or, deux aubes, une fleurie et une 
raiée, chacune avec leurs dantelles, trois mitres, une en broderie, une de 

toile d’or et l’autre de toile d’argent; plus.plus trois pluviaux de 

toile d’or ou d’argent avec un galon d’or, le gremial de toile d’or avec une 

1 Louis II de Fortia de Montréal fut transféré, en 1657, févêché de Cavail- 

lon à celui de Carpentras, où il mourut en 1661. 

* Laurent Buzzi occupa le siège épiscopal de Carpentras de 1691 à 1710. 

3 Le bleu, comme couleur liturgique, était employé à certaines fêtes de la sainte 
Vierge. 11 a totalement disparu de la liturgie depuis la fin du siècle dernier. En 
i 836 , étant jeune vicaire dans fancienne cathédrale de Carpentras, j'ai vu parmi 
les ornements de cette église une vieille chasuble bleue. Peut-être c'était celle men¬ 
tionnée ici. 

4 François-Marie Abbati, transféré de Rieti, dans l’Ombrie, siégea de 1710a 1733. 

6 Cet ornement s'explique par la peste de Marseille qui ravagea la Provence pen¬ 
dant l'épiscopat de ce prélat. Elle fit, pendant un an, une grande mortalité dans 
Avignon et quelques villes de comtat Venaissin. 


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— 111 — 

croix an milieu, en broderie d'argent, deux garniture du throsneépiscopal 
d’une étoffe satinée, l’une blanche et rouge, l’autre verte et violette; plus une 

ombrelle; plus.J’ay vendu à monseig. l’evesque de Vaison la croix pre- 

tieuse et l’amethiste que nous avons eue de monseig. Abbati, pour le prix de 
quatre cents livres, plus à un orfèvre les deux croix d’or du mesme prélat 
cent vingt livres. J’ay faict fondre et mettre en lingots tous les bassins, 
cuvettes, crosses et autres pièces d’argenterie que nous avions de mes- 
seig. nos evesques, le tout en lingots, a pesé trente-un marcs; avec cela 
nous ferons travailler les six chandeliers d’argent de quatre pans de hau¬ 
teur franc de bobèche, pesant chacun quinze marcs, plus une croix conve¬ 
nable aux chandeliers dont l’ouvrage sera faict en pans exagones, plus deux 
chandeliers pour les acolythes ronds et unis. On donnera pour cela toute 
la vaisselle d’argent que nous avons tant en œuvre qu’en lingots, et outre 
cela, s’il est besoin, on emploirasix des calices du chapitre et déplus deux 
cents escus de droit de chape que monseigneur nostre nouvel evesque doit 
payer. » 

1758. «- Voici ce qui revient au chapitre du spolium de monseig. Malachie 

d’Inguimbert *, nostre défunt evesque.plus quatre calices en vermeil 

ciselés, deux crosses d’argent fin, une croix pectorale de six saphirs blancs 
et huit petits diamants montée en or avec une chaisne d’or, une croix d’or 
ciselée avec tous les mystères de la Passion, une croix de six amethistes 
et neuf petits diamants montée en argent et emaillée d’un côté, une croix 
avec six petites emeraudes et neuf petits diamants montée en or avec un 
cordon de soie verte et or, une croix d’or ciselée avec la croix de Malte en 
email au milieu, une croix d’or toute unie et plate, une croix avec un 
Christ et tout le devant de la croix en vermeil et le derrière en or émaillé 
avec une petite chaisne d’or, une petite croix d’or gravée d’un Christ d’un 
côté, et de l’autre de Marie, avec un cordon vert, une croix de vermeil 
le nom de Jésus gravé des deux côtés, une emei aude montée sur une bague 
d’or vendue trois cents livres à monseig. l’evesque d’Orange, une grande 
amethiste montée sur une bague d'or, une autre amethiste moindre mon¬ 
tée sur une bague d’or, un agathonix avec un ecce homo gravé montée 
sur une bague d’or, une pierre bleue montée sur une bague d’or, un rubis 
ou grenat monté sur une bague d’or, plus une mitre precieuse d’une toile 
d’or en broderie d’or, une autre mitre precieuse d’une toile d’argent hrodée 
en or, plus.plus une chasuble ponceau et or avec un galon d’or, 

1 Malachie d’Inguimbert occupa le siège épiscopal de Carpentras de 1733 a 175 t. 
C’est à cet immortel prélat que cette ville doit sa précieuse bibliothèque, bien connue 
de tous les savants de l’Europe, ainsi que son magnifique hôpital, qu’il Gt construire 
de ses deniers. Ce bienfaiteur de la science et des pauvres ne légua à sou frère, 
Louis-Siffrein d’Inguimbert, curé de la Chapelle, diocèse de Mâcon, qu’un calice, 
une chasuble, une aube et un amict. 


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— 112 — 

un gremium d'une toile d'argent avec une croix brodée en or au milieu et 
une dentelle d’or autour. » 

Abbé J.-F. André. 

Correspondant. 


Inventaire du trésor de l'église collégiale bt paroissiale Saint- 
Georges du Puy-en-Velay, en i 35 a. 

Communication de M. Augustin Chassaing, correspondant. 

Cet inventaire est surtout intéressant par la grande quantité de 
vêtements ecclesiastiques qu’il mentionne en décrivant sommaire¬ 
ment les tissus dont ils sont faits. 

Les tissus de soie sont pour la plupart de Venise, et décorés de 
lions ou d’oiseaux ou de roues encadrant un homme tenant soit un 
oiseau, soit une fleur de chaque main, de bestioles à tête d’or dont 
le corps est vert ou rouge. D’autres étoffes, dont l’origine n’est point 
indiquée, sont décorées de lions d'or et de dauphins d'argent, de 
paons, de lions et d’oiseaux. 

D’autres portent des représentations de la Vierge et des anges, 
sans qu’il soit toujours possible de reconnaître si l'image est tissée 
ou brodée, le mot operatum ayant été employé dans presque tous 
les cas, même lorsque des armoiries se trouvent figurées. 

Il eût été intéressant, cepeodanl, de pouvoir distinguer claire¬ 
ment chaque nature d’ornement, afin de reconnaître si quelques- 
unes de ces étoffes de soie n’auraient pas été tissées en France. 

Nous trouvons mentionnés les panni vocati nac , étoffe de soie 
orientale dont parle Marco Polo comme venant de Bagdad, et sur 
laquelle M. Francisque Michel émet quelques conjectures dans son 
livre sur le Commerce des étoffes , etc. 

Dans un autre article, on trouve des panni rigati iïarest. M. A. 
Chassaing a cru lire Alest, et devoir attribuer à la ville française 
d’Alais l’origine de l’étoffe dont il est question. Nous croyons qu’il 
y a erreur, et qu’il s’agit du *drap d’arest» dont il est souvent 
question dans les inventaires, et qui semble être la même chose que 
le nac. 

Nous ignorons la signification du mot griu, qui qualifie un orne¬ 
ment dans cet article : paiera vestîmento ejusdem panni (Venescie) cum 
rôtis de griu. 


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— 113 — 

Nous n’avons pu non plus trouver la signification du mot es- 
correus qui, dans cet article, quatuor escorreus àltaris , désigne une 
étoffe destinée à l’autel. 

Quelques vêtements étaient garnis de franges d’or faux, à ce 
que nous supposons d’après ces expressions, cum tacello de leto , qu’on 
retrouve plusieurs fois. 

Auprès des étoffes, l’orfèvrerie est de peu d’importance. 

Les livres de chœur en ont davantage, et nous voyons que la 
plupart d’entre eux étaient enchaînés, l’un sur l’autel, l’autre du 
côté du préchantre ou du sacristain, et enfin sur le lutrin. 

Quelques ustensiles de cuisine sont mentionnés dans la cuisine 
capitulaire, et parmi eux, quatuor sciphi de madré pro cena Domini. 

L’inventaire adressé par M. A. Chassaing est écrit dans un latin 
qui brave à chaque instant grammaire et dictionnaire, et même le 
Glossaire de Du Gange, où il introduirait de nouveaux barbarismes, 
tels que cayssa et bostia pour traduire les mots caisse et boite. Ce¬ 
pendant, comme c’est de documents qu’il doit s’agir avant tout, et 
comme l’on en trouve quelques-uns, surtout dans les articles relatifs 
aux étoffes, nous en proposons la publication. 

Alfred Darcbl, 

Membre du Comité. 


Inventaire du trésor de l'église collégiale et paroissiale de Saint-Georges 
du Puy-en-Velay (i 35 a ). 

Anno Domini n° ccc° quinquagesimo secundo, et die penultima menais 
julii, fuit factum inventarium de bonis capituii Sancti Georgii Aniciensis, 
ut infra sequitur, per Petrum de Riomo et Symonem Aprilis, canonicos 
dicte ecclesie, presentibus lestibus quibusquam. 

Et primo invenerunt quandam casulam de cirico ope- i 
rato cum leonibus auri, seminatam dalphinis argenti, 
mu ni ta m slola et manipulo, alba et succinta mu ni lis de 
panno casule. 

Item, alia vestimenta munita, et est casula panni de 
cirico operato floribus auri. 

Item, alia vestimenta' munita panni de cirico operatum 
pahonibus. 

Item, alia vestimenta munita, et casula est operata 
cum quadam ymagine leonibus et avibus circumdata. 

R*v. des Soc. s av. 5 * série, t. VI. 8 


Ista sunt 
pnicra 
vestimenta. 


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— 114 — 

lient, quedam alia vestimenta munita, que fuerunt 
Jacobe Raynoarda, et Lradita capitulo perdominum Jacobum 
Juiiani, curatum dicte ecclesie, ut exequtorem dicte Ja¬ 
cobe, ad opus dicte ecclesie, et datis (sic) pro anima dicte 
Jacobe juxta tenorem testamenti ejusdern. 

Item, alia veslimenta munita de panno de cirico bo- 
perato (sic) ymaginibus beate Marie. 

Item, alia vestimenta munita de panno de cirico ope- 
rato ymaginibus beate Marie alterius forme. 

Item, alia vestimenta munita de panno de cirico ope- 
rato ymaginibus angelorum, cum armis Elizabellis Ajassa. 

Item, alia vestimenta munita de panno de cirico ope- 
rato ymaginibus Jhesu Gbristi. 

Item, unam casulam nigram cum armis domini Bron- 
cini et Geraudi Torte. 

Item, quedam alia pulcra vestimenta panni de Venescia (sic) cum leo- 
nibus, munita videlicet casula et amitlo munitis eodem panno cum stola 
et manipula (sic) alterius pulcri panni operatam (sic) avibus. 

Item, alia pulcra vestimenta panni de Venescia cum ymaginibus et 
aquiiis aureis munita. 

Item, alia vestimenta pulcra panni ejusdern loci, operatum (sic) avi¬ 
bus munita. 

Item, alia vestimenta pulcra panni ejusdern loci, operatum (sic) yma¬ 
ginibus tenentibus in manibus duos gallos in quadam rota. 

Item, alia vestimenta pulcra panni de cirico cum leonibus, que fuerunt 
magistri Johannis de Petra seu ejusdern uxoris, cum quibusdam sentis 
munita cum succinta. 

Hem, alia pulcra vestimenta panni de Venescia, operatum (sic) cum 
ymaginibus auri tenentibus lilia in manus (sic) münila. 

Item, alia pulcra vestimenta panni ejusdern loci, alba, opéra ta dalphi- 
nis munita. 

Item, alia pulcra vestimenta panni Venescie, operatum (sic) per tolum 
aquiiis munita. 

Item, alia pulcra vestimenta panni pulpre, operatum (sic) avibus vo- 
catis jantase t canibus auri munita. 

Item, alia pulcra vestimenta panni vocati nac, cum armis Lalgeriorum 
et de Chamars munitis (sic) cum succinta. 

Item, alia pulcra vestimeuta panni de cirico, operatum (sic) bestionibus 
cum capitibus auri munitis et corporibus de viridi et rubei et succinta. 

Item, alia pulcra vestimenta panni de cirico, operatum (sic) capitibus 
servorum (sic) munita. 

Item, alia pulcra vestimenta panni albi, operatum cum armis domini 
Broncini munita. 


Ista sunt 
pulcra 
vestimenta. 


Ista quatuor 
vestimenta 
fuerunt tradita 
Durante Feu, 
epistolario 
dicte ecclesie. 


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— 115 — 

Item, alia pulcra vestimenta panni Venescie, operalum regibus, pro 
feslo Apparition is, rnunita. 

Item, alia pulcra vestimenta panni Venescie, opératum rôtis eum avibus 
vocatis falcos rnunita, que fuerunt magistri Guidonis. 

Item, alia pulcra vestimenta panni ejusdem loci, cum barris, opéra tum 
leonibus auri rnunita. 

Item, alia pulcra vestimenta panni viridis, cum armis Andree Laytenti 
rnunita, et plus garnimentum dyachoni et subdyachoni ejusdem panni. 

Item, alia pulcra vestimenta ejusdem panni, cum rôtis de griu rnunita. 

Item, alia pulcra vestimenta alba, rnunita ex integro cum uno orfre. 

Item, alia pulcra vestimenta panni ejusdem loci, cum ymaginibus auri 
beate Marie rnunita. 

Item, alia pulcra vestimenta panni ejusdem loci cum rôtis et leopar- 
dibus, rnunita. 

Item, alia vestimenta pulcra ejusdem loci, cum rôtis parvis et magnis 
rnunita. 

Item, unam casulam cum una stola et manipulo panni ejusdem, mos- 
cliatum (sic) de cirico albo et viridi. 4 

Item, unam casulam nigram cum armis deus Latgcirs et de Torta et 
deus Broncis. Tradita epistolario. 

Item, alia vestimenta panni albi, rnunita cum capitibus avium. 

Item, alia vestimenta panni Venescie, rnunita operatum rôtis et stellis. 

Item, alia vestimenta cum ymaginibus beate Marie et ejus Filii ad in- 
vicem se osculantes (sic) rnunita. 

Item, alia vestimenta de quadragesimali de samitpers rnunita. 

Item, aliam casulam de bocarant 
album (aie). 

Item, alia vestimenta panni Ve¬ 
nescie parvi valons, rnunita. 

Item, alia vestimenta panni Ve¬ 
nescie cum rôtis et leonibus. 

Item, aliam casulam ejusdem 
panni cum rôtis et esparveriis. 

Item, aliam casulam panni Ve¬ 
nescie cum bestionibus. 

Item, aliam casulam panni Venescie cum avibus, que fuit Johannis 
Gaudemarii. 

Item, aliam casulam panni ejusdem loci, que fuit malLris d’Aleir, opé¬ 
ra ta m avibus. 

Item, aliam casulam panni Venescie parvi valoris, que fuit uxoris Pétri 
Quintini. 

Item, aliam casulam rigatam, mu ni ta m alba, stola, manipulo cum amicto. 

Item, aliam casulam panni Venescie cum grivonibus. 

8 . 


Item, est sciendum quod postea 
fuerunt inventa unum par vesti- 
mentorum cum armis Broncino- 
rum, Gir Torte et deus Lalgers pro 
) parte, videlicet casula, alba, stola, 

( manipulo, amilo, pulcra. 

Item, aliud par vestimentorum 
munitum. Pulcra sunt hec vesti- 
menla. 


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— 116 — 

Item, aliam casulum parmi rigati d’A lest 1 , cuin slola etaniitto. 

Item, quinque albas paratas pro feslo Pasche, quarnm una est de bo- 
quarant. 

Item, imam albam et quatuor amitos. 

Item, almaticam (sic) et tunicam de samit vermeilh dyacboni et subdya-* 
choni. 

Item, très tunicas diversorum pannorura. 

Item, unam almaticam (sic) albam rigatam de syndone mbeo et tu¬ 
nicam ejusdem forme. 

Item, unam casulam albam parvi valons. 

Item, duas stolas. 

Item, aliam albam et unam stolam nigrani. 

SEC C N Tl! R CAPE. 

Primo unam capam panni auri cum tacello argenti, cum uno scuto 
armis de Pinu. 

Item, aliam capam panni Ve[ne]scie cum armis deus Chandorats, et ta¬ 
cello argenti et ymaginibus beate Marie, de festo Natalis Domini. 

Item, aliam capam panni Venescie cum ymaginibus beate Marie et 
ejus Fiiii et uno tacello de loto* (rie), cum armis deus Roslains . 

Item, aliam capam rubeam domini Broncini, cum tacello de loto. 

Item, aliam capam cum scutis, videlicet : escut d’azur am un griu ras- 
pant d’aur, pes e chap de guolas, am chap de guolas e très esperras, cum 
tacello de loto panni vert. 

Item, aliam capam que fuit domini Gregorii del Pereir, panni pers, cum 
bestionibus et tacello de ieto. 

Item, aliam capam panni de Venescia cum rôtis et leonibus, cum ta¬ 
cello de loto, retis et aquilis habentibus bina capita. 

Item, aliam capam panni jaune ) , 

. , r • r , . > de samit jaune. 

Item, plus aliam ejusdem panni ) J 

Item, aliam capam panni Venescie cum duobus falconibus et tacello de loto. 

Item, aliam capam panni Venescie cum grionibus auri. 

Item, aliam capam panni ‘ Venescie cum leonibus magnis et parvis in 
rota et tacello de loto. 

Item, aliam capam panni de Venesci[a] cum tacello de Ieto et duobus 
cutis auri cum leopardo viridi. 

Item, aliam capam panni de Venescija] cum dalphinis et avibus. 

Item, aliam capam panni d’Alest rigat. 

Item, triginta très capas diversorum pannorum tam bonas quam de- 

1 Alettum , Alais, dans le département du Gard. A. C. — Nous pensons qu’il s’agit 
plutôt de drap d’arest dont on trouve la mention dans plusieurs documents et qui 
semble être la même chose que le nac. A. D. 

* Pour Ieto, laiton. 


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— 117 — 

biles, in qnibus sunt in aliqnibus tacelli, ultra duas vel 1res alias capas 
que sunt extra armasia, parvi valons. 

Item, sunt ibi in armasiis plura alia fracmenta, parvi valons, de stolis 
et manipulis ac paramentis albarum et amitorum. 

Item, paramenta que sunt extra armasia ad cohoperiendum in qua- 
dragesimali crucifixum et ymagines. 

Item, quoddam frustum panni ad faciendum cobopertarn ai taris. 

Item, quedam fracmenta tacellorum de loto. 

Item, plus duas capas infra désigna tas, quas epistolarius in custodia 
habet, ut infra continetur. 

Anno Domini m° ccc° quinquagesimo secundo, et die penultima mensis 
julii, fuerunt tradita ad custodiendum Durante Feu, epistolario ecclesie 
Sancti Georgii, videlicet, quatuor paria vestimentorum, de quibus supra 
fit mentio in inventario. 

Item, plus unum par vestimentorum, videlicet casulam de cirico nigro, 
armis Andree Laytenti operato, cum alba, casula, manipulo etamitto. 

Item, duas capas pannorum de sandato, opératis (sic) una cum gallis, 
et alia cum armis domini Broncini. 

Item, unum magnum calicem deoratum (sic), cum pathena deorata, 
cum quodam crucifixo in pede argenti. 

Item, plus duos calices parvos cum pathenis argenti. 

Item, unum turribuluni argenti magnum, etalium cupri. 

Item,unam casulam nigram cum armis domini Broncini et Geri Tortc. 

Item, duas cruces argenti que porlantur in processionibus. 

Item, caternum euvangeliorum notatorum, cum panno rubeo de ciricc 
pro subdyacono, ad tenendum pathenam. 

Item, caternum corporis Christi. 

Item, caternum continentem canticam. 

Item, caternum continentem (tBenedicamus.» 

Item, quatuor libros continentes prosas. 

Item, 1res libros vocatos missals. 

Item, unum librum epistolarum et evangeliorum continentem. 

Item, unum librum epistolarum. 

Item, alium librum evangeliorum. 

Item, alium librumvocatum (rofficiarium,» ultra incathenatum in allari. 

Item, librum vocatum crTitum.» 

Item, novem paria corporalium in quadam cayssa fusteum (sic); item, 
duas bursas pro corporalibus. 

Item, duas magnas bostias pro hostiis. 

Item, quinque albas pro epistolario et clericulis. 

Item, unum par cohoperturarum sive paramentorum al taris, rigata. 

Item, aliud par cohoperturarum sive paramentorum altaris, operalum. 

Item, novem mapas altaris; item, aliam mapam altaris, parvi valoris. 


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118 — 


Item, quatuor escorreus ai taris. 

Item, unum casuiani nigrain, ultra supradiciam. 

Item, habet capitulum in ecclesia, videlicet in choro, a parte preceu- 
toris, duo psalteria et unum responsorium incathenata. 

Item, a parle sacriste, duo psalteria incalenata et unum responsorium 
parvi valons. 

Item, in armasio vocalo lelrial, primo, unum responsorium parvum 
quod fuit domini Vitalis Rotberti. 

Item, librum canolarum. 

Item, librum dyalogorum. 

Item, librum vocatum rrOfïiciarium* cum ordinario. 

Item, duos libros ejusdem forme, continentes responsorium sanclorum 
et feriale. 

Item, in ciborio, octo libros magnos incathenatos, contiuentes exposi- 
tiones euvangeliorum et alias lectiones que leguntur in matutinis annuatim. 

Item, alium librum collectarum 
incathenalum el letrial. 

Item, in armasiis, quendarn li¬ 
brum continentem euvangelia et ex- 
positiones euvangeliorum. 

Item, unum raissale antiquum. 

Item, unum catemum respon- 
sorie beati Georgii. 

item, in armasiis, unum càler- 
nuui de lectionibus beati Georgii. 

Item, plus terraria, littere, privilégia et alla munimenta scripturarum 
capituli predicti. 

Item, habet capitulum unam cuslodiam argenti ad portandum corpus 
Christi. 

Item, aliam custodiam de loto supra altare. 

Item, babel capitulum in armasiis unam magnum crucem argenti cum 
uno magno crucifixo, in qua cruce dicuntur esse sexdecim marebi argenti. 

Item, unum magnum calicem quod fuit domini Jacobi Broncini; pon¬ 
dérât duos marchos argenti vel quasi cum pathena, cum uno scuto armis 
dicti domini Broncini. 

Item, alium calicem cum pathena, fractum in pede. 

Item, alium calicem cum pathena. Fait accomodatum Bechiquoto Sancli 
Vitalis. 

Item, alium calicem unius marchi, quod fuit Duranti Saurelli. Habet 
eum dominus Jacobus Juliani curatus. 

Item, inquadam bu rsa sunt, infra armasia, duo paria corporalium. 

Item, duo cbandelabra de loto. 

Item, sigillum capituli est in armasiis in quadam pixide. 


Item, est sciendum quod vica¬ 
rias vicarie Matbei Rostagni habet 
a capitulo unum calicem et quedam 
vestimonta et quosdam libros in in- 
ventario, ad deserviendum in dicta 
capella. Stat littera; recepit eam 
Johannes Buffema notarius. 


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— 119 — 

Item, in coquina, habet capitu- 
lum unam ollam cupri, unam patel- 
lam et unam bassinant. 

Item, plus alias duas ollas cupri 
et unam patellam et unam cassant 
et unum morterium cum pestello. 

Item, habet capitulum quatuor virgas pastorales, cum quatuor mitris, 
in custodia sacriste. 

Item, in custodia bajuli, quatuor siphi(ric) de madré pro cena Domini. 

Item, plures arche ad recipiendum bladum capituli. 

Item, et unum vayssellum de fraxino bonum. 

Item, alios duos tonellos quaies. 

Item, est sciendum quod sacrista habet quedam bona, utpote reliquias 
et quedam alia cum beneficio inventarii. Stat liltera; recepit eam Johannes 
Bufferna qui moratur cum Symone Aprilis. 

Item, Rioms débet habere unum mixlum de capella Sancti Johannis. Hoc 
sciunt Symon Aprilis, Jacobus Juliani, Giri Clarelli, qui videront quod 
ipse habuit eum, post mortem domini Johannis Raynoardi, de armasio ca- 
pelle Sancti Johannis. En marge , on lit : Affinatum est. 

(Àrcb. dép. de la Haute-Loire. Extrait d’un registre (in-fol. papier) 
de comptes et de reconnaissances du chapitre de Saint-Georges 
du Puy (feuillets /i5, 46, 5o et 5t). 

Pour copie conforme : 

Auc. Chassaing, 
Correspondant au Puy. 

Note sur une statue gauloise du Rillan. 

■ Communication de M. Gaultier du Mottay, correspondant. 

Le village du Rillan, commune de Sainh-Brendan (Cêles-du- 
iNord), passe, dans la contrée environnante, pour avoir succédé à 
une ville détruite à une époque qu’on ne peut préciser. D’autres 
localités en Bretagne possèdent la même légende, et, lorsqu’on se 
décide à y faire des fouilles, on ne manque jamais d’y découvrir 
des débris qui se rattachent h l’époque de la domination romaine, 
et quelquefois à une époque antérieure. Je crois que la statue dont 
j’ai l’honneur d’adresser un croquis au Comité des Sociétés savantes 
est dans ce dernier cas, et peut être comprise parmi les rares débris, 
existant en Bretagne, de travaux artistiques appartenant à la pé¬ 
riode gauloise. 


Item, plus calices supra tradilos 
epistolario, videlicet ni. 

Item, habet capitulum in ecclesia 
unum ursol pro aqua benedicta, 
cupri. 


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— 1-20 — 

Cette statue, qui fait corps avec une espèce de pilastre rectangu¬ 
laire et dont la tête manque malheureusement, a i“,65 de hauteur, 
y compris la base sur laquelle elle repose. Sa largeur, d’un coude 
à l’autre, est de o m ,85 ; l’e'paisseur du bloc (statue et pilastre) est, 
au milieu de la hauteur, de o m 4 q. Elle semble avoir été destinée 
à décorer l’entrée d’un édifice, et l’on croit y voir la représentation 
de l’Hercule gaulois. 

Longtemps encastrée dans la muraille d’un bâtiment de basse- 
cour de la ferme du Rillan, cette statue a été dégagée, il y a quel¬ 
ques mois, par suite de la démolition de ce bâtiment, des maçon¬ 
neries au milieu desquelles elle était ensevelie, transportée malgré 



son poids énorme à une vingtaine de mètres de la ferme et adossée 
contre un fossé, ce qui permet d’en prendre facilement le dessin. 
Jusqu’à ce moment on avait ignoré sa provenance, mais j’ai été assez 
heureux pour recevoir de M. Raison du Cleuziou communication 
d’une espèce de rapport écrit en 1736 et qui donne au sujet de 
cette statue des détails intéressants ; en voici les termes : 

* Il y a environ vingt ans que, lorsque on eslargit le grand chemin 
qui conduit de Saint-BrieucàQuintin, les ouvriers qui travailloient 
à abattre les hauteurs qui se trouvoient à ses costez trouvèrent plu¬ 
sieurs morceaux, même des vaisselles entières et de petites statues 
de terre, des puits non comblez, mais couverts, garnis de leurs 
meules (margelles) fort grandes et d’une pièce, des fours (hypo- 


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— 121 — 

caustes?), des traces différentes de pavez, faites de pierres posées 
debout, et divers fondements de bastiments à chaux et à sable, le 
tout à plus de six pieds de profondeur en terre, eu esgard à la 
superficie que la terre a présentement en ces endroits. Budet, l’un 
des habitants de ce village, tira de ces débris une statue de pierre 
dont la tête est présentement égarée. Ce qui en reste, autant qu'on 
peut le voir, représente un homme debout, vêtu d’une robe sans 
plis, qui des épaules le couvre jusqu'au dessus des genoux; cet 
homme est entouré au-dessus de l’estomac d’une ceinture de six 
doigts de large. De son bras droit, qui est demi-ployé, il tient une 
espèce de boule un peu npplatie par le bout, et de la main gauche 
il tient une massue debout que l’on pourrait prendre pour une 
palme. Les doigts paraissent bien distinctement; on ne voit aucune 
escriture. Le derrière de cette statue n’est pas ronde-bosse ; mais il 
se trouve confondu avec un quarré long fait de la mesme masse 
de la pierre, ce qui fait croire qu’elle a été placée autrefois dans 
un temple. 

v Cette figure a trois pieds sept pouces, depuis le pied jusques 
au bas du cou; chaque bras a deux pieds six pouces de longueur, 
l’estomac et le ventre ont deux pieds six pouces de grosseur, qui 
paroist. Les jambes ont environ sept pouces de distance. 

*Le lieu où se trouvent ces débris se nomme présentement le 
pont du Rillan ou peut-être d'Aurilian; il y a un pont composé 
d’arcades si bien travaillées, que on n’en voit point de pareilles 
dans le pays. Les paysans du lieu tiennent, d’ancienne tradition, 
que, en cet endroit, il y a eu autrefois une ville qui futabismée 
et détruite, mais ils ne savent de quelle manière.» 

On le voit, la description de la statue qui nous occupe est com¬ 
plète et remarquable pour une description faite au commencement 
du xvm® siècle. Le Rillan ou Aurélian a été, en effet, une station 
gallo-romaine, située sur la voie de Carhaix à Alet. Tous les en¬ 
virons de ce village sont encore jonchés de débris de briques, de 
tuiles et de poteries. Des fouilles y ont été pratiquées à plusieurs 
reprises, dit M. le président Habasque, elles ont amené la décou¬ 
verte d’une statuette (en terre blanche, probablement),de quelques 
vases et d’un grand nombre de médailles, aujourd’hui dispersées. 

Gaultier du Mottay, 
Correspondant à Plérin (Côtes-du-Nord). 


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— 122 — 


Statue de Blanche de Champagne, duchesse de Bretagne. 


Le musée du Louvre, département des objets d’art du moyen âge 



et de la Renaissance et de la sculpture 
moderne, vient d’acquérir un monument 
des plus intéressants au triple point de 
vue de l’histoire, de l’art et de l’indus¬ 
trie du moyen âge. C’est la statue de 
Blanche de Champagne, duchesse de Bre¬ 
tagne, placée jadis sur son tombeau dans 
l’abbaye de Lajoie, près Hennebon, qu’elle 
avait fondée, et où elle s’était retirée 
après la mort du duc son mari. 

La duchesse est représentée étendue, 
la tête soutenue par un coussin, les yeux 
ouverts, les mains réunies sur la poitrine 
et allongées, vêtue de la robe et du man¬ 
teau d’abbesse, la tête couverte d’une de 
ces coiffures dont on retrouve les sem¬ 
blables deux cents ans plus tard dans les 
miniatures du manuscrit d’Anne-de Bre¬ 
tagne, les pieds appuyés sur un chien. 
La statue mesure 2 mètres de long; elle 
est en bronze. La face seule est obtenue 
par le procédé du coulage; tout le reste 
est en bronze estampé et appliqué sur uue 
ame en bois dégrossie au ciseau. Les 
lames qui recouvraient le chien ont dis¬ 
paru. Les plaques de bronze adhèrent les 
unes aux autres par des rivets plats, dont 
beaucoup subsistent encore. C’est le pro¬ 
cédé de la dinanderie appliqué au bronze, 
et je ne crois pas que l'on puisse citer un 
autre exemple de ce mode de dressage 
sur ce métal. 


Sur la ceinture qui entoure la taille de la duchesse on lit cette 
inscription, dont les lettres sont en léger relief: 


Flere si quod fuerit miserere. 


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— 123 — 

Le personnage représenté ici est Blanche de Champagne, née 
eu iQ2o (?), fille de Thibaut IV de Champagne et de sa seconde 
femme Agnès de Beaujeu, devenue duchesse de Bretagne en 1235 
par son mariage avec Jean I* r dit le Roux, veuve en 1287, morte le 
5 août 12 83 . 

La date de sa mort donne la date approximative de lerection du 
tombeau et de l’exécution de la statue: elle doit remonter aux 
dernières années du xni* siècle. Les deux belles plaques de bronze 
qui décorent la cathédrale d’Amiens datent de i 25 o environ. Leur 
exécution, d’ailleurs, n’a rien de commun avec celle de cette statué. 

L’abbaye de Lajoie avait été fondée par Blanche de Champagne 
en 12 52 . Elle s’y retira après son veuvage, et en était supérieure 
à sa mort. Le chevalier de Fréminville (Antiquités du Morbihan) 
donne la liste des abbesses jusqu’en 1790. 

Cette statue est placée aujourd’hui dans la salle de la sculpture 
française du moyen âge, au rez-de-chaussée du Louvre. 

Mon ami, M. Darcel, en soumet une photographie à la section. 
Je me joins a lui pour lui demander de vouloir bien en autoriser la 
reproduction par une gravure jointe au texte de cette communi¬ 
cation et qui eu formera le meilleur commentaire. 

L. Clément de Ris, 

Membre du Comité. 


Rapport sur un sarcophage chrétien découvert à Tipaza en Algérie. 

Communication de M. Cherbonneau, membre non résidant. 

M. Cherbonneau, l’un de nos plus dévoués correspondants, a 
envoyé une excellente photographie, faite par M. J. Geiser en 1870, 
d’un des sarcophages trouvés sur la côte d’Algérie, à Tipaza, et 
recueillis actuellement dans le jardin de M. Trémeaux, le colon le 
plus important de la localité. M. Cherbonneau a accompagné son 
envoi d’uné lettre dont je transcris les passages principaux, en les 
accompagnant de quelques remarques. Je n’en ai, bien entendu, 
aucune à ajouter à ce que dit M- Cherbonneau du pays où a eu 
lieu la découverte. 

«(Tipaza, que les indigènes appellent Tefacedi, par allusion aux 


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— 124 — 


ruines qu elle a laissées, csl un village maritime où l'administration 
française a établi un centre de population. On y arrive par deux 
routes, l’une partant d’Alger et longeant la mer, l’autre commen¬ 
çant au village de Marengo, qui n’en est éloigné que de ta kilo¬ 
mètres. La première des deux routes passe au bas de la colline sur 
laquelle se dresse le Tombeau de la Chrétienne, ce monument 
extraordinaire, dont Pomponius Mêla (livre I, chap. vi) ajustement 
marqué la véritable destination par l’expression moitumentum com¬ 
mune regiœ genlis. L’empereur Claude y fonda une colonie de vété¬ 
rans, à laquelle il octroya le droit latin. C'est de Tipaza que partit, 
en 371, le comte Théodose pour opérer dans l’Ouaransenis contre 
les Mazices, alliés du rebelle FirmuS. Le christianisme y était forte¬ 
ment implanté au v° siècle, puisqu'en l’année 48 i, le roi vandale 
Hunéric ayant envoyé un évêque arien aux catholiques de Tipaza 
pour les obliger à embrasser l'hérésie d’Arius, une grande partie 
de la population s’enfuit eu Espagne. On dit même que ceux qui 
11e purent s'expatrier, ayant refusé d'apostasier, eurent la main 
droite coupée. On voit encore, dans les ruines de cette colonie ro¬ 
maine, les restes d’une église consistant en quatre murs rongés par 
le temps. * 

Quant au sarcophage, de grande dimension, il est de marbre 
blanc, arrondi sur les deux petits côtés; il est orné de sculptures 
qui le rangent parmi les monuments du christianisme. Comme 
principe de décoration, il est couvert de belles et fortes cannelures 
sinuées, en forme d’S ou de strigiles, dont le mouvement inverti 
s’oppose et se pondère d’un côté à l’autre. 

Au centre, on voit représenté ale bon Pasteur debout, portant 
sur ses épaules la brebis retrouvée, emblème qui marque la misé¬ 
ricorde de Dieu pour les pécheurs et en même temps l’efficacité 
de la pénitence. Deux autres brebis, r> dont les jambes du pasteur 
cachent une partie, a relèvent la tête vers lui et vers son précieux 
fardeau, comme pour marquer leur reconnaissance.?) 

La présence de deux brebis en sus de celle portée sur le cou est 
connue, mais assez rare; ordinairement le bon Pasteur n’en a 
qu’une seule. 

U n’y a rien à dire ici de cette représentation bien connue et 
dont parlent tous les livres qui traitent d’archéologie chrétienne, 
si ce n’est que, fréquente en Italie et en Gaule, elle est très-rare 


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— 125 — 

en Orient. Dans une récente nolice publiée dans les Mémoires de la 
Société des antiquaires de France , t. XXXIII ( 4 e série, t. III), p. 188-97, 
sur un sarcophage chrétien trouvé à Salone et représentant le bon 
Pasteur, M. Albert Dumont fait remarquer que c’est seulement le 
troisième exemple qu’on en puisse citer en Grèce et dans la pé¬ 
ninsule du Balkan. L’un se trouve au musée de Sainte-Irène, à 
Constantinople, et l’autre, qui est contesté, est un bas-relief con¬ 
servé dans la pinacothèque de l’Acropole, à Athènes. Je citerai ce 
que dit M. Dumont du bon Pasteur de Salone : * C’est un véritable 
berger ; la figure, les cheveux, la barbe, n’ont rien de convenu ; nous 
avons donc là, selon toute vraisemblance, un portrait national, qu’il 
faut mettre à côté des deux guerriers dalmates trouvés à Durazo et 
publiés par M. Heuzey,» parce que M. Cherbonneau, et avec plus 
de certitude encore, dit de celui de Tipaza : ttLa figure du person¬ 
nage, aux traits fortement accusés, reproduit assez exactement le 
type Maurétain, qui, suivant la tradition, s’est conservé dans la 
montagne de Chenoua. On reconnaît dans le costume, qui ne 
manque pas d’élégance, la tunique et les jambières des bergers 
indigènes .n 0 faut ajouter que la tunique est serrée d’une ceinture, 
que les fasciœ de la jambe sont entrelacées comme celles que 
portaient autrefois les Écossais avant d’en avoir conservé sur leurs 
chaussettes le dessin traditionnel, et même, ce qui est très-visible 
sur la photographie, que les chaussures, molles et sans semelles, 
offrent la représentation d’une croix de forme latine, qui serait alors 
soit en broderie, soit en lanières de cuir ou d’étoffe coiisue. Le pied 
droit est assez indistinct pour qu’on ne l’aperçoive pas au premier 
abord; mais, sur le pied gauche, la croix est tout à fait évidente; 
* dans ce cas, elle aurait certainement existé de même sur l’autre 
pied. 

Les deux extrémités sont ornées d’un sujet de plus haut relief et 
dans des dimensions relativement plus grandes. C’est un lion furieux 
qui tient dans ses griffes et qui s’apprête à dévorer un pauvre ani¬ 
mal abattu entre ses pattes. Le museau des victimes affolées est très- 
allongé, et, à côté de leurs oreilles, leurs longues cornes sont striées 
en spirale; malgré ce dernier détail, qui peut-être n’est qu’une fan¬ 
taisie ornementale de l’artiste, ce sont probablement des antilopes 
ou plutôt des gazelles timides, la proie ordinaire des grands car¬ 
nassiers de l’Afrique. La représentation des lions est fréquente dans 
l’antiquité classique et chrétienne. Au sens le plus simple, ils sont le 


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— 126 — 

symbole de la force, et ensuite de la vigilance et de la justice; c’est 
à l’un de ces deux sens et souvent à la réunion des deux que se 
rapportent les lions si nombreux qui ornent les bras des trônes ou 
des sièges officiels, qui supportent soit les colonnes des chaires et 
des ambons, comme en Italie, soit les châsses, les pièces en orfè¬ 
vrerie, les chandeliers même, comme il y en a de si nombreux 
exemples dans le Glossaire des émaux de M. de Laborde, qui se 
voient aux portails des églises comme à la façade de plusieurs 
églises de Rome, à celle de Saint-Laurent de Gênes, à celle de 
la porte latérale de Saint-Séverin, à Paris, et dans tant d’autres 
endroits. Ils viennent aux chrétiens bien moins de l’antiquité que de 
la Bible, où ils figurent fréquemment, — Samuel Bochart, dans son 
Hierozoicon , publié à la fin du xvn® siècle, a recueilli et commenté 
les passages qui les concernent, — et de l’exemple de l’art judaïque, 
qui avait mis des lions d’or et d’argent dans le Temple ( Paralipo - 
mènes , I, xxviu, 17, et II, ix, 18). Ici, ils peuvent avoir plusieurs 
sens, qui peuUétre y sont réunis et confondus, celui du démon et 
du péché qui se saisit en vainqueur des âmep coupables, comme le 
dit la première épitre de saint Pierre (y, 8) : « Adversarius vester 
diabolus tanquam leo rugiens circuit, quærens quem devoret,» 
celui, tout à fait allégorique, de « la juste sévérité dont les pasteurs 
doivent s’armer quelquefois contre ceux qui s'obstinent à mécon¬ 
naître leur autorité 1 15, et aussi, comme l’indique M. Cherbonneau, 
d’autant plus naturellement qu’ils se trouvent en rapport avec la 
figure centrale, le contraste offert à la pensée du spectateur «par 
le spectacle du danger auquel échappe la brebis retrouvée et rame¬ 
née au bercail par le bon Pasteur, » C’est ce sens moral qui s’accorde 
le mieux avec l’ensemble du monument, en même temps que, «par 
le parallélisme des poses, le sculpteur a cherché avant tout un bel 
effet d’ornementation.» 

Comme on peut le voir dans la planche qui accompagne cette 
note, l’effet est, en réalité, puissant et d'un grand goût. Ce n’est 
pas la représentation de la nature; sur le dos de ses lions, l’artisle 
a même mis des bandes de cuir ou d’une riche étoffe, une qui en¬ 
toure le corps, de la nuque jusque sous les pattes de devant, une 
autre formant cercle comme le tour d’une selle, et, par suite, cer¬ 
tainement une autre à l’arrière-train, qu’on ne peut voir dans la 

1 Dictionnaire de Pabbé Marlignv, p. 36g. 


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— 127 — 

représentation, prise de pleine face; peut-être meme est-ce un sou¬ 
venir de semblables ornements qu’on a pu mettre aux bêtes vivantes 
dans les pompes des jeux des cirques. Mais il y a un souvenir ins¬ 
piré de la réalité dans l'abondance des mèches de la crinière, dans 
la fureur des yeux, dans le froncement du nez, dans la grimace de 
la gueule et dans les touffes de poils du dessous du ventre et de la 
partie postérieure des pattes. 

Ajoutons que cette représentation du lion tenant dans ses pattes 
un animal, si elle est là particulièrement importante, se retrouve 
dans d'autres sarcophages chrétiens. Pour ne parler que de ceux 
conservés dans le Campo Santo de Pise, après avoir été réemployés 
pendant le moyen âge, je citerai, parce qu'on peut les voir gravés 
dans la Raccolta di sarcofagi , urne e altri monumenli di scultura del 
Campo Santo , gravés par Paolo Lasinio le fils, Pise, t 8 i 4 , in- 4 ° : 

Un premier sarcophage à cannelures sinuées; à ses deux extré¬ 
mités arrondies se trouve, en haut relief, un génie guidant un lion 
qui dévore un animal; dans le côté reproduit par la gravure, c’est 
un cheval ( tavola VIII)\ 

Un second sarcophage à cannelures sinuées; les petits côtés sont 
droits; dans le groupe visible dans la gravure, l'animal terrassé par 
le lion est une biche ( tavola X , marquée du n° lui, qui se rapporte 
au monument); 

Sur un troisième, à cannelures droites et à côtés arrondis, l’ani¬ 
mal terrassé, du côté visible dans la gravure, est encore un cheval 
(tavola CXLV , n° xliii). 

La planche XIV offre un fragment d'un monument analogue; il 
ne subsiste plus que la tête du lion et celle de l'animal, qui est 
peu reconnaissable. 

Enfin M. Martigny ( loco citato) en signale, sans renvois, avec un 
porc-épic et même avec un homme ou un enfant. 

Revenant à notre sujet, il faut dire que ce sarcophage est un 
beau spécimen de la sculpture africaine. Le travail est plein de 
franchise et d'énergie, et la tête du bon Pasteur, avec sa figure 
ronde, ses gros yeux et ses cheveux courts et frisés, est remar¬ 
quablement vivante. Par le style et la grande composition de l'en¬ 
semble, par la belle simplicité des moulures qui bordent le bas et 
le haut du sarcophage, il est bien difficile de ne pas l'altribuer à 
une belle époque et de ne pas le croire du m* siècle. Si cette con¬ 
clusion était adoptée, il s'ensuivrait que l’Église d'Afrique peut avoir 


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— 128 — 

été prospère et maîtresse plus tôt qu'on ne le croit en général. L'im¬ 
portance, le mérite et le caractère absolument chrétien du sarco¬ 
phage de Tipaza seraient une raison de le penser, et cette considé¬ 
ration, étrangère à l’art, ajouterait encore à l’intérêt de ce remar¬ 
quable monument. 

Anatole de Montaiglon, 

Membre du Comité. 


Rapport de M. le baron de Guilhermy sur diverses communications. 

M. Beatlchet-Filleau, correspondant : 

L’église de Bouin (Deux-Sèvres), dans laquelle M. Beauchet-Fil- 
leau a recueilli trois inscriptions, appartient au style roman par sa 
façade, au xvi e siècle par son chœur et son clocher. La première 
inscription, contemporaine de la partie la plus ancienne de l’édifice, 
se réduit à un seul mot, stephanvs, gravé sur le bord d’un cercle, 
peut-être un nimbe, au-dessus de l’épaule gauche d’un personnage. 
Notre correspondant se demande si cette figure représente un ar¬ 
chitecte, un bienfaiteur ou un archiprêtre. Ce n’est pas nous qui le 
lui dirons, en l’absence de tout dessin et même de toute descrip¬ 
tion. Les autres inscriptions sont les épitaphes, en français, de 
Jean Turpin, écuyer, sieur de Puyferrier, Bouin et autres places, 
mort en i 663 , et de sa femme, Marie Tesserant, décédée en 1660. 
Jean Turpin est qualifié de bienfaiteur et restaurateur de l’église. 

M. l’abbé Canéto, correspondant: 

Inscription placée autour du cerveau d’une cloche de l’église de 
Fleurance (Gers) : 

ihs autem trasiens per medm iloru ibat 1 xps vincit xps régnât xps 
imperat xps ab oi malo nos defendat lan mil ccccltviu amen. 

Sur une cloche de provenance inconnue : 

ihs lan mil v c et xxx?r sancte petre ora pro nobis te deum adorams 
te deum laudams 

Les deux inscriptions sont en caractères gothiques. On voit à la 

1 Évangile selon saint Luc, chap. 1 ?, v. 3o. 


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— 1*29 — 

première quelques oiseaux et quelques petits quadrupèdes dans les 
intervalles des lettres, 

M. Nozot, correspondant : 

Deux notices sur les villages de Tourteron et d’Yoncq (Ardennes). 

Une inscription donne la date de reconstruction d’une partie de 
féglise de Tourteron en 1 533 . Cette église contient les épitaphes 
de Nicolas Hanotin, 169&; de Jean Martin, notaire royal, 1701, et 
de messire Jean d’Averhout, chevalier, seigneur de Guincourt, Liry, 
Chery, Pommery et Tourteron en partie, 1682. 

L’église d’Yoncq ne possède qu’une inscription constatant la bé¬ 
nédiction d’une cloche en 1787. 

M. Soucaille* correspondant : 

Sur une plaque de marbre blanc4 fixée dû mur de l’église de 
Basson, près Béziers, épitaphe de Boson de Baciano , qui mourut le 
xndes calendes de novembre 1189. Six mots n’ont pu être restitués, 
ajoute notre correspondant; ces mots sont cependant lisibles sur 
l’estampage, qvod es foi, qvod svm cris . 

M. Pouy (d’Amiens) : 

M. Pouy nous communique un morceau de tuile trouvé dans une 
tourbière près de l’ancien camp de l’Étoile, et demande le sens de 
quelques caractères grossièrement tracés sur ce fragment. Je crois 
y reconnaître la lin des quatre premières lignes d’une inscription, 
et j’en lis à peu près toutes les lettres, mais sans pouvoir y trouver 
aucune signification acceptable. Si la tuile était entière, on s'achar¬ 
nerait à déchiffrer le texte; incomplète comme elle est, ce serait 
perdre son temps. J’ai vu des inscriptions de ce genre aussi difficiles 
à lire, mais mieux conservées, qui dataient environ du xi° siècle, 
ce qui, d’ailleurs, ne serait pas un motif suffisant pour assigner à 
celle-ci la même époque, 

F. de Guiliirrmy, 

* 

Membre du Comité. 


Re?. dbs Soc. sa?. 5* série, l. VI. 


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— 130 — 


(jIMETIERE ANTIQUE DE MaS-D AgENAIS. DECOUVERTE D U\E LAMPE 
ROMAINE EN BRONZE. 

Communication de M. Tholin, correspondant. 

On a trouvé, l’année dernière, sur le plateau de Bel-Air, au Mas- 
d’Agenais (Lot-et-Garonne), une lampe antique en bronze, de 
grandes proportions, dont voici la description et le dessin, au tiers 
de la grandeur. 

Celte lampe n'a pas d'anneau de suspension. Son rôle était exai — 




tement celui de nos bougeoirs modernes. La grande simplicité de 
sa facture n’exclut pas une certaine élégance. 

Le réservoir est fermé, de forme ovale, et son extrémité ou bec 
est percée d’un trou circulaire destiné à recevoir la mèche. Il existe, 
au centre, dans une dépression formant bassin , trois petites ouver¬ 
tures par lesquelles pénétrait l’huile versée pour 1 alimentation. 

La base, ou, si l'on veut, le pied, relativement courte et large, est 
en retraite du réservoir, dont elle ne se détache pas. L objet pou- 


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— 131 — 

vait garder solidement son aplomb une fois posé sur un meuble; 
il était en même temps très-portatif. Une tige ronde et massive, 
soudée par une moulure, constitue le manche. Cette tige se ter¬ 
mine par un fleuron dont les quatre lobes épanouies renferment une 
tète de tigre d’une admirable exécution. 

Cette lampe, fort bien conservée, a été découverte dans une trau- 
chée par des ouvriers qui l’ont remise à M. Festugières du Mas. 

Ce n’est là qu’un des plus intéressants objets recueillis parmi 
tous ceux qu’on a exhumés du vaste plateau qui s’étend depuis 
Bel-Air jusqu es au delà de Saint-Martin. Il existe sur ce point un 
cimetière antique occupant une surface de plusieurs hectares. Le sol 
y est mêle en si grande quantité de cendres et d’ossements, qu’il est 
exploité à grands frais pour l’amendement des terres par les culti¬ 
vateurs de trois communes. J’ai visité récemment huit de ces tran¬ 
chées, qui ont en moyenne i m , 5 o à 2 mètres de profondeur (1) , dans 
lesquelles se voient : des excavations en forme de puits, comblées 
par des couches de terre noire, qui renferment des cendres et des 
fragments de vases ; des rangées épaisses d’ossements confondus 
pêle-mêle, ce qui parait attester l’usage sans doute accidentel de 
fosses communes; des inhumations plus régulières avec leur indis¬ 
pensable mobilier céramique; des vases isolés, pleins d’un terreau 
noir, qui représentent des incinérations; enfin des cavités aux 
parois rouges et calcinées, qui peuvent être des uslrinum. Évidem¬ 
ment, ces sépultures se rapportent à différentes époques. 

J’ai trouvé moi-même, parmi les débris de rebut des chantiers, 
une meule de grès, quatre poids ou pesons en terre cuite, de nom¬ 
breux fragments de cette fine poterie à vernis rouge, improprement 
dite samienne, et un moyen bronze de la colonie de xNimes. 

M. Lasmoles, vérificateur des tabacs au Mas, qui m’accompagnait 
dans cette rapide excursion, a fait, depuis quelques années, une 
riche collection de monnaies romaines de toutes les époques trouvées 
pour la plupart à Bel-Air ou à Saint-Martin. Il a de plus recueilli 

1 Ces travaux, entrepris dans un but purement d’utilité publique, pourraient 
facilement tourner à l’avantage de la science archéologique, si quelqu’un avait le 
goût et le loisir de faire des observations en suivant attentivement les ouvriers. Les 
poteries sont presque toutes brisées par la pioche dans l’opération du défoncement. 
Je n’ai rien pu apprendre au sujet de l’orientation des corps et de la position rela¬ 
tive des objets qui les accompagnent. J’ai pu constater que les outils et les armes 
en fer sont très-communs, mais complètement déformés par l’oxydation. 

<)• 


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— 132 — 


un petit fléau de balance en bronze, un gond de porte et des fibules 
du même métal, des charnières en bois de cerf, cinq vases de fabri¬ 
cation romaine bien conservés, etc. 

Au reste, il y a plus de trente ans que les trouvailles importantes 
faites à Saint-Martin-de-Lesque ont attiré l'attention des historiens 
agenais. MM. Boudon et Casimir de Saint-Amans, Lagarde, Ma- 
gen W, etc., ont signalé tour à tour ces découvertes. La plus impor¬ 
tante est celle d'une fontaine d'eau consacrée, labrum , portant une 
inscription au nom d'Ussubium. 

Cette pièce, qui est en marbre blanc, de la forme d'un baluslre 
de la Renaissance, sert aujourd'hui de support au bénitier de 
l’église du Mas. Bien que son inscription dédicatoire ait été plusieurs 
fois publiée, on me saura peut-être d'autant plus de gré de la repro¬ 
duire que les archéologues du pays ne sont pas d'accord sur son 
interprétation ; car les uns voient dans Ussubio le nom d’un dieu 
topique et les autres un nom de lieu. La vérité est peut-être des 
deux côtés à la fois. Voici le texte : 

TVTLAE. A VG 
VSSVBIO. LABRVM 
SILVINVS. SCI 
PIONIS. F. AN 
TISTES. D. 

Une inscription exactement pareille existait également au Mas il 
y a quarante ans. Elle était gravée sur un cippe de marbre circulaire 
d’une forme assez lourde. 

A première vue, ces monuments épigraphiques pourraient paraître 
concluants pour fixer à Saint-Martin-de-Lesque l’emplacement de 
YUssubium ou Vesubio de la Carte théodosienne et de Y Itinéraire d 9 An- 
tonin; malheureusement, toutes les indications de mesures pour les 
distances s’opposent à cette attribution. 

Les autres antiquités de Saint-Martin, dignes de mémoire, sont 
une statuette de Pallas en bronze; un médaillon d'or indéterminé, 
vendu 120 francs à un juif de Bordeaux; une pierre gravée repré- 

1 Essai sur les antiquités de Lot-et-Garonne, par Boudon de Saint-Amans, 5* no¬ 
tice; — Dissertation sur un autel et un cippe votifs, par Casimir de Saint-Amans, 
br. i5 p. pl. impr. Noubel, s. d.; — Manuscrit sur Vhistoire du Mas, autrefois 
publié dans les journaux de Marmande, par M. Lagarde; — Les Uvres liturgiques 
de l'église d'Agen, appendice V, par M. Magen, dans le Recueil des travaux de la 
Société d'agriculture, sciences et arts d'Agen, a* série, t. I, p. a 80 . 


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— 133 — 

sentant un génie, et un hectolitre environ de monnaies employées 
par un forgeron pour faire de la soudure. 

Je rappellerai que MM. Boudon de Saint-Amans et Magen, se¬ 
crétaire perpétuel de la Société d’agriculture, sciences et arts d’Agen, 
placent, le premier au Mas-d’Agenais, le second, avec plus d’auto¬ 
rité, dans les environs, le fameux temple de Vememetis , mentionné 
par Fortunat. La légende et le culte traditionnel de saint Vinceut 
de Pompéjac ou du Mas ont permis à M. Magen d’établir l’identité de 
Vellanum et de Vememetis, qui était situé, dit la légende, à cinq milles 
de Pompejacum . L’auteur croit devoir placer plus loin que Saint- 
Martin le sanctuaire redouté. Il n’y a, en effet, que 2,600 mètres, à 
vol d’oiseau, du Mas à la ville détruite. * * 

Quoi qu’il en soit, cette ville était certainement très-considérable 
à l’époque romaine, ainsi qu’on peut en juger par la vaste étendue 
de son cimetière de Bel-Air, et par un plan que M. Werlé, agent 
voyer au Mas, a relevé, d’après un procédé fort ingénieux, en étu¬ 
diant la végétation des blés, dont les sillons grêles ou robustes ré¬ 
vèlent fort bien les lignes des substructions. \ 

Tout auprès de Saint-Martin se trouvent un Cumulus et la belle fon¬ 
taine des Ormeaux y nappe d’eau abondante et intarissable. 

G. Tholin, 

Archiviste du département de Lot-et-Garonue. 


Gu BV AL DK BRONZE GALLO-ROMAIN TROUVE À AüBIAC 

( Lot-et-Garonne). 

Communication de M. Tholin, correspondant. 

Non loin du village d’Aubiac, sur le bord d’un vieux chemin qui 
couduit à Laplume en passant sur les hauteurs, on remarque, au 
milieu des champs cultivés, une butte de forme ovale que recouvre 
un taillis. 

C’est le champ de la Gleisette , auquel se rattachent des traditions 
populaires. Là seraient enfouis des trésors, une peau de bœuf pleine 
d’argent. C’est là qu’à la Toussaint, veille des Morts, on peut en¬ 
tendre sonner des cloches sous terre. 

Les souches de chêne ont longtemps végété sur le sol de cette 
hutte, mêlé de chaux et de cendres, qui recouvre des monceaux de 


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134 — 


moellons. M. Désalos, conseiller gênerai, propriétaire du champ, 
ayant fait des fouilles dans ce tertre, afin d’utiliser la terre qu’il en 
retirait, à découvert les substructions d'un oratoire certainement 
fort ancien. Comme ces travaux se continuent chaque hiver depuis 
sept ans, les fondations de l’édifice sont complètement déblayées 
aujourd’hui. C’était une nef rectangulaire (longueur dans œuvre, 
io m ,io; largeur, 5 ra ,90), dont les murs sont bâtis en petit appareil. 
Une abside plus étroite, précédée d’une petite travée, constituait le 
sanctuaire (longueur dans œuvre, 6 ,n , 3 o; largeur 4 m , 5 o). Les sub¬ 
structions de cette dernière partie de l’église, en moyen appareil, 
sont flanquées de quatre contre-forts étroits. Il y a des raccords irré¬ 
guliers* avec la nef. Le chœur appartient probablement à une res¬ 
tauration de l’époque romane, tandis que la nef pourrait être plus 
ancienne de quelques siècles. 

Des portions de mur, en petit appareil, existent dans faire de 
l’édifice et à l’extérieur, à l’est et au nord. Ces murs sont beaucoup 
plus épais que ceux de la nef et mieux cimentés. Il serait difficile 
de relever d’après ces quelques restes un plan de la construction pri¬ 
mitive, qui ne paraît pas avoir été très-considérable. II est du moins 
évident que l’oratoire est superposé à un établissement gallo-romain. 

J’ai trouvé moi-même, parmi les débris amoncelés autour de la 
Gleisette : des fragments de vases en terre dite de Samos; des mor¬ 
ceaux de marbre blanc, employés à des revêtements; un bois de 
cerf scié à ses deux extrémités; des débris de verre irisé. 

Mais les découvertes faites par les ouvriers de M. Désalos ont été 
plus importantes. Us ont exhumé un cercueil en pierre des carrières 
de Monsempron, d’une seule pièce, en forme d’auge rétrécie d’un 
côté, et surmonté d’un couvercle en bâtière d’une seule pièce. Cette 
sépulture remonte sans doute à l’époque carlovingienne. 

On a recueilli, de plus, deux pièces de monnaie du Haut-Empire 
et une figurine gallo-romaine en bronze, fort curieuse, qui mérite 
une description spéciale. 

C’est un cheval aux proportions très-justes, bien qu’un peu 
lourdes. La longueur du poitrail à la croupe est de o ,n ,078; la hau¬ 
teur depuis les sabots des pieds de devant jusqu’au sommet de la 
tête, de o“,io. Sa crinière est en brosse, caractère commun aux 
sculptures grecques et romaines. Sa pose est un peu roide et sans 
mouvement, autant du moins qu’011 en peut juger, car il faut dire 
que trois pattes ont été légèrement tordues, sans doute dans le choc 


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— 135 — 

des ruines. Cet objet d’art, revêtu d’une belle patine, est en bronze 
massif. Le trou de fonte du moule, qui avait été rempli par le métal 
en fusion, a laissé une pointe en relief au dessous d’une épaule 
de devant. C’est une preuve que la pièce n’a pas été retouchée au 
burin. 

Sur la croupe on reconnaît les traces d'un enduit rouge, sorte 
de pâte appliquée et dont les contours devaient figurer la selle. Ce 
petit cheval avait-il son cavalier de bronze ou de bois? C'est d au¬ 
tant plus vraisemblable qu’aucun des détails de la bride n’a été 
omis. Tout le système du licol est représenté par des lames d’ar¬ 



gent incrustées. Ce sont d’abord deux bandes tendues au-dessous 
des oreilles et se rattachant à une têtière. Une autre lanière passe 
sur le chanfrein et se divise à la naissance de la crinière de façon à 
se relier aux rênes qui naturellement font défaut. 

Les yeux sont, de même que la bride, en argent incrusté. 

On peut trouver dans le Bulletin monumental (t. XXXVI, p. 64 , 
1870) la description et le dessin d’un cheval de bronze de grandes 
dimensions, qui appartient actuellement au musée d’Orléans. Cette 
pièce, fort remarquable, ne manque pas d’analogie avec celle qui a 
été trouvée à Aubiac. 11 y a néanmoins cette différence, que les sabots 


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— 136 — 

du cheval découvert à Neuvy-en-Sulias reposaient sur un socle muni 
d'anneaux de suspension et bordé de plaques dont l'une offrait une 
dédicace au dieu topique Rudiobo. M. Mantellier, dans son mémoire 
sur le cheval de bronze de Neuvy, conclut, avec une certaine vrai¬ 
semblance, que cel objet était une offrande, un ex-voto suspendu 
dans un temple. 

En admettant ces conclusions, peut-on supposer que le petit 
cheval d'Aubiac avait la même destination? Assurément, les ruines 
romaines sur lesquelles était construite la Gleisette peuvent être celles 
d’un temple. Mais on peut croire aussi que ce bronze était simple¬ 
ment un objet d'art décorant un meuble de villa et comparable aux 
sujets modernes qui remplissent un rôle analogue. 

G. Tholin, 

Archiviste du département de Lot-et-Garonne. 


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— 137 — 


BIBLIOGRAPHIE. 


LISTE DES OUVRAGES OFFERTS AU COMITÉ DU 1 er AOÛT 187Q AU l“ AOÛT 1878. 


Notice biographique sur M. le docteur Aussant, directeur honoraire de VÉcole 
de médecine de Rennes, par M. André. Rennes, 1873, in-8°, 119 pages. 
(Extrait du tome VIII des Mémoires de la Société archéologique du départe¬ 
ment d'Ille-et- Vilaine.) 

Les musées et galeries de Rome. Catalogue général de tous les objets d'art 
qui y sont exposés, par M gr X. Barbier de Montault. Rome, 1870, in-16, 
iv et 58 a pages. 

Inscriptions bourguignonnes recueillies en Italie, par M gr Xaxier Barbier 
de Montault. Dijon, 187a, in-k 9 , 5 o pages. 

Les armoiries ecclésiastiques d'après le droit commun, par M fr X. Barbier 
de Montault. Arras, 187a, gr. in-8°, 38 pages, avec 1 planche. (Extrait 
de la Revue de l'Art chrétien, t. XV.) 

Deux ivoires du xiv* siècle au musée chrétien du Vatican, à Rome, par 
M* X. Barbier de Montault. Arras, 187a, gr. in-8°, 1 5 pages, avec 1 planche. 
(Extrait de la Revue de l'Art chrétien, t. XV.) 

Le culte de sainte Madeleine à Rome, par M ,r Xaxier Barbier de Montault. 
Marseille, 187a, in-8 # , a 4 pages. (Extrait du XXXIV e volume du Réper¬ 
toire de la Société de statistique de Marseille. ) 

Un livre d'Heures du xv* siècle, par M gr Xavier Barbier de Montault, in-8°, 
la pages. (Extrait de la Revue d'Anjou.) 

Catalogue des pierres et marbres employés depuis le xri' siècle à Rome, 
par M r X. Barbier de Montault. Caen, 187a, in-8% a8 pages. (Extrait du 
Bulletin monumental publié à Caen.) 


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— 138 


La commune de Buxerolles ( Vienne) , par M fr X. Barbier de Monlaull. Caen. 
1872, in-8°, 28 pages. (Extrait du Bulletin monumental publié à Caen.) 

Nieules et gaufriers au moyen âge et à la Benaissance , par M* r Xavier 
Barbier de Montault. Toulouse (sans date), in- 4 °, 56 pages, avec 5 planches. 
( Extrait des Mémoires de la Société archéologique du midi de la France.) 

Iconographie et symbolisme de la fable du loup écolier, par M fr X. Barbier 
de Montault. Montauban (sans date), gr. iu-8°, i 4 pages, avec 1 planche. 

Les Heures de René d’Anjou à Vévêché d’Angers, par M fr Xavier Barbier 
de Montault. Marseille (sans date), in-8°, n pages. 

Liste des mots relevés sur les monnaies gauloises ( 1), par M. Anatole 

de Barthélemy, in-8°, 8 pages. (Extrait de la Revue Celtique, décembre 
1871-août 1879.) 

Chartes de Conan IV, duc de Bretagne, relatives aux biens de l’ordre du 
Temple et de Tordre de Saint-Jean de Jérusalem, par M. Anatole de Barthé¬ 
lemy, in-8°, 19 pages. (Extrait de la Bibliothèque de T Ecole des chartes , 
t. XXXIII.) 

Les Origines de la maison de France, par M. Anatole de Barthélemy. 
Paris, 1878, in-S 0 . 87 pages. (Extrait de la Revue des questions historiques, 
1" janvier 1878.) 

Les nouvelles recherches sur la langue française et leurs résultats, par 
M. J. Bastin. Bruxelles, Saint-Pétersbourg, Moscou, 1879 , in-8°, 196 pages. 

Du paradoxe, discours prononcé par M. Henri B eau ne , avocat général, à 
la rentrée de la cour d’appel de Dijon, le U novembre 1 #79. Dijon, 1879, 
gr. in-8°, h h pages. 

Recherches sur l’instruction publique dans le diocèse de Rouen avant îjSy, 
par M. Ch. de Robillard de Beaurepaire. Évreux, 1879, 3 volumes in-8°, 
951, 4a5 et e56 pages. 

Recherches sur la population de la généralité et du diocèse de Rouen avant 
178g, P ar k m ^ me * Évreux, 1879 , in-4°, 73 pages. (Extrait des Mémoires 
de la Société des antiquaires de Normandie, XX VIII* vol.) 

L’instruction générale en France . — L’observation et l’expérience, par 
M. Emile Blanchard. Toulouse, 1879, in-8°, 35 pages. (Extrait de la Revue 


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— 139 — 

des Deux-Mondes, i 5 octobre 1871.) — Réimprimé aux frais de plusieurs 
membres de la Société d'histoire naturelle de Toulouse. 

Eglise Nolre-Dame-des-Marais de Villefranche (Bhône), par M. Ch. Blon¬ 
deau. Villefranche, 1871, in-8°, 36 pages. 

Du matérialisme contemporain et de son remède, par M. le D r Ch. Boillet. 
Paris, 1872, in-12, 19 pa^es. 

Le collège et le séminaire d'Aire-sur-T Adour (Landes), notice historique, 
par M. l’abbé Jules Bonhomme. Paris, 1869, in-8°, io 3 pages. 

Notice sur la commune de Chdtillon-sous-les-Cotes et sur l'emplacement du 
Castrum Vabrense, par M. Bonnabelle. Bar-le-Duc, in-8°, 10 pages. (Extrait 
des Mémoires de la Société des lettres, sciences et arts de Bar-le-Duc.) 

Notice historique et statistique sur la ville de Damvillers (Meuse), par 
M. Bonnabelle. Bar-le-Duc, in- 8 °, 19 pages, avec un plan. (Extrait des 
Mémoires de la Société des lettres, sciences et arts de Bar-le-Duc.) 

La Société archéologique de T Orléanais pendant les années i86j, 1868, 
1 86g. — Compte rendu de sa situation et de ses Irauaux, par M. Boucher 
de Molandon. Orléans, 1872, in-8 # , 7 pages. (Extrait du 66 e Bulletin de la 
Société archéologique.) 

Becherches sur la juridiction du roi sur celle de T évêque dans le bailliage de 
Troyes et sur les coutumes de ce bailliage, par M. Th. Bouliol. Troyes, 1872, 
in-8°, 85 pages. (Extrait des Mémoires de la Société académique de l'Aube, 
l. XXXVI, 1872.) 

Histoire de la ville de Troyes et de la Champagne méindionale, par 
M. Th. Boutiot. 3 e volume. Troyes, Paris, 1873 , in- 8 °, 643 pages. 

Fouilles de Bibracte, î86q, par M. E. Bulliot, in-8 0 ', 62 pages. (Extrait 
de la Berne archéologique.) 

Le Madracen. — Rapport fait par M. le grand rabbin Ab. Cahen. Constan- 
liue, 1873, in-12, 17 pages. (Publié parla Société archéologique de Cons- 
tantine. ) 

Répartition entre les gentilshommes tenant fiefs nobles en Ponthieu de l’in¬ 
demnité allouée à messire André de Bourbon Bubempré, délégué aux Etats 
généraux de Blois (10 77J. — Document inédit publié par M. le baron Albéric 


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— 140 — 

de Galonné. Amiens, 187a, in-8°, 3 a pages, tiré à 100 exemplaires. 
(Extrait du tome XXIII des Mémoires de la Société des antiquaires de Pi¬ 
cardie . ) 

Notes sur quelques points d'histoire concernant la Bourgogne et le Forez, 
par M. Marcel Canat de Chizy. Lyon, 187a, in-8°, t 5 pages. 

Notre-Dame de Lourdes. — Étude monographique de cette chapelle, par 
M. F. Canéto. Auch, décembre 1871, in-8°, 63 pages. 

Le Champ de Mars de Vesontio, par Auguste Castan. Paris ,1870, gr. in-8°, 
3 i pages, avec planches. (Extrait de la Revue archéologique .) 

Les sceaux de la Commune, VHôtel de Ville et le Palais de Justice de Be¬ 
sançon, par Auguste Castan. Besançon, 187a, in-8°, 58 pages avec dessins. 

Les Fumades et leurs environs, par M. G. Charvet. Alais, 187a, in-8°, 
ho pages, avec a planches. (Extrait du Bulletin de la Société scientifique et 
littéraire d’Alais.) 

Cartulaire de Remoulins, recueilli, classé, annoté et publié sous les auspices 
du Conseil municipal de Remoulins, par M. G. Charvet. Alais, 1873, in-8°, 
1” livraison, xui* siècle, vi et 64 pages. 

Les coutumes de Remoulins, publiées par M. G. Charvet. Alais, 1873, 
in-8°, 19 pages. (Extrait de la Revue des langues romanes.) 

Imitations de quelques types motiétaires propres à la Lorraine et aux pays 
limitrophes (avec 4 planches), par M. J. Chautard. Nancy, 187a, in-8®, 
96 pages. 

Imitations des monnaies au type du gros tournois (avec a planches), par 
M. J. Chautard. Bruxelles, 187a, in-8°, 34 pages. (Extrait de la Revue de 
la numismatique belge, 5 e série, t. IV.) 

Origines tourangelles. — Notes sur l'origine tourangelle de Descartes, par 
M. l'abbé C. Chevalier. Tours, 187a, in-8°, 3 i pages. 

L'abbé Bourassé et le mouvement intellectuel en Touraine depuis quarante 
ans, par M. l'abbé C. Chevalier. Tours, 1873, gr. in-8°, 64 pages. 

Hagiographie du diocèse d'Amiens, par M. l'abbé Corblel, t. III. Paris, 
Amiens, 1873, in-8°, 59a pages. 


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— 1 /il — 

Revue de VArt chrétien, recueil mensuel d’archéologie religieuse, dirigé par 
M. l’abbé J. Corblet, 1 5 * année, 1872, n°‘ 7, 8, 9,10,11 et 19 ; 16 e année, 
1873, n°* i, a, 3 , 4 , 5 et 6. Arras, Paris, in-8°. 

Les études archéologiques sur le moyen Age, de i 83 o à 1867, par M. Al¬ 
fred Parcel. Paris, 1873, gr. in-8 # , 46 pages, avec gravures dans le texte. 

Le séjour de Louis XV à Compïègne en ij6â, par M. A. Demarsy. Com¬ 
pïègne, 187a, gr. in-8°, i 4 pages. (Extrait du 1" volume du Bulletin de 
la Société historique de Compïègne.) 

Les horticulteurs hollandais de Vile d’Amack, à Copenhague, par M. A. De- 
marsy. Amiens, 1873, in-8°, ta pages. (Extrait du Bulletin de la Société 
à*horticulture de Picardie.) 

Notice sur M. Emm. Woillez, président de la Société historique de Com¬ 
pïègne, par M. A. Demarsy. In-8°, 6 pages. (Extrait du Bulletin de la Société 
historique de Compïègne.) 

Notice descriptive des limites de la banlieue de Saint-Omer, par M. L. Des¬ 
champs de Pas. Saint-Omer, 1873, in-8°, 47 pages, avec 1 plan. 

Souvenirs d’un voyage à Rome . — La catacombe Sainte-Calliste, par 
M. T. Desjardins. Lyon, 1873, gr. in-8°, 19 pages. 

Répertoire archéologique du département de Tam-et-Garonne, par M. A. De¬ 
vais aîné. Montauban, 1873, gr. in-8% 71 pages. (Extrait du Bulletin de 
la Société archéologique de Tam-et-Garonne.) 

Éloge funèbre de Fleury-Falconnet, décédé vice-président de la Société aca¬ 
démique d’architecture (de Lyon), par M. Jacques Farfouillon. Lyon, i 85 o, 
in-8% ta pages. 

Histoire des villes de la province de Conslantine : Sétif, Bordj-Bou-Aréridj, 
Mesila, Bousaada, par M. Féraud, in-8°. 

Monographie du Palais de Justice de Dijon. — Histoire . — Description. 
— Illustrations, par M. N. Fétu. Dijon, 1872, in- 4 °, i 4 o pages. 

Notice nécrologique sur M . Amédée Thierry, par M. Jules Finot. Vesoul, 
1873, in-8°, 7 pages. (Lue à la séance de la Société d’agriculture, sciences 
et arts de la Haute-Saône, le a6 avril 1873.) 

Notes pour servir à l’étude de la haute antiquité en Bourgogne. — Le 


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lumulus du Bois de Langres, — Les sépultures anléhisloriques de Veuxhaulles, 
par M. Ed. Flouest (avec planches). Seraur-en-Auxois, 1872, gr. in-8°, 
56 pages. (Extrait du Bulletin de la Société des sciences historiques et natu¬ 
relles de Semur, année 1871.) 

Notes pour servir à l’étude de la haute antiquité en Bourgogne (û* fascicule). 
— Les fouilles du Magny-Lambert (Côte-d’Or), par M. Ed. Flouest- (avec 
planches). Paris, 1873, gr. in-8°, 3 a pages. (Extrait de la Revue archéo¬ 
logique.) 

Histoire de l’ancien évêché-comté de Lisieux, par M. H. de Formeville. 
Lisieux, 1873, 2 vol. gr. in-8°, 1" vol. 653 pages, 2 e vol. /119 pages. 

Rapport sur les travaux de la Commission royale d’histoire , depuis son éta¬ 
blissement en i8Sâ jusqu’en 18 79, par M. Gachard. Bruxelles, 1879, 
gr. in-8°, x et 109 pages. (Extrait du Livre commémoratif du centième anni¬ 
versaire de l’Académie (1772-1 #72.) 

La Commission intermédiaire de l’assemblée provinciale de Touraine, ij8y- 
tJ 9 °, par Ch.-L. Grandmaison. Paris, 1879, in-8°, 57 pages. 

Cartulaires inédits de la Saintonge, par M. l'abbé Th. Grasilier. Niort, 
1871, 2 volumes in-h° : tome 1 er , Cartulaire de l’abbaye de Saint-Étienne 
de Vaux, de l’ordre de Sainl-Benoit, suivi des Chartes du prieuré conventuel 
de Notrc-Dame-de-la-Garde en Arvert, de l’ordre de Granmont , lxiv, xh et 
176 pages; — tome II, Cartulaire de l’abbaye royale de Notre-Dame de 
Saintes , de l’ordre de Saint-Benoît, wix et a 5 i pages. 

« 

Musée de la ville de Varzy (Nièvre). — Archéologie. Dolmen situé dans le 
département de la Nièvre et objets d’art attribués aux Cello-Gaulois. — Des¬ 
cription, par M. Grasset aîné. Paris, 1873, in-8°, 19 pages, avec 2 planches. 

De la conservation des objets d’archéologie, par M. Raoul Guérin. Nancy, 
1873, in-8°, 16 pages. 

De l’utilité d’une exposition internationale et permanente des produite indus¬ 
triels de l’Europe à San Salvador ( Amérique centrale ), pour favoriser et déve¬ 
lopper le commerce entre la France, l’Allemagne, TEsj)agne, le Portugal, la 
Belgique et l’Italie, par M. S. Edmond Hirsclder. Marseille, 1871, in-8 # , 
68 pages. 

Sigillographie du Maine. — Barons du Maine. — Sceaux des sires de 
Bueil, seigneurs de Saint-Calais , Jean III, Jean IV et Jean V, par 
M. E. Hucher, in-8°, 10 pages et 1 planche. (Extrait du tome XIII du Bul¬ 
letin de fa Société d’agriculture, sciences et arts de la Sarthc, 18 79.) 


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— 1 /i 3 — 

Sigillographie du Maine. — Évêques du Mans. — Sceau de Hamelin, 
évêque du Mans (ngo-taiA), par M. E. Hucher. Le Mans, 1873, in-8°, 
8 pages. 

L'Art gaulois, ou les Gaulois d'après leurs médailles, par M. E. Hucher, 
9* partie, 7% 8% 9*, 10' feuilles in-/i°. Paris, le Mans, 1873. 

Notice sur Nicole de l'Escluse, maître es oeuvres de la cathédrale du Mans, 
en iâ2o, par M. E. Hucher. Le Mans, 1873, in-8°, h pages. (Extrait du 
Bulletin de la Société d'agriculture, sciences et arts de la Sarthe.) 

Compte rendu des travawv de la Commission d'archcologie pendant les i' r , 

et 3 * trimestres de 1873, par M. E. Hucher. Le Mans, 1873, in-8°, 
10 pages, avec planches. (Extrait du Bulletin de la Société d'agriculture , 
sciences et arts de la Sarthe.) 

Le vitrail royal de l'église Notre-Dame de Saint-Lô ( Manche ), restauré à 
la manufacture de vitraux peints du Carmel du Mans, par M. Édouard, 
Rathouis, sous la direction artistique et archéologique de M. Eugène 
Hucher. Paris, le Mans, Saint-Lê, 1873, in-8°, 10 pages. 

Histoire de la fondation de Lorient, étude archéologique, par M. F. Jégou. 
Lorient, 1870 , grand in- 8 % 35i-xu\; pages. 

M(urimes militaires de Machiavel, par Ed. de La Barre Duparcq. (Mé¬ 
moire lu à l'Académie des sciences morales et politiques). Paris, 1873, 
in- 8 °, 57 pages avec 9 planches. 

La Bruyère et les guerriers, par le même, 1873, in-8°, i 5 pages. 

Mariage de François I* r avec Eléonore d'Autriche. Lieu et date de la célé¬ 
bration. Notes rectificatives, par M. Émile Labeyrie. Aire, 1872, in-8°, 
i 5 pages. (Extrait de la Petite Berne catholique du diocèse d'Aire et de 
Da.r.) 

Etude historique sur la forme, le lieu et la date du mariage de François /" 
avec Éléonort d'Autriche, par M. Émile Labeyrie. Paris, 1873, gr. in-8°, 
h h pages. (Tiré à too exemplaires.) 

Considérations sur la vie et les œuvres de Vanvenargues, et sur les induc¬ 
tions qu'on en peut tirer au sujet de ses opinions religieuses, par M. Charles 
Lacroix. Lyon, 1873, gr. in-8°, 19 pages. 

La Normandie à l'étranger. — Documents inédits relatifs à l'histoire de 


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— 144 — 

Normandie, tirés des archives étrangères (xvi* et xvu* siècles), par M. le 
comte Hector de La Ferrière. Paris, Caen, Rouen,1873, in- 8 % 439 pages. 

Le sarcophage de Massanès, par M. A. Lagrèze-Fossat. Gr. in-8°, 
5 pages. (Extrait du Bulletin archéologique de Tam-et-Garonne, décembre 
1872.) 

Notre-Dame-de-Villethiou (diocèse de Blois), par M. Ed. Landau. Tours, 
i 863 , petit in-12, 188 pages. 

Notice sur Sainte-Radegonde de l'Ecotière, paroisse de Bullou en Vendo - 
mois, par M. Ed. Landau. Vendôme, 1870, in-8°, 68 pages. 

L'abbaye de Clairmarais, d'après ses archives, par M. Henri de Laplane. 
Saint-Omer, i 864 , in-8°, lvii- 4 i 3 pages, avec planches. 

Les abbés de Clairmarais, par M. Henri de Laplane. Saint-Omer, 1868, 
in-8°, vm-890 pages, avec planches. 

Éperlecques (Pas-de-Calais). Ses seigneurs, son ancien château, son 
église, sa vieille tour, par JVL Henri de Laplane. Saint-Omer, 1872, in-8°, 
196 pages. 

Messieurs de Valbelle, évêques de Saint-Omer ( 168à-1 j 5 â), par 
M. Henri de Laplane. Saint-Omer, 1872, in-8% 43 pages. 

Établissement d'un hôpital général en la ville de Saint-Omer (16gg-i 700- 
ijo 3 ), par M. Henri de Laplane. Saint-Omer, 1872, in-8°, 16 pages. 

Mémoire sur l'enceinte gallo-romaine de Poitiers, sa configuration, sa 
composition, son origine, sa destruction, par M. Bélisaire Ledain, accom¬ 
pagné d'un Album de planches dessinées et lithographiées par M. Amédée 
Brouillet. Poitiers, 1872, in-8°, 68 pages. (Extrait du XXXV* volume des 
Mémoires de la Société des antiquaires de l'Ouest.) 

Glossaire étymologique des noms propres de France et d'Angleterre. — 
Ethnologie et familiation, par M. Édouard Le Héricher. Paris, Avranches, 
1870, in- 4 °, 107 pages. (Extrait du XXVI* volume des Mémoires de la 
Société des antiquaires de Normandie.) 

Mague de Saint-Aubin, notice biographique, par M. Alphonse Leveaux, 
Compiègne, 1873, in-18, i 3 pages. 


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— 145 


Les jours égyptiens, leurs variations dans les calendriers du moyen âge, 
par M. Jules Loiseleur. Paris, 1873, in-8°, 60 pages. (Extrait du 
tome XXXIII des Mémoires de la Société nationale des antiquaires de France.) 

Classification des églises du diocèse de Clermont, par M. Mallay, père. 
Clermont-Ferrand, 1879, in-8\ 189 pages. 

Lettres de Louise de Colligny, princesse d'Orange, à sa belle-JUle Char¬ 
lotte-Brabantine de Nassau, duchesse de La Trémoille (i 555 -i 6qo ), pu¬ 
bliées d’après les originaux par M. Paul Marchegay. Les Roches-Baritaud 
(jVendée), 1872, gr. in-8°, xvi et 112 pages. 

Lettres de Flandrine de Nassau, abbesse de Sainte-Croix de Poitiers, a sa 
sœur Charlolte-Brabantine de Nassau, duchesse de La Trémoille (1 5 y8-1 63 o), 
publiées d’après les originaux par M. Paul Marcbcgay. Les Roches-Ba¬ 
ritaud (Vendée), 1872, gr. in-8°, 96 pages. (Extrait des Archives histori¬ 
ques du Poitou, 1" année, 1872, et tiré à 25 exemplaires.) 

Notices et pièces historiques sur TAnjou, TAunis et la Saintonge, la Bre¬ 
tagne et le Poitou, publiées par M. Paul Marchegay. Angers et Niort, 1872, 
gr. in-8 # , a-h et 366 pages. 

Les monuments celtiques et Scandinaves des environs d'Invemess (Ecosse), 
par M. Jules Marion. Paris, 1872, in-8°, 170 pages, avec planches. (Ex¬ 
trait du tome XXXIII des Mémoires de la Société nationale des antiquaires de 
France.) 

Cours historique de la langue française. — De l'enseignement de notre 
langue, par M. Marty-La veaux, très-petit in-8\ 

Dictionnaire historique du département de l'Aisne, par M. Melleville. 
Laon, Paris, 1 865 , gr. in- 8 °, 2 vol. tome 1,478 pages ; tome II , £99 pages. 

Épisode des guerres de religion en Provence. — Siège et destruction du 
château de Trans, avec une chanson du temps sur la mort des frères Raphaël 
de Chateauvieux, i 5 jg,pav M. Mireur. Draguignan, 1870, in-8°, 67 pages. 
(Tiré à i 5 o exemplaires numérotés, n° 137.) 

Etude sur la genèse des patois et en particulier du roman ou patois lyonnais, 
suivie d'un essai comparatif de prose et prosodie romanes, par M. le docteur 
F. Monin. Paris, Lyon, 1873, in-8°, vm et 159 pages. 

La question du musée de Boulogne-sur-Mer, par M. F. Morand. Boulogne- 
sur-Mer, 1873, in-8 # , 23 pages. 

Riv. bbs Soc. sav. 5* série, t. VI. 1 n 


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— U6 — 

Du sentiment national de la province d'Artois sous la ilomination française. 

— Programme de question historique, par M. François Morand. Paris, 1873, 
in-8°, 16 pages. 

Notes et documents tirés des archives de la ville de Colmar, par M. X. Moss- 
uiann. Colmar, 187a, in-8°, comprenant 26 articles avec une pagination 
différente. 

Collection des tableaux, dessins et gravures de feu M. Guillaume Bodinier. 

— Catalogue, par M. Armand Parrot. Angers, 1873, in-8°, 85 pages. 

Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire, 
par M. Célestin Port. Paris, Angers, 1872 et 1873, gr. in-8°, sur deux 
colonnes. (21 e , 22*, 2 3 e , 26 e , 2 5 e , 26*, 27% 28 e , 29", 3 o* et 3 i e livraisons.) 

Longpré-lez-Amiens et les j du Gard, seigneurs dudit lieu. — Maieurs et 
échevins d'Amiens, etc., à partir du xm e siècle. — Le testament en vers du 
chevalier du Gard, par M. F. Pouy. Paris, 1870, in-8°, 6 h pages. 

Le mystère de M r Saint-Sébastien. — Première journée. — Drame en 
vers joué à Lanslevillard, en Maurienne, au mois de mai i 56 j, transcrit % du 
manuscrit original et publié par M. François Rabut. Chambéry, 1872, 
in-8°, 196 pages. (Extrait du tome XIII des Mémoires et documents publiés 
par la Société savoisienne d'histoire et d'archéologie.) 

Sabaudia. — Revue historique, artistique, scientifique, industrielle et lit¬ 
téraire du pays des Allobroges et de l'ancien duché de Savoie. (i r# , 2*, 3 e , h*. 
5 *, 6 e et 7 e livraisons.) Chambéry, 1872 et 1873, in-8°. Hommage fait par 
M. Laurent Rabut. 

La nation armée. — Organisation militaire de la France, par M. E. de 
Rautlin Delaroy. Paris, 1871, gr. in-8°, 80 pages. 

Rôles de l'armée de Gaston Phœbus, comte de Foix et seigneur de Béarn, 
(i 3 j 6 -î 3 j 8 ), par, M. Paul Raymond. Bordeaux, 1872, in-A°, xx et 
îSh pages. 

Carlulaire de l'abbaye de Saint-Jean-de-Sorde, publié pour la première fois 
sur le manuscrit original, par M. Paul Raymond. Paris, Pau, 1873, gr. 
in-8°, xxn et 1 83 pages. 

Origine et progt'ès de information à la Rochelle, précédé d'une notice sur 
Philippe Vincent, par M. L. de Ricliemond. Paris, 1872, 2 e édition, petit 
in-8°, 128 pages. 


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— 147 — 

La mosaïque de Lillebonne, deux lettres de MM. Ch. Rœsler et de Long- 
périer. (Avec une photographie.) Rouen, Havre, 1871, in-8°, i 5 pages. 
( Extrait des Publications de la Société havraise d'études diverses.) 

Catalogue du musée archéologique de Philippeville (Algérie), contenant en 
deux sections le détail explicatif des objets d'antiquité avec notice historique de 
chaque objet, par M. Joseph Roger. Philippeville, 1860, 66 pages. 

Compte rendu de l'exposition artistique et archéologique ouverte à F Hôtel de 
ville de Rennes (salles du Présidial), à l'occasion du concours régional, par 
M. S. Ropartz, président de la Commission d'exposition. Septembre 187a. 
Rennes, petit in-12, 18a pages. 

Recherches historiques dans les archives départementales, communales et 
hospitalières du Morbihan. — Archives hospitalières. — XI. Hôtel-Dieu d'Hen - 
nebont, par M. L. Rosenzweig. Vannes, 1873, petit in-16. P. 179 à a6o. 

Monuments celtiques de la Porleilla et de las Clausas, situés sur la montagne 
de Molitg , signalés et décrits par M. Rouffiandis. Perpignan, 1872, in-8 w , 
8 pages et 1 planche. (Extrait du XIX* Rulletin de la Société agricole scien¬ 
tifique et littéraire des Pyrénées-Orientales.) 

Mémoires des RR. PP. Jésuites du collège de Colmar (1 6q8-ijdo) , pu¬ 
bliés par M. Julien Sée, avec une notice par M. X. Mossmann. Cenève, 
Paris, Colmar, 187a, petit in-8°, xvi et 200 pages. 

De l'administration du département des Landes de 1 jyu à 1800, par 
M. H. Tartière, in-16, 53 pages. (Extrait de Y Annuaire des Landes, année 
i 8 7 3 .) 

Biographie de V.-Q. Thouron, ancien élève de l'Ecole normale, etc., par 
M. Octave Teissier.Toulon, 1872, in-8°, 66 pages avec portrait. (Extrait 
du Bulletin de la Société académique du Var.) 

Notice sur Iéglise de Leyrac (Lot-et-Garonne), par M. G. Tholin. Caen, 
1872, in-8°, 12 pages. (Extrait du Bulletin monumental, publié à Caen 
par M. de Gaumont.) 

Les églises du Haut-Languedoc, par M. G. Tholin. Paris, 1873, gr. in-8°, 
i 5 pages. (Extrait de Ja Bibliothèque de l'École des chartes , t. XXXIII.) 

Notice sur les sépultures anciennes découvertes dans le départememl de Lot- 
et-Garonne, par M. G. Tholin. Agen, m dccc lxxiu, in-8°, 22 pages. (Extrait 
du Recueil des travaux de la Société d'agriculture, sciences et arts d'Agen, 
tome III, 2 e série.) 


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!/i8 — 


Aubusson considéré comme le lieu ou campèrent deux légions de César, par 
M. Thuol. Limoges, m dccc lxxiii, in 18, ix et 96 pages (avec une carte). 

Les Fourgs et accessoirement les environs : Ponlarlier , le Fort de Joux, 
la Cluse, les Verrières, Jougne et les Hôpitaux, Neuchâtel, Sainte-Croix, 
Heaulnes, etc., par M. J. Tissot. Les Lieux. Besançon, 1870, in-12, 
9*38 pages. 

Les fouilles du mont Heuvray, par M. A. Vachez. Lyon, 1879, in-8°, 
i 5 pages. 

Les fouilles du tumulus de Machezal (Loire), par M. A. Vachez. Lyon, 
1873, in-8°, 7 pages. 

Recherches sur les quatre grandes voies romaines du Lugdunum, par 
M. A. d’Aigueperse, annotées par M. A. Vachez. Lyon, 1873, in-8°, 
21 pages. 

Le château de Montrond en Forez, par M. A. Vachez, in-8°, p. 65 à 99. 

Histoire de l’Académie d'Arras (depuis sa fondation, en ij 3 j, jusqu’à, 
nos jours), par M. le chanoine E. Van Drivai. Arras, 1872, in-8°, xm 
et 33 h pages. 

Le tombeau de Josuc et les couteaux de pierre, par M. le chanoine Van 
Drivai. Arras, 1870 , in- 8 °, 16 pages. 

Encore une énigme historique, par M. le chanoine Van Drivai. Arras, 
1873, in-8°, i 5 pages. 

Le lieu de naissance de Saint- Wasl. Dissertation historique, par M. le 
chanoine Van Drivai. Arras, 1873, in-8°, 12 pages. 

Le bailliage d’Aire, par M. le chanoine Van Drivai. Arras, 1873, gr. 
in-8°, h 8 pages avec planches. 

Histoire du château de Varey en Bugey, par M. Aimé Vingtrinier. Lyon, 
1872, in-8°, vin et 126 pages, avec une vue des ruines du château. 


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REVUE 


DES 

SOCIÉTÉS SAVANTES. 

SEPTEMBRE-OCTOBRE 1873. 


COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES 

ET DES SOCIÉTÉS SAVANTES. 


SECTION D'HISTOIRE ET DE PHILOLOGIE. 


SÉANCE DU 7 JUILLET 1873 . 


PRÉSIDENCE DE M. L. DBLISLE, 

MEMBRE M L’IHCTRUT, PlisiDBRT DI LA 8BCTION. 

M. le comte de La Ferrière adresse un certain nombre de lettres 
comprenant vingt-sept ans de la vie de Catherine de Médicis, et 
annonce qu'il déposera, le 16 juillet, les deux années qui doivent 
compléter ce premier volume, s'arrêtant à la bataille de Dreux et au 
dernier mois de l'année i 56 a. 11 donne quelques détails sur les re¬ 
cherches auxquelles il a dû se livrer et sur la méthode qu'il a suivie 
dans la disposition des documents qu'il a réunis. Il se rendra d'ail¬ 
leurs très-volontiers aux observations que la commission voudra 
bien lui faire. 

Renvoi à la commission nommée dans la séance du 3 mars 
1873. 

M. de La Ferrière dépose également une nouvelle série de docu¬ 
ments appartenant à la bibliothèque impériale de Saint-Péters- 
Ret. des Soc. sav. 5 e série, t. VI. 1 \ 


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— 150 — 

bourg, et dont il a fait exécuter des copies pendant les missions 
scientifiques dont il a été chargé en Russie à diverses époques. 

Cette communication et les documents envoyés par M. de La Fer¬ 
rière seront transmis à la commission nommée pour examiner les 
envois de même nature. 

M. G. Bertrand , après s’être entendu à cet égard avec M. Tasche¬ 
reau , administrateur général de la Bibliothèque nationale, propose 
de publier dans la Revue des Sociétés savantes le catalogue des manus¬ 
crits français de la bibliothèque publique de Saint-Pétersbourg, dont 
il rappelle qu’il a adressé les dernières parties au mois de mai der¬ 
nier, et dont les premières se trouvaient entre les mains de M. Tas¬ 
chereau , pour qui elles avaient été copiées il y a quelques années. 

La section décide que ce catalogue sera publié dans une des 
prochaines livraisons de la Revue des Sociétés savantes ; on devra y 
faire connaître la provenance des manuscrits. M. Delisle, qui fait 
cette proposition, pense qu’il y aurait lieu, par exemple, de signa¬ 
ler ceux qui se trouvent compris dans le catalogue des manuscrits 
de la bibliothèque de Saint-Germain-des-Prés, liste qu’il a publiée 
lui-même. 

M. Ph. Tamizey de Larroque demande à publier dans la Collec¬ 
tion des documents inédits, série consacrée aux belles-lettres, la 
correspondance de Chapelain, dont le manuscrit, cédé par M. Sainte- 
Beuve à la Bibliothèque nationale, y forme cinq volumes in- 4 °, ca¬ 
talogues du fonds français, sous les numéros 1886-1889. M. Tami¬ 
zey de Larroque pense qu’il n’a pas besoin d’insister sur la grande 
importance d’une semblable publication. La correspondance inédite 
de Chapelain est un trésor inappréciable pour l’histoire littéraire 
du xvii c siècle. 

Cette demande est renvoyée à une commission composée de 
MM. Rathery, Jourdain et Marty-Laveaux. 

M. l’abbé Arbelot, correspondant honoraire, adresse un article 
relatif h la géographie du Limousin au moyen âge* rectifiant une 
assertion erronée du Gallia christiana (véritable emplacement du 
lieu appelé Catanlenago). 

Renvoi à M. Delisle. 

M. Demarsy, correspondaitI, fait hommage de deux exemplaires 


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— 151 — 

de la notice biographique sur M. Magne de Saint-Aubin, que 
M. Alphonse Leveaux a lue à la Société historique de Compiègne, 
le 16 janvier 187.3. • 

M. Deschamps de Pas, correspondant, fait hommage d'une no¬ 
tice intitulée : Notice descriptive de la banlieue de Saint-Omer . 

Des remerciments sont adressés aux auteurs de ces deux ou¬ 
vrages, qui seront déposés dans la bibliothèque du Comité. 

M. Duhamel, correspondant, adresse copies de deux documents 
inédits, 6 et 10 décembre 1768, concernant l'administration de 
M. de Curzay, en Corse. Ces pièces, dont les originaux sont con¬ 
servés aux archives départementales de la Corse, sont accompagnées 
d'une note du correspondant. 

Renvoi à M. de Mas-Latrie. 

M. H. Lepage, correspondant, adresse copie de documents qu’il 
a tout lieu de croire inédits, et qui offrent une sorte d’intérêt d'ac¬ 
tualité; cette communication a pour titre : Le château de Belfort , fief 
lorrain . 

Renvoi à M. A. de Barthélemy. 

» 

M. Nozot, correspondant, adresse divers documents : 

i° Oraison a M gr saint Fiacre, pièce originale trouvée dans une 
commune du canton de Carignan, arrondissement de Sedan; 

2° Privilèges de la souveraineté de Sedan, 28 août i 535 ; 

3 ° Ordonnance par laquelle est permis à ceux de la religion ré¬ 
formée le presche dans le temple de l’église romaine, 6 février 
1587 5 

4 ° Serment de fidélité fait et presté à M gr par les bourgeois et 
habitants de la ville de Sedan ( 3 o mars i 6 â 3 ). 

Renvoi à M. Bellaguet. 

M. Soucaille, correspondant, adresse copies de trois document 
historiques appartenant aux archives municipales de Béziers, por¬ 
tant les dates des 18 avril i 43 <), 3 septembre 16/19,3 octobre 1667. 

Dépôt aux archives et remerciments. 

M. de Sourdeval, correspondant, adresse un résumé du dossier 

11. 


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— 152 — 


sur le droit d'amirauté patrimoniale, que prétendaient et exerçaient 
les princes de Talmont. Ce dossier fait partie des archives départe¬ 
mentales de la Vendée. * 

Renvoi à M. Lascoux. 

M. Charvet, agent-voyer de l’arrondissement d’Àlais, président 
de la Société scientifique et littéraire d’Alais, fait hommage des ou¬ 
vrages suivants : 

i° Première livraison du cartulaire de Removlains (xm e siècle), 
dont l'administration municipale de cette localité lui a confié la pu¬ 
blication; 

a 0 Les coutumes de Removlains; 

3 ° Les fumadea et leurs environs. 

Dépôt de ces trois brochures à la bibliothèque du Comité et re- 
merclments. 

Le même M. Charvet adresse copie d’un autographe de deux 
lettres inédites du pape Clément VII (i529-i 533), qu’il accom¬ 
pagne de quelques éclaircissements. 

Renvoi à M. de Mas-Latrie. 

M. Mireur, archiviste du département du Var, fait hommage d’une 
brochure qull a publiée et qui a pour titre : Épisode des guerres de 
religion en Provence; siège et destruction du château de Trans , avec une 
chanson du temps sur la mort des frères Raphaël de Châteauvieux , i 5 y g. 

Dépôt à la bibliothèque et remercîments. 

M. le Président désigne, pour rendre compte de publications de 
Sociétés savantes, MM. Cocheris, A. de Rarthélemy, Théry, Jour¬ 
dain, Lalanne, Hippeau et de La Villegille. 

M. le Président, après avoir pris l’avis delà section, nomme une 
commission qui sera chargée de préparer la liste des Sociétés sa¬ 
vantes qu’il y a lieu de proposer à M. le Ministre pour recevoir 
des subventions, en 1873, sur le fonds affecté à cette destination. 

M. Boutaric, au nom de la commission chargée d’examiner le 
projet de publication, dans la collection des Mélanges de documents 
inédits, des correspondances françaises dont M. G. Bertrand a fait 
exécuter des copies h Saint-Pétersbourg, propose l’ajournement de 
cette* publication. Il est nécessaire d’attendre que ces documents. 


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— 153 — 

dont la recherche doit être continuée, soient plus nombreux et 
forment un ensemble plus complet. 

Cette proposition est adoptée. 

M. L. Delisle fait connaître que la commission nommée pour 
s’occuper de la publication des Rôles gascons n’est pas encore en me¬ 
sure de faire son rapport. Elle a besoin de s’entendre avec l’édi¬ 
teur, M. Francisque Michel, sur le plan qu’il convient d’adopter 
pour cette publication. 

Des rapports sont lus par : 

M. Jourdain, sur les Mémoires de F Académie des sciences , etc., de 
Clermont-Ferrand 1 ; 

M. Rathéry, sur le Bulletin de la Société historique et archéologique 
du Limousin 2 ; 

M. Théry, sur le Bulletin de la Société cCagriculture, des sciences et 
arts de Poligny 3 ; 

M. A. de Barthélemy, sur le Bulletin de la Société archéologique de 
Sens 4 ; 

M. Beilaguel, sur les Mémoires de la Société des antiquaires de 
rOuest b ; 

M. Michelant, sur le Bulletin de la Société académique de Laon °. 

Ces six rapports sont renvoyés à la commission de la Revue. 

M. L. Delisle lit un rapport sur l’Histoire de l’ancien évêché- 
comté de Lisieux, par M. de Formeville, a vol. in-8°. 

M. Lascoux donne également lecture d’un rapport sur deux com¬ 
munications manuscrites. Il propose de déposer aux archives celle 
qui est adressée par M. d’Arbaumont, correspondant, et qui a pour 
titre : Contrôle des amendes et exploits de justice advenus et escheus du 
mois de février au mois de septembre iù 5 g au baillaige de Dÿon, etc . eto. 

* Tomes XI, XII et XIII. 

5 Tomes XIX et XX, 1689 ® 1871. 

3 Année 1871. 

4 Tome X. 

* TomesXXXIV, 1869, et XXXV, 1870-1871. 

* Tome XVIII, années 1866-1867 et 1867-1868. 


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— 154 — 


Le même rapporteur propose l'impression de deux pièces copiées 
par M. Àlbanès, dans un vieux registre de notaire à Toulon, à 
savoir : 

i° Contestation survenue à Ollioules, le 10 août 1487, entre 
deux habitants du bourg de Sixfours, au sujet de la tête d’un pois¬ 
son appelé Empereur; 

2° Comment on recrutait l’équipage d’un navire à Toulon, en 
iZ » 97 - 

M. Lascoux désire qu’à l’avenir M. Albanès, en envoyant, comme 
il vient de le faire, de bons textes, veuille bien y joindre des anno¬ 
tations. 

M. de Mas-Latrie donne lecture d’un rapport sur une communi¬ 
cation deM. d’Arbaumonl, dont il propose le dépôt aux archives : 
Recherches sur le prieuré de Sainte-Foy ou mieux de Chevigny-Sainte-Foy 
( Côte-cTOr). 

M. L. Delisle rend compte verbalement de diverses communica¬ 
tions qui avaient été renvoyées à son examen. 

M. Tartière, correspondant: Note sur le cartulaire municipal de 
la ville de Dax, dont le correspondant désirerait que la publica¬ 
tion fût faite aux frais de l’État. Il ne saurait être donné suite à 
cette proposition; mais, comme la note de M. Tartière est très-bien 
faite, il y a lieu de la publier dans la Revue , pour faire connaitre 
les détails intéressants qu’elle renferme. 

M. Aubertin, correspondant: Copie d’un titre relatif à la con¬ 
cession faite à l’église de Poligny, canton de Nolay, arrondissement 
de Beaune (Côte-d’Or), de reliques de saint Bon (août 1692). 

M. Dupré, correspondant : Analyse et extraits d’un cartulaire de 
la ville de Blois. La section, dans l’impossibilité où elle se trouve 
de publier le travail de M. Dupré, exprime le vœu que celui-ci 
puisse publier sa notice dans un recueil local, et elle ne doute pas 
que la Société des sciences et lettres de Loir-et-Cher ne s’empresse 
de l’accueillir dans ses Mémoires. 

A cet effet, la section renvoie à son correspondant l’intéressant 
travail dont il lui avait donné communication. 


1 


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— 155 — 


Les conclusion** des rapports de MM. Lascoux, de Mas-Latrie et 
Delisle sont adoptées. 


C. Hippkau, 


Secrétaire de la s(*clion d*hisloirc et rie philologie. 


SÉANCE DU 19 JUILLET 1873 . 

PRÉSIDENCE DE M. LASCOUX, 

VICB-PR^SIDEirr. 


M. Francisque Michel demande une nouvelle mission eu Angle¬ 
terre, pour y continuer la copie des Rôles gascons . 

M. Ch. Aubertin, correspondant, adresse copie d’un mémoire du 
conventionnel Joseph Lebon, qui contient le germe de l'idée que 
Bonaparte a essayé de réaliser plus tard, lors de la formation du 
camp de Boulogne. Il s’agissait de l’établissement, a Ambleteuse, 
d’un port destiné à commander le détroit du Pas-de-Calais, à pro¬ 
téger la France contre toute attaque de la part de l’Angleterre, et à 
favoriser une descente en ce pays. 

Renvoi à M. Hippeau. 

M. Charles de Beaurepaire, correspondant, adresse la copie d’un 
arrêt de l’échiquier de Normandie, rendu, en i Z17 4, contre Margue¬ 
rite de Pierrecourt, veuve du chroniqueur Jeau Lefebvre de Saint- 
Remy. Ce document fournit quelques particularités sur la vie du 
chroniqueur bourguignon. 

Renvoi à M. Delisle. 

M. Henri de Laplane 1 , correspondant, fait hommage de divers 
volumes publiés par lui, et qu’il espère que le Comité voudra bien 
faire déposer dans la bibliothèque des Sociétés savantes. 

i° L’abbaye et les abbés de Clairmarais, d’après les archives. 

q # MM. de Valbelle, évêques de Saint-Omer, 168A. 

3 ° Eperlecques (Pas-de-Calais), ses seigneurs, son ancien ch⬠
teau, son église et sa vieille tour. 

1 M. Henri de Laplane est décédé depuis cel envoi. 


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— 156 — 

Plusieurs de ces volumes paraissent présenter une certaine im¬ 
portance; la section désire qu’un de ses membres les examine et lui 
en rende compte. 

Elle prie M. Jourdain de vouloir bien se charger de ce rapport. 

M. G. Leroy, correspondant, adresse copie d’un document inédit 
avec une note à l’appui, concernant le passage de l’ambassadeur de 
Perse à Melun, en l’année 171 5 , lorsqu’il se rendait à la Cour de 
Louis XIV. 

Remercîments et dépôt aux archives. 

M. Brun Durand, membre de plusieurs Sociétés savantes, trans¬ 
met la copie d’une charte du 5 janvier i 3 g 8 , constatant l’obliga¬ 
tion de 3 oo florins d’or, souscrite par les habitants de la ville de 
Crest (Drôme) pour le compte de Louis II de Poitiers, comte de 
Valentinois et de Diois, leur seigneur. 

Renvoi à M. Lascoux. 

M. Victor de Saint-Genis, conservateur des hypothèques à Châ- 
tellerault, lauréat de l’Institut, etc., adresse un mémoire sur une 
paraphrase satirique inédite du Pater , écrite de i/i 5 o à 1&80, en 
Savoie, par un moine de l’abbaye de Sixt-en-Faucigny. 

Renvoi à M. Marty-Laveaux. 

M. de La Villegille, secrétaire du Comité, fait connaître les pro¬ 
positions faites par la commission chargée de dresser la liste des 
Sociétés auxquelles elle propose à M. le Ministre d’accorder des sub¬ 
ventions. 

La commission, comme les années précédentes, a divisé les So¬ 
ciétés en trois catégories : 

La première se compose de cinq Sociétés, la deuxième de trente 
et une et la troisième de quarante-cinq; en tout quatre-vingt-une 
Sociétés. 

La liste arrêtée par la commission est adoptée. 

Des rapports sur des publications de Sociétés savantes sont lus 
par : 

M. Bellaguet, sur les Mémoires de la Société polymathique de Verdun 1 ; 

Tome VII. 


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— 157 — 

M. Desnoyers, sur la Société de statistique de Marseille (suite) 1 ; 

M. Bouta rie, sur les Mémoires de VAcadémie de Toulouse 2 et les 
Mémoires de la Société d'émulation du Doubs 9 ; 

M. Lascoux, sur le Bulletin de la Société départementale darchéologie 
et de statistique de la Drôme 4 . 

M. Michelant, sur le Bulletin de la Société d études dAvaUon 5 . 

M. Bellaguet lit un rapport sur une communication de M. A. 
Dupré, ayant pour titre Cérémonial des obsèques du roi Charles VII , 
et propose d'en publier certains extraits dans la Bevue . 

Cette proposition est adoptée. 

M. Meyer lit un rapport sur d'anciennes poésies religieuses, en 
dialecte liégeois, communiquées par M. Henri Beaune, et dont il 
propose l'impression dans la Revue. 

Adopté. 

Les rapports de MM. Bellaguet et Meyer sont renvoyés à la com¬ 
mission de la Revue . 

M. le comte de La Ferrière, présent à la séance, annonce qu'il 
déposera dans le courant de la semaine prochaine la fin du manus¬ 
crit du tome I er de la Correspondance de Catherine de Médicis. 

La section d'histoire et de philologie ajourne au mois de no¬ 
vembre la reprise de ses séances. 

C. Hippeau, 

Secrétaire de ia section d’histoire et de philologie. 


‘ Tomes XXVIII et XXXIV. 

* Tome II, 7* série. 

* Tome VI, /•*série, 1870. 

4 Tomes V et VI. 

* Dixième année, 1868-1870. 


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— 158 — 


SECTION D’ARCHÉOLOGIE. 


SÉANCE DU 1 h JUILLET 1873 . 


PRÉSIDENCE DE M. LÉON RENIER, 

MEMBRE DE L’INSTITUT, VICE-PRESIDENT DE LA SECTION. 


M. Barbier de Montault, correspondant, fait hommage des der¬ 
nières brochures qu’il vient de publier : 

i° Des armoiries ecclésiastiques d'après le droit commun (extrait de la 
Revue de T art chrétien , 1872); 

2° Deux ivoires du nv* siècle au musée chrétien du Vatican , à Rome 
(extrait des mêmes recueil et volume); 

3 ° Les Heures de René d'Anjou , à T évêché d Angers ( Marseille, in-8° 
de 8 pages); 

h° Les musées et les galeries de Rome , catalogue général de tous les 
objets qui y sont exposés (Rome, 1870, in-16 de iv-582 pages); 

5 ° Nieules et gaufriers du moyen âge et de la renaissance , in- 4 ° 
(extrait des Mémoires de la Société archéologique du midi de la France, 
t. X, année 1873). 

Des remerciments seront adressés à M. l'abbé de Montault. 

Le même correspondant adresse les copies de cinq inscriptions 
recueillies dans l’Ailier, l’Indre et la Vienne, qui fournissent des 
dates de construction ou des signatures de tableaux exécutés au 
xvn® siècle en province. 

M. Barbier de Montault demande, à cette occasion, s’il faut sup¬ 
primer dans les copies d’inscriptions ce qui ne peut s’exprimer que 
par un caractère spécial, ou s’il vaudrait mieux restituer la partie 
abrégée, etc. 

M. de Guilhermy, à qui la communication de M. l’abbé Barbier 
de Montault est renvoyée, voudra bien examiner les questions po¬ 
sées par le zélé correspondant. 


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— 159 — 

M. l’abbé Baudry, correspondant, adresse un aperçu du résultat 
des fouilles du vingtième puits funéraire de Troussepoil, et en 
même temps adresse au Ministre une demande, sur laquelle la 
section se réserve de donner un avis après nouvelles informa¬ 
tions. 

M. Cournault, correspondant, a adressé trois communications : 

D'abord la description d'une enceinte fortifiée située sur la hau¬ 
teur qui domine les communes de Prévocourt et de Tincry, canton 
de Deime, arrondissement de Château-Salins, département de la 
Meurthe avant la guerre. 

Cette enceinte offre une grande analogie avec les refuges que 
M. le docteur Keller a signalés en Suisse et qu’il a décrits t. XXXII 
et XXXIÜ des Mémoire* de la Société des antiquaire* de France . 

M. Cournault annonce en même temps la découverte faite, sur 
le territoire de la petite commune de Hau, entre Tincry et Nancy, 
de substructions antiques consistant en briques carrées et de forme 
arrondie. Ces dernières, empilées, formaient des colonnes de petite 
dimension. 

Le même correspondant adresse la relation d'une excursion à 
Sion (Meurthe), où le docteur Cugnien, de Vézelise, l’avait informé 
qu'il avait opéré, sur le plateau de la montagne, des fouilles ayant 
amené la découverte de murs antiques. Cette relation est accom¬ 
pagnée de deux planches de dessins. 

Dans le même envoi figurent encore de nombreux dessins de tor¬ 
que* et le calque du dessin d’un vase étrusque de bronze, provenant 
de Toul, Langres, Marsal, etc. 

Ces communications sont renvoyées à M. J. Quicherat. 

M. T. Desjardins, correspondant, président de la Société acadé¬ 
mique d’architecture de Lyon, demande au Ministre de vouloir 
bien prendre sous son patronage cette société, fondée en i 83 o, et 
qui publie régulièrement un volume d 'Annales tous les deux ans. 
A l’appui de cette demande, le président adresse les statuts et les 
diverses publications de cette Société. 

M. Lance, à qui sont renvoyées ces publications, est prié d’exa¬ 
miner la question de savoir si celte Société remplit les conditions 
voulues pour être inscrite au nombre des Sociétés auxquelles le 
Ministre de l’instruction publique accorde des subventions. 


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160 — 

M. Gomart, correspoudant, appelle l'attention du Ministre sur 
l'ancien camp romain de Vermand, dont l'administration des do¬ 
maines vient de prendre possession, ce qui fait craindre la destruc¬ 
tion des importants vestiges encore debout de l'oppidum des Vero- 
mandui , l'un des plus anciens monuments du nord de la Gaule. 
Cette communication est renvoyée à la Commission des monuments 
historiques. 

M. l'abbé Grimot, correspondant, adresse une notice, accompa¬ 
gnée d'une photographie, sur la vierge du pèlerinage d’Arcachon. 
M. Anatole de Montaiglon examinera cette communication. 

M. Nozot, correspondant, adresse des notes sur trois communes 
du département des Ardennes, Blombay, Chamois et Givron. La 
section renvoie ces notes à M. de Guilhermy. 

M. Mireur, archiviste du départemeut du Var, adresse copie de 
deux documents extraits des archives d’un notaire : Inventaire des 
habillements et parures d'une dame de Provence en i 58 o , et Additions 
à cet inventaire . Renvoi à M. Darcel. 

M. le Président désigne, pour rendre compte de publications de 
Sociétés savantes, MM. J. Quicherat, F. de Guilhermy, Clément de 
Ris, de Montaiglon et P. Lacroix. 

M. de La Villegille, secrétaire du Comité, fait connaître la liste, 
par catégories, des Sociétés savantes auxquelles la commission spé¬ 
ciale propose qu’il soit accordé des subventions par le Ministre. 

Après délibération, la liste de la commission est adoptée, avec 
deux modifications proposées par MM. Quicherat et de Montaiglon, 
qui ont demandé et obtenu l'élévation, à des rangs supérieurs, de 
deux Sociétés dont ils ont fait valoir les titres. 

Des rapports sur les publications des Sociétés savantes sont lus : 

i° Par M. de Montaiglon, sur le i cr fascicule du tome I er du 
Bulletin de la Société historique de Compiègne , 1869-1870; 

9 0 Par le même, sur la Revue agricole , scientifique et littéraire de 
Varrondissement de Valenciennes , 1 9 e et 90 e années, t. XXI et XXII; 


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— 161 — 


3 ° Par M. Douët-d’Arcq*, sur la 2* partie du tome VIII des Mé¬ 
moires de la Société académique d’archéologie de l’Oise. 

Ces trois rapports sont renvoyés à la Commission de rédaction 
* de la Revue. 

M. Marion donne des explications au sujet de la 4 e note sur les 
forts vitrifiés de la Creuse en général et en particulier sur le Puy 
de Gaudy, dont M. Thuot se plaint qu’il n’ait pas été rendu compte 
dans la Revue . 

M. Marion ne pense pas qu’il y ait lieu d’insérer cette note in 
extenso dans la Revue; mais, si la section le jugeait convenable, on 
pourrait en publier quelques extraits, que notre collègue se char¬ 
gerait d’indiquer. Les conclusions de M. J. Marion sont adoptées. 

M. Paul Boeswillwald adresse au nom de son père, M. Boeswill- 
wald, membre du Comité, la traduction d’une pièce en langue 
gasconne du xv* siècle, transmise par M. Raymond, archiviste des 
Basses-Pyrénées, correspondant à Pau, qui est provisoirement dé¬ 
posée aux archives du Comité. 

M. J. Quicherat donne lecture d’une communication de M. Jules 
Chevrier, correspondant, relative à la question du ferrage des che¬ 
vaux dans la Gaule. Ce rapport, accompagné de cinq dessins, est 
renvoyé à la commission de la Revue. 

M. Albert Dumont lit un rapport sur une communication de 
M. Aurès, relative à la contenance d’une œnochoé du musée de 
Nîmes. 

Le même membre rend ensuite compte verbalement d’une lettre 
de M. Martin-Daussigny, relative à diverses fouilles exécutées sur 
divers points de la ville de Lyon. Le rapporteur propose l’insertion 
de cette lettre dans la Revue des Sociétés savantes. Ces conclusions 
sont adoptées. 

M. le comte Clément de Ris lit un rapport sur le dessin adressé 
par M. Grasset, conservateur du musée de Varzy (Nièvre), d’un 
cadran solaire horizontal en plomb donné récemment à cet établis¬ 
sement. 

Le même membre rend compte d’une communication de M. l’a- 


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— 162 — 

luirai Lapeîin, relative à des inscriptions trouvées dans l'ile de 
Pâques, transmise au Comité par M. le Ministre de la marine. Le 
rapporteur propose le dépôt aux archives des photographies de ces 
inscriptions, en exprimant le vœu que Tune de ces photographies 
soit reproduite dans la Revue. Ces conclusions sont adoptées. 

M. Douët d’Arcq propose l'impression dans la Revue d'une note 
adressée par M. l’abbé Corblet sur un sceau en cuivre du xv* siècle 
trouvé à Saint-Quentin, qu’il voudrait voir reproduit avec cette 
note, attendu que c’est le sceau d’un inquisiteur et que ces monu¬ 
ments sont d’une grande rareté. La collection des Archives natio¬ 
nales, qui compte maintenant plus de 3 o,ooo types, n’en possède 
qu’un seul de cette classe, celui des inquisiteurs généraux; mais ce 
sceau date de l’an 1669. Les conclusions de M. Douët d’Arcq sont 
adoptées. 

M. de Montaiglon propose verbalement l’impression dans la Revue : 

i° D’une communication de M. l’abbé Magloire Giraud. Il s’agit 
d’un document qui se rattache à une précédente communication 
du savant ecclésiastique, insérée dans la Revue des Sociétés savante r, 
2 e série, t. III, p. 389-/101, sur le sculpteur Joseph Lieautaud. 

9° D’une communication de M. Gabriel Leroy, correspondant 
C’est la copie de documents inédits, avec notes explicatives, sur les 
peintres Ambroise Dubois et Martin Fréminet, avec des détails sur 
diverses œuvres d’art de l’abbaye du Lys, près Melun. Les conclu¬ 
sions du rapporteur sont adoptées. 

M. Chabouillet donne lecture d’un rapport sur une dissertation 
de M. l’abbé Arbellot ayant pour objet le diptyque en ivoire de 
Flavius Félix, dont les deux feuilles étaient conservées jadis dans 
l’abbaye bénédictine de Saint-Junien, au diocèse de Limoges. Le 
rapporteur propose le dépôt de cette communication aux archives, 
et demande que des remercîments soient adressés à M. l’abbé Ar- 
bellot. 

M. Darcel propose la publication dans la Revue de deux inventaires 
des armes conservées en t 5 i 1 et i 5 iq à l’hôtel de ville de Nimes, 
•dont les copies ont été envoyées par M. A. de Lamothe, correspon¬ 
dant. Les conclusions du rapporteur sont adoptées. 


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— 163 — 

M. Albanès, docteur en théologie, rappelle que, dans une précé¬ 
dente communication, il avait affirmé que la première partie de 
l'épitaphe de sainte Casarie était entièrement inédite. M. Albanès 
croit devoir se rectifier lui-même. Le Gallia christiana, dans les 
Addenda du tome II, a donné les neuf premiers vers de cette épi¬ 
taphe, qui avaient été communiqués aux auteurs de cet ouvrage par 
dom Jacques Boyer, religieux de Saint-André; mais le dixième vers, 
qui sert à lier la première partie à la deuxième, a été omis des 
deux côtés, de manière à laisser l’inscription incomplète. 

M. le baron de Guilhermy fait ressortir l’intérêt qu’il y aurait à 
donner le texte entier d’une aussi importante inscription, et pro¬ 
pose le renvoi à M. Albanès de ses précédentes communications, 
en le priant d’y faire telles rectifications qui lui paraîtraient néces¬ 
saires. 

M. Édouard de Barthélemy lit une note relative à des fouilles 
récemment exécutées sur plusieurs points du département de la 
Marne. Cette note est renvoyée à la commission de la Revue , et 
notre collègue reçoit les remerçîmenis de l’assemblée. 

M. le Président déclare la clôture de la session de 1872-1873 
et ajourne ses collègues au mois de novembre 1873. 

Chabouillet, 

Secrétaire de la section d’archéologie. 


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— 164 — 


RAPPORTS 


DES MEMBRES DU COMITE SUR LES TRAVAUX DES SOCIETES SAVANTES, 


SECTION D’HISTOIRE ET DE PHILOLOGIE, 


Mémoires de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts 
DE ClERMONT-FeRRANT . 

Tomes XI, XII et XIII. Clermont-Ferrand, 1869, *870 et 1871, 3 >oI. 

L’Académie de Clermont est une de celles dont les travaux se 
poursuivent avec le plus de régularité. Elle n’a pas été détournée de 
ses voies par les circonstances qui tendaient le plus à l’en éloigner. 
Au milieu de nos désastres, elle a continué à se réunir, à entendre 
d’intéressantes communications, et à enrichir de nouveaux volumes 
la collection de ses Mémoires. Ce sont quatre volumes de ce genre 
qui ont été renvoyés à notre examen; ils correspondent aux années 
1869, 1870 et 1871. Peut-être le compte rendu que nous allons 
en faire paraîtra-t-il un peu long; mais nous prions nos collègues 
de vouloir bien considérer qu’il s’agit, non pas d’un volume, mais 
de quatre, dont un seul a huit cents pages, et qui tous contiennent 
des études historiques et des documents dignes, nous le croyons, 
de l’attention du Comité. 

Quand on a écarté les mémoires purement scientifiques, comme 
la Nouvelle théorie chimique , de M. Hippolyte Lamy, ou la Description 
d'une nouvelle horlogerie électrique , de M. Guyard, les matières de 
notre compétence qui composent ce volume sont des pièces de 
vers, des notices biographiques, enfin plusieurs mémoires ou docu¬ 
ments ayant un caractère exclusivement historique. 

Nous nous contenterons de citer, sans nous y arrêter autrement, 
les pièces de vers qui ont été lues dans les séances de l’Académie de 
Clermont. Ce sont Quelques vers et des Souvenirs rimés , par M. de 


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— 105 — 

Parieu, ancien ministre de l'instruction publique; une comédie-pro- 
verbe, en un acte, et des Strophes et Sonnets , par M. Louis Chalme- 
ton. Ajouions-y un hymne, du caractère le plus gracieux et le plus 
touchant, La prière des petits enfants , de M. Eugène L'Ébraly, que 
l'Académie de Clermont, sans l'avoir possédé dans ses rangs, avait 
le droit de compter parmi les siens, puisqu'il était enfant de l’Au¬ 
vergne, 

Nous nous bornerons également à donner la liste des notices 
biographiques consacrées, dans les volumes qui sont entre nos 
mains, à M. Mathieu Enjubault, ancien président de la cour d’appel 
de Riom, à M. de Fos, membre de l’Académie de Clermont, à 
M. Rabusson-Lamothe, député du Puy-de-Dôme à l’assemblée lé¬ 
gislative, et à MM. Gilbert Riberolles, Dufraisse du Cheix et Andrieu, 
députés de la basse Auvergne aux États généraux de 1789. Comme 
on le voit, ces dernières notices nous reportent vers des temps et 
vers des événements qui commencent à s'éloigner de nous, et sur 
lesquels il est important de recueillir, avant qu’ils ne s’effacent, les 
souvenirs des contemporains. Elles ont été composées par M. Fran¬ 
cisque Mége, avec érudition et conscience, d’après les journaux et 
les écrits du temps, et, ce qui leur donne encore plus de prix, sur 
des indications fournies par les archives locales et les papiers de 
famille. Nous n’essayerons pas néanmoins de les aualyser, car nous 
estimons que l’analyse enlève aux biographies les mieux composées 
ce qui fait leur principal intérêt, en les dépouillant de ces détails 
personnels et intimes qui ne sauraient subsister dans un simple 
résumé. 

Mais nous avons hâte d’arriver à la partie de nos trois volumes 
qui rentre le plus directement dans le cadre des études de la sec¬ 
tion, et qui, par conséquent, doit nous occuper d’une manière plus 
spéciale. En voici le contenu, année par année, ou, ce qui revient 
au même, volume par volume : 

Année 1869. La presse en i 63 i, par M. Eugène Talion. — Les 
murs et fortifications de Clermont-Ferrand au commencement du xvnf 
siècle , par M. Francisque Mége. — Situation financière de la ville de 
Clermont-Ferrand à la veille de la Révolution (1788), par le même. — 
Uttres sur VAssemblée législative (1791-1793), adressées à la muni¬ 
cipalité de Clermont-Ferrant par Antoine Rabusson-Lamothe, dé¬ 
puté du Puy-du-Dôrae. 

Année 1870. Un détracteur de Titus , par M. Grellet-Dumaixeau. 

Ref. des Soc. saf. 5* série, l. VI. 1 a 


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— Classification des églises du diocèse ch i Clermont, par M. Mal lu y 
père. 

Année 187t. Les constitutions de VAcadémie des sciences, belles-lettres 
et arts de Clermont, par M. Michel Cohendy. — Correspondance de 
Georges Couthon, député à l’Assemblée législative et à la Convention 
nationale. 

Le mémoire de M. Talion sur La presse en i 63 i nous fait assis¬ 
ter aux débuts de la presse politique, alors que, sous l’administration 
de Richelieu, quelque forte qu’elle fût déjà, une lutte des plus vives, 
lutte de pamphlets, c’est-à-dire de médisances et de calomnies, 
s’engage entre les partisans et les adversaires du puissant ministre. 
Parmi les premiers d’abord, et bientôt parmi les seconds, figura, 
au premier rang, Mathieu de Morogues, abbé de Saint-Germain, au¬ 
mônier de la reine Marie de Médicis, apologiste zélé de la politique 
de Richelieu aussi longtemps que Richelieu ménage la reine-mère, 
mais son ennemi acharné dès que le cardinal, moins encore dans 
l’intérêt de son propre pouvoir que dans celui de la France, a rompu 
ouvertement avec celle qui avait favorisé son élévation. Nous regret¬ 
tons que M. Talion n’ait pas eu sous les yeux la notice approfondie 
que M. Perroud a consacrée, en 1 864 , à l’abbé de Saint-Germain, 
dans les Mémoires de l’Académie du Puy, et dont nous avons rendu 
compte ici même, il y a quelques années 1 . Nous croyons aussi qu’il 
eût trouvé d’utiles indications dans une note de M. Louis Lacroix, 
professeur à la Faculté des lettres de Nancy, sur une collection de 
3 a pièces historiques imprimées à Paris, pendant l’année 161 4 , et 
relatives aux troubles politiques du temps. Cette note fait partie 
du recueil des Mémoires lus à la Sorbonne en 18 61 2 . Enfin, sans prétendre 
multiplier indéfiniment ces indications bibliographiques, nous ne 
pouvons omettre une dissertation latine De politicis in Richelhm 
lingua latma UbelUs, présentée, en i 856 , par M. G. Hubault, à la 
Faculté des lettres de Paris. Dans les sujets de la nature de celui 
que M. Talion a traité, on ne saurait s’enquérir avec trop de soin 
des travaux antérieurs. Non-seulement ils épargnent souvent bien 
des recherches et quelquefois bien des erreurs, mais les emprunts 
qu’on est en droit d’y faire contribuent à rendre plus solide et plus 
complet le travail nouveau qu’on a soi-même entrepris. 


1 Revue de» Société» gavante», h * série, L V, Paris, 1867, p. 36 et 37. 
* Paris, Imprimerie impériale, i863, in-8 n , p. a5i etsuiv. 


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— 167 — 


Les deux communications de M. Francisque Mége sur la ville de 
Clermont-Ferrand fournissent des données précieuses pour l'histoire 
de l'Auvergne, et nous supposons bien que le dernier historien de 
Clermont, M. Tardieu, en a tire partie. La première, qui concerne 
a peu près exclusivement la topographie, offre la description 
de la vieille enceinte et des fortifications de la ville, d'après un 
procès-verbal dressé, en 1738, par les employés du domaine, en 
vue de déterminer les parties de fossés, remparts et constructions, 
qui seraient susceptibles d'être aliénées. La seconde communication 
de M. Mége nous fait connaître le triste état des finances de Cler¬ 
mont en 1788, c'est-à-dire aux derniers jours de la monarchie. Son 
revenu, an témoignage des officiers municipaux, s'élevait à 67,767** 
2* 6 d : ses dépenses ordinaires et prévues ne dépassaient pas 63 ,i 54** 
19* 3 d ; ce qui donnait, en apparence, un excédant de recette de 
&,6oo livres environ; mais cet excédant ne suffisait pas pour cou¬ 
vrir les charges extraordinaires et imprévues; encore moins contri¬ 
buait-il efficacement à diminuer la dette municipale qui dépassait 
alors 100,000 livres. Le conseil de ville proposait, pour sortir d'em¬ 
barras, certaines aliénations de rentes et de biens fonds. Mais il est 
douteux que ces projets aient eu aucune suite. Bientôt la révolution 
les emporta comme bien d'autres, en imposant aux municipalités 
de nouvelles obligations qui firent oublier les anciennes. 

Nous sommes entraînés bien loin de la révolution française, bien 
loin de Clermont et de l'Auvergne, par un mémoire de M. GrelleU 
Dumaileau, intitulé Un détracteur de Titus. Ce détracteur de Titus 
n'est autre que M. Beulé, secrétaire perpétuel de l'Académie des 
beaux-arts. Les amateurs de l'antiquité grecque et romaine, qui se 
plaisent k suivre, même dans les recueils périodiques, les études 
dont elle est l'objet, 11'ont pas oublié cette galerie de portraits, habi¬ 
lement mais sévèrement tracés, que M. Beulé a consacrés, il y a 
quelques années, dans la Revue des Deux-Mondes , aux premiers em¬ 
pereurs romaihs. Parmi ces princes, Titus est peut-être celui que 
l'ingénieux écrivain avait traité avec le plus de rigueur. Bien loin de 
voir en lui, selon la tradition, les délices du genre humain, il l'avait 
représenté sous les couleurs les plus sombres, comme une âme san¬ 
guinaire et dévorée d'ambition, qui n'avait dû sa bonne renommée 
dans l'histoire qu’à son hypocrisie. M. Grellet-Dumaizeau proteste 
contre ce jugement avec unesingulière énergie, qui n'est pas exempte 
d'amertume, ni même d’injustice; car il ne reproche pas seulement 

1 •>. 


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— 1G8 — 

à M. Beulé des erreurs, il va jusqu'à mettre en doute sa loyauté. 
Dans l'examen d'un point d'histoire, nous aurions voulu ne trouver 
sous la plume de l’écrivain aucune expression où parût le reflet de 
dissidences, disons mieux, de ressentiments politiques. Celte réserve 
faite, nous n'éprouvons aucune peine à reconnaître que la discusion 
à laquelle s'est livré M. Grellet-Dumaizeau est très-solide; qu’il suit 
M. Beulé pas à pas, en lui opposant des textes d'un grand poids; 
que l'empereur Titus ne pouvait trouver un avocat plus convaincu 
ni plus savant; et qu’enfin, si le portrait qu'a tracé de ce prince le 
brillant secrétaire perpétuel de l'Académie des beaux-arts a l’éclat 
et le charme d’un paradoxe artistemeut soutenu, on peut sérieuse¬ 
ment douter, après avoir lu la réfutation de M. Grellet-Dumaizeau, 
que ce portrait soit exactement conforme à la vérité historique. 

Nous avons peu de chose à dire de la courte notice de M. Michel 
Cohendy sur Les constitutions de T Académie des sciences , belles-lettres et 
arts de Clermont-Ferrand . Elle n'est qu’un résumé très-succinct de 
l'hisloire de cette compagnie. Deux tableaux y sont annexés : ils font 
connaître les noms des membres titulaires résidants et non-rési¬ 
dants de l’Académie de Clermont, depuis l’année 1826, où elle fut 
réorganisée sur les bases actuelles. 

Nous nous étendrons davantage sur la Classification des églises du 
diocèse de Clermont, par M. Mallay père, travail considérable, qui a 
coûté à l’auteur de longues recherches et qui sera toujours consulté 
avec fruit. L’auteur y a joint une introduction qui offre par elle- 
même un véritable intérêt; car elle comprend les procès-verbaux 
des visites pastorales faites par plusieurs évêques aux xvii® et 
xviii® siècles. On y voit, par exemple, que, de 1725 à 17/ii, Mas- 
sillon a fait mille trois cent vingt visites pastorales, et qu’il a trouvé 
dans les paroisses visitées : 861 ciboires en argent; 856 porte- 
Dieu en argent; 846 soleils-visoirs en argent et 1 en étain; 
1,371 calices en argent; 509 reliquaires en arççent; 1,252 eu 
diverses matières; 3 ,o 65 autels; 692 chapelles; *35 hôpitaux; 
49établissements de charité; 18 couvents d’hommes; i5 couvents 
de femmes; 57 écoles de garçons; 43 écoles de filles; 786 sages- 
femmes; 24 chapitres; 299 chanoines, etc. Au reste, les procès- 
verbaux auxquels nous empruntons ces détails ne sont pas les seuls 
documents que M. Mallay a eus entre les mains. Il s’est livré, du¬ 
rant plusieurs années, à une véritable enquête sur les églises et cha¬ 
pelles du diocèse de Clermont, et il est parvenu à donner par 


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— 169 — 

arrondissement une nomenclature des édifices paroissiaux, en in¬ 
diquant, pour chacun d'eux, la date de la construction ou de la 
restauration, et une description, le plus souvent sommaire et quel¬ 
quefois détaillée. Nous ne sommes pas en mesure de garantir que 
l’auteur ne se soit jamais trompé, ni de relever ses erreurs, en 
supposant qu’il en ait commis. Ce travail de critique exigerait une 
étude approfondie à laquelle nous n’avons ni le temps ni les moyens 
de nous livrer. Mais nous n’hésitons pas à signaler le travail de 
M. Mallay, pris dans son ensemble, comme une statistique dressée 
avec conscience, et qui nous parait devoir être fort utile aux futurs 
historiens de l’Auvergne. 

Nous avons réservé pour la fin de ce rapport les deux correspon¬ 
dances publiées par M. Mége, à savoir: les lettres sur l’Assemblée 
législative adressées à la municipalité de Clermont par Rabusson- 
Lamothe, député du Puy-de-Dôme, et la correspondance du trop 
célèbre conventionnel Georges Couthon. 

Né è Clermont-Ferrand, le i 3 juillet 1756, d’une famille origi¬ 
naire des environs d’Ébreuil, Antoine Rabusson-Lamothe était avocat 
du roi au présidial de Clermont, lors de la convocation des États 
généraux. Il ne fit pas partie de cette assemblée; mais il fut député 
par ses compatriotes à l’Assemblée législative. Là, il fit preuve, au 
moins jusqu’à la journée du 10 août, d’une singulière modération, 
et se montra très-attaché aux principes constitutionnels, hors des¬ 
quels il ne voyait que confusion, anarchie et dissolution sociale. Il 
estimait que la Révolution ne devait pas se prolonger après l’éta¬ 
blissement des lois, et qu’on devait, au besoin, se sacrifier pour les 
faire respecter et exécuter. «Les plus grands ennemis du peuple, 
disait-il encore, ne sont pas les aristocrates à panaches et à rabat, 
qui, dans leur vain et sol orgueil, veulent faire perpétuer et con¬ 
sacrer des privilèges pécuniaires et de petites distinctions. Pour 
moi, ajoutait-il, je redoute bien davantage ceux qui excitent et 
flattent en môme temps les passions du peuple, qui exagèrent tous 
ses droits, qui ne lui parlent jamais de ses devoirs, qui énervent 
l’autorité des lois, qui avilissent ou compromettent la représentation 

nationale.* Tel est l’esprit général qui règne dans la première 

et la plus considérable partie de la curieuse correspondance publiée 
par M. Francisque Mége. «Pour qui n’est pas aveugle, écrivait encore 
Rabusson-Lamothe au lendemain de la journée du 20 juin 1792, 
pour qui n’est pas aveugle, les projets des factieux sont à décou- 


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— 170 — 

vert; on veut anéantir le pouvoir exécutif, le transporter ou le 
changer; enfin on viole ouvertement la Constitution, qui assure la 
prérogative royale.Des intrigants échauffent et émeutent quel¬ 

ques mercenaires, et blessent toutes les idées de justice, de morale, 
de politique, de droit social et naturel. On ose présenter comme le 
vœu du peuple, comme le peuple lui-même, huit à dix mille per¬ 
sonnes dont la plupart n’ont pas même l’activité civique.» Et plus 
loin, p. 371 : trL’Assemblée ne devait pas hésiter à faire rechercher 
et punir les auteucs des instigateurs de la scène du 2o juin, et déjà 
il n’en est plus question.» Mais, après le 10 août, le langage de 
Rabusson-Lamothe change; il semble que ses yeux aient été tout à 
coup dessillés, et il accuse le malheureux Louis XVI avec autant de 
véhémence qu’il protestait naguère contre les anarchistes. Triste pa¬ 
linodie d’une âme faible, qui n’avait pas cessé au fond d’aimer l’ordre 
et la paix, mais que la peur avait troublée et égarée 1 Rabusson ne 
fit pas partie de la Convention; sous le Consulat, il fut préfet de la 
Haute-Loire, et il parait avoir administré ce département avec sagesse. 
Sous l’Empire, des revers de fortune lui enlevèrent tout ce qu’il pos¬ 
sédait. Il mourut en 1821, dans un étal voisin de la misère. 

, La correspondance de Georges Couthon est plus curieuse encore 
que celle de Rabusson-Lamothe. Elle a été retrouvée par M. Mége 
à la bibliothèque de Clermont, et, bien qu’elle renferme d’impor¬ 
tantes lacunes, elle offre un véritable intérêt par les lumières qu’elle 
jette sur le caractère et les opinions de son auteur. Couthon, chose 
singulière! s’était d’abord prononcé de la manière la plus énergique 
en faveur de la monarchie constitutionnelle. « Je serais le premier 
à adopter l’état républicain, écrivait-il en 1791, comme étant celui 
qui, dans les obligations sociales qu’il impose, s’écarte le moins du 
but de la nature, si je voyais la possibilité de nous maintenir dans 
ce genre de gouvernement. Mais, quelque ardent que soit, parmi les 
Français, le feu sacré du patriotisme, peut-on se flatter que le sen¬ 
timent du bien public commande perpétuellement à tous? Quel est 
celui qui, connaissant les hommes tels qu’ils sont, oserait garantir 
son pays des brigues, des factions, des conspirations? Comment 
empêcher que l’empire le plus beau, le plus florissant, ne devienne 
tôt ou tard l’objet des désirs brûlants de l’ambition? Quels moyens 
de prévenir et d’arrêter les suites d’un projet combiné au milieu de la 
confiance obtenue par un traître? Ne vit-on pasjchez les Romains, 
le peuple le plus fier et le plus jaloux de sa liberté, un Sylla pré- 


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— 171 — 

parer la chute de la République, et bientôt après un César, plus 
audacieux encore, la consommer? Et combien de Syllas et de 
Césars ne se trouverait-il pas en France!... Je crois donc que la 
monarchie légale est le seul gouvernement qui nous convienne par 
essence. Je crois qu'il nous faut un roi, mais un roi citoyen, qui ne 
prétende régner que par la loi et suivant la loi...* Ainsi s'exprimait 
Coulbon, dans sa comédie de V Aristocrate converti , que M. Mége a 
eu l'heureuse idée de réimprimer; et, dans une lettre du 21 fé¬ 
vrier 1792, il déclarait de nouveau la ferme volonté d'être fidèle 
au serment qu'il avait fait de maintenir la Constitution. Mais une 
année ne s'était point écoulée, Couthon oubliait son serment jus¬ 
qu a voter la mort de Louis XVI; bientôt il inaugurait à Lyon, par 
de sanglantes hécatombes, les cruautés qui suivirent la victoire de 
l'armée républicaine; il associait son nom aux mesures les plus vio¬ 
lentes ordonnées ou inspirées par le Comité de salut public, et il 
succombait, au 9 thermidor, avec Robespierre et Saint-Just, chargé, 
comme eux, de l’exécration des gens de bien. II est curieux de suivre, 
dans 6a correspondance avec la municipalité de Clermont, le pro¬ 
grès de la passion politique détournant de leur cours naturel les 
sentiments généreux et honnêtes dont il n'était pas dépourvu, en¬ 
vahissant peu à peu son âme, finissant par la dominer, et le con¬ 
duisant, par une pente rapide, à des actes de cruauté devant les¬ 
quels, quelques années plus tôt, sa conscience aurait reculé. Cette 
correspondance ne renferme pas les éléments d’une apologie de 
Couthon; mais elle contribuera à le faire mieux connaître, et à 
mêler un peu d'indulgente pitié aux sentiments d'horreur que son 
nom avait excités jusqu’ici. Écrite au jour le jour, sous le coup des 
événements, elle est d'ailleurs un nouveau et utile témoignage sur 
la période la plus sanglante de la Révolution française. A cedouhle 
point de vue, on ne saurait trop remercier M. Francisque Mége 
de l’avoir mise en lumière et d'en avoir enrichi la collection de* 
Mémoires de l'Académie de Clermont. 

C. Jourdain, 

Membre du Comité. 

Bulletin db la Société bistoriqub Ït archéologique du Limousin . 

Tomes XIX et XX, années 1869 à 1871, a vol. in-8°. 

De ces deux volumes, le premier, qui serait mieux qualifié de 


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— 172 — 

fascicule, ne renferme, pour ce qui est du ressort de la section, 
qu'un court document et une notice peu étendue. Le roi Louis XI à 
Brive*, communiqué par M. Philibert Lalande, est à la fois un mo¬ 
nument de la langue limousine au xv c siècle et an épisode de l’his¬ 
toire locale pouvant fournir quelques détails suî* les cérémonies 
usitées lors de la réception des souverains dans les diverses villes 
de leur royaume. L’abbé Arbeüot a retracé la vie modeste et labo¬ 
rieuse du père Étienne Pétiot, de la compagnie de Jésus, né à Li¬ 
moges en 1602, mort au collège de Metz le 12 février 167b; il 
y a joint la liste de ses ouvrages latins et français, parmi lesquels 
on remarque un éloge de Louis XIH, composé en 1628, à l’occasion 
de la prise de la Rochelle, et réimprimé depuis, où les diverses 
péripéties du siège, sans en excepter la fameuse digue construite 
par l’ordre de Richelieu, se trouvent décrites dans une latinité pure 
et élégante. 

Le second volume est rempli par des biographies dues à la plume 
éléganle de M. Dubédal, conseiller à la cour de Limoges. Nous nous 
contenterons de mentionner celles de M. Alphonse Bardinet et Othon 
Péconnet, jeunes avocats du barreau de cette ville, morts tous deux 
à la fleur de l’âge, tous deux victimes du devoir, l’un dans les 
plaines de Tcrminiers, l’autre à l’Assemblée nationale. Mais Ur Notice 
sur Tabaraud , qui n’occupe pas moins de 235 pages, mérite, par 
son importance et par la plus grande notoriété de celui qui en est 
l’objet, que nous y insistions davantage. 

Membre de la communauté de l’Oratoire, fondée parle cardinal 
de Bérulle, vantée par Bossuet et par Voltaire, qui se distinguait 
des autres ordres par l’absence des vœux, et qui se rattachait par 
plus d’un lied à Port-Royal, dont elle partageait la double vocation 
pour l’enseignement et pour la polémique religieuse, de cette cé¬ 
lèbre société à laquelle appartinrent, dans le passé, Mascaron, 
Massillon, Malebranche, Daunou et Fouché, à une époque plus 
rapprochée de nous, et qui compte encore de nos jours des repré¬ 
sentants distingués, Tabaraud, oratorien, gallican, canoniste, fut 
mêlé aux controverses de la fin du dernier siècle et du commence¬ 
ment de celui-ci, en passant par la Révolution française. 

Nous le voyons d’abord, préparé par de fortes études, enseigner 
les lettres et la philosophie dans les couvents de son ordre, travailler 
à la Théologie de Lyon, et lutter contre l’évêque de la Rochelle pour 
la cause du droit et de la libellé, a propos de l’édit qui rendait 


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— 173 — 

I étal civil aux protestants. Mais, plus tard, quand les prélats sont per¬ 
sécutés à leur tour, il prend en main la défense de son évêque contre 
un usurpateur, il cherche à calmer les passions dans cette ville de 
Limoges qui semble vouée aux luttes du cléricalisme et de la liberté, 
où l’ancien moine Foucaud, défroqué, mais toujours jacobin, me¬ 
naçait les hommes de l’échafaud, et brisait, dans un festin soi- 
disant patriotique, la belle verrière du Christ crucifié, qui devait 
être également sacrée pour lui au double point de vue de l’art et de 
la religion. «Qui eût osé prédire alors, dit à ce propos M. Dubédal, 
que ce fougueux tribun, ce renégat, revenu de ses illusions et de 
ses fureurs, tromperait les jours de sa vieillesse maladive et cha¬ 
grine, dans une tour silencieuse, en face de la cathédrale de Li¬ 
moges, en rimant quelques chansons charmantes, et en traduisant 
les Fables de la Fontaine dans l’idiome patois de son pays? II ne 
songeait pas, en 1793, que la poésie lui donnerait, au déclin de 
ses jours, cette popularité qu’il cherchait à conquérir par les au¬ 
daces et les violences, au travers de la plus furieuse tempête qui 
soit jamais passée sur la France. Qui aurait surtout pu prévoir que 
sa dernière heure serait consolée et bénie par cette religion chré¬ 
tienne qu’il avait tant de fois insultée et reniée, et qu’un évêque 
de la sainte et vieille église viendrait s’agenouiller au pied de son 
lit de mort, et iuvoquer pour lui les miséricordes du Dieu dont il 
avait brisé l’image ?» 

Tabaraud, forcé de quitter la France, s’était retiré en Angleterre. 

II s’y constitua le défenseur du clergé réfugié, et donna des articles 
politiques au journal le Times . Ce fut là qu’il prépara les matériaux 
du plus célèbre de ses ouvrages, Y Histoire du philosophisme anglais, 
dans lequel il soutient celte thèse originale, que c’est notre philo¬ 
sophie française du xvn c siècle qui, gâtée et corrompue en An¬ 
gleterre par les Collins et les Toland, nous est revenue sous le nom 
de philosophisme et sous le patronage de Voltaire, de Diderot et 
de d’Alenibert. 

Revenu en France, et mis par l’abbé Bernier sur la liste des 
nouveaux évêques à instituer en vertu du Concordat, il refuse, et, 
quoique nommé censeur de la librairie sous l’Empire, il revient 
toujours, avec une prédilection marquée, à la polémique pour la¬ 
quelle il semblait né. «Dans cette orageuse existence de Tabaraud, 
dit son biographe, le travail était la loi suprême. Il écrivait livres 
sur livres, fulminait des brochures, envoyait à des journaux articles 


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— 174 — 

sur articles, s'attaquant à tous, aux évêques, au pape, aux jésuites, 
à Voltaire, à l'empereur, à Lamennais 1 , à Bellart; son nom était 
partout: au bureau de la censure, à la Biographie universelle , où il 
n'écrivit pas moins de 770 articles, à la Biographie de FeUer , à la 
Ckroniqtte religieuse , à la France catholique , aux Annales de la Haute- 
Vienne , au Times et aux Débats. Il lutta contre la cécité même, ne 
redoutant ni la peine ni le danger dans l'accomplissement de sa 
lâche, allant sans cesse de Paris à Limoges, toujours en éveil, sin¬ 
cère et doux avec ses amis autant qu'il était dur envers ses ennemis, 
et portant partout son air belliqueux, son esprit et son courage. U 
n'avait jamais reculé devant personne; il aurait pu dire, avec Saint- 
Cyran, qu’il fallait travailler sans cesse et mourir à l’œuvre et de¬ 
bout : stantem mori oportet . 

(r II a été de la famille des grands jansénistes, et il a eu plus d'un 
point de ressemblance avec Arnauld: amoureux, comme lui, de la 
polémique et de la controverse, infatigable autant que le docteur 
illustre de Port-Royal, et d'uue conscience aussi inflexible et aussi 
pure que la sienne... Leur style même se ressemble, un peu terne, 
diffus quelquefois et peu châtié.. . Le relief et la couleur n’y brillent 
que par éclairs, mais on y sent toujours la chaleur et le foyer.. . . 
Son malheur aura été de ne pas se bornera combattre les ennemis 
de la religion, au lieu d’égarer ses coups dans des guerres éteintes 
depuis plus d’un siècle. S'il avait su rester dans cette voie sacrée, 
il aurait plus glorieusement et plus utilement servi la religion et le 
pays, n 

Ne pouvant suivre l'auteur dans les détails de la vie accidentée 
du père Tabaraud, dans l'énoncé de ses nombreux ouvrages et des 
circonstances où ils ont vu le jour, nous avons voulu du moins, par 
ces citations empruntées au résumé final de son biographe, donner 
une idée de l'excellent travail de M. Dubédat, où le mérite du style 
s'unit à la justesse des vues, à la sûreté de la critique littéraire et 
historique. 

E.-J.-B. Rathkry, 

Membre du Comité. 

1 II est curieux de voir comment ce nom, voué à la célébrité, se trouve mentionné 
dans la lettre d’un ami de Tabaraud, à propos d'un article du Mémorial sur La dis- 
tinction du sacrement et du contrat de mariage : «L’auteur, est-il dit dans celte lettre, 
se nomme Lainénéo, Loménée, ou Lamesuave, frère, dit-on, d’un ftrand vicaire 
de Bayeux.fl 


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— 175 — 


Bulletin de la Société d’agriculture , de sciences et d'arts de Poligny. 

Année 1871. 

Le Bulletin des auuées 1869 et 1870, formant les tomes X et 
XI, manquent à la collection. Une note insérée à la première page 
du Bulletin de 1871 constate que, par suite de la guerre et pen¬ 
dant plusieurs mois, la publication a été interrompue, que le ser- 
vice des postes a été fort irrégulier à cette époque, et invite à ré¬ 
clamer les numéros manquant. Peut-êlre cette lacune pourra-t-elle 
être comblée. 

Les fascicules composant le tome XII, qui comprend l’année 
1871, sont remplis en grande partie par des communications 
scientifiques. 

On y trouve, en outre, des extraits de quelques manuscrits de 
Chevalier, historien spécial de Poligny, retrouvés par MM. Prost et 
Baille, et communiqués par ce dernier. Quoique Chevalier laisse à 
désirer pour la critique, il intéresse par son patriotisme sincère et 
désintéressé, et l’histoire locale lui doit de la reconnaissance. 

M. Prost, dans un travail exact et sérieux, fait comparaître de¬ 
vant nous les chevaliers du noble jeu de l’arquebuse de la ville de 
Poligny. 

A l’époque de l’affranchissement des communes, les bourgeois, 
échappés à la tutelle violente des seigneurs, sentirent le besoin de 
se créer une force armée capable de les protéger. De là les milices 
bourgeoises, espèces de compagnies, de corporations libres, à la 
fois civiles et militaires, constituées pour la défense de la ville 
contre les routiers, les tard-venus, les malandrins, qui, aux xiv* et 
xv e siècles, sillonnaient et dévastaient la France. 

La nécessité d’être toujours sur le qui-vive entretint d’abord 
l’esprit militaire dans ces compagnies; mais, lorsque le royaume 
fut plus tranquille et que le pouvoir se centralisa, elles devinrent 
purement civiles et ne furent plus guère que des réunions de plaisir. 

Aux xvi* et xvii* siècles, elles rivalisèrent d’éclat et même de 
fastueuse magnificence. Tournées en ridicule au xviii®, elles furent 
dissoutes par un décret de l’Assemblée nationale du 12 juin 1790. 
Elles se relevèrent plus tard sous un autre titre; ce furent les so¬ 
ciétés de tir, institution ulile, justement populaire, et qui est en 
progrès aujourd’hui. 


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— 176 — 

La compagnie des Chevaliers de l’arquebuse, à Poligny, avait, 
été organisée en 1 538 par Charles V. Elle succédait à celle des 
arbalétriers, corporation modeste, que l’invention des armes à feu 
rendit inutile, et qui n’a pas d’histoire. Pour la première fois, en 
t668, les chevaliers se qualifièrent de chevaliers du noble jeu de 
l’arquebuse. Les fêtes prirent un aspect plus riche, plus solennel. 
Puis, l’autorité municipale disputa aux chevaliers quelques-uns de 
leurs privilèges, et ils se soutinrent, plutôt comme les représen¬ 
tants d’une tradition que comme les membres d’une compagnie 
indépendante. La cherté des vivres, la répugnance de la ville à 
faire des sacrifices pour la montre, amenèrent des conflits, puis 
des concessions, puis des conflits nouveaux. En définitive, le der¬ 
nier mot resta à l’autorité municipale. En 1752, la compagnie re¬ 
fusa une médaille d’or accordée par la ville à l’avocat Grand, roi 
du jeu pour cette année; elle la trouvait trop mesquine. Elle en 
accepta une pareille l’année suivante. 

Le récit de ces difficultés de ménage est assez piquant, et figure, 
pour ainsi dire, dans un petit cadre, les transformations de l’esprit 
public. 

La compagnie, affaiblie par une décadence toujours croissante, 
s’éteignit enfin, par force majeure, à l’époque du décret déjà cité. 

Je n’ai trouvé dans le Bulletin aucune autre communication sus¬ 
ceptible d’analyse. Les pièces de vers qu’il renferme ne manquent 
ni de goût ni de facilité. 

Théry, 

Membre du Comité. 


Bulletin de la Société archéologique de Sens . 

Tome X, 187a. 

Ce volume, outre les procès-verbaux des séances de la Société 
depuis le 3 janvier 1866 jusqu’au lx décembre 1871, contient un 
certain nombre de mémoires et de notices qui méritent l’examen 
des sections d’histoire et d’archéologie du Comité. 

M. Deligand s’est occupé de deux questions très-étrangères l’une 
à l’autre comme ordre d’idées; il a donné une notice historique sur 
Jean Cousin et a fait l’histoire du Ru de Mondereau. 

Déjà M. Deligand avait publié une nolice sur le grand peintre 


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sénonais, en 1 85 1, dans le Bulletin de la Société des sciences historiques 
et naturelles de V Yonne. Il indique une double rectification sur le 
lieu de naissance et sur la famille de Cousin; des auteurs qui ont 
une certaine autorité ont avancé que cet artiste était né au ch⬠
teau de Monthard, domaine de sa famille. La famille Cousin était 
pauvre et n’avait pas de domaines; Monthard, aux xv e et xvi® siè¬ 
cles, appartint à une famille noble du nom de Bouvyer, qui est en¬ 
core représentée aujourd’hui; seulement, comme Jean Cousin, en 
1537, épousa en troisièmes noces Marie Bouvyer, fille de Henri, 
seigneur de Monthard, on commit une confusion maintenant accré¬ 
ditée et qui tend à transformer le fils d’un pauvre paysan de Soucy 
en un seigneur de Monthard, château de la même paroisse. 

Quant au Ru de Mondereau, il s’agit ici d’un épisode d’histoire 
d’administration municipale. Le Ru de Mondereau est un cours 
d’eau artificiel créé, au milieu du xiv® siècle, pour amener l’eau de 
la Vanne dans les fossés qui venaient d’être creusés autour de Sens 
par ordre du régent Charles, à l’effet de mettre la cité a l’abri des 
coups de main des Anglais et des rôdeurs; au xvi e siècle, cette eau 
fut amenée par des conduits, puis par des tuyaux, dans l’intérieur 
de la ville. Cette concession, faite avec l’agrément du roi, sur le 
territoire de qui la prise d’eau était faite, fut reconnue et respectée 
par la ville de Paris en 1 865 , lorsqu’elle fit venir les eaux de la 
Vanne. Il appartenait à M. Deligand, alors maire de Sens, de 
traiter cette queslion, qui ne manque pas d’un certain intérêt local. 

M. Lallier, déjà connu par une étude soigneusement faite il y a 
quelques années sur les biens et les revenus de l’Hôtel-Dieu de 
Sens, a demandé à des documents déposés dans les archives du 
même établissement des renseignements sur le salaire des vigne¬ 
rons il y a 33 o ans. En comparant ces salaires au prix des objets 
de première consommation, M. Lallier établit que, de i 5 soà i 54 o, 
les ouvriers et particulièrement les vignerons jouissaient d’une ai¬ 
sance incontestable et étaient rémunérés plus largement qu’atijour- 
d’hui; mais il constate aussi que, dès la fin du xvi c siècle, les guerres 
civiles et les guerres de religion amenèrent une décadence agricole 
qui dura 200 ans. Il se résume en rappelant que les événements 
suivent des évolutions dont le résultat est de faire reconnaître com¬ 
bien ce que l’on croit neuf est souvent ancien, et en émettant le 
vœu que la devise économique assez répandue, produire et consommer , 
devienne produire et épargner . Il est certain que, plus on étudie les 


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— 178 - 

souvenirs du passé, eu les comparant aux discussions des assemblées 
modernes et aux théories de la presse, plus o» reconnaît que l’igno¬ 
rance de l’histoire prive beaucoup de législateurs et de publicistes 
de précieuses connaissances, d’expérience et de saine critique. 

On lit avec intérêt la notice de M. Brissaud relative à Villeneuve-le- 
Roi, fondée par Louis Vil sur un terrain acheté à l’abbaye de Sainte- 
Marie d’Auxerre, ainsi que la notice qu’il a consacrée au docteur 
Bailly : la vie du docteur Bailly est une des mieux remplies dont un 
homme de bien puisse désirer laisser le souvenir. 

Ce même volume contient plusieurs pages dues à M. J.-B. Buzy, 
professeur au lycée. U a célébré en vers français très-agréablement 
tournés Vile d'Yonne et les Bourdons sénonais , et traduit en prose 
française le chant de la bataille de Fontenay, livrée par les princes 
carolingiens en Auxerrois. Il a aussi donné des études sur sainte 
Théodechilde, fondatrice de l’abbaye de Saint-Pierre-le-Vif, et sur 
Héloïse et Abailard. 

M. Buzy est un littérateur et un poète qui se laisse lire avec 
plaisir et fruit; aussi je n’ose lui reprocher, à propos du chant de 
Fontenay, de ne^pas avoir essayé d’apporter plus d’érudition. C’était 
peut-être une belle occasion de fixer ce texte d’après l’étude du 
manuscrit et de rappeler tout ce qui a pu être déjà dit sur ce do¬ 
cument. 

Le R. P. Cornât a eu la patience de composer, en 5 o pages im¬ 
primées en caractères serrés, un répertoire de tout ce qui concerne 
le diocèse de Sens et le département de l’Yonne dans l’immense 
recueil de l’abbé Migne. — M. Lhuillier, de Melun, a fourni l’inven¬ 
taire des titres de la seigneurie que les religieuses de Notre-Dame- 
du-Lis, près Melun, possédaient à Malay-le-Roy. 

Je signalerai tout spécialement à la section les Esquisses historiques 
sur Sens, de i 436 à iù 38 , rédigées par M. Julliot, président de la 
Société, d’après les registres de compte de Jehan Misée, procureur 
et receveur de la communauté des habitants. Cette étude est pleine 
de détails inédits et intéressants sur l’administration municipale, 
l’état des fortifications de la ville, les faits de guerre, la présence 
de Charles VII à Sens, le siège de Montereau, etc. On y voit, entre 
mille détails, de quelle manière par trop cavalière les impôts ren¬ 
traient au xv° siècle. 

Les gens des trois états des pays de par deçà la Loire avaient éié 
convoqués par le roi à Bray-sur-Seine cl avaient accordé une nou- 


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— 179 — 

velle aide pour les frais de la guerre; la quote-part de la ville de Seus 
était de 800 livres, ce qui était d'autant plus lourd que peu au¬ 
paravant, pendant le séjour du roi dans cette ville, il y avait déjà 
eu une levée de i8o saluts d'or. La communauté de Sens espérait 
avoir au moins une diminution dans ce nouvel impôt, quand arriva 
un trésorier avec mission de réaliser sans délai la somme due. La 
communauté faisait dans le même moment les élections de ses chefs 
municipaux; pour faire prendre patience au trésorier, on lui offrit 
dix-huit pintes devin, une douzaine de petits pains, un cochon, 
quatre chapons. Le trésorier accepta le don, mais ne se montra pas 
plus patient, et maintint les magistrats prisonniers à l'hôtel de ville 
pendant deux jours, jusqu’à ce qu’on lui eût donné un à-compte de 
73o livres; le roi, plus tard, fit remise des 70 livres qui auraient 
dû compléter le chiffre d'abord fixé. Hâtons-nous de dire que les 
prisonniers se nourrirent convenablement aux frais de la ville. Dans 
les comptes municipaux, on remarque du reste, généralement, que 
les édiles du moyen âge n'oubliaient jamais la table, et que celle-ci 
était défrayée par l'argent de la communauté. 

Anatole de Barthélémy, 

Membre du Comité. 


Mémoires dk la Société dus antiquaires de l'Ouest . 

Tome XXXIV, année 1869. — Tome XXXV, années 1870-1871. 

Les sujets d’histoire occupent les trois quarts du tome XXXIV 
des Mémoires de la Société des antiquaires de l'Ouest. 

M. Mourain de Sourdeval, qui a entrepris une série d'études 
physiques et historiques sur le littoral vendéen, a exposé dans ce 
volume le résultat de ses recherches sur ITle de Rié. Cette Défaisait 
partie d'un archipel qui bordait autrefois la côte de la Vendée. Au 
lieu d'être, comme alors, entourée par ja mer, elle l'est aujourd'hui 
par des marais plus ou moins desséchés, et forme les trois com¬ 
mîmes de Saint-Hilaire-de-Riez, Croix-de-Vie et Riez-Notre-Dame, 
dans l’arrondissement des Sables-d’Olonne. 

La seigneurie de Rié était sous la mouvance de la principauté de 
Talmond. Il y avait dans l’ile un certain nombre de petits fiefs qui 
rendaient hommage au seigneur de Riez. Parmi les privilèges atta* 


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chés à cette seigneurie, il en est deux qui méritent d’étre signalés 
par leur singularité : l'un imposait au prieur de Saint-Hilaire l’o- 
bligation de loger et nourrir les lévriers et autres chiens du seigneur 
avec ses gens, lorsqu'il allait à la chasse de ce côté; l'autre était un 
droit d'asile pendant quarante jours et quarante nuits pour les cri¬ 
minels qui se réfugiaient dans l'île, et si, au bout de ce temps, ils 
parvenaient à faire un pas hors de l’île et à y rentrer, le bénéfice 
recommençait pour un égal terme, et ainsi indéfiniment. 

L’événement le plus remarquable dont File de Rié ait été le 
théâtre est l’expédition qu’y fit Louis XIII, en avril 1622, pour 
en chasser l'armée calviniste, commandée par Benjamin de Rohan- 
Soubise. M. Mourain de Sourdeval, qui avait déjà raconté avec dé¬ 
tail, dans les Annales de la Société d'émulation de la Vendée , 1861 , ce 
curieux épisode de l'histoire de France, que plusieurs historiens 
ont placé à tort dans File de Ré, en a reproduit ici un îécit abrégé. 
Il nous fait connaître aussi la chronologie des seigneurs de Rié, 
dont la mention la plus ancienne, d'après le cartulaire de l'abbaye 
de Boisgrolland, publié par M. Marchegay, paraît remonter à la fin 
du xii* siècle. H a pu également, grâce aux obligeantes communica¬ 
tions de M. Filaudeau, archiviste du département de la Vendée, 
nous donner une analyse succincte des principales pièces du volumi¬ 
neux dossier consacré à la seigneurie de Rié dans les archives dé¬ 
partementales. 

Ce mémoire est suivi d’une notice historique sur le château de 
Montreuil-Bonnin, par M. Félix Dupuis-Vaillant, avocat général à 
la cour d’appel de Poitiers, mort en 18 56 . 

M. Félix Dupuis-Vaillant, un des fondateurs de la Société des 
antiquaires de l’Ouest, avait écrit et publié cette notice en i 838 . 
Comme elle est devenue à peu près introuvable, la Société a jugé 
utile de la réimprimer dans le recueil de ses Mémoires, en l’accom¬ 
pagnant de quelques notes sur les procès soutenus par les seigneurs 
de Montreuil-Bonnin contre l'abbaye de Sainte-Croix de Poitiers, 
au sujet des droits de justicç réclamés par les parties sur des loca¬ 
lités voisines de Montreuil. Cette réimpression nous a paru être un 
hommage rendu à la mémoire d'un confrère regretté plutôt qu'à 
l’excellence du travail. Bien qu’on y trouve la trace de quelques re¬ 
cherches sérieuses, c’est moins une œuvre d’érudition qu'une œuvre 
d'imagination, qui, tant par la forme que par le fond, se ressent de 
la jeunesse de Fauteur. 


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Le travail de M. Alfred Richard, archiviste du département de la 
Vienne, sur l'organisation communale de la ville de Saint-Maixent 
• (Deux-Sèvres) jusqu’en 1790, est le commencement d’une série 
de recherches qui embrasseront sous tous les aspects l’histoire de 
cette ville. Celles-ci ont pour objet de nous initier au régime sous 
lequel elle a véeu pendant plusieurs siècles. Malgré les lacunes que 
le manque de documents ne lui a pas permis de combler, on peut 
suivre dans son récit le développement de l’organisation commu¬ 
nale de Saint-Maixent et ses modifications jusqu’au moment de la 
transformation sociale de 1789. M. A. Richard nous apprend que, 
sur trois cent cinquante années de délibérations que les archives de 
la mairie devraient posséder, il n’en reste que quatre-vingts, n’allant 
pas au delà de 1607 ; que ces archives ne renferment aujourd’hui 
aucune pièce antérieure au xv 6 siècle, et que, depuis cette époque, 
la plupart de celles qui devraient s’y trouver ont disparu; eufin 
que le feu a détruit, en i 8 o 5 , dans le dépôt des Deux-Sèvres, les 
chartriers de l’abbaye, dont l’histoire est intimement mêlée à celle 
de Saint-Maixent. 

A l’aide des documents qu’il lui a été possible de recueillir, 
M. A. Richard fait passer successivement sous nos yeux l’état de 
l’administration de la ville avant la création de la commune, les 
origines de la commune en iA 4 o, les statuts de l’échevinage, ses 
attributions et celles des maires, l'institution des mairies perpé¬ 
tuelles et leurs rapports avec l’intendance de la province et avec 
l’autorité royale jusqu’à la fin de l’ancien régime en 1790. Cet 
exposé, qui contient des faits et des renseignements intéressants, 
est complété par une liste chronologique et alphabétique des maires 
et des échevins de Saint-Maixent, à partir de i 44 i, avec l’indi¬ 
cation des sources auxquelles elle a été puisée. 

Les matières historiques et archéologiques se partagent en pro¬ 
portions égales le tome XXXV. En ce qui concerne l’histoire nous y 
trouvons : 

i° La chronologie historique des vicomtes de ChâlellerauÜ avant la 
fin du jiii* siècle , d’après les documents inédits, par dom Fr. Chamard, 
bénédictin de l’abbaye de Ligugé, près Poitiers ; 

a 0 Un mémoire relatif à VAncienne navigation sur le littoral septen¬ 
trional de la Vendée , époques gauloise, gallo-romaine, moyen âge, par 
M. Ch. de Sourdeval ; 

3 ° Une notice sur Un soulèvement en Poitou, Aunis, Saintonge, An - 

Rev. des Soc. sav. î>* série, t. Vt. i3 


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— 182 — 

goumois , i 6&3 , par M. Chéruel, recteur de l’Académie de Poitiers; 

4 ° Une étude sur Y Impôt d'un vingtième sur T affranchissement des 
esclaves , par M. de La Ménardière. 

Dom Chamard, en nous entretenant des vicomtes de Châtelle¬ 
rault, a voulu, au moyen de documents pour la plupart inédits, 
retracer l’existence d’une de ces familles féodales qui, sous l’auto¬ 
rité immédiate des grands vassaux de la couronne, ont joué un 
certain rôle dans l’histoire particulière de nos provinces, et jeter 
quelque lumière nouvelle sur les points restés obscurs de la gé¬ 
néalogie de ces seigneurs et sur les principaux actes de leur admi¬ 
nistration, jusqu’au moment où leur histoire se fond avec celle 
d’une famille étrangère au Poitou. 

Le premier vicomte authentique de Châtellerault, d’après dom 
Chamard, serait Adraldus, qui est mentionné pour la première 
fois sous ce titre dans une charte de l’abbaye de Saint-Cyprien-de 
Poitiers, datée de 937. Il n’existe qu’un seul monument de sa ma¬ 
gnificence; c’est la donation d’un alleu situé dans le pagus de Poi¬ 
tiers, dans la viguerie de Vivonne et dans le village de Moncels, 
en faveur de l’abbaye et des chanoines de Saint-Hilaire-le-Grand 
(juillet 969). Le môme vicomte figure comme témoin dans deux 
autres chartes du comte de Poitou, du 1 er janvier 969 et du 11 oc¬ 
tobre 977. Le savant bénédictin discute avec beaucoup de sagacité 
les origines assez obscures de cette vicomté. Nous ne le suivrons pas 
dans l’examen consciencieux, auquel il s’est livré, des faits qui se 
rapportent aux successeurs d’Adraldus jusqu’à la fin du xiv° siècle, 
époque à laquelle la vicomté de Châtellerault passa dans la fa¬ 
mille des sires d’Harcourt. 

Parmi les notes que dom Chamard a jointes à sou travail, il en 
est une qui impute à M. Léopold Delisle une erreur de date commise 
dans la publication d’un des actes de Philippe-Auguste, où figurent 
les trois frères Raoul de Lusignan, comte d’Eu, Hugues, comte de 
la Marche, et Geoffroy de Lusignan, vicomte de Châtellerault. 

M. L. Delisle, dans un article de la Bibliothèque de l’Ecole des 
chartes ( 3 * livrais. 1879), a répondu à cette note en maintenant 
l’exactitude de la date indiquée par lui, et a saisi cette occasion 
pour soumettre à dom Chamard quelques observations sur un autre 
point de chronologie louchant le mariage du vicomte Aimeri I er . 
Dom Chamard, dans une note supplémentaire insérée à la fin du 
même volume, reconnaît la justesse d’une partie des raisons pré- 


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sentées par M. L. Delisle, et combat les autres. Nous laissons à 
notre honorable président le soin de discuter de nouveau, s'il y a 
lieu, et d'éclaircir, avec la netteté et la précision qui lui sont habi¬ 
tuelles, ces diverses questions. 

Le mémoire de M. Ch. de Sourdeval, concernant l 'ancienne navi¬ 
gation sur le littoral septentrional de la Vendée , est la suite des études 
dont nous avons parlé plus haut. Les témoignages que M. Ch. de 
Sourdeval a tirés des données géologiques pour prouver l’impor¬ 
tance et l'ancienneté de cette navigation nous ont paru reposer 
sur des fondements plus solides que ceux qu'il a puisés dans les 
souvenirs historiques. Il n’était peut-être pas indispensable de re¬ 
monter jusqu'à Ulysse, ni même jusqu’au navigateur carthaginois 
Himilcon. II pouvait se borner à rappeler l’occupation romaine, les 
relations commerciales qui existèrent sous les rois mérovingiens 
entre les cèles d'Angleterre et celles de France, et les incursions 
des pirates Scandinaves sur les rivages de Boin et de Noirmoutiers. 

M. Chéruei a payé sa bienvenue à la Société des antiquaires par 
la lecture d’un mémoire sur une question d'histoire locale. II s’agit 
d’une tentative de soulèvement qui eut lieu, à la fin de l’année 
t 643 , dans le Poitou, t'Aunis, la Saintonge et l’Angoumois, et qui 
se manifesta, en octobre, novembre et décembre, par des émeutes de 
paysans et des assemblées menaçantes de la noblesse. Les historiens 
du Poitou ne parlent que vaguement de ces événements et paraissent 
en avoir ignoré les détails. Les lettres de Mazarin, et surtout les 
papiers de Michel Le Tellier, alors secrétaire d'Etat, ont permis à 
M. Chéruei de donner des renseignements plus complets sur les 
mouvements séditieux qui faillirent allumer une guerre civile dans 
ces provinces, sur les divers incidents de ces troubles et sur les prin¬ 
cipaux personnages qui y jouèrent un rôle. Le cardinal Mazarin, 
voyant la révolte se propager et devenir un véritable danger, en¬ 
voya le marquis d’Aumont à la tête d'un corps d’armée, avec ordre 
de la réprimer énergiquement. Le marquis d'Aumont, secondé par 
l’habileté du marquis de Parabère, gouverneur du Poitou, et par 
l’influence de l’évêque de Poitiers, Henri de la Roche-Posay, accom¬ 
plit promptement et avec succès la mission que lui avait confiée Ma¬ 
zarin, et, dès le mois de février 1 644 , la révolte était complètement 
étouffée. 

Une inscription funéraire, heureusement retrouvée dans les 
fouilles de l’enceinte romaine de Poiliers, a fourni à M. de La Mc- 

i :i. 


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nardière l’occasion d’étudier Tune de ces anciennes institutions 
de l’empire romain dont la trace semblait perdue sans retour, et 
qui, grâce aux investigations archéologiqûes et aux progrès de la 
science épigraphique, reparaissent à la lumière et jettent un nou¬ 
veau jour sur l’histoire de la civilisation romaine. Cette inscription 
est ainsi conçue : A Alphia Faventina , leur fille, Catilia et Fmentinus , 
fermier de T impôt du ao me sur les affranchissements . C’est l’histoire de 
cet impôt que M. de La Ménardière a essayé de retracer, en y joi¬ 
gnant, d’après un grand nombre de textes anciens et d’ouvrages 
modernes, dont il semble avoir fait une étude très-attentive, des 
aperçus intéressants sur d’autres parties du régime financier des 
Romains. 

L. Bellaguet, 

Membre du Comité. 


Bulletin de la Société académique de Laon . 

Tome XVIII, années 1866-1867 011867-1868. Laon, 1870. 

En 1870, la Société académique de Laon comptait vingt années 
d’existence; aussi le secrétaire a-t-il cru devoir, en tête de son rap¬ 
port annuel, jeter un coup d’œil rétrospectif pour signaler les pro¬ 
grès de la Société, les services qu’elle a rendus aux études histo¬ 
riques dans le département de l’Aisne, et constater son zèle et son 
ardeur au travail, attestés d’ailleurs suffisamment par l’épaisseur du 
volume que nous analysons et par l’importance de quelques-uns des 
mémoires qu’il renferme. 

Le premier est une notice biographique que M. Piette a consacrée 
à Armand Constant Tellier, député à la Convention nationale; c’est 
la dernière qu’il ait écrite pour compléter, selon le vœu de ses con¬ 
frères, celle qui avait été lue l’année précédente à la Société de 
Seine-et-Marne. Tellier, né à Laon, en 17&5, dans une condition 
fort modeste, après s’être fait recevoir avocat au parlement de 
Paris, se fixa à Melun, où il avait acheté la charge de conseiller- 
avocat du roi au bailliage de cette ville. Nommé successivement 
député à l’Assemblée nationale, puis à la Convention, pour repré¬ 
senter le département de Seine-et-Marne, et non celui de l'Aisne, 
comme le porte le titre par erreur, Tellier fut chargé, à Lyon, pen¬ 
dant la disette de 1795, d’une mission spéciale, dont il sortit avec 


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honneur, grâce à sa fermeté, à sa sagesse et à son esprit de concilia¬ 
tion. Envoyé plus tard à Chartres avec des pouvoirs illimités pour 
surveiller le commerce des grains et les menées royalistes qui agi¬ 
taient le pays, il céda devant une émeute, faute de troupes pour 
la réprimer, et, pour éviter de plus grands malheurs, il consentit à 
abaisser le prix du pain, à titre seulement de secours provisoire. 
Mais, se croyant déshonoré par cet acte de faiblesse, il se brûla la 
cervelle dans la nuit même qui suivit, victime d'un sentiment de 
dignité poussé jusqu à .l'exagération. 

La prévôté de Ribemont, dont M. Matton a consulté scrupuleusement 
les plumitifs, n'était qu’une petite juridiction, remontant tout au 
plus au milieu du xvn* siècle, analogue à peu près à nos tribunaux 
de simple police. On comprend qu'il ne s’y débattit jamais que des 
affaires d'un minime intérêt; les conflits, les contestations du pré¬ 
vôt, du lieutenant de bailliage et de leurs greffiers, sans importance 
à l'époque même où s’agitaient leurs petites passions, méritaient à 
peine l'honneur d'être racontés aussi minutieusement que l’a fait 
M. Matton. Outre cette communication, il a lu quelques Notes sur le 
lot et le pot (mesures du pays), les présents, les obligations verbales, la 
chasse et les chiens dans le nord de la France. Ces notes concernent 
des coutumes locales dont il est bon de conserver le souvenir. Une 
des plus curieuses consistait à confier le nettoyage des rues aux 
chiens errants, comme cela se pratique encore dans l'Orient; mais 
ici elle offre ce contraste piquant que, pour diminuer le nombre de 
ces auxiliaires, quand il devenait trop considérable pour les be¬ 
soins de la voirie, les officiers de la police municipale, à qui elle 
incombait, appelaient des tueurs de chiens qui, dans leurs tournées 
annuelles, en abattaient en quelques jours des centaines à des prix 
parfois dérisoires. On doit aussi à M. Matton quelques recherches 
sur Les enseignes et les lavages de Saint-Firmin de la Fère, dont la 
fête attirait autrefois un grand nombre de pèlerins, auxquels on 
vendait fort cher, sous le nom d'enseignes, de petites médailles de 
plomb, de cire, et des bouteilles contenant ce qu'on appelait alors 
les lavements du saint, c'est-à-dire l'eau dans laquelle on avait 
plongé ses ossements. Ce trafic fort lucratif a disparu avec le culte 
qui l'avait fait naître; il n'en reste plus d'autre trace qu'une foire 
annuelle très-achalandée. 

Plus loin nous rentrons dans le domaine de Thémis. M. Combier, 
dans son Etude sur une erreur judiciaire, nous présente, avec des 


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détails nouveaux et navrants, le procès criminel de Lelye et Puré, 
qui a déjà figuré à deux reprises dans des recueils spéciaux. Les 
erreurs judiciaires sont de tous les temps et de tous les lieux, en 
dépit des améliorations successivement introduites dans nos codes; 
et, malgré toutes les garanties données aux accusés, nous voyons 
encore se produire de nos jours, quoique rarement, des faits aussi 
regrettables. Mais cette affaire offrait cette particularité que le prin¬ 
cipal accusé, condamné à mort et exécuté, était le frère de la vic¬ 
time, à laquelle il portait une affection sincère. Des circonstances 
malheureuses, de faux témoignages, l'animosité du dénonciateur, 
accusé de complicité, mais seul vrai coupable, enfin les imperfec¬ 
tions de la législation et même le peu de capacité du premier juge 
chargé de la poursuite criminelle, amenèrent un dénouement fatal 
que ne purent réparer le procès en révision et la réhabilitation qui 
eu fut la suite. 

M. Fleury, continuant ses Eludes révolutionnaires , a, sous ce titre : 
La noblesse du département de F Aisne pendant la Révolution , donné un 
extrait du livre qui doit faire suite à son Histoire du clergé, à la 
même époque et dans le même pays. Un autre recueil (Mémoires de 
la Société historique de Soissons) avait signalé tous les excès dont 
avaient souffert les monuments de la contrée, pillages, incendies, 
dévastation des châteaux, des parcs, des forêts, destruction de mo¬ 
nastères, d'églises, soit dans un but de cupidité, soit par esprit de 
lâche vengeance, sans compter les ravages sourds et plus funestes 
encore de la bande noire : voilà le tableau que présente le Soissonnais 
au début de la Révolution. Il était resté cependant incomplet, et 
M. Fleury s’est chargé de l’achever, en montrant l'acharnement 
déployé contre les nobles soupçonnés de vouloir émigrer, surveillés, 
maltraités, arrêtés lorsqu'ils essayaient par la fuite de se soustraire 
aux vengeances et aux cruautés de leurs bourreaux, qui souvent n’é¬ 
taient mus que par une basse envie ou par la cupidité. Et il ne faut 
pas ici taxer d'exagération 1'historien qui a puisé ces détails aux 
sources officielles. Les administrations révolutionnaires, « nous dit-il, 
ont consigné par écrit tout ce quelles faisaient et pensaient. La mine 
est toute neuve et féconde, elle ne s’épuisera pas de sitôt. y> M. Fleury 
a su mêler à son récit quelques anecdotes curieuses qui en voilent 
un peu l’amertume. Une des plus piquantes est le récit de la fuite 
de Monsieur, qui, obligé de s'arrêter à Soissons pour faire réparer 
une roue de sa voilure, attribuait à la perfection de son accent an- 


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glais l’indifférence du maître de poste; celui-ci, bien que Tayaut par¬ 
faitement reconnu, non-seulement ne crut pas devoir empêcher sou 
voyage, mais encore prit les mesures nécessaires pour éviter une 
arrestation infaillible, si le poste placé à la sortie de la ville avait 
exécuté rigoureusement sa consigne. 

Le morceau capital et de beaucoup le plus important de ce vo¬ 
lume, c’est la monographie que M. l’abbé Poquet a consacrée à 
l’abbaye de Longpont, une des plus célèbres de la province. Après 
avoir tracé l’histoire du monastère, sa fondation, ses vicissitudes, 
jusqu’à sa vente comme propriété nationale et sa destruction; après 
nous avoir décrit les cloîtres, les tombeaux et les diverses parties de 
ce magnifique édifice et ses ruines, M. Poquet a voulu nous faire 
connaître le château actuel, transformation de lantiqueabbaye, les 
collections d’art qu’y a rassemblées le propriétaire, le comte Henri 
de Montesquiou, et le soin religieux avec lequel celui-ci conserve 
ces vénérables débris. 

Cette étude se complète par la série des épitaphes des person¬ 
nages illustres inhumés à Longpont, recueillies dans la collection 
Gaignières à Oxford, par la description détaillée des propriétés de 
l’abbaye et par une suite de pièces justificatives tirées de diverses 
archives et de la Bibliothèque nationale. Ce travail, qui occupe un 
peu plus de 200 pages, fait honneur à l’abbé Poquet par l’étendue 
et la profondeur des recherches, ainsi qu’à la Société qui l’a publié. 
Provoquer de semblables travaux et faire connaître en détail les 
monuments les plus curieux et les plus intéressants du pays, c’est 
là le rôle spécial réservé aux sociétés de province, et il faut louer 
celles qui s’acquittent de ce devoir avec le même zèle que la Société 
académique de Laon. 

M. Gomart a consacré à l’abbaye de Saint-Martin, de Laon, un 
travail qui n’est que le résumé de ses recherches dans les Annales de 
l’ordre de Prémontré, dans le Gallia christiana et les manuscrits de D. 
Grenier. Bien que puisée à de bonnes sources, cette notice présente 
quelques inexactitudes relatives à un fait sur lequel nous étions plus 
particulièrement renseigné. Le quarantième abbé de Saint-Martin 
était Bernard Potier, auquel l’abbaye fut donnée en commende de 
i5go à i6o5. On trouve consigné dans le Gallia christiana ce fait, 
qui n’est cependant mentionné ni dans les diverses généalogies 
manuscrites de Bernard Potier, ni dans le père Anselme, qui énu¬ 
mèrent en détail la nomenclature de tou les les fonctions, charges 


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— 188 — 

ci distinctions, et la liste en est longue, dont il fut revêtu. Aussi 
nous pouvons supposer que ce titre d’abbé commendataire ne figure 
pas dans son contrat de mariage, en date du 9 octobre 1600. Sur 
les réclamations des religieux, il consentit à se démettre et à faire 
nommer un abbé régulier, moyennant le payement d’une rente 
perpétuelle de 2,000 livres en faveur des Feuillants qu’il avait éta¬ 
blis à Blérancourt. Le successeur nommé en vertu de cet accord fut 
Claude Bazin, qui occupa le siège abbatial de i 6 o 5 à 1611; ce¬ 
pendant l’établissement des Feuillants, d’après les historiens du 
pays, ne remonte qu’à 161 4 et serait postérieur de neuf ans à la 
transaction faite en leur faveur. Plus loin nous voyons Louis Potier, 
le ministre et secrétaire d’État de Henri IV, qualifié de seigneur 
de Blérancourt, quoique ce titre appartint exclusivement à cette 
époque à Bernard Potier, son fils, qui porta constamment jusqu'à 
sa mort, en 1662, le titre de marquis de Blérancourt, que lui 
donnent Tallement des Réaux et les écrivains du temps. Ces faits 
ont peu d’importance, et nous ne savons s’il faut attribuer ces 
légères erreurs à l’auteur ou aux sources qu’il a consultées, mais 
nous croyons que c’est dans la plus parfaite exactitude que repose 
le principal mérite des études locales, et c’est ce qui nous a engagé 
à relever de si minces détails. 

La troisième partie des Mémoires est réservée aux documents 
inédits; elle contient une courte communication de M. Demarsy, 
qui a extrait d’une notice sur le cartulaire du comté de Rethel, pu¬ 
bliée par M. L. Deüsle dans le Bulletin de la Société de Thistoire de 
France , toutes les indications relatives au département de l’Aisne. 
À la suite, M. Demarsy a édité la Chronique abrégée de F abbaye de 
Buciüi (ordre de Prémontré), écrite en latin par Casimir Oudin, en 
i 652 . Elle se trouve à la suite du cartulaire (Bibliothèque natio¬ 
nale, fonds lat. n° 10121), dont elle forme en quelque sorte la table 
chronologique. Cette publication forme un complément utile au 
dépouillement de ce cartulaire, dû à notre collègue, M. Cocheris. 
Comme on le voit par le XVIII e volume du Bulletin, la Société 
académique de Laon justifie les éloges que lui donne son secrétaire 
dans le rapport annuel. 

Michelant, 

Membre du Comité. 


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Mémoires de la Société philomathique de Verdun (Mbusb). 

Tome VIÏ. 

Ce volume se compose de huit mémoires, dont quatre scienti¬ 
fiques, deux archéologiques et deux historiques. C’est de ces deux 
derniers que nous avons à rendre compte au Comité. Ils sont dus à 
M. l’abbé Jules Didiot, docteur en théologie, conservateur de la 
bibliothèque publique de Verdun. Le premier est intitulé : Nicolas 
Âmou , Ver danois , philosophe et théologien du xrn* siècle; le second : 
Souilly et sa prévôté en i 6 âg. 

Nicolas Arnou, que la plupart de ses biographes désignent sous 
le nom d’Arnù*, et dont M. l’abbé Didiot nous a retracé la vie et 
les travaux, quitta la France dès ses premières années et vécut 
constamment en Espagne et en Italie. Il était né le 11 septembre 
1629, à Méraucourt (castrum Miraldi curiœ ), qui n’est plus aujour¬ 
d’hui qu’une simple ferme, près de la commune de Bezonvaux, 
canton de Chamy. On n’a point de renseignements sur sa famille. 
On sait seulement qu’il commença ses études au collège de Verdun, 
et qu’à l’âge de treize ans il s’enfuit à Paris avec le dessein d’en¬ 
trer dans un des collèges de l’Université. Mais, au bout de quelques 
mois, poussé par la pauvreté, il s’engagea comme page au service 
d’nn gentilhomme catalan qui l’emmena à Perpignan, et qui, 
frappé de ses aptitudes, lui fournit les ressources nécessaires pour 
suivre les cours de rhétorique et de philosophie chez les jésuites de 
celte ville. 

En i 645 , après une année d’épreuve et de noviciat dans l’ordre 
de Saint-Dominique, il partit pour l’Espagne et suivit avec succès 
ses cours de philosophie et de théologie à Girone et à Puicerda, et 
il était à peine âgé de vingt-trois ans lorsqu’il fut envoyé à Urgel 
pour y professer la philosophie. Peu de temps après, il alla ensei¬ 
gner la théologie dans les collèges dominicains de Tarragone et de 
Perpignan, et en i 663 il fut élevé à la dignité de président ou rec¬ 
teur du collège théologique public de cette dernière ville. Pendant 
huit années de son séjour à Perpignan, de 1661 à 1669, il prêcha 

1 «Suivant toute apparence, dit M. l’abbé Didiot, cette orthographe fut adoptée 
par Arnou quand il vit la difficulté que les Espagnols et les Italiens avaient à pro¬ 
noncer correctement la dernière syllabe de son nom. Il en retrancha une lettre, de 
manière à en fixer pour eux le véritable son.*’ 


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— 190 — 

le carême dans l'église collégiale de Sainte-Marie de la Réal. En 
1675 , il fut appelé à Rome par le géuéral des dominicains Thomas 
de Roccaberli, et chargé de la chaire de théologie, puis de la ré¬ 
gence du collège de Saint-Thomas d'Aquin, à la Minerve. L’éclat 
de son enseignement et ses premières publications sur saint Thomas 
d’Aquin inspirèrent à la république de Venise le désir de le posséder 
et de lui confier une chaire de métaphysique dans l’Académie de 
Padoue, qui était alors très-florissante, et dans laquelle les deux 
grandes directions de la philosophie et de la théologie du moyen 
âge, l'école thomiste et l’école scotiste, étaient représentées et 
avaient chacune son enseignement distinct. 

Vers la fin de 1679, Arnou arriva à Padoue et y occupa la chaire 
de métaphysique in via sancti Tkomœ. Ainsi parle l’annuaire de 
l’Université de Padoue pour 1681-1689. En 1689, il remplaça le 
P. Séraplrin Pizzinardi dans la chaire de théologie. 

M. l’abbé Didiot a trouvé dans les archives de l’Académie de Pa¬ 
doue la délibération officielle du Sénat de Venise à ce sujet, et il 
nous en donne l'extrait suivant : 

«La chaire de théologie restant vacante, les réformateurs de 
l’Université, dans la nécessité d’y pourvoir, réfléchissent au mérite 
du P. F. Nicolas Arnou, Lorrain, qui depuis dix ans enseigne la 
métaphysique aux applaudissements et à la satisfaction universelle 
des étudiants; ils le jugent capable et digne de remplir le poste 
susdit, et croient qu’on peut se promettre de ce sujet distingué, 
dans la chaire de théologie, la continuation des fruits de son bon 
service .* 

Ce fut trois ans après qu’Arnou, s’étant rendu à Bologne pour y 
passer le temps des vacances, y fut frappé d’apoplexie et mourut le 
8 août 1699. 

Ce qui ajoute de l’intérêt à celte biographie, pour laquelle 
M. l’abbé Didiot a consulté les différents auteurs qui ont écrit sur 
Arnou, tels que Charles Patin l , Échardet Quétif, Moréri,D. Calmet, 

1 Charles Patin, fils de Gui Patin, premier biographe d’Arnou, avait été pro¬ 
fesseur de inédeciae et de chirurgie à Padoue. Il composa on ouvrage intitulé : Le 
lycée de Padoue . Les deux pages consacrées à Arnou sont accompagnées de son por¬ 
trait. Ce fut un Français, M. Desbois, qui le dessina. Il Ta représenté dans son 
costume religieux et la tête couverte du bonnet de docteur. M. l’abbé Didiot a fait 
copier ce portrait sur l’exemplaire conservé à la Bibliothèque nationale de Paris, et 
un artiste verdunois, M. Fouquel, l’a reproduit par la photographie en tête de la 
notice de M. l’abbé Didiot. 


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— 191 — 

D. Cajot, Feller, Michaud et autres, cest qu’il a pu, grâce à de 
nouveaux renseignements et à des documents inédits recueillis par 
lui dans un voyage en Italie, réparer certaines omissions ou recti¬ 
fier certaines erreurs commises par ces auteurs. Aux détails biogra¬ 
phiques il a joint, chemin faisant, une analyse, mêlée de critiques 
judicieuses, des principaux ouvrages d’Arnou, qui sont pour la 
plupart des commentaires de la doctrine de saint Thomas d’Aquin : 
Clypens philosophiœ thomisticœ ;— Dilucidum philosophiœ syntagma e D . 
Thomœ Aquinatis, doctoris angelici, B . Alberti magni et optimorum quo- 
rumque philosophorum effatis ac dogmatibus concinnatum , variaque cru- 
ditione locuplctatum , etc. ; — Doctor angelicus, ZL Thomas A quinas, in 
Summa theologiæ sui ipsius interpres et sacri depositi Jidissimus custos, etc . 
Ses appréciations dénotent une étude approfondie des matières phi¬ 
losophiques et théologiques. 

Le second mémoire de M. l’abbé Didiot, qui a pour titre 
Souilly et sa prévôté en i 6 ùg , est une sorte de fragment d’histoire 
locale composé à l’aide» de documents empruntés aux archives mu¬ 
nicipales de Souilly, aux registres de la chambre des comptes du 
Barrois et à la bibliothèque publique de Verdun. M. l’abbé Didiot 
a eu pour but de nous montrer quelles étaient l’organisation et la 
condition d’une des prévôtés meusiennes au milieu des guerres du 
xvii 0 siècle. 

Le bourg de Souilly, aujourd’hui chef-lieu de canton de l’ar¬ 
rondissement de Verdun, était, en 16A9, le chef-lieu d’une prévôté 
qui dépendait du duché de Bar et qui comprenait Souilly, Mon- 
thairon-le-Grand et Monthairon-le-Petit, le ban de Dugny, le ban 
de Mauljouy, la petite Souhesme, le fief de Woy, la mairie d’Ys- 
soncourt, Saint-André et Osches. M. l’abbé Didiot nous indique 
quels étaient les droits divers des ducs de Lorraine et de Bar sur 
chacune de ces localités, comment elles étaient administrées au 
point de vue politique, judiciaire et financier, et à quel état de mi¬ 
sère elles étaient réduites en 16Z19, par suite des désordres de la 
guerre. On ne pouvait plus recruter d’employés pour les adminis¬ 
trations, ni percevoir les impôts. Beaucoup de villages étaient inha¬ 
bités; la plupart des prés n’étaient plus fauchés; les terres labou¬ 
rables demeuraient en friche; le chiffre de la population diminuait 
sensiblement. 

Cette suite de renseignements présentés par M. l’abbé Didiot 
est accompagnée de notes propres à éclaircir certaines coutumes et 


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— 192 — 

certaines locutions locales. Nous ne pouvons que le féliciter de son 
travail sur la prévôté de Souilly, ainsi que de sa notice sur Nicolas 
Arnou. 

L. Bellaguet, 

Membre du Comité. 


Bulletin de la Société départementale d'archéologie et de statistique 

de la Drôme . 

Tomes V et VI. 

En vous rendant compte des précédents volumes publiés par la 
Société départementale d’archéologie et de statistique de la Drôme, 
nous vous avons parlé de Y Essai historique sur la baronnie de Clérieu , 
par M. Anatole de Gallier; des Recherches sur les établissements de 
bienfaisance de la ville de Valence, par M. Du pré de Loire; de la Lettre 
sur F histoire ecclésiastique du Dauphiné, par M. Brun-Durand, et des 
Etymologies des noms de lieu du département de la Drôme, par M. le 
baron de Coslon. 

Nous ne reviendrons pas sur ces divers mémoires, aujourd’hui 
terminés; mais nous prenons la liberté de signaler encore celui de 
M. Brun-Durand au savant continuateur du Gallia christiana; et 
quant à celui de M. le baron de Coston, si l’on peut en critiquer la 
méthode, il est juste de faire ressortir les recherches auxquelles 
l’auteur s’est livré en ce qui louche les différents noms portés suc¬ 
cessivement par les lieux dont il parle. En voici un exemple : 

«Le village de Chàvrols est appelé Carrovolis en 966 et 957; 
Carrovolum dans le xi® siècle; Caravolsium et Charavols en 1 33 a ; locus 
de Charolis en 1378; Chairovals dans le xiv® siècle et Charroux en 
1 556 . w 

M. de Coston indique les sources où il a puisé ces renseigne¬ 
ments; et, si jamais on entreprend de faire le dictionnaire topogra¬ 
phique du département de la Drôme, son livre sera utilement 
consulté. 

Saint Bertrand de Garrigue (des frères prêcheurs), sa vie et son culte, 
tel est le titre sous lequel M. l’abbé Isnard a entrepris d’écrire l’his¬ 
toire du compagnon de saint Dominique. Ce mémoire, déjà assez 
long, et non encore terminé, aurait gagné à être conçu dans de 
plus modestes proportions et à être écrit plus simplement. Ainsi, 


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— 193 — 

après avoir dit qu'en allant de Toulouse à Paris, Dominique et 
Bertrand s'arrêtèrent à Roc-Amadour (et non Roca-Madour) et 
passèrent la nuit dans l'église de la Vierge, l’auteur ajoute : et Un 
tableau d'assez bon goût, exposé dans l'antique sanctuaire, redit 
encore à la postérité le souvenir de cette nuit auguste. Dominique 
et Bertrand y paraissent comme deux anges en contemplation en 
présence de la reine du ciel; et le pèlerin, qui va s'agenouiller de¬ 
vant l'image de la Mère de Dieu, semble respirer encore, sous ces 
voûtes noircies par le temps, le parfum de sainteté qu’exhalèrent 
dans l'oraison les lèvres pieuses de ces infatigables propagateurs 
du rosaire. r> 

C'est peut-être là le style de la légende, mais ce n'est certaine¬ 
ment pas celui de l'histoire. 

M. l’abbé Isnard aurait pu prendre pour modèle la Notice histo¬ 
rique sur le couvent de Sainte-Claire de Romans, par M. Ulysse Cheva¬ 
lier. Ce couvent n'est pas bien ancien, puisqu'il ne date que de 
l’année 1620, et les événements dont il a été le théâtre ne sont pas 
bien remarquables; mais M. Chevalier a écrit sa notice clairement, 
simplement, et a donné sur chacun des personnages nommés dans 
son récit des notes biographiques qui témoignent du soin scrupu¬ 
leux que l'auteur apporte à tous ses travaux. 

M. Arnaud a publié des Notices relatives aux guerres de religion, 
tirées d'un manuscrit provenant des archives du couvent de Saint- 
François de Montélimar. 

Ce titre nous avait fait espérer que la publication de M. Arnaud 
donnerait des renseignements intéressants sur les troubles du Dau¬ 
phiné; mais les Notices ne sont à vrai dire que des éphémérides de 
i 558 à i 685 , éphémérides très-succinctes et qui ne peuvent guère 
servir qu’à préciser quelques petits faits relatifs à la province, et 
surtout au couvent de Saint-François. Nous y avons cherché vaine¬ 
ment la trace de l'impression qu'avaient dû causer en Dauphiné 
les événements mémorables survenus dans le nord de la France. 
Ainsi, en i 588 , pas un mot de l'assassinat des Guises. En 1610, 
pas un mot de l'assassinat de Henri IV. En 1572, on se contente de 
dire : 2 5 aoust , après la mort de F Amiral, nouvelle guerre ... La Saint - 
Barthélémy donne naissance aux 3 met troubles, que d'autres appellent ù me *. 
En 1 58 g, on écrit : 2 aoust, jour qu'Henri IIIfut assassiné . 

Vous voyez que tout cela est bien laconique et que les dates indi¬ 
quées ne sont même pas d’une exactitude rigoureuse, car Coligny, 


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— 194 


blessé le 99 août, a élé lue le 94, et c’est le i er août que Henri III 
a été assassiné. 

Un jeton trouvé eu Lorraine, et qui parait remonter à la fin du 
xvi e siècle, a fourni à M. Roman le sujet d’une dissertation sur une 
question controversée, celle de savoir si Diane de Poitiers avait eu 
des enfants du roi Henri II. rrDiane n’eut pas d’enfants de ce 
prince, dit M. Rochas dans sa Biographie du Dauphiné. Cependant 
on a prétendu quelle lui donna une fille, nommée M Ile de la Mon¬ 
tagne. Duchesne en parle dans ses manuscrits, et dit quelle était 
âgée de 76 ans au moment où il écrivait (vers i 63 o). L’existence 
de cette fille n’est rien moins que prouvée .* 

Or le jeton, reproduit par M. Roman, présente d’un côté les 
armes de Poitiers avec la légende Magdelaine de Poitiers; de l’autre, 
les armes de la Montagne, avec la légende Nicolas de la Montagne , 
et il semble évident qu’on doit y reconnaître le nom et les armes 
du mari et de la femme. Une généalogie de la maison de la Mon¬ 
tagne, citée par M. Roman, fait d’ailleurs connaître que Nicolas 
épousa Magdelaine, et l’on peut remarquer que dans *cette généa¬ 
logie on donne à la femme de Nicolas le prénom de Diane , comme 
si on avait voulu accentuer encore davantage l’origine de cette b⬠
tarde royale. 

II faut donc tenir aujourd’hui pour constant que Henri II eut 
une fille de Diane de Poitiers. 

Le Dauphiné a produit plusieurs poètes patois, que l’un des 
membres de la Société a entrepris de faire connaître. Son premier 
travail est consacré à un contemporain, Roch Grivel, tisserand à 
Crest. Grivel a conquis dans son pays une célébrité méritée, et su 
se concilier l’estime de tous ses concitoyens. 11 n’a pas jeté sa na¬ 
vette aux orties, et, quoique ouvrier, ne s’est pas cru appelé à ré¬ 
générer la société; il se contente de donner de bons exemples et de 
bons conseils. Il a notamment composé pour une cavalcade de bien¬ 
faisance une chanson dont chaque couplet se termine par ces mots : 
Véné déman, locution patoise qui correspond à la locution française : 
Repassez demain. 

Voici la traduction en prose de l’un de ces couplets : 

trOn parle du progrès, et chacun le vante. C’est bien; mais re¬ 
poussons celui qui compromet la paix publique bien pluà que les 
abus. Le vrai progrès est fils de la concorde; disons donc au dé¬ 
sordre : Tu as fait ton temps, repasse demain.r» 


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— 195 — 

Signalons en terminant ce rapport : 

i° Uample discours du siège et prinse de la ville et citadelle de la 
Meure , reproduction d’une plaquette imprimée à Lyon en i 58 o, et 
qui sert de complément au journal du siège dont nous avons parlé 
précédemment; > 

2° La description de la ville de Valence , composée en 1672 par 
Claude Rogier, avocat, sur l’invitation des consuls; 

3 ° Une lettre de des Adrets, en date du 28 novembre i 56 a, qui 
convoque à Valence une assemblée générale à l'effet d'csclacir et 
rédiger en fidette registre tout ce qui s'est exercé , commis et perpétré en ce 
dictpays; 

4 ° Et enfin trois notices de M. Lacroix, l’une sur Louisc-Anas- 
tasie Serment, fille savante, une des habituées du salon de M ,lo de 
Scudéry, et qui eut avec le poète Quinault des relations qui, dit-on, 
ne furent pas toujours exclusivement littéraires; l’autre sur Golet 
de la Garenne, poète dauphinois, mort vers 1675; et la troisième 
sur Genton de Barsac, géologue, mort dans les premières années 
du xix 6 siècle. 

Tel est, sans compter les mémoires qui ressortissent à la section 
d’archéologie et à la section des sciences, le contenu des deux vo¬ 
lumes dont nous avions à vous rendre compte, et qui se rapportent, 
l’un à l’année 1870, et l’autre aux années 1871 et 1872. Ces dates 
prouvent que, si la Société départementale de la Drôme a eu, comme 
tant d’autres, à subir le contre-coup des désastres de la France, 
elle n’a pourtant pas cessé de travailler et a courageusement con¬ 
tinué l’oeuvre qu’elle avait entreprise. 11 faut la louer de cette per¬ 
sévérance, et l’en louer d’autant plus que ses ressources pécuniaires 
ont malheureusement diminué. En effet, le Conseil général de la 
Drôme a refusé, en 1871, de lui continuer la modeste subvention 
qui, jusque-là, lui avait été accordée. 

Lascoüx, 

Membre du Comité. 

Bulletin de la Société n ’études d'Avallon. 
io # année 1868. A vallon, 1870. 

Le Bulletin de la Société d’Avallon n’est qu’un fascicule de 
160 pages, dont les deux tiers sont dus à la plume du colonel 
Goureau, ce qui ne semble pas attester un grand zèle chez les 


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— 196 — 


membres, assez nombreux d'ailleurs, de cette Société. M. Goureau 
a écrit, d’abord, une notice historique assez détaillée sur Santi¬ 
gny, où il est allé prendre sa retraite. Santigny est un petit village 
du département de l’Yonne (arrondissement d’Avallon, canton de 
Guillon), situé au sud-est du département, sur la route de Sau- 
vigny-le-Bois à Aisy, et presque limitrophe de la Côte-d’Or. 

Après une description minutieuse du village et de ses alentours, 
M. Goureau nous fait connaître l’église, le cimetière, les divers édi¬ 
fices, modernes pour la plupart, la configuration du sol et ses pro¬ 
duits, et les usages du pays, dont il discute les origines. Par sa si¬ 
tuation il a pu appartenir à la confédération des Mandubiens aussi 
bien qu’à celle des Lingons. La découverte de fragments grossiers 
de poterie non vernissée, de débris de tuiles romaines, d'une mé¬ 
daille de bronze de Faustine, femme de Marc-Aurèle, et quelques 
objets grossiers dont on n’a pu exactement déterminer la forme, 
assignent une haute antiquité à cette localité, près de laquelle on 
voyait, il y a peu d’années encore, une voie romaine, connue dans 
le pays sous le nom de chaussée Brunehaut . Cette reine possédait en 
effet à Monréal, qui n’est situé qu’à une faible distance de Santigny, 
une villa appelée Brocaniaca ou Brocaniacum, qu’elle habitait, vers 
l’an 600, au témoignage du moine Jonas, qui a écrit la vie de saint 
Colomban. Il est assez difficile de suivre l’histoire de cette seigneurie 
dans les temps postérieurs; on voit seulement figurer dans un acte 
de H&7 un Thibaut de Santigny qui partit cette même année 
pour la Terre Sainte avec Anseric de Monréal, son seigneur. Plus 
tard, la terre, par diverses causes, héritages, donations ou tout 
autre motif, fut à plusieurs reprises partagée, démembrée, aliénée, 
reconstituée en partie, si bien qu’en 1767 il surgit devant la 
chambre du domaine, séante à Dijon, un procès fort compliqué, où 
figurent en même temps, comme demandeurs et défendeurs, quinze 
parties qui réclament des redevances ou la possession exclusive de 
certaines propriétés que l’on avait crues communes jusqu’alors, telles 
que l’église, le cimetière, la place des Ormes. Au nombre des plai¬ 
deurs on voit l’évêque de Langres, abbé commendataire de l’abbaye 
de Moutiers-Saint-Jean; M me de Saux-Tavannes, comme abbesse de 
l’abbaye royale de Saint-Andoche d’Autun ; et enfin le roi lui-même, 
représenté par ses officiers en qualité de coseigneur, ensuite de 
la réunion de la Bourgogne à la France par Louis XI, substitué aux 
droits du duc après la mort de Charles le Téméraire. 


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— 197 — 

La procédure fut longue et compliquée, en raison surtout de la 
quantité innombrable de pièces fournies par les parties à l’appui 
de leurs prétentions respectives. Sans entrer dans le détail de l’arrêt 
qui intervint et régla définitivement les prétentions de chacun, nobs' 
dirons qu’il maintint entre quatre copropriétaires, le roi, l’abbaye 
de Moutiers-Saint-Jean, celle de Saint-Andoche d’Autun et M. de 
Vil lers-la-Faye, qui avait soulevé la procédure, la seigneurie de 
Santigny et les droits qui en découlaient. La Révolution les sup¬ 
prima. La terre passa ensuite aux mains des héritiers de M. de 
Villers. Son fils, qui avait cru, plus tard, pouvoir faire revivre une 
partie des privilèges de l’ancien régime, succomba dans un procès que 
lui intenta la commune au sujet de la revendication d’un chemin 
dout il voulait s’emparer. Cet échec le dégoûta du pays, et il vendit 
sa terre au général de Candras, dont M. Goureau va nous tracer 
plus loin la biographie. 

Nous venous de voir figurer dans le procès engagé au sujet de la 
seigneurie de Santigny l'abbaye de Moutiers-Saint-Jean; nous la 
retrouvons dans la Notice historique sur la forêt Saint-Jean et sur le bois 
dit des dix-sept communes, du même auteur. Fondée au v® siècle, 
cette abbaye, renommée par sa sainteté et par le rang élevé de ses 
abbés, possédait de grands biens qui s’étendaient sur dix-sept com¬ 
munes. Une de ses plus importantes propriétés était la forêt Saint- 
Jean, vulgairement appelée forêt des Granges Obasées , située au nord 
des villages d’Anstrudes et de Souillas, et comprenant une étendue 
de i, 3 q 6 arpents ( 56 o hectares). L'abbé avait accordé, sans que 
l’on puisse préciser à quelle époque ni dans quelle circonstance, le 
droit d’usage aux habitants des dix-sept villages qui dépendaient de 
l'abbaye. Toujours est-il certain qu'ils en jouirent sans difficulté 
jusqu’en i 58 a, où il s’éleva une grande contestation entre eux et 
l’abbé Philippe de Lénoncourt, qui prétendit alors que les bois et 
usages des Granges lui appartenaient en tous droits pour les deux 
tiers; les habitants soutenaient, au contraire, que de temps immé¬ 
morial ils avaient joui de la totalité des bois comme usagers, sauf 
le tiers en réserve, et que l'abbé ne pouvait prétendre qu’à un tiers, 
soit de la réserve, soit des deux autres portions. Pour éviter un 
procès, on convint de s'en référer à un arbitrage. L'abbé et les autres 
villages ou hameaux désignèrent leurs délégués, qui, au nombre de 
trente-cinq, arrêtèrent les conditions d'une transaction. Elle portait 
qu’à l’abbé demeurait en totalité la propriété des bois en droits 

Hrv. des Soc. sav. 5 * série, t. Vf. i à 


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— 198 — 

de fonds el seigneurie, et que moitié seulement serait concédée aux 
habitants à titre d’usage perpétuel et irrévocable. L'abbé accordait 
en outre le partage, en proportion des feux, sous une redevance de 
deux deniers par feu pour les habitants de Moutiers-Saint-Jean et 
de quatre pour ceux des autres lieux. 

Les usagers jouirent paisiblement jusqu'en 1729, où un certain 
gentilhomme écossais nommé d’Ànstruther, qui avait fait ériger en 
baronnie, sous son nom, la seigneurie de Bierry-aux-Belles-Fon- 
taines, revendiqua à l'abbé de Moutiers-Saint-Jean une partie du 
bois des Granges, qu'il disait lui appartenir. L'arrêt de la cour de 
Dijon, qui fut rendu en 17^1, lui adjugea la portion de forêt en 
litige, et réduisit à 216 hectares les 280 dont les habitants avaient 
été en possession non interrompue pendant 1 48 ans. À la Révolu¬ 
tion, la partie du bois appartenant à l'abbaye fut réunie au do¬ 
maine de l'État, et celle dont jouissaient les habitants fut partagée 
par l'administration préfectorale de l'Yonne entre les communes 
usagères, en proportion du nombre de feux de chacune d’elles. 
Jusqu'en i 855 , ces bois furent régis par l'administration des eaux 
et forêts; à cette époque, le préfet confia cette gestion à un syndicat 
composé d'un délégué de chaque commune. 

M. Goureau n'a pas voulu quitter Santigny sans consacrer un 
souvenir à l'un des derniers propriétaires de cette terre, et a ses 
travaux précédents il a joint une notice biographique sur le général 
Jacques-Lazare Saveltier, baron de Gandras, dont la famille, très- 
ancienne dans le pays, tirait son nom du fief de Candra, situé au 
territoire de l’Isle-sur-le-Serain. Né à Époisses, le i 4 août 1768, le 
jeune Candras commença chez lui ses études; il les continua au 
séminaire d'Autun, qu'il quitta pour échapper a une punition qu'il 
trouvait humiliante, et il les termina dans sa famille. En 1792, il 
vint à Paris, s'engagea dans le 7 e bataillon, obtint les grades de 
sous-lieutenant et de chef de bataillon successivement dans le même 
mois, en raison des circonstances extraordinaires où se trouvait le 
pays. Le 20 ventôse an viii , il fut nommé chef de brigade de la 
4 e demi-brigade de ligne, fit la campagne du Rhin sous le com¬ 
mandement en chef de Moreau, dans la division Richepanse, et se 
signala d'une manière toute particulière à la bataille de Biberach 
avec son régiment, qui y fit des merveilles. Promu général de bri¬ 
gade, il prit une part active à la guerre d'Allemagne, assista aux 
batailles d'Austerlitz, d'Iéna et d'Eylau; il fut en 1808 créé baron 


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— 199 — 


de l’empire, arec une dotation dans le royaume de Westphalie, et 
fut investi en 1809 du commandement de la Poméranie suédoise. 
Rentre en France en 1810, il fit l'acquisition de la terre de San- 
tigny; il y commençait des travaux lorsque éclata la guerre entre 
la Russie et la France; il fut appelé à la grande armée, où sa bri¬ 
gade, faisant partie du 9 e corps, commandé par le maréchal Oudi- 
not, fut laissée pendant toute la campagne à Polosk, sur la Dwina, 
pour couvrir la gauche. Le 98 novembre, le maréchal, ayant passé 
la Bérézina à Strudianka, dut livrer un combat acharné pour as¬ 
surer aux débris de l’armée la route de Wilna. La brigade de Can- 
dras, déjà réduite à i, 5 oo hommes par suite des luttes qu’elle avait 
eu à soutenir autérieurement contre un ennemi trois fois plus nom¬ 
breux, en perdit encore 1,100 et 69 officiers sur 80. Candras, 
atteint d’un coup mortel, resta sur le champ de bataille avec le 
général Legrand, commandant la division. L’empereur, pour ré¬ 
compenser ce dernier fait d’armes, transgressa lui-même les règles 
établies pour la transmission des majorats, et transmit à la fille de 
Candras, âgée seulement de dix-huit mois, le titre de son père avec 
tous les avantages qui y étaient attachés. 

Nous ne craindrons pas d’empiéter sur les attributions de la sec¬ 
tion d’archéologie en signalant ici le récit de la Découverte d'un 
monument antique sur le Monte Marte pris dAvallon en novembre 18 ü 3, 
par M. Malot. L’auteur raconte, dans une série de lettres spirituel¬ 
lement écrites et oubliées depuis longtemps, les épisodes qui ont 
accompagné les fouilles entreprises pour mettre au jour quelques 
restes de constructions antiques et de débris de statues qu’il n’a pas 
été possible de déterminer exactement. Ce n’est donc qu’une rela¬ 
tion purement littéraire, qui perd presque tout son intérêt après 
un espace de temps aussi long. Elle est suivie de notes sur les mé¬ 
dailles trouvées dans ces fouilles et décrites sommairement par 
M. Lauvrau de Thory, à en juger par le titre, qui porte : Notes faites 
au premier aperçu sur plusieurs médailles trouvées dans les fouilles exécu¬ 
tées à la montagne de Montmarte pris Avallon , et qui pourront servir par 
la suite à en faire une description plus exacte . Nous u’en donnerons 
pas une nomenclature qui n’est pas de notre compétence, et nous 
terminerons notre analyse en signalant quatre fables de M. Bidault, 
qui terminent le volume. Dans l’une, intitulée le Strass xt le Dia¬ 
mant , on devine de suite la moralité qu’en tire l’auteur, en mettant 
en regard un diamant brut et une pierre fausse magnifiquement 

16. 


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— 200 — 

enchâssée. Dans la seconde, un Écolier, qui veut s'emparer d'un nid 
de rossignols, remet de jour en jour l'exécution de son projet, si 
bien que la nichée s'envole au moment où il compte mettre la main 
dessus; dans une autre, le Champ, la Vigne et la Forêt se disputent 
la prééminence, en faisant valoir les services que chacun d'eux rend 
à l'homme. L'idée n'est pas neuve et n'est pas suffisamment rajeunie 
par les détails. La meilleure nous a paru être le Voyageur et le 
Dattier , où l’arbre répond aux remercîmenls du voyageur qu’il a 
rassasié, par ces mots si simples et si vrais pour un cœur généreux : 
«Mon bienfait, c'est ma récompense. y> 

En résumé, ces petites pièces, écrites avec esprit et facilité, jettent 
un peu de variété sur ce Bulletin, consacré pour la plus grande 
partie à l'histoire d'une seule localité. 

Mighblant, 

Membre du Comité. 


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— 201 — 


SECTION D’ARCHÉOLOGIE. 


Bulletin de la Société historique de Compïègne. 

Tome I, 1" fascicule. Compïègne, 1869-1872, in-8° de 168 pages. 

11 est d’usage de ne rendre compte que de volumes complets; 
tuais ce demi-volume, publié par la Société de Compiègne, est le 
premier qu’elle fasse paraître. Fondée en 1868, la Société y met au 
jour les procès-verbaux de ses séances, d’août 1868 à la fin de 
1869, le compte rendu général de ses travaux, pendant la même 
période, par son dévoué secrétaire, M. Arthur Demarsy, et ensuite 
uu certain nombre de mémoires. Depuis la guerre, elle a repris ses 
travaux, et ne tardera pas à publier la fin de son premier volume; 
mais, en raison des circonstances qui sont venues interrompre 
ses efforts, il convient de lui souhaiter la bienvenue et de la félici¬ 
ter du sens dans lequel elle dirige ses recherches et ses publica¬ 
tions. On ne saurait trop le répéter, le principal, comme à la fois 
le plus facile et le plus difficile objet d’une société provinciale, c’est 
d’être provinciale, de s’attacher par le détail à tout ce qui est local. 
Sans parler de l’histoire naturelle, l’histoire, les institutions, les 
coutumes, la géographie historique, la biographie, l’histoire litté¬ 
raire, la bibliographie, les monuments de toute époque, l’archéo¬ 
logie, l’histoire des artistes, ouvrent aux investigations conscien¬ 
cieuses un champ presque indéfini. Plus on restreint le sujet d’une 
recherche, plus on peut en tirer un résultat complet et qui se suffise 
à lui-même. C’est bien dans ce sens que la Société historique de 
Compiègne dirige ses travaux: antiquités antérieures ou postérieures 
à la civilisation romaine, histoire, numismatique, biographie, tout 
se rapporte à la circonscription territoriale dont elle s’est proposé 
d’étudier le passé, et l’on ne saurait trop l’encourager à se tenir 
dans les limites quelle s'est si judicieusement tracées; elle y a tout 
à gagner, sans avoir rieu à y perdre. 

Il existe dans la forêt de Compiègne, sur le versant oriental du 
mont Sainl-Mard, un énorme dolmen calcaire, de neuf mètres de 


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— 202 — 

longueur sur sept de largeur et plus de quatre de hauteur, sur la 
plaie-forme duquel on peut monter par l’un de ses côtés. 11 est 
connu dans le pays sous le nom populaire, peu justifié par son poids 
et par sa forme carrée, de pierre qui tourne ou pierre tomiclie, 
curieuse forme féminine dont le masculin s’est conservé dans le 
mot tournis , par lequel on désigne une maladie des moutons. 
M. Plessier (p. 82-99), a P r ^s l’avoir décrite avec soin, a donné le 
résultat des fouilles faites par M. Viganobsky, le savant inspecteur 
de M. Viollet-le-Duc à Pierrefonds. Celles-ci ont prouvé que le mo¬ 
nument avait une destination funéraire, en découvrant sous l’une 
de ses extrémités, non pas un ossuaire, mais vingt squelettes en¬ 
terrés ensemble sans aucune trace d'incinération et sans aucun 
objet de bronze ni de fer. L’orientation des corps du couchant au 
levant n’y était pas constante, et l’on n’y a rencontré que des ins¬ 
truments de silex de petite taille et appartenant tous à la fabrica¬ 
tion par éclats. Il est donc probable que c’est une sépulture très- 
ancienne. 

M. Emmanuel Woillez a consacré une notice (p. 60-70) aux 
objets provenant de sépultures découvertes près de Verneuil (Oise), 
au lieu dit le Tremblaye. Les inhumations y étaient isolées, irré¬ 
gulières r sans orientation, à peu de profondeur, et au milieu même 
de la terre, sans cercueil ni autre défense. On n’y a rien trouvé en 
pierre, mais deux objets de fer, un mors de bride et une sorte de 
couteau, et trois de bronze, un collier et deux anneaux ciselés. 
Mais ce qu’on y a le plus rencontré, ce sont des fragments de vases, 
surtout en forme de coupes et de bassins. La grossièreté de la 
pâte, pleine de parcelles de silex, l'imperfection de la cuisson, les 
formes générales et les détails d’ornements, formés de linéaments en 
zigzag ou de points enfoncés, montrent incontestablement que les 
sépultures sont gauloises aussi bien que les poteries, sans qu’il 
soit pour cela certain qu’elles soient antérieures à l’introduction de 
la civilisation romaine. Les vases fabriqués à la main sont très- 
grossiers; ceux fabriqués au tour, gaulois par la pâte, se rappro¬ 
cheraient davantage des formes gallo-romaines. Quelques-uns sont 
extérieurement d’un rouge pâle, tandis que la partie intermédiaire 
est encore d’un noir grisâtre, ce qui ne résulte nullement d’une 
couverte en matière différente, mais seulement de l’inégalité de la 
cuisson, assez incomplète et trop faible pour avoir dépassé les su¬ 
perficies et pénétré jusqu’aux centres. Le mémoire est très-intelli- 


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— 203 — 

gemment accompagné de deux planches contenant vingt-six objets; 
des descriptions de ce genre seraient, sans planches, peu compréhen¬ 
sibles et presque inutiles; des dessins leur donnent toute leur va¬ 
leur. 

M. de Roucy, bien connu par ses fouilles heureuses dans la forêt 
de Compiègne, où il a trouvé au mont Saint-Mard, près de Pierre- 
fonds, les subsiructions d'un immense établissement dont il faut 
attendre qu'il parle lui-même en détail, a, dans les procès-ver¬ 
baux (p. 5 a- 5 ), une note sur deux petites plaques de terre cuite 
antique trouvées à Conchy-les-Pots, une télé de femme en forme de 
mascaron, et une tête, de profil et ceinte de lauriers, de l'empereur 
Vespasien. Le dessin lithographié ferait plutôt penser à la Renais¬ 
sance, où l'on a répété à satiété les profils impériaux, mais je n'ai 
pas vu l'original, et M. de Roucy a trop l'habitude des antiques pour 
ne pas avoir raison. Seulement, s'il est vrai qu'une fabrication peut 
exister de tout temps dans un endroit qui en offre sur place les 
matériaux, le nom vulgaire de Conchy-les-Pots, comme en Vendée 
celui de la Chapelle-aux-Potiers, se rapporte seulement au moyen 
âge et ne peut prouver que pour lui. Ajoutous que M. de Roucy a 
parlé en même temps d'une curieuse pâte de verre antique opalin 
avec le profil en creux d'Antonin, trouvée près de Nesles, dans la 
Somme, et d'un disque de verre antique représentant un profil 
d’empereur, trouvé à Beaumont, dans la rivière d'Oise, près du 
lieu dit le Vieux-Pont. 

Les notes de M. du Lac (p. 1/11-9), non pas sur des monnaies, 
mais sur quelques jetons et médailles relatifs à la ville de Com¬ 
piègne, sont intéressantes et d'une bonne critique, mais elles portent 
surtout sur des médailles et des jetons modernes. Pour les époques 
antérieures, il n'a pu parler que de deux monuments. Il fait facile¬ 
ment justice de l'un, qui serait une médaille commémorative de la 
défense de Compiègne en 1/160; on ne la connaît que par uue gra¬ 
vure de la première édition de Mézeray, mais on sait combien à celte 
époque les livres sont pleins de médailles supposées. L’autre, très-réel¬ 
lement ancien, reste cependant éuigmatique. C'est un petit mé¬ 
daillon de plomb avec la légende, sur le revers, LVDOV 1 CVS REX, 
dans un cercle, et au centre une croix à branches égales et pattées 
comme dans les gros tournois. Sur la face est une tête de roi cou¬ 
ronnée, entre un objet indistinct, que je ne crois pas une palme, et 
une fleur de lis accompagnée de trois points, qui marquent peut- 


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— 20 à — 

• 

être une valeur. Elle a été trouvée en i 83 g, dans les décombres de 
l'ancien couvent des Cordeliers, établis à Compïègne sous saint 
Louis, qui les protégea particulièrement, et M. Combrouse l’a 
décrite sans détail dans son Décaméron numismatique. II est pos¬ 
sible de supposer qu'on y ait voulu représenter saint Louis, 
mais les effigies royales ne paraissent sur les monnaies que bien 
plus tard, à la Gn du xv® siècle et à la suite des monnaies ita¬ 
liennes. Je serais disposé à y voir un mereau à l'usage du couvent, 
qui avait plus de raison qu'un autre de se souvenir du saint roi; 
mais, malgré l'absence de la qualiGcation de saint, j'ai peine à la 
croire contemporaine ou même immédiatement voisine. Je l’attri¬ 
buerais plutôt au xiv° siècle, et la forme de la fleur de lis ne s’y 
opposerait pas. 

Le dernier mémoire dont il me reste à vous entretenir, et le plus 
important du volume, est la publication, par M. Ferdinand Leproux 
(p. 109-1/10), des pièces relatives à la construction, à Compïègne, 
de la chapelle de la Salvation élevée à la Vierge, en i 468 , par 
Louis XI, près la porte de Pierrefonds, et démolie en 17/18. Ce 
compte des dépenses de la construction, que M. Leproux a très- 
justement rapproché de celui de la chapelle de Saint-Pierre-de- 
Mont de Chastres, publié par M. Lassus dans le Bulletin des Comi¬ 
tés , en i8Ag, est conservé au département des manuscrits de la 
la Bibliothèque nationale. 

Pour faire d'abord la part de la critique, il sera nécessaire de 
faire un errata pour quelques fautes d'impression. On trouve deux 
fois, p. i 35 , ffainsi que devise est,» qui n'est pas une forme; il faut 
devisé. Un mot a été particulièrement malheureux: «rclef d’ogme,* 
page 12 8 ; fr angme , vaulter à croix <£angme , » page 1 3 4 ; «• les croisées 
d’awgw#,» page i 35 , sont évidemment ogive , augive et augives. La 
faute d'impression saule aux yeux, quand même une fois il ne se¬ 
rait pas en même temps question des arcs formerets; mais tout le 
monde ne le verra pas à une lecture rapide, et les passages sont 
alors incompréhensibles. Au reste, rien n'est plus curieux que ce 
marché : maçonnerie, charpente, couverture, menuiserie sculptée, 
serrurerie, vitrerie, orfèvrerie du service divin, étoffes et broderies 
des vêtements sacerdotaux, s'y trouvent avec le détail le plus précis 
et le plus instructif. Il y aurait lieu, d'après les marchés et les 
comptes que l'on connaît, d’essayer un glossaire des termes d’ar¬ 
chitecture et de construction au moyen âge, comme M. de Laborde 


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— 205 — 

en a fait un pour les orfèvreries et les émaux. Le compte publié 
par M. Leproux eu serait une des meilleures sources, et ne serait 
pas sans offrir des difficultés; ainsi, dans cet article, page i 36 : 
très houssières de la montée à vifz (c’est-à-dire de l’escalier à vis) 
seront revestues les aubes de molure bien et souffisanment et de frôles 
admorties de crestes, * 

L’architecte, j’entends celui dont on a exécuté le plan et le des¬ 
sin, ne me parait pas cité. En effet, les maçons Adam et Pierre 
Masse (ou Massé), Bernard Heiquerel, Gilles Houbert (Honbert?), 
dont les trois premiers sont indiqués comme demeurant à Com- 
piègne, et le dernier à Gournay-sur-Aronde, à une lieue de Com¬ 
pïègne, sont nommés ensemble, sans distinction et sans supériorité 
d’aucun d’eux sur les trois autres; ils ne doivent avoir joué là que 
le rôle d’entrepreneurs et de constructeurs matériels, moins im¬ 
portants que Colard Sohier, Jean Cabonel et Louis Guignecourt, 
maçons jurés à Compïègne et commis pour visiter et recevoir leur 
ouvrage. Le dessin devait avoir été fourni et envoyé par un des ar¬ 
chitectes habituellement employés par le roi. Mais on trouve cités 
d’autres artistes. C’est à Jean Karado, fondeur et canonnier à Paris, 
qu’est duc la cloche de la chapelle. Thomas Pigne, nous dirions 
maintenant Peigne ou Peigné, tailleur d’images à Paris, sculpte la 
statue du fondateur; Louis XI y était à genoux devant un prie-Dieu, 
avec ses heures, et sous un dais semé de fleurs de lis et orné de 
deux anges tenant un L couronné. Cette figure de Louis XI en 
friant devait être posée devant l’image de Notre-Dame-de-Salvation, 
et, par conséquent, au mailre-autel, et non pas à côté d’une statue, 
mais d’une peinture, comme on le peut voir par ce curieux ar¬ 
ticle : 

wA Jacob de Litemont (et non Liremont), peintre du roy nostre 
sire, la somme de six vingts dix sept livres dix deniers tournois 
en cent escua d’or, pour avoir paint le dossier (c’est-à-dire le re¬ 
table, le tableau d’autel) de la dicte chapelle de Nostre Dame de 
Salvacion, où est l’ymaigc de la glorieuse Dame, les deux tables 
d’autel (l’autel était donc à deux étages, un pour l’autel même et 
un pour le gradin supérieur, sur l’un des bouts duquel était posée 
la statue de Louis XI), ensemble la clef d’ogive qui est au-dessus 
d’icelle chapelle à l’escu de France à deux angles, le tout fait de fin 
or et azur et autres fines coulleurs, ainsi qu’il appartient à Chapelle 
Royale, et tout ainsi et par la forme et manière que baillé lui a 


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— 206 — 

esté par escript et selon la devise des personnages des Sains et 
Sainctes à la dévotion du dit Seigneur. r> 

On connaît d’ailleurs ce Jacques ou Jacob de Litemont, Licte- 
mont, Lithemont, ce qui est la même chose. Les Archives curieuses, 
i n série, I, page 91, mentionnent deux étendards de saint Michel 
avec le dragon et des soleils, faits pour Louis XI en 1669; mais, 
dans des pièces relatives à Jacques Cœur, il figure comme peintre 
de Charles VII et de la reine, et, dans les comptes de Tanneguy du 
Châtel, pour les dépenses des funérailles de Charles VII, en 1Î61, 
il figure <r pour avoir moulé et empreint le visage du dict feu sei¬ 
gneur pour servir à l’entrée de Paris, v II y a même là quelque 
chose de singulier. On sait, au commencement de son règne, com¬ 
bien Louis XI a éloigné, persécuté même ceux qui avaient servi 
Charles VII, et qu’il a fini par s’en repentir et revenir à quelques-uns. 
Cela lui a porté malheur en fait d’imprimerie. On lui sait grand 
gré d’avoir protégé Ulric Géring, quand il se fut établi à Paris 
déjà depuis quelque temps; mais son père avait envoyé à Mayence, 
pour étudier l'art d’imprimerie, Nicolas Jenson, maître de la mon¬ 
naie de Tours, et Louis XI n’avait qu’à lui continuer sa protection 
pour que le premier imprimeur en France fût un Français, comme 
Caxton a été le premier imprimeur de l’Angleterre. Louis XI, qui ce 
jour-là ne se doutait guère de ce qu’il faisait, a laissé de côté Jen- 
sou, qui a été à Venise, où il a expatrié sa gloire. Jacques de Lite¬ 
mont devait donc être à son époque un peintre bien considérable 
pour que Louis XI l’ait conservé et lui ait pardonné d’avoir été au 
service de son père. 

Anatole de Montaiglon, 

Membre du Comité. 


Société nationale d’agriculture, sciences et arts de l’arrondissement 
de Valenciennes. 

Revue agricole, industrielle, scientifique et littéraire. 

19* et ao* années, tome XXI, 1867, tome XXII, 1868, în-8°. 

Le tome XXI de cette utile revue contient la fin du travail de 
M. Cellier sur Watteau, sa famille et ses contemporains. J’ai déjà 
parlé du commencement; la suite mérite les mêmes éloges et des 
réserves analogues, éloges pour ce qui s’y trouve de nouveau, ré- 


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— 207 — 

serves pour des opinions hasardées ou des parties incomplètes. 
Comme les notes de M. Cellier et les autres communications que 
j'ai à signaler y sont publiées d'une façon.très-éparse, je les indi¬ 
querai dans l'ordre où elles se trouvent dans les volumes, pour 
en rendre plus facile le renvoi et par suite la recherche. 

On y trouve d’abord, XXI, 98-100, la réimpression des lettres 
de Watteau, publiées dans les Archives de l'art français (1™ série, 
t. II, septembre 1862, p. 2o8-i3), puis un catalogue de Watteau, 
d'abord celui des pièces gravées par lui-méme, résumé de l’article 
du «Peintre-Graveur français* de Robert-Dumesnil (II, i 836 , 
p. 181-7; c f* XI, 323 - 4 ), ensuite, d’après les catalogues des ventes 
qui ont eu lieu à Paris depuis une vingtaine d'années, une simple 
énumération des pièces dans l’ordre alphabétique des noms de 
graveurs, p. 99-103 et 119-26, terminée par l’indication, en une 
page, d’une vingtaine de dessins passés en vente à Paris depuis dix 
à douze ans, et une autre page sur ses portraits. C'est, on le voit, 
un catalogue trop sommaire pour être non-seulement définitif, 
mais même suffisant. En réalité, le catalogue raisonné de l'œuvre 
de Watteau est à faire, d’une façon complète; le travail, qui serait 
des plus intéressants, ne serait pas très-difficile, et, s'il était fait 
avec soin, c’est-à-dirc avec des descriptions détaillées et des indi¬ 
cations complètes, ferait grand honneur à celui qui l’entreprendrait 
et le mènerait à fin. Le plan en serait des plus simples. 11 faudrait 
séparer absolument les dessins des tableaux; cela permettrait, pour 
les dessins, de décrire de suite et dans leur ordre ancien ceux gravés, 
en trois volumes in-folio, par les soins des amis du peintre, et connus 
sous le nom d’Œuvre de Watteau; une seconde partie des dessins 
réunirait tous ceux qu'on sait exister ou avoir existé d’après les cata¬ 
logues de ventes autorisées ou les livrets de musées, en y mêlant 
les fac-similé qui ont paru séparément. Pour les tableaux, il fau¬ 
drait absolument les classer par sujets, et les décrire un à un, soit 
d'après les originaux, soit d'après les gravures, dont on donnerait 
les dimensions. On sait que la plupart de celles-ci portent le plus 
souvent, en latin et en français, l'indication du cabinet où l'original 
se trouvait, et, détail des plus importants, les dimensions en pouces 
et en pieds. 11 va sans dire que ces inscriptions sont des plus impor¬ 
tantes à transcrire, ainsi que tous les litres et aussi toutes les expli¬ 
cations versifiées, qui représentent si bien l’esprit du temps. Le 
dépouillement des catalogues de ventes, et ceux du xvni* siècle 


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— 208 — 

sonlsur ce point peul-être meme plus importants et plus soigneux 
que ceux du xix® siècle, établirait la généalogie des tableaux, les prix 
quils ont été vendus et les derniers possesseurs. Il serait impossible 
qu'il n'y eût pas plus tard des additions et des rectifications, mais 
les éléments sont assez nombreux et la question assez étudiée pour 
permettre au premier travail d’être à peu près complet et définitif. 
II serait des plus intéressants à faire comme à lire, et l'on a lieu 
de s’étonner qu’il n'ait pas encore été fait. On trouve ici même, 
dans la chronique artistique, p. A26-7, une répétition, non signalée 
et avec variantes, de ŸEscarpolette, qui appartient à M. AI. Courtin 
de Valenciennes. 

M. Cellier avait analysé les curieux documents sur Pater qu'il a 
découverts; on en trouve ici le texte complet, p. 189-91 et 2a9-34. 
C’est, je l’ai déjà dit, la partie vraiment nouvelle de son travail, et 
elle est désormais indispensable à connaître toutes les fois qu’il sera 
question des imitateurs de Watteau. La note consacrée à l’œuvre 
d’Eisen, p. a 3 5 - 8 , n'est pas assez complète pour ne pas être re¬ 
prise; celle consacrée à Louis Watteau, p. 23 8-9, contient l’acte de 
mariage de son père Noël Watteau, du 3 novembre 1721, dont les 
énonciations établissent d'une façon incontestable sa parenté avec 
Antoine, qu’on a quelquefois mise en doute. 

Je n’ai pas parlé d’une note sur Nicolas Wleughels, p. a 35 , où 
M. Cellier le prend de si haut avec Mariette qu'il est impossible de 
ne pas la relever. 

Mariette depuis quelque temps n'a pas de chance; dans un ar¬ 
ticle de son Dictiounaire critique, rectifié en une ligne de Yerrata, 
M. Jal l’a confondu avec un Pierre Mariette, son oncle, qu’il cite 
pour la naissance d'un enfant, en 1672, et dont il dit: rrC’est 
lui qui annota YAbecedario du père Orlandi. On a publié ses notes 
intéressantes.» Pour un homme qui s’en est servi, l’erreur est forte 
d’avoir pu, sans s’étonner, mettre en plein xvu* siècle un homme né 
en mai 1694, qui a vu tout le règne de Louis XV et qui a parlé 
d’une partie des artistes de la seconde moitié du xvin®. 

Mais voici la note dont il s’agit : * Mariette, si injuste avec Pater, 
n’a pas montré plus de bienveillance à l’égard de Wleughels, 
auquel il ne se contente pas de dénier tout talent, mais qu’il dé- 
peiul comme un intrigant sans pudeur. On a cru trop longtemps 
sur parole ce méchant confectionneur de catalogues; la postérité doit 
juger les artistes d'après leurs œuvres et non d’après les critiques 


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— 209 — 

partiales des contemporains. Wleughels vaut mieux que par la répu¬ 
tation qui lui a été faite par fauteur en question... Il répugne de 
croire qu’il ait dû exclusivement à l’intrigue le poste éminent de 
directeur de l’Académie de France à Rome et la décoration de 
l’ordre de Saint-Michel. y> Je ne me chargerai pas de prouver que 
les contemporains peuvent bien avoir quelque droit de parler, ni 
qu’il peut y avoir eu des postes éminents, même des croix de. 
Saint-Michel, où l’intrigue et le savoir-faire n’ont pas été inutiles, et 
je n’ai aucune envie de rompre des lances pour ou contre Wleu¬ 
ghels. Mais M. Cellier a été bien vif, et, il me permettra de le lui 
dire, plus qu’injuste en traitant Mariette de <rméchant confection¬ 
neur de catalogues. r> Que dirait-il de mieux des experts de ventes 
borgnes? Il oublie trop qu’il y a bien des choses et de très-grandes 
qui sont des catalogues. Tous les grands savants en histoire natu¬ 
relle, tous les grands érudits qui éclaircissent l’histoire par des 
séries de documents anciens, et l’histoire littéraire par la biblio¬ 
graphie, les grands philologues dont les dictionnaires sont des mo¬ 
numents, tous les historiens de la gravure, tous les historiens des 
peintres et des sculpteurs, tous les archéologues qui se sont appli¬ 
qués à l’étude des œuvres subsistantes de l’antiquité, tous les 
grands épigraphistes et numismatistes, sont aussi des tr confection¬ 
neurs de catalogues,^ et il n’est pas facile de mériter d’étre mis en 
leur compagnie. 

Mariette aussi a beaucoup catalogué, mais il l’a fait avec une 
sûreté de goût et une supériorité de critique qui en font un maître. 
M. J. Dumesnil ne lui aurait pas consacré un volume entier de son 
recueil sur les Amateurs français , M. de Chennevières n’aurait pas 
écrit sur lui une importante étude dont la prompte publication se¬ 
rait bien désirable, s’il avait été l’homme plus que médiocre dont 
parle M. Cellier. Outre ce qu’il a imprimé, car l’auteur du texte du 
Cabinet Crozat, de la notice sur Léonard, du Traité des pierres gra¬ 
vées et du livre sur la fonte de la statue équestre de Bouchardon, 
n’est vraiment pas le premier venu ; il a joué de son temps un rôle 
des plus importants dans la sphère de ses études, et non-seule¬ 
ment à Paris, mais à l’étranger. Boltari a publié ses lettres dans son 
recueil des Letterepittoriche au milieu de celles des artistes italiens, 
et il l'a fait de son vivant, puisque le recueil a paru de l'jbh à 
1773 et que Mariette n’est mort qu’en 177 4 . Ce n’était pas 
l’un des contrôleurs géuéraux de la grande chancellerie, ce qui 


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— 210 — 

était pourtant quelque chose, qu'on voyait en lui, mais l'associé 
de l'Académie de peinture, l’amateur, le collectionneur et le cri¬ 
tique. Sur ce point il était et il est resté maître. Ce sont, comme il 
convient, les meilleurs juges qui l’estiment le plus; on sait le cas 
qu'en fait M. Renouvier, et, en fait de critique et d'érudition artis¬ 
tique, je ne sache pas que quelqu'un s'y connût mieux que l'auteur 
des Types et manières des maîtres graveurs. 

Déplus, et dans l’ordre d'idées des énormes services rendus par 
Mariette à l'histoire de l'art moderne, il y en a un que M. Cellier n’est 
pas seul à ignorer, bien qu’il soit déjà fort connu dans le milieu 
qui s’occupe de ces choses, et qui a une singulière importance. On 
sait la juste renommée du Peintre-Graveur de Bartscb. Comme il 
comprend les Italiens, les Allemands et les Flamands de la belle 
époque, il est bien autrement important que le livre excellent de 
M. Robert-Dumesnil, qui, se restreignant aux Français, n’a eu la 
pensée que de se mettre à sa suite et de lui ajouter un supplément. 
Loin de moi de nier la valeur et l'utilité de Bartsch; la première 
est incontestable et la seconde est constante; mais il est certain 
que, sans le dire autant qu’il l'aurait dû, Bartsch s'est non-seu¬ 
lement servi des notes inédites de Mariette, mais que, pour les Ita¬ 
liens du xvi® siècle et pour les camaïeux du même pays, il l'a copié 
si fréquemment que, au lieu de dire qu'il s'en est servi, il serait plus 
juste de dire qu'il en a été absolument le plagiaire. On croit, pour 
cette grande époque italienne, lire un article de Bartsch, et, sans le 
savoir, on lit tout simplement, sans changement, sans suppression 
comme sans addition, le texte même d'un article de notre Mariette. 
Je l'ai dit, il y a déjà longtemps, en 1 858 , dans une note de l'Abe- 
cedario l ; mais une note au bas d'une page ne se lit guère et ne compte 
pas, même quand ses conclusions sont acceptées par un article de bio¬ 
graphie générale 2 . On me pardonnera donc d’y reprendre l’état de la 
question, pour en saisir ceux qui n’ont pas eu l'occasion d'être par 
eux-mêmes forcés de reconnaître sur ce point la vérité. 

Bartsch, né en 1754, mort en 1820, et dont l’ouvrage a paru 
de i 8 o 3 à 1821, n’a pas connu Mariette, non-seulement parce qu’ils 
ne sont pas du même pays, mais parce que Mariette est mort quand 
Bartsch avait au plus vingt ans. Il est venu plus tard à Paris, mais 

1 Tome V, 1867-8, p. a 36 - 7 , au commencement de l'article Raimondi, 

* Biographie Didot, XXXIII, 1860, article de M. H. H-n, p. 762, note 2 
(M.Henneqoin, je crois). 


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— 211 


alors les papiers manuscrits de Mariette, YAbecedario in ter folié du 
père Orlandi et les dix volumes in-folio de catalogues de noms des 
peintres et des graveurs, les seuls dont Bartsch aurait eu à se servir, 
n'étaient pas encore entrés à la Bibliothèque et n'étaient connus de • 
personne. La Bibliothèque les a acquis bien postérieurement de 
M. Leblanc, père de fauteur du Manuel inachevé de l'Amateur d’es¬ 
tampes, qui les tenait lui-même de l’expert Régnault de la Lande; 
on connaît les remarquables catalogues de ventes de ce dernier, et 
l’on peut dire que ce qui s'y trouve de meilleur vient de ces notes 
de Mariette. 

Bartsch n'a donc pas connu les manuscrits de Paris, mais il en a 
forcément connu un autre, et voici comment. On sait que le fonds du 
Cabinet des estampes de la Bibliothèque impériale de Vienne se 
compose de la collection de gravures du fameux prince Eugène, et 
que celui-ci avait acheté en bloc la collection formée par le père de 
Mariette, mort à quatre-vingt-deux ans, en 174*1. Or nous savons, 
par Bartsch lui-même, que le Marc-Antoine du prince Eugène 
avait été arrangé dans le principe par «r le célèbre Manette, qui, par 
la vaste étendue de ses connaissances et de sa pratique en matière 
d’estampes, mérite à tous égards d’être pris pour arbitre et législa¬ 
teur. v Plusieurs fois il s’autorise de l’opinion de Mariette pour at¬ 
tribuer une estampe à Augustin Vénitien plutôt qu’à Marc de 
Ravenne, ou réciproquement, et ces jugements de Mariette n’é¬ 
taient imprimés nulle part. Ils viennent donc d'un catalogue ma¬ 
nuscrit. 

De l’autre côté, les manuscrits autographes de Paris se com¬ 
posent de deux choses : un premier corps de catalogue, soigneuse¬ 
ment transcrit et à larges lignes, et, sur les marges comme dans les 
interlignes, des notes ajoutées, inégales d’écriture et écrites à toutes 
les époques. Quant à Bartsch, nous ne le trouvons conforme qu’aux 
parties les plus anciennes de ce premier corps du catalogue que 
nous avons à Paris. Presque tout ce que dit Bartsch se trouve déjà 
dans Mariette, mais ce qui lui manque se trouve en plus à Paris; ce 
sont les annotations des marges et des interlignes, fruits de la matu¬ 
rité et de la vieillesse de Mariette, presque toujours supérieures, et 
par lesquelles le peu que nous avons imprimé de remarques sur 
Marc-Antoine, publiées en i 858 , quarante-quatre ans après le vo¬ 
lume de Bartsch publié en 181 3 , ajoute à la publication du savant 
iconographe allemand, et, marchant de pair, malgré sa condition 


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— 2112 — 

posthume, avec la science moderne, vient* décider des difficultés 
restées jusqu’aujourd’hui douteuses et apporter des renseignements 
demeurés nouveaux. 

Il faut remarquer que M. de Chennevières et moi, dans l’impos¬ 
sibilité où nous étions de trouver à publier intégralement l’étonnant 
et énorme travail de Mariette, nous n’en avons extrait que ce qui 
était note biographique, discussion^ remarques critiques, laissant 
absolument de côté tout ce qui était description pure, même 
d’états. Il y a de ce coté tout à prendre encore aujourd’hui, et 
celui qui, en les copiant séparément, en les disposant dans un 
ordre général, se contenterait d’imprimer dans un bon ordre tous 
les papiers de Mariette, ferait une chose des plus utiles, et cette pu¬ 
blication apprendrait beaucoup, même à ceux qui savent le plus. Il 
serait bon aussi d’imprimer en entier le manuscrit complet du Dic¬ 
tionnaire des artistes de Heineken, qui est conservé à Dresde et dont 
il n’a été imprimé que quatre volumes s’arrêtant au milieu de la 
lettre D. Celui-ci n’est guère qu’une nomenclature rapide et toute 
sèche; il serait surtout utile pour les artistes médiocres, et particuliè¬ 
rement pour les graveurs allemands des xvn e et xviii® siècles, qui ne 
sont catalogués nulle part; mais son œuvre resferait bien inférieure 
à celle de Mariette, non-seulement à cause des développemenls de 
celui-ci, mais surtout de la sûreté de son goût et de sa critique. 

Revenant à ce qui est maintenant publié de Mariette sous le 
litre à'Abecedario, nous avons expliqué pourquoi, les emprunts de 
Barlsch portant surtout sur des descriptions, nous n’avons pas eu 
à en donner de fréquents exemples. Un seul suffira: l’appréciation 
de Bartsch du Martyre de saint Laurent de Bandinelli ( Abecedario , 
VI, 239-/10) est textuellement celle de Mariette. En même temps il 
est sûr qu’il ne s’est pas servi des remarques nouvelles. Comme, 
s’il les avait connues, il en aurait profité comme il l’a fait des autres, 
il en résulte qu’il existait au Cabinet de Vienne un catalogue ma¬ 
nuscrit de Mariette, dont celui de Paris est une sorte de brouillon, 
ou plutôt de minute déjà mise au net, couservée par son auteur et 
devenue plus complète et toute nouvelle, parce que jusqu’à sa mort 
elle a été incessamment corrigée et augmentée. Il se peut même 
qu’une bonne partie, peut-être la totalité de ces catalogues de gra¬ 
veurs, qui forment à Paris dix volumes in-folio, ne soit pas autre 
chose que le calalogue de la collection des estampes fait pour le 
prince Eugène, au moment de son acquisition, et dont Mariette a 


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— 213 — 

continué de se servir, soit pour eu faire le catalogue de sa nouvelle 
collection, soit tout au moins el certainement pour y conserver ses 
nouvelles remarques. Barlsch s’est servi des anciennes, il n'y a pas 
là-dessus le moindre doute, et la copie dont il s’est servi doit exister 
à Vienne, où Mariette a passé deux ans à mettre en ordre la collec¬ 
tion vendue par son père. Pour défendre Barlsch, on peut dire seu¬ 
lement qu’il a pu se croire autorisé à se servir en maître de ces 
notes, en leur qualité d’espèce de catalogue antérieur, appartenant 
parla de droit, comme il appartenait de fait, au Cabinet de Vienne, 
dont il était l’un des inventaires. C’est une théorie administrative • 
d’autant plus étrange que Mariette n’était pas l’un de ses prédéces¬ 
seurs; il en a même si peu parlé, qu’il l’a laissé pleinement ignorer, 
et que non-seulement il n’a pas rendu à Mariette la justice qui lui 
était due, mais qu'il a été envers lui d’un sans-gêne et d’une in¬ 
gratitude absolument volontaires. 11 y fallait insister, parce que, si 
Barlsch n’a pas copié Mariette, c’est Mariette qui aurait copié 
Barlsch, et il n’est pas besoin de dire que cela est matériellement 
impossible. Ce qui est vrai, c'est que de son temps Mariette savait 
et écrivait ce qui n’était nulle part, et aussi que, si Bartsch a donné 
une partie des résultats acquis par son prédécesseur, il ne le doit 
pas à un autre qu'à ce prédécesseur lui-même. C’est une justice 
tardive, mais, après examen, personne ne peut eu contester la vé¬ 
rité. Elle est encore trop peu connue; c’est ce qui m’a permis de la 
répéter ici pour l’aider à faire son chemin. 

Je serai moins long à propos du tome XXII. On y trouve sur le 
sculpteur Saly, dont les travaux en Danemark ont été l’objet d’un 
bon article de M. Dussieux dans ses Artistes français à Vétranger, 

1856, p. 207-8 el 24 1, un certain nombre de notes curieuses, 
p. 1-2, 6-7 et 3i; c’est une indication des médailles et des im¬ 
primés relatifs à la statue équestre consacrée par la Compagnie des 
Indes Orientales au roi Frédéric V. On y annonce aussi la publica¬ 
tion des documents inédits sur la statue de Louis XV, faite par Saly 
pour Valenciennes. 

La note sur «un Watteau inconnu,» mai 1868, p. 174*5, est 
la reproduction d’un article imprimé à Paris dans un journal inti¬ 
tulé F Art industriel; il s'agissait d’un Watteau inconnu représentant 
sainte Geneviève lisant, et qui se trouve dans une des chapelles de 
l’église Saint-Médard, à Paris. Ce tableau est en mauvais état, mais 
çe n’est pas un Watteau; ce doit être, d’après la description, une 

Rev. des Soc. sav. 5*sdrie, t. VI. i5 


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— 214 — 

copie quelconque de la sainte Geneviève de Vanloo, bien connue 
par la gravure de Balechou. 

On peut lire, p. 217-29, le rapport de M. Delière sur le con¬ 
cours ouvert pour les paroles d’une cantate à Walteau. L’article de 
M. Cellier, p. 360-76, intitulé Watteau en Angleterre , est composé 
d’extraits de Waagen, bien moins précis et solide que Smith, de 
M. Thorésur le Watteau de la galerie d’Arenberg à Bruxelles, de 
M. Clément de Ris sur un tableau du musée d’Angers. Le plus cu¬ 
rieux de ces extraits est la traduction du passage relatif à Valen¬ 
ciennes, qui se trouve dans l’ouvrage anglais de Samuel Ireland, 
A picturesque tour through Holland , Brabant and part of France, mode 
in the autumn of 178g, London ,1790, in-8°. En parlant de Watteau, il 
donne un renseignement que je transcris : »? Watteau soignait excessi¬ 
vement son trait. Il avait l’habitude de tracer ses figures à la mine de 
plomb; j’ai souvent été à même de vérifier le fait sur des toiles en¬ 
dommagées. * Du reste, rien n’est plus intéressant pour des pro¬ 
vinces ou des villes que ces témoignages de voyageurs écrits par eux 
dans des relations générales; on ne va pas les_y chercher, et les So¬ 
ciétés de province feraient bien de les en extraire et de les réunir en 
faisceau pour les joindre aux ouvrages locaux. Je peux même citer 
pour la France un ouvrage bien curieux sous ce rapport; ce sont 
les lettres de Duché de Vanci, imprimées pour la première fois à 
Marseille, en i 83 i, et qui ne sont pas très-cbnnues. Duché, l’auteur 
delà tragédie d’Absalon, avait accompagné les fils de Louis XIV 
dans leur voyage à la frontière d’Espagne, pour y conduire leur 
frère Philippe V, et dans leur retour à Paris par le midi de la France, 
le Lyonnais et la Bourgogne. 11 y avait, de son temps, peu de voya¬ 
geurs aussi intelligemment curieux que Duché; il cherche à voir et 
il sait voir; costumes, mœurs, monuments, aspect du pays, tout ce 
qui n’intéressait pas les gens éclairés du temps, il s’eu préoccupe 
et le rend à merveille; c’est un volume à découper pour les Sociétés 
des pays qu’il a traversés, et c’est pour cela que je le signale ici par 
occasion. 

Dans ce même article, M. Cellier a extrait des livrels de l’Aca¬ 
démie de Saint-Luc, réimprimés par M. Lacroix dans la Revue uni¬ 
verselle des arts de Bruxelles, — ils viennent d’être reproduits en un 
volume par M. J.-J. Guiffrey,— les descriptions des ouvrages exposés 
par Eisen de 1762 à 1776. Un document plus rare, donné par le 
même M. Cellier, d’après les registres de l’église Saint-Jacques de 


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— *215 — 

Valenciennes, est l'acte de baptême du marquis de Paulmy, né le 
22 novembre 1722. 

Je ne terminerai pas ce compte rendu sans rappeler que M. Cel¬ 
lier promet le catalogue du médaillier de la Société, et que le pre¬ 
mier numéro de 1867 est consacré au catalogue complet dressé par 
M. Lerat des ouvrages contenus dans la bibliothèque de la Société, 
fondée en i 83 i et devenue presque publique à cause du grand 
nombre de ses membres. On ne saurait trop louer de pareils tra¬ 
vaux. En même temps que cette publicité est la meilleure garantie 
de la conservation, ces collections, au lieu de rester inutiles et pou¬ 
dreuses, deviennent utiles et sont consultées, parce qu’on sait ce 
qu'on peut leur demander. La Société de Valenciennes donne là un 
exemple qui devrait être imité partout, et il n’est que justice de la 
proposer sur ce point comme un modèle. 

Anatole de Montajglon, 

Membre du Comité. 


Mémoires de la Société académique d’archéologie , sciences et arts 

DU DEPARTEMENT DE L’OiSE. 

Tome VIII, 3* partie. Beauvais, i 87 Q,in- 8 °. 

Ce volume contient deux travaux d’archéologie: l’un sur un camp 
romain, l’autre sur un atelier de silex taillés. Il s’y trouve bien aussi 
une histoire de l’abbaye de Saint-Lucien, qui, à la rigueur, pourrait 
se rattacher à l’archéologie, attendu quelle donne des lombes et 
des reliquaires. Mais, comme l’intérêt de ce travail est surtout dans 
la description de l’état du monastère et la biographie de ses abbés, 
nous en laissons l’examen à nos collègues du Comité d’histoire, ne 
nous occupant ici que des deux premiers travaux. 

On a découvert et signalé en France beaucoup de camps romains. 
ffLe plan des camps, dit Végice, doit être ou carré, ou triangulaire, 
ou ovale, suivant les nécessités des lieux ou des circonstances.») Irtb 
terdum quadrata , interdum trigona, interdum semirotunda, prout loci 
quditas , aut nécessitas postulaient , castra facienda sunt. (Végèce, 

I. I, C. XXIII.) 

Au siècle dernier, l’abbé de Fontenu a donné, dans les Mémoires 
de l’Académie des inscriptions, jusqu’à cinq Dissertations sur quelques 

i5. 


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— 21G — 

camps*.connu* en France sous le nom de Camps de César. Sa première 
dissertation a pour objet un camp qui est à trois quarts de lieue de 
Dieppe. Ce camp, déformé trangulaire, a Fuit de ses côtés terminé 
par les falaises de Dieppe. D’après l’examen des lieux, l’abbé de Fon- 
tenu non-seulement ne le regarde pas comme un camp romain, mais 
môme va jusqu’à y voir, et cela non sans raisons valables, un camp 
formé par les Anglais, lorsqu'ils vinrent mettre le siège devant 
Dieppe, en i 442 . ( Mém . de T Acad. t. X, p. 4 o 3 .) Dans sa seconde 
dissertation (p. 422 ), l’auteur commence par revenir sur ce camp, 
et cherche l’étymologie du nom de Cité de Lime qu’il porte. Puis il 
parle du camp de Saint-Leu-d’Esserent (Oise, arr. de Senlis, c on de 
Creil), qu’il admet comme étant un camp de César, ou, tout au 
moins, un camp romain. La troisième dissertation (p. 436 ) a pour 
objet le camp de Pequigny-sur-la-Somine (Picquigny, chef-lieu de 
canton de la Somme, arr. d’Amiens). Il y reconnaît un véritable camp 
de César. Ce camp est de forme à peu près triangulaire. Ce qu’il offre 
de singulier, c’est qu’on a découvert, en 1780, d’immenses souter¬ 
rains qui régnaient au-dessous du terrain, et dans lesquels on dis¬ 
tinguait encore la trace des chariots qui ont dô transporter cette 
immense quantité de matériaux qui ont servi à la construction de 
nombreux monuments de la province, et, entre autres, de la belle 
cathédrale d’Amiens, commencée en 1220 et achevée en 1269. La 
quatrième dissertation ( t. XIII, p. 4 10) porte sur le camp de 
l’Etoile, sur la Somme, à trois lieues au-dessous de Picquigny, sur 
la route de Ponldormy. C’est un ,camp de forme ovale, assis au 
milieu d’un marais, sur uneéminence qui domine tous les environs 
et qui commande l’un des plus importants passages de la Somme 
pour aller dans le Vimeux. L’abbé de Fontenu l’admet comme un 
camp de César, ainsi qu’un autre, le camp de Vissan, bourg situé 
au bord de la mer entre Calais et Boulogne. C’était autrefois un 
port de quelque importance, mais qui est aujourd’hui entièrement 
ensablé. Ce camp de Vissan, de forme ovale, était fort bien situé 
pour défendre le port du côté de la terre. La cinquième dissertation 
(t. XIII, p. 42 o) traite d’un camp de Neufchâtel, à une lieuedupetit 
port de Camiers, entre Boulogne et Étapies. Le P. Le Quien l’a pris 
pourun camp romain. Ce n’était pas l’opinion de l’abbé de Fontenu; 
il le regardait comme un ouvrage relativement moderne. Elle traite 
encore d’un autre camp, situé en Beauvoisis, à trois lieues de 
Beauvais, à une demi-lieue de Presles, maison de plaisance des 


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— 217 — 

évéques de Beauvais, et à un quart de lieue de l’abbaye de Froid- 
mont. Il est placé sur une éminence escarpée qu’on nomme le Mont- 
César. L’abbé de Fontcnu le croit de l’uu des successeurs de César, 
Quant à un troisième camp, également situé en Beauvaisis, entre 
Clermont et Pont-Sainte-Maxence, près de la paroisse de Catenoy, 
ce n’est, suivant lui, qu’un camp moderne, et il ajoute: «L’on pour¬ 
rait substituer à ce camp imaginaire plusieurs vieux camps réels 
qu’on voit en France , auxquels on a donné le nom de César, et 
dont l’on n’a fait aucune mention dans les discours précédents, tels 
que sont les camps du Châtelet dans le Réthelois, de Romorantin 
dans l’Orléanais, de Vésou en Franche-Comté, du Bois-du-Chêne 
entre Melun et Guinel, près du village de Chanteil-en-Brie, et un 
autre camp qui se trouve à une lieue d’Angers, entre le confiant de 
la Loire et de la Maine; mais on abandonne ces camps, et quelques 
autres qui sont dans nos provinces, aux recherches des curieux qui 
pourront dans la suite travailler sur les anciens monuments ré¬ 
pandus dans différents cantons de*la France, et dont plusieurs mé¬ 
riteraient bien d’étre tirez de l’oubli.’) ( Mém . de F Acad . t. XIII, 

P- 4a 7 -) 

Enfin, le tome XIV des Mémoires de F Académie des inscriptions con¬ 
tient, à la page 98, une addition à ces différents mémoires, qui a 
pour objet un camp de Lucius Galba, l’un des lieutenants de César, 
à Octodurum , aujourd’hui Martigny, dans le Valais. La figure est un 
ovale parfait. Mais il faut remarquer que la planche n’est qu’une 
restitution faite d’après Végèce. 

L’auteur du mémoire dont nous allons maintenant parler, 
M. Armand Rendu, a répondu au vœu exprimé par l’ancien aca¬ 
démicien. Son travail est intitulé : D’un castellum Romanum statwum , 
à Montigny-lez-Maignelay (Oise). Nous laissons la parole à l’auteur 
pour nous donner l’emplacement de cet ouvrage. 

«Sur le territoire de Montigny-lez-Maignelay (Oise), à droite de 
la route départementale de Beauvais à Noyon, dans l’angle formé 
par cette voie et le chemin dit de l’Écu de-France, il existe une en¬ 
ceinte fortifiée, connue sous le nom de Fort-Philippe. Cette enceinte 
a été jusqu’ici, par erreur, considérée comme une construction mi¬ 
litaire de l’époque féodale. Loin de là, c’est un castellum Romanum 
stativum des derniers siècles de l’empire.’) (P. Ulx 1.) 

L’ouvrage est de forme carrée, d’une superficie de 6 hectares 
37 arcs, et le plan qui accompagne le mémoire indique l’emplace- 


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— 218 — 

ment de quatre tours aux quatre coins, qui sont orientées, par con¬ 
séquent, tour Nord, tour Sud, tour Est et tour Ouest. La plus haute, 
la tour Est, n’a que h mètres de hauteur au-dessus du rempart. Les 
remparts sont formés d’un amas de pierres crayeuses qui ont dû 
être extraites du fond des fossés. Dans sa description détaillée du 
terrain, l’auteur a grand soin de relever les mesures exactes des 
différents ouvrages qui s’y trouvent. C’est qu’il tire de là tous ses 
arguments pour considérer ce monument comme un camp établiavec 
toutes les règles delà castramétation romaine. Il ajoute au reste, ce 
qui est plus probant , qu’on y a trouvé des tuiles et des poteries ro¬ 
maines. Mais il ne les décrit pas et n’en donne pas les dessins. 
Quoi qu’il en soit, il ne combat pas assez victorieusement, suivant 
nous, l’opinion des archéologues de la contrée qui, s’appuyant avec 
raison sur la dénomination de Fort-Philippe que porte le lieu, 
voient là une forteresse des temps capétiens. Celte dénomination a 
si bien persisté, qu’elle se retrouve sur la carte de Cassini. Et pour¬ 
quoi cette forteresse, avec ses quatre tours à sa motte, ne serait-elle 
pas due à quelque roi du nom de Philippe, à Philippe I er , par 
exemple, qui, en sa qualité de l’un des premiers rois de la nouvelle 
dynastie capétienne, ne manquait pas de raisons de chercher à se 
procurer des moyens de défendre ses jeunes possessions? Pourquoi 
pas encore à Philippe-Auguste, ce roi conquérant, constructeur et 
acquéreur? Car, indépendamment de la Normandie, il acquit, dans 
la contrée qui nous occupe, les comtés de Clermont (Oise) et de 
Beaumont-sur-Oise. Ces hypothèses, nous nous y attendons, ne 
seront pas admises par l’auteur, dont la conviction, fondée au reste 
sur une étude très-consciencieuse de son sujet, est que le Fort- 
PhUippe est un castrum Homanum stativum, et que c’est le plus régulier, 
le plus complet, le plus typique des camps romains du département 
de l’Oise. Nous laisserons à ceux qui ont fait de la castramétation 
romaine leur étude privilégiée à porter sur ce point un arrêt défi¬ 
nitif, ce qui ne nous empêchera pas de recommander le mémoire 
de M. Armand Rendu comme l’un de ces bons et consciencieux 
travaux que nous envoie habituellement la province. 

Le second travail que nous avons à sigualer dans le volume dont 
nous rendons compte est celui de M. Aug. Baudon, intitulé : Mé¬ 
moire sur les silex travaillés de l'atelier de Camp-Barbet , à Janville, can¬ 
ton de Morcy (Oise). Ce travail, d’une certaine étendue (68 pages 


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— 219 — 

et 8 planches lithographiées), conçu sur un pian très-méthodique 
et abondant en détails descriptifs, pourrait être, jusqu'à un certain 
point, considéré comme un manuel complet sur la matière. Pour 
le prouver, il suffira de récapituler ici ses divisions. Dans un avant- 
propos, M. Baudon commence par insister sur la richesse du dé¬ 
partement de l'Oise en restes de l’àge de pierre, puis il jette un 
coup d'œil sur les travaux qui ont précédé le sien. Vient ensuite le 
mémoire, qui est divisé eu deux parties, subdivisées en chapitres. 

Dans le premier chapitre, intitulé Généralités , on lit : «Janville, 
écart situé sur le territoire de Mouy, au sud-est, à 2 kilomètres 
de distance, se compose d’une ferme e.t de quelques maisons voi¬ 
sines , campées au milieu d'une plaine interrompue par des branches 
latérales de la vallée du Thérain. Du hameau, l'on descend dans 
un étroit vallon qui a reçu, ainsi que la colline voisine, le nom de 
Camp-Barbet. Je n’ai pu découvrir l'origine de cette dénomination. 
Les silex travaillés se trouvent sur le plateau, qui aune superficie 
de 80 ares.» (P. 453 .) Dans son avant-propos, M. Baudon avait 
dit : trC'est à M. Buquet, de Cauvigny, que revient en entier l’hon¬ 
neur de la découverte d'un véritable et riche atelier néolithique , le 
seul que nous puissions signaler positivement, et remarquable par 
la grande variété des espèces. Il me communiqua, en 1869, les 
objets provenant de ses investigations, faites dès l’année 1868, et 
il me conduisit sur les lieux.» (P. 452 .) Le chapitre 11 traite des 
matériaux du travail : ir Je divise, dit M. Baudon, en trois groupes 
les matières employées. Celles du premier entrent pour les neuf 
dixièmes dans la fabrication : t° silex pyromaque; a° diorite; 
3 ° roche grésoïde très-dure, ou même ^rarement) grès pur diver¬ 
sement coloré.» (P. 458 .) Chapitre m. Mode de fabrication des ins¬ 
truments. C’est la percussion. «Ce n’est pas, dit M. Baudon, une 
simple théorie. Je rends compte du résultat de la pratique. De fré¬ 
quents essais furent tentés, et j’ai vu débiter des objets aussi beaux 
et presque aussi finis que beaucoup de ceux du Camp-Barbet. On 
employa des percuteurs préparés aussi bien que des fragments 
anguleux. Mes fils et moi nous sommes arrivés à confectionner 
plusieurs pièces. Biseaux, pointes, javelots, grattoirs, tout se 
fabrique d’une façon à peu près semblable, et l’industrie de nos 
aïeux était aussi simple qu’intelligente dans son exécution.» 
(P. 46 t.) L’aveu que contient ce passage suffirait pour démontrer 
aux débutants dans l’étude des silex travaillés de quelles précau- 


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— 220 — 

lions el de quels soins ils doivent s’entourer avant de se prononcer 
sur l'authenticité de ces sortes d’objets, aujourd’hui si avidement 
recherchés. 

La deuxième partie est consacrée à la description des objets tra¬ 
vaillés, que M. Baudon classe en trois catégories : i 9 instruments 
adaptés aux besoins domestiques; 9° armes; 3 ° instruments indéter¬ 
minés. 

La première de ces trois divisions comprend : i. Le nucléus 
amasse de silex, sans forme déterminée, de laquelle on détachait 
des lames plus ou moins épaisses, qui servaient ensuite pour la 
confection de divers objets. r> (P. 46 q.) 2. Le marteau. M. Baudon 
en distingue de trois espèces: marteaux informes, marteaux arron¬ 
dis, marteaux allongés. 3 . Le pilon. 4 . Le grattoir. Cet instrument 
servait principalement à la préparation des peaux. C’est le type do¬ 
minant au Camp-Barbet. M. Baudon en compte jusqu’à douze types, 
donnant vingt-six variétés. 5 . Lames. C’est surtout avec elles que se 
fabriquaient les télés de flèches. Ici, quatre types et cinq variétés. 
6. Couteau; six types. 7. Hachette; dix types. 8. Couperet. 9. Per- 
çoir. «Les perçoirs, dit M. Baudon, servaient à forer les os et à 
faire des trous dans le cuir, afin d’y passer des lanières destinées à 
retenir les vêtements et les chaussures. En quelques tours, avec 
plusieurs espèces d’entre eux, j’ai percé des semelles de cuir d’un 
demi-centimètre et des planches, sans endommager le silex .v 
(P. 485 .) Ici, quatre types. 10. Polissoir. 

Les armes de chasse et de combat forment la deuxième division. 
Ce sont : 1. La hache, extrêmement rare au Camp-Barbet, a. Le 
poignard; deux types : conique; en pic. 3 . La lance. * Les lances, dit 
M. Baudon, sont de longs silex taillés sur le pourtour, obscurément 
prismatiques, amincis en arrière el affilés antérieurement ou ar¬ 
rondis à cette extrémité, assez pesants, sans élégance, quelquefois 
tortus.w(P. 693.) 4 . Le javelot; sept types. 5 . Les flèches; dix types 
et vingt variétés. *Les haches, lances, têtes de javelots, etc., dit 
M. Baudon, étaient retenues au manche au moyen d’intestins frais 
qu’on appliquait autour et qu’on laissait sécher ensuite .* (P. 488 .) 

La troisième et dernière division embrasse tous les objets en silex 
dont l’usage est jusqu’à présent resté indéterminé. M. Baudon ap¬ 
porte à leur description le soin minutieux qu'il a employé pour les 
autres. Sa méthode de description rappelle celle des naturalistes, 
c’est-à-dire qu’autour du mot principal il accumule les épithètes 


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— 221 — 

destinées à modifier son sens. C'est ainsi, pour en donner uu 
exemple, quil décrit la variélé lamellaire du type pedonculé de la 
flèche : trMince, triangulaire, convexe, recourbée, taillée en longues 
tranches en dessus, un peu concave en dessous, pointue, base à 
peine prolongée, 5 à 6 centimètres de long sur a et demi a 3 cen¬ 
timètres de large .d (P. 5 o 3 .) On sent de quelle utilité sont les 
planches à l'appui de descriptions de cette sorte. Aussi M. Baudon 
a-t-il accompagné son curieux mémoire de huit planches, tout en 
exprimant le regret de ne pouvoir en donner davantage. Ces 
planches, fort bien faites, sont dessinées par lui, et ajouteront à 
{'utilité de son savant travail pour faciliter l'étude assez difficile 
des silex travaillés. 

L. Douët d'ârcq, 

Membre du Comité. 


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— 222 — 


RAPPORTS 


DES MEMBRES DU COMITÉ SUR LES COMMUNICATIONS MANUSCRITES. 


SECTION D’HISTOIRE ET DE PHILOLOGIE. 


Rapport sv r l’Histoire db l’ancibr évÊcné-couTÉ db Lisibvi. 

2 volumes. 

Le Comité a bien voulu, dans une de ses dernières séances, 
in inviter à lui rendre sommairement compte de VHistoire de Tancien 
évêché-comté de Lisieux , en deux volumes, dont M. de Formeville lui 
a fait hommage. C'est avec un véritable plaisir que je m'acquitterai 
de cette tâche et que j'appellerai l'attention de mes collègues sur 
l’œuvre d'un des plus anciens et jadis des plus actifs correspondants 
du ministère. 

Le livre de M. de Formeville se compose de deux parties. La 
principale est une histoire des évêques de Lisieux, composée vers 
le milieu du xvm c siècle, par Noël Deshays, curé de Campignv. 
C’est une compilation médiocre, dont le manuscrit fut retrouvé 
en 1837, par M. Le Prévost, au séminaire d’Evreux, et qui aurait 
pu, sans grand inconvénient, rester inédite. Mais elle a fourni à 
M. de Formeville un prétexte pour rassembler et coordonner, sous 
forme d’introduction et d'appendices, qui sont beaucoup plus éten¬ 
dus que les mémoires de Deshays, une foule de renseignements 
utiles sur l’histoire ecclésiastique, féodale, municipale et industrielle 
du diocèse de Lisieux. Toutes les parties n'en sont pas également 
bien traitées; mais le tableau que M. de Formeville a tracé de l’ad¬ 
ministration spirituelle et temporelle de l’évêché et du chapitre de 
Lisieux, depuis le xv* siècle jusqu'à la Révolution, est rempli de 
détails curieux, qui tous ont été empruntés à des documents au¬ 
thentiques. Il y a des longueurs et des inexpériences de composition 


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— 223 — 

qui nuiront au succès du livre; on pourrait y signaler des inexac¬ 
titudes, qui tiennent souvent à la confiance exagérée que l’auteur a 
accordée à ses devanciers; mais le lecteur sérieux, qui ne s’arrê¬ 
tera pas à ces imperfections, sera récompensé de sa persévérance, 
et saura gré à M. de Formeville d’avoir soigneusement compulsé 
les anciennes archives de Lisieux et d’en avoir extrait tant de par¬ 
ticularités historiques. 

Le plus ordinairement les documents ne sont qu’analysés; cepen¬ 
dant un certain nombre sont publiés textuellement; je citerai une 
nouvelle édition des Pouillés de Lisieux, par M. Le Prévost, et plu¬ 
sieurs rôles de fiefs des xiv*, xvi° et xvii* siècles. La table du 
Cartulaire de l’évêché de Lisieux que fit rédiger Thomas Basin, et 
qui est resté h Lisieux, occupe trente-quatre pages du second vo¬ 
lume; elle fait bien connaître un document important, qui malheu¬ 
reusement renferme peu de pièces anciennes et est surtout rempli 
par des actes du xiv® et du xv e siècle. 

En résumé, les deux volumes de M. de Formeville sont une pu - 
blication utile pour l’histoire de Normandie. Nous devous remercier 
l’auteur d’en avoir enrichi la bibliothèque du Comité. 

L. Drlisle, 

Membre du Comité. 


Note son deux cartolaires municipaux de la ville de Dax (Landes), 
Par M. Tartière, correspondant à Mont-de-Marsan. 

Le premier de ces cartulaires, connu sous le nom de Livre rouge, 
est un registre parchemin de 33 centimètres de hauteur sur 28 cen¬ 
timètres de largeur. H est relié en bois recouvert de cuir, avec baudes 
de fer en dedans. L’écriture est du xv fl siècle. 

Ce cartulaire contient soixante-treize chartes relatives aux privi¬ 
lèges de la ville et du pays des Landes. La plus ancienne est de 1170 
et la plus récente de i 4 oo. Elles embrassent donc a peu près les 
trois siècles de la domination anglaise. Presque toutes sont écrites 
en gascon ou en latin : dans ce dernier cas, la traduction gasconne 
suit toujours l’original latin, et la rubrique est placée entre le texte 
et la version. Quelques chartes sont eu français anglo-normand; 
une est en castillan; elle est de Ferdinand 111 , le Saint, et est datée 


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— 224 — 

de 1325 . Les autres sout de Philippe IV le Bel; des rois d’Angle¬ 
terre, Henri III, Édouard Ili, Richard II, du Prince Noir, des vi¬ 
comtes de Tartas, d’Orthe, des sénéchaux des rois de France, 
d’Angleterre, etc. 

Le second cartulaire, connu sous le nom de Livre noir , est un 
registre in- 4 °, sur papier contenant 2 55 feuillets. II se compose de 
deux parties. , 

La première est un coutumier de la ville, rédigé par trJohan 
de la Porte, deu nombre deus notaris de la Cort de rofficialitat 
d’Acqs.» La rédaction est en gascon des xiv* et xv* siècles. Chaque 
article commence par ces mots: «Note que, note per costume,» 
et se termine par l’indication des sources ou des preuves qui en 
légitiment ta teneur. On y trouve aussi les coutumes propres au 
Marensin, à Gabarret, Sault, Sort, Bidache, Mauléon, Saint- 
Sever, etc. Cette première partie renferme 99 feuillets, nonxom- 
pris la table qui est en tête et qui comprend 20 feuillets. 

La seconde partie n’est qu’une copie du Livre rouge . Le copiste 
reproduit fidèlement son modèle, n’ajoutant rien, laissant des 
blancs où il en trouve, et se rendant même illisible quand il n'a 
pas pu déchiffrer quelque mot ou quelque abréviation. Il se permet 
seulement de changer l’orthographe ancienne, qui est généralement 
plus conforme au dialecte dacquois; ainsi, tandis que l’article fé¬ 
minin est écrit presque toujours le dans l’original, il écrit la. 

Cette copie doit être de la première moitié du xv* siècle, tant à 
cause de l’écriture que parce qu’il n’est fait nulle mention des Fran¬ 
çais comme maîtres de Dax. 

H. Tartierb, 

Correspondant du Ministère, archiviste des Landes. 


Rapport de M. Lascovj sur des communications de MM. d’Arbaumont 

ET A LBA NES. 

M. d’Arbaumont a extrait des archives de la Côte-d’Or une copie 
du Contrerôle des amendes et exploits de justice advenus et eschus , du mois 
Àe février au mois de septembre iâ 5 g , au bailliage de Dijon , aux sièges 
dudit Dijon , d'Auxonne, de Saint-Jean-de-Losne et Saulx. 

La lettre annonçant l’envoi de celte copie se termine ainsi : «Di- 


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— 225 — 


verses circonstances, indépendantes de ma volonté, m’ont empêché 
depuis assez longtemps de correspondre avec le Ministère. J'espère 
qu’elles ne se renouvelleront plus, et que rieu ne s opposera dé¬ 
sormais à ce que je satisfasse avec toute l’exactitude désirable aux 
obligations que m’impose mon litre de correspondant. *» 

Vous voyez, Messieurs, que la résolution prise par le Comité 
d’enlever le litre de correspondant à ceux qui ne correspondent pas 
commence à porter ses fruits. 

Le registre copié par M. d’Arbaumont énumère treize faits délic¬ 
tueux, constituant pour la plupart des actes de violences contre les 
personnes, et qui ont été punis de simples amendes. 

L’un d’eux aurait pourtant mérité une peine beaucoup plus sévère. 
Kn effet, Alexandre de Saulx, seigneur de Vantoux, accompagné 
de deux de ses serviteurs, s’était transporté au prieuré de Sainte- 
Foy, et en avait brisé les portes. Le prieur et sa chambelière se réfu¬ 
gièrent dans l’église; mais lesdits Alexandre et ses serviteurs trouvèrent 
manière £ ouvrir ladite église, et entrèrent dans, prirent ladite chambelière, 
et oultre son gré remmenèrent à Vantoux et en firent leur plaisir; et avec 
ce prirent le bréviaire dudit prieur, et plusieurs autres de ses biens. 

Ce crime odieux n’emporta contre ses auteurs qu’une amende 
de 20 écus d'or, et sans doute la qualité du principal coupable 
ne fut pas étrangère à une pareille indulgence. Les membres de 
la famille de Saulx s’étaient pourtant déjà signalés par leurs habi¬ 
tudes violentes; et l’aïeul d’Alexandre, Jean de Saulx, dit Le Lou¬ 
vet, avait été poursuivi pour meurtre par lui commis sur la per¬ 
sonne de Guillaume de Bessey, écuyer. Nous avons, en i 865 , 
rendu compte de ce procès, à la suite d’une communication faite 
par M. Simonnet. 

Nous avons l’honneur de proposer à la section de remercier 
M. d’Arbaumont, et d’ordonner le dépôt dans les archives du Comité 
des documents transmis par notre correspondant. 

M. Àlbanès, docteur en théologie à Marseille, a communiqué au 
Comité deux actes, rédigés en latin, et tirés des minutes de M 9 Ho¬ 
norât Pavés, ou Pavesi, notaire à Toulon au xv # siècle, qui sont 
aujourd’hui déposés aux archives du département du Var. 

Le premier est relatif à une contestation survenue le i o août i 687 
entre Jehan Antelme ou Antelmi, habitant du bourg de Sixfours 
(castrum de Sex Fumis) , et Guiraud de Simiane, seigneur de Gorde, 


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— — 

au sujet de la tôle d’un poisson appelé Empereur 1 (ad causarn capitis 
cujusdam piscxs hnperatoris appeïlati), 

Autelme avait porté un empereur sur le marché d'Olioules ( de 
Oliolis), et en avait réservé la tête tout entière à Bertrand de Marseille, 
coseigneur du lieu. Mais Guiraud de Simiaue prétendit qu'en sa qua¬ 
lité de représentant de son père, coseigneur d'Olioules, la moitié 
de cette tête devait lui appartenir. Antelme ue voulut pas faire droit 
à cette réclamation: de là une querelle très-vive, qui ameuta la 
population, et à la suite de laquelle Guiraud de Simiane fit arrêter 
Antelme par les inspecteurs du marché ( bajuli nundinarum). 

Antelme eut beau crier : Jeu mi appelli davant mon juge compétent , 
et, apercevant dans la foule le uolaire Pavés : Vos en demande ins¬ 
trument, mestre Honorât Paves, coma notari public ; de son côté, maître 
Alary Dacheni, syndic d'Olioules, eut beau protester contre cette 
arrestation, qu’il disait contraire aux coutumes ( capitula ) d'Olioules, 
puisque Antelme était propriétaire ( possidens) : le marchand de 
poisson n'en fut pas moins conduit en prison, et maître Pavés dut 
se contenter de rédiger la protestation en plein air et sur la voie 
publique ( actum in dicta carreria publica ). 

Les circonstances relatées dans cet acte, la forme de la procédure 
suivie, et le nom du seigneur qui se montrait si âpre au maintien 
de ses droits féodaux, et qui sans doute est l’un des aïeux du petit- 
gendre de M m8 de Sévigné, nous font penser qu'il y a lieu d'im¬ 
primer ce document dans le Bulletin du Comité. 

Nous ferons la même proposition pour la seconde pièce transmise 
par M. Albanès, dont voici l’analyse : 

Au mois de février 1697 (n. st.), Jean Henrici, et dix autres 
individus, tous Bretons, se présentent devant le notaire Pavés, et 
s'engagent à fournir les uns vingt hommes, les autres quinze, et les 
autres dix, au total cent cinquante, pour former l'équipage du navire 
la Loyse, qui se trouvait alors dans le port de Toulon, et qui appar¬ 
tenait à Étieune Debest, chambellan du roi de France et sénéchal 
deBeaucaire. Le capitaine, envers lequel l’engagement était con¬ 
tracté, se nommait René Parent ou Parentis, et prenait le titre de 
vicomte de Rouen (Renato Parentis, mUiti , vicecomiti Rotomagensi .) 

Il est stipulé que les matelots seront traités conformément aux 

1 «Grand poisson de mer qui ressemble au Carcharias.. . quelques-uns le metlent 
entre les espèces de Xiphias. On en trouve dans la Méditerranée.. . On appelle aussi 
ce poisson Spada , ou Espado.v (Dictionnaire de Trévoux, au mot Empereur,) 


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— 227 — 


usages de Bretagne et de Normandie (ad modum Britarmiœ et Nor- 
mandiæ) , et qu’on payera pour chaque matelot engagé deux écus 
du roi, valant fi florins, monnaie de Provence, et pour chaque 
maître ou quartenier U écus, valant 19 florins provençaux. 

Ces diverses stipulations sont bonnes à recueillir; mais nous de¬ 
vons surtout faire remarquer : i° la nationalité de ces gens de mer, 
qui viennent du fond de la Bretagne prendre du service sur les 
côtes de Provence; 2° le nombre considérable des matelots engagés; 
3 ° la qualité du propriétaire du navire et celle du capitaine. 

De tout cela il faut conclure que la Loyse n'était pas un simple 
navire marchand; et, si d'ailleurs on se rappelle ce que dit Philippe 
de Commynes du désir ardent qu'avait Charles VIII de prendre 
une revanche de sa triste campagne de 1 4 g 5 *, on arrive sans beau¬ 
coup d'efforts à croire que l'armement de la Loyse était fait en vue 
d'une nouvelle expédition militaire en Italie. 

II nous paraît donc, ainsi que nous l'avons déjà dit, qu'il convient 
d'imprimer dans notre Bulletin les deux pièces que nous venons 
de vous faire connaître. Mais, tout en remerciant M. Albanès, nous 
lui reprocherons l’absence complète de notes et d'éclaircissements, 
toujours si nécessaires pour bien apprécier la valeur d'un document. 
Ce genre de travail est, en général, facile à ceux qui vivent sur les 
lieux où se sont accomplis les faits mentionnés dans les pièces com¬ 
muniquées, tandis qu'il est souvent difficile et quelquefois-impos¬ 
sible à des étrangers. Nous espérons qu’à l’avenir M. Albanès nous 
enverra non-seulement de bons textes, mais qu’à ces textes il joindra 
de bonnes annotations. 

Lascoux , 

Membre du Comité. 

Un procès pour de» droits seigneuriaux, au sujet d'une tête de poisson, en 1 Ù 87 . 

In nomine Domini nostri Jhesu Christi. Amen. Anno Incarnationis ejus- 
dem millesimo iiij c lxxxvij, et die Veneris décima mensis Augusti, notum 

1 «Et si avoit son cueur tous jours de faire et acomplir le retour en Italie, et 
confessoit bien y avoir faict des faulles largement, et les comptoit : et luy sembloit 
que si une aultre fois il y povoit retourner et recouvrer ce qu’il avoit perdu, qu’il 
pourvoyeroit mieulx à la garde du pays qu’il n’ayoit faict, par ce qu’il avoit armée 
de tous costez : et pensoit bien d’y pourveoir, pour recouvrer et remettre en son obeys- 
sance le royaulme de Naples.. . t> ( Mémoires de Commynes , t. Il, p. 586, édition de 
ia Société de l’histoire de France.) 


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sit cunctis presentibus et futuris, quocJ existantes in loco do Oliolis, et in 
carreria publiai, ante domuin hereduin quondam Olivarii Deyderii, il) qua 
nobilis et generosus scutiffer Guiraudus de Symiana. dominus de Gorda, 
habitat, et Johannes Antelmi, castri de Sex Ftimis, et altercantibus ipsis 
duobus, verbis, ad causam capitis cujusdam piscis lmperatoris appellati. eo 
quia ipse dominus de Gorda male contentum se exhibebat, quia ipse Jo¬ 
hannes Antelmi, qui dictum piscem imperatorem venalem adduxerat ad 
dictum locum de Oliolis, totura dictum caput, ad dominos de Oliolis per- 
tinens et spectans, in solidum, ut dicebat, tradiderat generoso domino 
Bertrando de Massilia, condomino de Oliolis, seu ejus clavario, cum me- 
dietas illius capitis pertinent et spectet ad ipsum dominuui de Gorda, no- 
mine sui patris condomini ipsius castri. Et post diverse verba ibidem ha¬ 
bita, inter que ipse dominus de Gorda ipsum Johannem Antelmi requisivit, 
quatenus dicturus accederet uxori dicti nobilis Bertrandi de Massilia, qua- 
tenus medietatem ipsius capitis sibi traderet et mandare vellet; qui Antelmi 
accedere noluit; et post diverse verba super hoc ibidem habita, tandem 
ipse nobilis Guiraudus de Symiana, dominus de Gorda, ipsum Johannem 
Antelmi jussit de persona capi et incarccrari per nonnullos homines ibidem 
existenles, baiulos nundinanim nuncupatos. Et cum ipsi homines*jarn 
ipsum Johannem Antelmi cepissent, ipse Antelmi dixit viva voce: Jeu mi 
appelli, et vos en demande instrument, mestre Honorai Paves , coma notaripu¬ 
blic. Et deinde, ipsis baiulis dictis de fiera ilium ducentibus, dixit ipse An¬ 
telmi iterato : Jeu mi appelli davant mon juge competent. De qua appellatione, 
ipse Johannes Antelmi requisivit me notarium infrascriptum, tanquam no- 
tarium publicum, ut sibi habeam facere publicum instrumentum. Et ibi¬ 
dem existens providus vir magister Alarius Dacheni, consindicus dicti castri 
de Oliolis, fuit protestatus de contraventione capitulorum dicti castri, cum 
ipse Antelmi sit possidens, et non debeat sic incarcerari. Et de predictis 
petiit equidem sibi fieri publicum instrumentum per me notarium sub- 
scriptum. Et hiis non obstantibus, dictum Johannem Antelmi duxerunt in¬ 
fra dictam domum habitationis dicti domini de Gorda. Actum Oliolis, in 
dicta carferia publiai, presentibus... Et meHonorato Pavesij, notario, etc. 

(Cartulaire d’Honoré Pavés, notaire à Toulon. — Archives départ, 
du Var, E. /j 63, fol. xixv ) 

Pour copie conforme : 

J.-H. Albaxès, 

Docteur en théologie. 

Comment on recrutait Véquipage d*un navire , à Toulon , en 

Concordatio hominum pro navi Loysa, domini senescalli Bellicadri. 

Anno Incamationis Domini millesimo quadringentesimo nonagesimo 


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— 229 — 

sexto, et die vicesima quarta mensis Februarij, noliim sit, etc., quod ma- 

gister Johannes Henrici, loci de., magisler navigagii, Radulphus 

Robini del 111 a de Breart, diocesis de Dolb, nobilis Normandus le Bigot, 
de Seint Brieu, Darianus le Duc, de Conquest, Marchus Salamonis, de 
Oonqnest, Olivarius le Sault, de Brest, Yvonus le Dévie, de Comoalha, 
Johannes le Drech, de Plemarc, Yvonus Nicbolay. de Plemarc, Guillelmus 
Guilho, d’Yjourt, et Petrus Lorymet, loci d’Aurey,bona fide, etc., videlicet 
quilibet pro se ipso, prorniserunt magnifico viro domino Renato Parentis, 
militi, vicecomiti Rotomagensi, capitaneo navis Loyse, ad magnifleum et 
potentem dominum Stephanum de Best, cambellanum chrislianissimi do- 
mini nostri regis Francorum, et senescallum Bellicadri, pertinents et spec- 
tantis, ibidem presenti, etc.; se ipsos providere ipsi domino vicecomiti et 
capitaneo, de summis et quantitatibus hominum sequentibus, bonorum et 
aptorum, et sufficientium ad navigandum, pro servicio ipsius navis Loyse, 
nunc infra porlum Tholoni existentis, pro viagio nunc de proximo fiendo, 
qui hoinines bene et legaliter servient, neque navem ipsam relinquent, donec 
viagium sitcompletuni.Et primo, dictus Jobannes Henrici, magister navi¬ 
gagii, promisit providere de viginti hominibus, bonis et sufficientibus. Ra¬ 
dulphus Robini promisit providere de aliis viginti. Nobilis Normant le Bigot 
providere promisit de decem hominibus. Darianus le Duc promisit providere 
dequindecim. Marchus Salamonis, etiam de quindecim. Olivarius le Sault, 
de deoem. Yvonetus le Devyc, de decem. Jobannes le Drecb, de decem. 
Yvonus Nicholay, de decem. Guillelmus Guilho, de decem; et Petrus Lory¬ 
met, de viginti. Et prorniserunt dicti magistri quartonerii, sive conestables, 
dictos hommes, videlicet quilibet ipsorum suos, de quibus providere ha- 
bent, presentare ipsi domino vicecomiti et capitaneo, seu alteri ab eo depu- 
tando, quotienscunque diclus dominus capitaneus illos habere voluerit, bonos 
et sufficientes ad navigationem, qui in dicto viagio servient bene et legaliter. 

Et promisit dictus dominus vicecomes et capitaneus illos habere et 
tenere ad modum Britanie et Normandie, et eisdem facere expediri, pro 
quolibet homine, duo scuta regis, valentia florenos sex monete Provin- 
cialis, et pro quolibet ipsorum magistrorum, seu quartoneriorum, quatuor 
scuta regis, valentia florenos duodecim monete Provincie... 

Actum Tholoni, in aula domus nobilis Pétri Marini. T. Petrus Valserre, 
Johannes de Mari. Et ego Honoratus Pavesij, notarius. 

(Protocole d’Honoré Pavés, notaire n Toulon. — Archives départ, du. 

Var, E. 646, fol. 36o). 

Pour copie conforme î 

J.-H. Albanês, 

Docteur en théologie. 

Rrv. dks Soc. sa?, 5 e série, f. VI. 16 


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230 — 


Rapport sur une Notice concernant le prieuré de Chevignt -Sainte-Fou. 

Communication de M. d’Arbaumont, correspondant à Dijon. 

M. d’Arbaumont adresse à M. le Ministre une courte notice, 
avec quelques documents à l’appui, sur le prieuré de Chevigny- 
Sainte-Foy, au diocèse de Langres, fondé, vers la fin du xi® siècle, 
par l’abbaye de Conques, dans le domaine de Cheyigné que lui 
donna le seigneur de Saulx, et réuni, en 1A89, à la manse abba¬ 
tiale de la Sainte-Chapelle de Dijon. Ces faits et ces dates sont les 
notions les plus importantes de l’histoire de ce prieuré. Les docu¬ 
ments transcrits ou analysés par M. d’Arbaumont proviennent des 
extraits du cartulaire de l’abbaye de Conques, désigné sous le nom 
de Liber mirabilis , extraits adressés en 1 546 par les religieux de 
Conques aux chanoines de la Sainte-Chapelle de Dijon, et conservés 
aujourd’hui aux archives du département de la Côte-d’Or. Le plus 
ancien acte est la donation même, faite au mois de juillet 1086 par 
Guy, comte de Saulx,à l’abbaye de Conques,de l’alleu de Chevigny. 
Les autres documents, au nombre de douze, concernent les intérêts 
communs du prieuré de Sainte-Foy et des seigneurs de Saulx. Ils 
pourraient être utilement consultés, ainsi que les commentaires qui 
les accompagnent, pour compléter et rectifier en quelques détails la 
généalogie de la maison de Saulx, publiée par dom Plancher. 

Nous avons l’honneur de proposer au Comité d’adresser des re- 
mercîments à M. d’Arbaumont et de déposer sa Notice sur le prieuré 
de Chevigny dans ses archives. 

L. de Mas-Latrie, 

Membre du Comité. 


Rapport sur une instruction relative aux obsèques de Charles VU. 

Communication de M. Duprë, correspondant à Blois. 

M. Dupré, en signalant au Comité, il y a quelques années, le 
nécrologe de.l’abbaye de Pontlevoy, qui appartient à la Biblio¬ 
thèque de Blois, indiquait en même temps d’une manière sommaire 
plusieurs des documents contenus dans ce manuscrit. Il nous com¬ 
munique aujourd’hui un uouveau document qui lui avait d’abord 
échappé, et qu’après un examen plus attentif il a découvert et jugé 


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— 231 — 

digne d’intérêt. C’est une instruction relative aux obsèques du roi 
Charles VII, qui fut ajoutée au nécrologe du xu® siècle, à l’époque 
de la mort de ce roi, arrivée le 22 juillet i 46 i. M. Dupré pense 
que c’est ce cérémonial que les religieux de Pontlevoy observèrent 
au service solennel qu’ils durent célébrer pour le repos de l’ame du 
roi défunt, auquel ils étaient redevables d'une faveur spéciale. En 
effet, ce prince, n'étant encore que dauphin, et passant un jour par 
Montrichard, leur avait permis de clore leurs bâtiments de murs et 
de fortifier leur abbaye, pour la préserver de l’invasion des Anglais : 
concession qui fut confirmée par lettres patentes du 3 avril 1622. 

Le document transmis par M. Dupré est très-court. Il serait 
utilement inséré dans la Remie des Sociétés savantes. Il pourrait être 
curieux de comparer quelques-uns des détails contenus dans le 
nécrologe de l’abbaye de Pontlevoy avec ceux qui se trouvent 
dans les autres relations des funérailles de Charles VII, et notam¬ 
ment avec ceux que comprend le chapitre clui de la chronique de 
Mathieu d’Escouchy, publiée par M. D. de Beaucourt, lequel est 
intitulé : Du Irespassement du roy Charles , vn me de ce nom. 

Nous proposerons également l’insertion, dans la Revue , de deux 
autres pièces de même nature, que M. Dupré a extraites des ar¬ 
chives de Joursanvault (collection de la bibliothèque de Blois). Ce 
sont: i° une quittance de fournitures achetées pour les obsèques du 
duc Charles d’Orléans, père de Louis XII, mort à Amboisc le 
h janvier iâ 65 , et pour le deuil de sa veuve; q° une note consta¬ 
tant la distribution de gros drap faite, chaque année, aux pauvres 
de Blois, le jour du service anniversaire célébré en mémoire de ce 
prince. 

L. Bbllaguet, 

Membre du Comité. 


CéiténoNUL des obsèques dd boi Chaules Vil. 

Il y a quelques années, je signalai au Comité le nécrologe de 
l’abbaye de Pontlevoy, qui est heureusement échu à la biblio¬ 
thèque de Blois. En même temps, j’indiquais sommairement le 
contenu de ce manuscrit précieux. Depuis, je l’ai examiné avec 
plus d’attention, et j’y ai découvert certains documents qui m’avaient 
échappé d’abord. Celui que je vais communiquer au Comité m’a 

16. 


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— 232 — 

paru digne d’intérêl. Je devais d’ailleurs le faire connaître pour 
réparer une omission involontaire dans ma précédente analyse. 

II s'agit du cérémonial suivi aux obsèques du roi Charles VIL 
Cette instruction catégorique fut ajoutée au nécrologe du xn* siècle, 
à l’époque de la mort de ce roi, arrivée en i 46 i. L’écriture du 
xv* siècle ne laisse aucun doute sur la date d’une insertion évidem¬ 
ment postérieure au corps de l’ouvrage. 

Voici le texte même de Yordo en question : 

C’est la forme et la manière, après le Irespas du roy, comment il se 
doibt porter en litière, pour porter au lieu où il a esleu sa sépulture. 

Premièrement, convient avoir une litière portée par certains officiers 
royaulx, et doibt estre en fa dite litière une forme et semblance du roy, 
couchée en lit en grands draps, la forme toute vestue en forme de homme 
comme roy, c’est assavoir veslu d’ung pourpoinct, tunique et dalmatique 
de drap d’or à fleurs de lys, manteau dessus de drap d’or fourré d’armines, 
fermé dessus l’espaule d’ung bouton de swfliz \ tenant en sa main dextre 
ung grant sceptre et en la main senestre une main de justice, avecques 
anneaulx ès dites mains, en sa teste une couronne, les sandalles et chausess 
semblables aux dits vestemens, avecques soliers demesme, couverte la dite 
litière de drap d’or pendant de tous costez de la dite litière, vers la teste du 
dit roy, à deux orillères de velour vermeil à quatre houpes de perles ; au¬ 
près de la dite litière, deux larapiers d’or, pleins de cire, ardans continuel¬ 
lement jusques après la sépulture; une croix, ungbenoistier et deux assen- 
ciresd’or; et, pour couvrir la dite litière, ung ciel de drap d’or à quatre 
lances; et, après la sépulture du dit roy, est couverte la place d’ung drap 
d’azur à fleurs de lys h une croix blanche de veloux. 

L’an mil quatre cens sexante et'ung, trespassa le roy Charles 7 de ce 
nom, au chastel de Meung *, le jour de la Magdeleine 5 . Dieu, par sa 
grâce, doint le repoux à son amel Amen. 

Tel fut probablement le cérémonial que les religieux de Pont- 
levoy observèrent au service solennel qu’ils eurent à célébrer pour 
le repos de l’dme du roi défunt. 11$ devaient bien cet honneur à la 

1 Je lis ainsi Tabréviation spliz. Autrefois, ce root n’avait pas seulement l’acception 
toute spéciale que nous lui donnons. Outre le vêlement ecclésiastique de deœus 
(êuperpellicium) , il servait aussi à désigner la chemise, vêtement intérieur, posé sur 
la peau; on l’employait alors comme synonyme d'indutium. (Voir le Glouaire de Du 
Gange. ) 

* Mehun-sur-Yèvres en Berry. 

* Le as juillet. 


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— 233 — 

mémoire de Charles Vil. Ce prince, n'étant encore que dauphin et 
passant, un jour, par Montrichard, leur avait permis de clore leurs 
bâtiments de murs et de fortifier leur monastère pour le préserver 
de l’invasion anglaise; ils ne l’oublièrent pas 1 . 

Nous avons un récit détaillé des funérailles de Charles VU et de 
son royal convoi depuis Mehun-sur-Yèvres jusqu’à la nécropole de 
Saint-Denis. Mathieu de Coucy ne nous laisse rien ignorer de celte 
longue et imposante procession 2 . Nous voyons, par exemple, que 
l’on y porta solennellement la figure du roi, couchée sur un lit de 
parade et habillée à peu près comme la statue décrite dans le né¬ 
crologe de Pontlevoy. L’histoire de Charles VII, attribuée à tort 
au poëte Alain Chartier, contient le même detail d’ornementation 3 . 

Le docte * historien de l’abbaye de Saint-Denis s’exprime en 
termes analogues. Nous transcrivons ce passage, comme pouvant 
servir d’explication au document inédit qui précède; car les deux 
cérémoniaux offrent des points de ressemblance très-visibles. 

«On dressa, dit Félibien, le lit de Veffigie; c’était la figure du roi 
au naturel; elle le représentait couché, un bonnet sur sa teste, avec 
la couronne royale au dessus, vestu d’une tunique et d’un manteau 
royal fourré d’hermines, ayant des gants en ses mains et tenant 
dans l’une la main de justice et le sceptre dans l’autre. Cette figure 
fut posée sur un charriot suspendu, couvert d’un grand poesle de 
velours noir, croisé de satin blanc, aux armes de France. Pour le 
cercueil, on le mit dans une litière, couvert d’un drap d’or. On 
transporta ainsi l’un et l’autre, c’est-à-dire le corps et l’effigie de 
Charles VII, de Mehun à Paris 4 .n 

Le recueil des historiens de Charles VIII, publié par Denis Gode¬ 
froy, nous a conservé in extenso le programme des magnifiques funé¬ 
railles de ce prince 5 . Il y a encore beaucoup d’analogie entre certaines 
parties de ce grave cérémonial et l’ordo monastique de Pontlevoy. 
Ainsi, lorsque le convoi de Charles VIII fut arrivé à Paris, en l’é- 

1 Lettres patentes du 3 avril 1 4 aa, rapportées dans l’histoire manuscrite de l’ab¬ 
baye, de dom Ghazal, et visées dans le Gallia christiana , t. VIII, coi. i 386 . 

i Recueil des historiens de Charles VII, publié par Denys Godefroy. (Paris, 
1661, de l'Imprimerie royale, in-P, p. 73a et suiv.) 

3 Édition de 1617, in- 4 0 , p. a 5 i. — Ces chroniques paraissent être plutôt de 
Jacques Le Bouvier, hérault d’armes, dit Berry . (Bibliothèque historique du père 
Lehng, t. II,p. 193.) 

4 Histoire de Vabbaye de Saint-Denis , p. 307. 

5 Édition de l’Imprimerie royale, 168/1, in-P, p. 7/17 et suiv. 


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— 234 — 

glise Notrc-Dame-des^Champs, où la dernière station devait avoir 
lieu, on disposa au-dessus du tahuc (cercueil) une plate-forme en 
bois, sur laquelle on; plaça une statue couchée, à découvert. Le 
revêtement du lit de parade et l'habillement de l'image royale, tels 
que les décrit cette ordonnance (p. 751 et 75 s), sont exactement 
conformes aux prescriptions du nécrologe de Pontlevoy. 11 ne faut 
pas s’en étonner; car les maisons religieuses s r eiïorçaieut d’imiter, 
dans leurs églises abbatiales, les cérémonies usitées pour les ob¬ 
sèques des rois et des princes. La page inconnue que nous venons 
de produire offre une preuve sensible de cette pieuse émulation. 


Renseignements sdh les obsèques de Charles d'Orléans, père db Louis XII. 

Ce prince mourut à Amboise r le 4 janvier t 465 ; son corps fut 
aussitôt ramené à Blois et provisoirement déposé dans une chapelle 
de l'église collégiale de Saint-Sauveur, située auprès du château. 
Nous empruntons aux archives Jowrsanvault (collection de la biblio¬ 
thèque de Blois), deux pièces concernant ces premières funérailles. 

1 ° Quittance de fournitures achetées pour les obsèques du duc Charles 
et pour le deuil de sa veuve. 

Je Michel Boudet, l’aisné, marchant deraouranl à Blois, confesse avoir 
receu de maistre Macé Guernadon, conseiller et trésorier de feu monseigneur 
le duc d’Orléans r que Dieu absoille, la somme de cinquante six livres cinq solz 
sept deniers maille tournois, pour les causes et parties qui s'ensuivent, par 
moy baillées et livrées pour raison de l’obsèque du dit feu monseigneur ; c’est 
assavoir : pour sept cens or fin de Paris baillez, par le commandement de 
monsieur le général *, h Pietre André, paintre, pour mectre et employer 
en la painture de la cotte d’armes, estandart et bannière estant h présent 
sur le corps du dit feu Monseigneur, en l’église de Saint Sauveur de Blois, 
au pris de 3 o sols tournois le cent, valent 10 livres to sols tournois; pour 
six cens d'argent, pour emploier comme dessus, 4 o sols tournois; pour une 
aulne et demie de bougran illec employez, 8 sols 9 deniers tournois; pour 
sept aulnes et demie de toille détour baillez à mon dit sieur Fe généra), 
pour le veufvage de madame la duchesse, au prix de 8 sols 6 deniers tour¬ 
nois pour l’aulne, valent 6 1. 11 s. 3 d. tournois; pour une pièce d’autre 
toille fine contenant 1 k aulnes, pour le dit veufvage, baillez au dit général, 
à 3 o solz l’aulne, valent at I. P; pour une aultre pièce de toille contenant 

1 Directeur général des finances du comte de Blois. 


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— 235 — 

io aulnes trois quarts, pour ta dite cause, à 37 s. 6 d. l’aulne, valent 
i& 1. i 5 sols 7 il. obole; et pour l’empirance 1 de six pièces de bougran, 
par uioy prestez pour tendre en l’église Saint Sauveur pour le fait du dit 
obsèque, 30 s. t\ Toutes lesquelles parties se montent à la dite première 
somme de 56 livres 5 sous 7 deniers obole tournois. De laquelle somme je 
me tiens pour content et bien paié, et en quicte mon dit sieur, son dit tré¬ 
sorier et tous aultres; tesmoing mon seing manuel cy mis, le 11 # jour de 
janvier, l’an mil quatre cens soixante et quatre \ J: M. Boudet. 

(Original sur parchemin.) 

2 * Distribution de gros drap anx pauvres. 

H est deu à Guillaume Phelipeaux, marchant drapier demourant à 
Blois, la somme de vingt sept livres vingt soûls huit deniers tournois, pour 
trente deux aulnes et demye de bureau, au pris de 16 s. 8 den. tournois 
l’aulne, lequel a esté donné et distribué à huit pauvres, le jour de l’obit 
que on fait le service pour feu Monseigneur, que Dieu absoille, père de 
Monseigneur qui à présent est 3 , ainsi qu’il est de coustume de faire tous les 
ans, le 6* jour de janvier. Fait le 8" jour du dit mois de janvier îàgâ. 
G . Doulcef. 

(Original sur papier.) 

Ce service anniversaire était célébré dans l’église de Saint-Sau¬ 
veur, où le corps de Charles d’Orléans reposa jusqu’au mois de 
février i 5 o 5 . A cette époque, Louis XII le fit transporter à Paris, 
dans la chapelle des Célestins, où Louis d’Orléans, père de Charles, 
et les autres membres de la môme famille avaient leur sépulture. 
Félibien nous a conservé la description authentique de ces secondes 
obsèques, dignes du noble défunt 5 . Dans le convoi figuraient, avec 
honneur, vingt-quatre habitants de Blois, porteurs de torches aux 
armes de la ville; dernier hommage rendu à la mémoire d’un excel¬ 
lent prince, qui avait laissé dans notre pays des souvenirs vraiment 
populaires! 

A. Düprb, 

Bibliothécaire de la ville de Blois. 

1 L'usure. 

* 1 665 en nouveau style. 

3 Louis, duc d’Orléans, roi en 1698. 

4 Ce G. Doulcet, signataire du présent certificat, était conseiller-maître à la 
chambre des comptes de Blois. 

s Histoire de Paris, t. Il, p. 906. 


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— 236 — 


Rapport sur d’ancie.snes poésies religieuses en dialecte liégeois . 

Communication de M. H. Beaune. 

M. H. Beaune, avocat général à la cour d'appel de Dijon 1 et 
correspondant du Ministère, a fait, dans une collection privée, une 
trouvaille dont il rend compte en ces termes : «■ Parmi les menus- 
,/ crits conservés dans la bibliothèque du château de Grosbois (Côte- 
/ > d’Or) se trouve une paire d'heures sur vélin, illustrée de miniatures, 
de lettres ornées, de vignettes, et datant vraisemblablement du 
xiv* siècle.. Le volume compte 243 feuillets. Il est précédé d’un ca¬ 
lendrier et de hqit grandes miniatures à fond d’or accompagnées 
en regard de pièces de vers, ou du moins de lignes rimées, qui 
sont des prières ou des invocations à Dieu et à la sainte Vierge... 
Je les ai transcrites avec le soin le plus scrupuleux, respectant jus¬ 
qu’à la disposition matérielle du texte et laissant l'interprétation 
des mots ou de la- pensée aux membres du Comité.. .. Je n’ajou¬ 
terai qu’un mot, c’est que ces heures, qui évidemment sont étran¬ 
gères par leur origine à la Bourgogne, ont longtemps appartenu 
à la famille Millière, qui a fourni des mailres à la chambre des 
comptes de Dijon et des conseillers au parlement de cette ville aux 
xvi e et xvn e siècles. Les gardes du manuscrit sont même couvertes 
de mentions ou d’annotations relatives à la vie intérieure de cette 
famille. Elles ont ensuite passé entre les mains de la famille Quarré 
de Quintin et d’Aligny, qui a donné de nombreux magistrats à la 
même cour souveraine aux xvii® et xvni® siècles. * 

Les huit pièces copiées par M. Beaune sont bien en vers, et en 
vers de douze syllabes, sauf la troisième qui est en décasyllabes; 
la première et la sixième ont 3 o vers, les six autres 24 , soit en 
tout 2o4 vers. Ce sont, comme le dit notre zélé correspondant, 
des invocations à Dieu et à la Vierge; mais il est à propos d’ajouter 
que ces prières se suivent dans un ordre qui est celui de l'histoire 
du Christ. La première est adressée à la Vierge, considérée comme 
mère du Sauveur; les autres ont respectivement pour objet la nati¬ 
vité (II), la présentation au Temple (III), l’entrée à Jérusalem (IV), 
la cène (V), la flagellation (VI), le crucifiement et la mise au sé¬ 
pulcre (VII), la résurrection (VIII). Ces prières ont été composées 

1 Nomme procureur général à Alger, le ih février 187^. 


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— 237 — 


pour l’usage d’une femme. Cela est surabondamment prouvé par I, 
7 : Otroie a tue ancele; I, 3o : Ke tez fit moi conoisse a fille et a 
amie; IV, : Doneis moi , vostre ancelle. .., etc. Le livre d’heures 
lui-même, au commencement duquel ces poésies sont inscrites, a 
donc été composé pour l’usage de quelque riche dame. Il n’y a pas 
de doute non plus, quoique M. Beauue ne le dise pas, que les 
grandes miniatures peintes en face de chaque pièce soient dans un 
rapport étroit avec les pièces elles-mêmes. Cela serait probable à 
priori , alors même que le texte n’en porterait pas témoignage l . 

Ces pièces sont intéressantes par leur origine, qui peut, comme 
on va le voir, être déterminée avec certitude. 

Il y a à la Bibliothèque nationale, sous le numéro 1077 du fonds 
latin, un psautier, suivi de diverses hymnes et prières, qui contient, 
en ses premiers feuillets, comme le manuscrit du château de Gros- 
bois, un calendrier et un certain nombre de pièces de vers. Ces 
poésies sont au nombre de sept, et cinq d’entre elles sont les 
mêmes, sauf quelques variantes, que celles dont M. Beaune nous 
envoie la copie. Les deux autres ont le même sujet, sinon la même 
teueur, que les pièces II et VII du manuscrit de Grosbois. L’ordre 
n’est pas tout à fait le même : dans le manuscrit de Paris, la pièce 
sur l’entrée à Jérusalem (IV) vient avant celle sur la présentation 
au Temple (III), et la pièce sur la flagellation (VI) vient avant celle 
qui a trait à la cène (V). On voit qu’il y a transposition de la part 
du manuscrit de Paris. 

Il y a bien des années que les prières versifiées du manuscrit 1077 
ont attiré mon attention, à cause du dialecte un peu étrange dans 
lequel elles sont écrites. Je les signalai autrefois à un jeune philo¬ 
logue allemand, qui étudiait alors à Paris, M. le D r Schirmer, et je 
l'engageai à les publier. M. Schirmer les publia en effet, et d’une 
façon généralement fort satisfaisante, dans XArchwfur das Studium 
der neueren Sprachen , l. XXXVII, p. 3 a 1-8 (1 865 ). Ni lui ni moi 
ne savions alors de quel dialecte ces pièces présentaient les carac¬ 
tères. Mais, depuis, M. L. Delisle,examinant attentivement le calen¬ 
drier qui se trouve en tête de ce manuscrit, y remarqua les noms 
de divers saints liégeois, et acquit ainsi la conviction, dont il a bien 
voulu me faire part, que ce psautier avait été fait dans le diocèse de 
Liège. Je suis porlé à croire que celte conclusion est également ap- 

1 Voy. IV, 19-20; VI, 2; Vil, 22. 


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238 — 


plicakle au manuscrit du château de Grosbois, qui doit être, uon 
pas précisément un livre d'heures, mais, comme le manuscrit de 
Paris, un psautier; et je ne puis qu’engager M. Beaune à vérifier si 
dans le calendrier de Grosbois on ne voit pas figurer, comme dans le 
calendrier du manuscrit 1077, certains saints wallons ou flamands, 
tels que saint Vaast et saint Mengold en février, saint Ursmar et la 
translation de saint Lambert en avril, saint Servais en mai, saints 
Gondulphe et Monulpbe, sainte Monegonde en juillet, saint Hubert 
en novembre. 

Si, comme je n’en doute guère, le manuscrit de Grosbois a la 
même origine que le manuscrit i 077, il appartient à une série dans 
laquelle on peut encore faire rentrer un troisième psautier vendu a 
Paris en 1867, et qui ne m’est connu que par la description du ca¬ 
talogue de vente 1 . Ce catalogue attribue, par suite d’une erreur 
qu'il est inutile de discuter, la confection du manuscrit à l’année 
11 55 ou 1160. Mais, si le rédacteur du catalogue s’est trompé d’au 
moins un siècle quant à la date, il nous fournit de sûrs renseigne¬ 
ments quant au lieu d’origine : 

«Le psautier et les heures ont été exécutés pour l’usage de l’é¬ 
glise de Liège : le calendrier en fournit la preuve. On y lit les noips 
des saints Remacle, Servais, Mondolf, évêque de Maestricht; de 
saint Lambert, évêque de Maestricht et patron de Liège, avec la 
fête de sa translation ; de saint Hubert, dernier évêque de Maestricht 
et premier évêque de Liège; de plusieurs saints et saintes honorés 
en Belgique. De plus, on sait que la cathédrale de Liège est sous 
l’invocation de sainte Marie et de saint Lambert; et l’on trouve après 
les litanies cette prière significative: Utclerum et plebem sancte Marie 
sanctiquc Lambert martyris conservare digneris , te oro Deus. n 

Le catalogue nous fait encore savoir que «r sur le recto de la troi¬ 
sième miniature on lit une curieuse pièce de vers en romant , dont 
voici les premiers : 

LIos faisselet de myre est mes amis a moi, 

Gui semblance eu doior Ira lier en presen voi ; 

Mes amis donc moi tel myrre en moi comprendre 
Ke puisse dignement et plorer et complandre, etc.?» 

Or tel est le début de la sixième des pièces qui nous sont commu- 

1 Notice d’un manuscrit du 111 * siècle et de quelques livres anciens , dont la vente 
aura lieu le lundi 11 mars 1867... . Paris, La bitte. 16 pages. Ge manuscrit a at¬ 
teint le prix de 7.55 francs. 


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— 239 — 

niquées par M. Beauue. Voila donc trois manuscrits qui appar¬ 
tiennent à la même famille, et qui se retrouvent en des lieux 
divers, hors du pays qui est leur commune origine. Je suis per¬ 
suadé qu'on trouverait en Belgique d'autres exemplaires du psautier 
accompagné de ces mêmes poésies liégeoises. 

Elles sont liégeoises en effet, quoique les formes dialectales ne 
soient pas également conservées dans la copie du château de Gros- 
bois et dans celle de notre grande Bibliothèque. Cette dernière, 
vraisemblablement la plus ancienne des deux, est aussi la plus 
caractérisée comme dialecte. Je ne veux pas, à l'occasion d'un texte 
isolé, entreprendre ici une dissertation sur le dialecte de Liège, 
mais du moins je crois utile de mettre au jour ce texte, et j'ai consé¬ 
quemment l'honneur de proposer au Comité l'impression des poésies 
communiquées par M. Beaune. Je propose d’y joindre le texte cor¬ 
respondant du manuscrit de Paris, qui, ayant été publié dans un 
recueil allemand, comme je l’ai dit précédemment, est assurément 
peu connu et peu accessible. J'ai, à cette intention, préparé pour 
l'impression le texte de M. Beaune, y corrigeant diverses fautes de 
lecture, et y plaçant la ponctuation nécessaire. 

il me reste à indiquer, et je le ferai très-sommairement, quelques- 
uns des caractères du dialecte liégeois, tels qu’on les peut observer 
dans les deux textes de nos (trières. En somme, le dialecte liégeois 
a peu de caractères qui lui soient absolument propres : ce qu'il a de 
plus saillant, c'est qu'il réunit en soi un certain nombre des carac¬ 
tères du lorrain et du picard, mais il se rattache plutôt au premier 
qu’au second. Comme traits propres, les faits que je remarque dans 
les pièces communiquées par M. Beaune sont : 

La réduction à i de ie tonique, dans derire (derrière), IV, i 3 , 
tralir (auc, fr. traitier ), VI, j/t, fait dont les textes liégeois offrent 
de nombreux exemples. Ainsi dans la Geste de Liège 1 : vq lonlir, 
liv. 1 , v. 3973, princhir, richir, destrir, etc., passim. L'effacement de 
Ve en ce cas était si complet, que la Geste de Liège fait rimer (p. ex. 
liv.I, tirade lv ) arire (arrière), chire (chierc) avec empire, sire , etc. 

La mutation d'e/ Ionique en cal , dans columbeal, angeal (anc. fr. 

1 Dans la Collection de* Chronique* belge* , à l’appendice dn Myreur des hittoir* 
de Jean d’Outremeuse : le premier livre dans les tomes I et II (Bruxelles, 1866 et 
1869); le second livre dans le l. V ( 1867). Je cite la Geste de Liège de préférence 
à la chronique de Jean d’Outremeuse, parce que, les vers étant numérotés, les cita¬ 
tions sont plus faciles à retrouver. 


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— 240 — 

colombel, agnel), III, i 3 , 1 4 . Ainsi dans la Geste de Liège : easteal , 
liv. I, v. 108, 170; reveal , v. 626; preal , v. 63 1, elc. 

Le passage à 0 de (originairement t latin) suivi d'un m et placé 
avant la tonique : promier, promir , V, 2. Même forme dans la Geste 
de Liège précitée, liv. I, y. 80, 169, etc. 

La mutation de suivi de st en a dans astoit, III, 9, V, 11 ; cette forme 
est constante dans la Geste aussi bien que chez Jean d’Outremeuse. 

L’intercalation d’un n entre e et sp, sc, dans ensprendemens , 1 , 5 ; 
enspée, VII, i 5 ; enspirs, texte de Paris, I, 1; enscriture, ibid. I, i8. 
Nous avons des exemples assez analogues dans la Geste de Liège; le 
mot eglise (anc. fr. esgUse) y est toujours écrit englue ou englieze , 
liv. II, v. 76, 84 , 1 53 , etc.; de même ajunstie (ajustée), v. 290, 
enbahis ( esbahis ), 26, etc. 

Les troisièmes personnes en arent , dans les prétérits de la pre¬ 
mière conjugaison : anunezarent , II, 1; baptizarent , VIII, 18. Cela est 
constant dans les textes wallons. 

L’emploi de Ih pour marquer le son de 17 mouillée, tout comme 
en proveuçal et en portugais : ainsi conselh , defalhe , 1, 17 ; orguelh , I, 
26; les exemples sont encore plus fréquents dans le texte de Paris. 
Cette orthographe est constante dans les textes liégeois. Elle a per¬ 
sisté dans les pays wallons jusqu’à la fin du xv 4 siècle au moius. 

Je me borne à ces indications. Il ne saurait y avoir place dans ce 
rapport pour une dissertation sur le dialecte du pays de Liège. Je 
ne puis cependant me dispenser, en terminant, d’appeler l’attention 
des romanistes sur ce dialecte et sur sa littérature. Il y a là un sujet 
d’études plus fécond qu’il ne parait. Plusieurs manuscrits impor¬ 
tants, dont la provenance n’a pas été suffisamment recherchée, me 
paraissent devoir être attribués aux pays wallons. De ce nombre me 
parait être le manuscrit Canonici mise. 7/1 de la Bodléienne, où j’ai 
cru autrefois reconnailre le dialecte du nord de la Bourgogne l . Et 
peut-être on pourrait en dire autant de la traduction des sermons de 
saint Bernard et de celle de divers ouvrages de saint Grégoire, textes 
qui ont été attribués à la Bourgogne en un temps où l’étude de 
notre ancienne langue était loin d’être établie sur ses vrais fonde¬ 
ments 2 . 

Paul Meyer, 

Membre du Comité. 

1 Archives des missions , a* série, V, 1 53 (tiré à part, p. 1 /19). 

* Le Roux de Lincy, introduction aux Livres des Rois, p. cxxvi, cmiv. 


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241 — 


1 . 

0 vierge de droiture ki de Jessé eissis, 

Ki la flor engenras sor cui li sains Espirs 
Reposât pleinement, si con dist Ysaies, 

4 Et enco sens parti par don de set parties ; 

Racine de Jessé, ensprendemens d a mors, 

Flors esliz de casteit, dame digne d’onor, 

Otroie a lue ancele savorer le savoir 
8 De cet saintisme fruit dont tu portas la flor. 

Le cuer a tue ancele enspren de la chaloir 
Ki desent par set grasces et de par son ardoir, 

Ke la flor de casteit ne puis! en moi marchir 
î q Ne la flamme d’amor ka ri table alentir. 

Mon estre et mon penser, mon vivre et mon parler 
Puist Tespir de science ensengnier et donter; 

Et cix de pieteis raemplisse mon cuer 
16 Por ramembrer tes vertus et de nuit et de jor. 

Li espirs de conselh ne moi defalhe mie 
K’al conselh d'Escriture puisse aturner ma vie. 

Force en après m’otroi d’esteir al detement 
a o Ke dire ou lire orai près très et sage gent. 

El palais de mon cuer par l’espir de savoir 
Fai sentir cum est duz li savoir toi savoir. 

Si moi garde partot Tespirs d'entendement, 
a 4 Ke ne chai'en error par dis de male gent. 

Le cremur alsiment si loal ferme en moi 
Ki en chpce l'orguelh et de pechiet la loi 
Flors de totes vertus, maison del saint Espir, 
a 8 De l’arbre de te grasces moi degnes repartir, 

K’en cesl sicle présent si florisse ma vie 
Ke tez fiz moi conoisse a fille et a amie. 

Amen. 

i. Ce vers et le suivant sont simplement assonants; d'autres sont dans le même 
cas, par ex. III, t-a. — A. Le premier hémistiche n'a pas de sens; cf. ci-après la 
leçon du ms. lat. 1077 (B). — 16. ramembrei • est trop long, cf. B; en revanche te, 
dans B, semble fautif; cependant cf. lb muet bettes , II, 5 , et au ▼< 9 de la pièce 
correspondante du ms. 1077, tos lb sages, se bras , III, 8, etc. C'est peut-être un 
caractère du dialecte. — a 3 - 6 . Meilleur que B. 

Manuscrit latin 1077, fol. 9. — O verge de droiture ki de Jessé eissis, — Ki la 
flor engendras sor cui li sains Enspirs — Reposât plainemen, si corn dist Ysaies,— 
(h) Et en toi s'enspandi par don de set parties ; — Racine do Jessé, ensprendemen 


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— 242 — 

d’amur, — Flurs et lis de casté, dame digne d’amur (sic), — Otroi a line («V 
an celle savorerle sawr (savur) — (8) De cel saintirae fruit don lu portas la flur 

— Le cur de lun ancelle enspren de la cbalur — Ki descent par set grasces et de 
par sue ardur — Ke la flur de caste ne puist en moi marchir, — (ta) Ne la 
flame d’amur caritaule alentir. — Mon estre et mon penser, mdn vivre et mon parler 

— Puist li spirs de science ensenhir et donteir; — Et cilh de pieté raemplisse mon 
cuer — (t6) Par (tic) membreir te vertus et de jor et de nuit. — Spc consilii ne 
moi defalhe mie, —C’al conselh d’Enscriture puisse aturner ma vie; — Force en 
après m’otroi d’ester al detemen — (ao) Ke dire et lire orai prestes et sage gen. 

— El palais de mon cur par l’espir de savoir — Fai sentir cum est dues li savoir 
toi savoir. — Si moi garde partot li enspir mon Senhor — (a 4 ) Ke mi arme et me 
cors ne chaifent] en error. — La cremor alsimen si loial ferme en moi — Ki en 
chacel’orguelh et de pechié la loi. — Flors de toules vertus, maison de! senl Enspir, 
(a8) De l’arbre de le grasces moi denges repartir — K’en cest sicle presen si flo- 
risse ma vie — Ke tes fis moi conoisse a filhe et a amie. 

II. 

Sire Deus cui naiseence li prophète anunczarent. 

Et li angle a pastors joatunent la nunczarent, 

To droit en Bethleem maintenant en alercnt, 
h Gisant enz en la crepe humlement toi trovarent, 

Entre le mues bestes toi trovarent gisant, 

Envelopeit en draz en guise d on enfant; 

Les ensenges de P angle trovarent maintenant : 

8 Lors sentornarent haut et liet et joant; 

La vostre duce mere humlement i gisoit ; 

Et Joseph li vilhas bonement la gardoit; 

De vostre povreteit fermement soi complaindoit ; 
i a Ke Deus estiez et hom nekedent bien sa voit; 

Hautisme Deus, béas sire, par vo saintismc non 
Si en la sainte Virgene presis carnation 
Por nos a racheter de la mains a félons 
16 Ke n’aleisiens, bea sire, en ifer le parfon : 

Si voirement, pius sires? ke nos ici créons 
K'al tier jor suscitastes de mor sain Lazaron, 

Marie Magdalene fesistes vrai pardon, 
qo Cant lavat les vos piez en la maison Simon, 

Defen moi et les miens de honte et de prison, 

Ke ne puissent gaber nostre anerai félon; 

Je meïmes aie, sire, vraie confession 
a A Anchois ke m'arme parte de cest sicle ou nos sons. 

i-6. Ces quatre vers ne sont pas, comme on pourrait le croire, sur la même rime : 
les deux premiers sont originairement en iermt (i’i étant amené par le c spirant), 


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— 243 — 

ei leu deux autres en erent. — 8. Vers trop court : suppléez [*ï] après g’entmmarent ? 

— 17. ici f corr. ice. — a 3 . Corr. sire, aie, 

A cette pièce correspond celle-ci dont le manuscrit ioyj,/ol. 10 : Pins Deus omni- 
potens ki ha sies ei Ion vois, — Ki jusk’a fin de terre apparustes a rois — Can 
cel' ensioile virent en Orient to droit — ( 4 ) Ki la vostre naiscence finemen demos- 
troit, — Et neis astoit en terre ki tos no saveroit, — De son precios sanc s'en nos 
ne remanoit; — En Iherusalem vinrent a Herode le roi — ( 8 ) Ki de vostre venue 
astoit en grant effroi, — Ith manda tos le sages et si lor demandoit — Ke disoit 
l'Enscriture u Jhesus naisteroil ; — Et cilh li respondirent : «En Bethleem to droit.* 
(ta) Ce dient li prophète ke ilh la naisteroit. — Atan li troi roi d’Erode soi tur- 
narent — Et droit ver Bethleem lor chemin arotarent; — Offrande de ha pris awek 
eas aportarent, — (16) Or et encens et myrre bonement vo donerenft]. — Le roi, la 
deïté, Pamor signefiarent— De celle mor ke Giu moi donarent—Cant en la sainte 
crois vos cors aficharent; — (90) Si voiremen, bea Deus, ke c'est voirs et jel croi 

— Mon cors et la moi' arme gardais en bone foi, — K'en après ceste vie puisse 
venir a toi. 

III. 

Bea sire Deus, ki, après vo naiscence 
Quarante jors, fustes offers el temple 
Es mains de Symeon le pnidome chenu 
A Ki en vilhece main jor tout attendu, 

Car le respons de tue part avoit 
Ke ilh la mort a nul jor ne voroit 
Jusk’a cel’ore ke [ilh] t'anroiit tenut 
8 Et en se bras aColé et sentut ; 

Anne meïsme (iasto) la prophète i astoit, 

Ki en continence par main jor t’attendoit ; 

Offrande, sire, vostre mere i portât, 

1 a Ke vos dei temple, car c'est drois, rachata, 

Dous turterelles et dous columbea!, 

Dont si fu povres, car n’avoit nul angeal ; 

La chanta, sire, Symeon la chanson 
16 Ki mut ert bele et si avoit bel son ; 

Ilh le chanta li prudome, si Pescrit, 

Si le savons parmi lui, car ilh dist : 

«Or laissiés tu, sire, ton serf en pais; 

90 «Je t’ai veü, vivre ne quier ja mais;* 

Or te prie je par ta miséricorde 
Ki enver toi n’ai[e] nule descorde 
A icel jor kant deverai finer, 
üh Ce nos otroie ki saint fin doit regner. 

3 . Trop long dans les deux manuscrits ; corr. Par Symeon ? — A. Trop long dans B . 

— 9. Ce iasto , que j'enferme entre (), vient de ce qne le copiste s'était trop pressé 


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— 244 — 

d’écrire la fin du vers. — la. c'est, la bonne leçon est celle de B. - i 3 . La bonne 
leçon parait être celle de B , mais pourtant de oblige de donner Y s à columbeal , ce 
qui fausse la rime. — ai. saint , cf. B. 

Manuscrit latin îoj'jtfol. ia. — Bea sire Deus ki, après ta naiscence — Qua¬ 
rante jors, fustes ofiers a temple — El main de Symeon le prodome chenu — 
( 4 ) Ki en sa vielhece main jor fout atendu, — Car le respon de toe part avojt — 
Ke ilh la mort a nul jor ne veroit — Jnsk’a cele hoire ke ilh faroit tenut — (8) Kfr 
en se bras acoleit et sentut; — Anne meïme la prophète i astoit — K’en continence 
en main jor fatendoit; — Offrande, sire, voslre mere i porta, — (1 a) Ke vos del 
temple, car c’ert drpis, rachats, — Dois turterelles u de dois colembeas; — Don 
fut de povre car n’avoit nul anheal; — La chanta, sire, Symeon la chanchon — 
(i6) Ki mut ert belle et si avoit bel son; — Ilh le chanta li prodom, si fenscrist, 
— Si le savons parmi lui, car ilh dist : — « 0 r[ e] lais tu sire, ton serf en pais ; — 
(ao) Je fai veü, vivre ne quier ja mais.» — Or te proi ge par ta miséricorde — 
Ke enver toi n’ai[e] nule descorde — A icel jor can deverai finer, — (* 4 ) Ce nos 
otroi ki son fin deis regneir. 

IV. 

Deus sire ki en Iherusalem venis a passion, 

Et chevau[cha]sle[s] fasne, ice nos aprent on, 

Vos i venistes, sire, ce fut voirs, humlemenl, 
h Et i fustes loés de trestote la gent; 

wOsannal li nos rois, bin soi[e]s tu venansl» 

Et eusi fu parfaite la loenge as enfans : 

Li un jetarenl flor, li autre vestimens, 

8 Et li alcant stemirent tresto le pavement 
La videmes venir, fors rois omnipotenz ; 

Joaument vos receurent can venistes laenz; 

Et li vostre disciple vos i vinrent siwant : 
i a Sor In beste u seïsles misent lor vestimens ; 

Et le gens aloent et derire et devant, 
wOsannal fiz David, bien sois tu venansl» 

Duz Deus, si com c’est voir ke nos ici disons, 
t6 Soin Daniel jetastes de la fosse a lions. 

Sainte Susanne ostastes de la perdition, 

Et Jonas jetastes del ventre del peisson ; 

Et cesle vostre vmogene ke nos ici veons, 
ao Remembrer les nos fais, si com nos créons, 

Doneis moi, vostre ancelle, pure confession 
Et de tos me pechiés vraife] remission, 

Ki saint Piere faposlles donastee le pardon 
a A De ce k’ilh vos renoat por paür des félons. 

t. Trop long dans les deux rass. — g. videmes , ainsi transcrit par notre corres¬ 
pondant, doit probablement se lire u déviés (cf. B). Toutefois cette leçon donne au 


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— '245 — 


vers une syllabe de trop, à moins de contracter déviés en deux syllabes, ce qui semble 
peu légitime. Cependantcf. estiez , VII, 19. — 1 3 . Le vers est faux, è moins de faire 
compter la finale à'aloent; cf. V, 5 , VIII, 17-8. — ao. La bonnedeçon est celle de 
B, où le est pour les. 

Manuscrit latin iojj,fol. 11. — Deus sire ki en Jherusalem venis a passion, — 
Et chevachastes Paine («c), ce nos aprent on, — Vos i venistes, sires, c’est voirs, 
humlemen, —( 4 ) Et si fuistesloez de trestote le gen; — «Osanna! li no roi, bin 
soi[es] lu venans!» — Ensi fu parfaite la loenge as enfans : — Li un jetarent 
flur, li atre vestimens, — (8) Et li acan stemirent tresto le pavemen — La u déviés 
venir, fors rois omnipotens; — Joamen vo rechurent can venistes laens, — Et li 
vostre desciple vos i vinren siwant : — (12) Sor la beste u sesistes misent lor vesli- 
mens; — Et li atre aloent etderire et devant. — «Ozanna, fis David!» li aloent 
criant : — Du Deus, si con c’est voirs ke nos ici disons, — (16) Sain Daniel 
jetastes delle fosse a lions, — Sainte Susanne ostastes de la perdition, — Et si gelas 
Jonas del ventre del peisson; — Et ceste vostre ymagene ke nos ici veons — 
(20) Ramcmbre le vos fais, si ke nos le créons, — Doneis moi, vostre anceile, piwe 
confession — Et de tos no pechiés vrai[e] remission, — Ki sain Pire l’apostle 
donastes le pardon — (« 4 ) Cant ilh vos renoat por paür de félons. 

V. 

Ave Deus, bea sire, ki le monde formas, 

Adam le promier pere de la terre créas; 

Cant Jésus a la cene ces apostles apelas, 

A K’ert a venir de toi bonement lor nunczas, 

Et ke luit voilassent sovent lor chastias ; 

Et saint Johan l’apostle sor ton piz reposas : 

Ce fut voirs, bea Deu9 sire, plus des autrefs] l'amas; 

8 Don si presi[s] le pain si los saintefia, 

Puis le brisas en pièces, [et] si lor devisas ; 

Judas le traïtor meïraes en donas; 

Ke ch'astoit li tiens cor très bien le demonstras 
12 Ki por nos fu vendus a la gens Kaïfas; 

Puis presis le tuaile, entor toi le fermas, 

Presis l’aiwe el bacin, tos lor piez les lavas 
Signe fu d’umlité ke tu la demonstras ; 

16 Après, a l'autre mot, forment le contristas 
Cant tu desis, bea sire ; trLi uns moi trairas 
«De vos, por crucefyer a félons moi donras;» 

De ce furent dolant; si plaist chascuns a dire 
ao fSui je donkes icilh?» si plaist chascun9 a dire : 

Si com ice fu voirs, bien l’avons oï dire, 

Ke por nos pecheors soffris tes grief martyre. 

Defen moi en cest sicle et de honte et d’ire, 

9h K'en après ceste vie régné o vos, bea duz sire. 

Ukv. t»es Soc. sav. 5 e série, l. VI. . - 


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i. Il est bien évident que la bonne leçon est aine , el non pas ave. — 5 . Cf. ci- 
dessus, IV, 1 3 , et la note. — 7. Deus, il faudrait dans ou duz; cf. v. a A.— 8-9. La 
leçon d’d est évidemment la meilleure. — 17-18. B est préférable, à condition de 
corriger donranl en donrat. — 19-20. Vov. B. 

Manuscrit latin iojy,fol. là. — Aiue Deus, bea sire, ke le monde formas, — 
Adan le promir pere de la terre créas; — Can sesis a la cene tes apostles apelas, 
(A) K’ert a venir de toi bonemen ior nunchaz, — Et ke luit voilaissent sovent lor 
chastias; — Et sen Johan l’apostle sor ton pis reposas : — Ce fut voirs, bea du sire, 
plus des aires l’amas; — (8) Don si presis le pain et si lor devisas, — Puis le 
brisas en pièces et le saintefias; — Judas le traitur meïmes en donas; — Ke eh’estoit 
li tien cors tre bin lor demostras — (12) Ki por nos fu vendus a la gens Cayphas ; — 
Puis presis la tuale, entur toi le fermas, — Presis l’aiwe el bacin, to lor pius (sic) lor 
lavas; — Signe fut d’umlité ke tu la demostras; — (16) Après, a Pâtre mot, 
formen le contristas — Can tu deais, bea sire : «Li uns moi traïrat — De vos, por 
cruccfiir a félons moi donrat» — De ce furent dotant, si priât chascun a dire : — 
(ao) «Sui ge donkes icilb? dite le moi, bea sire : » —Si com ice fut voirs, et l’avons 
oï dire, — Ke por nos pecheors soffristes gran martyre, — Defende me en cest stcle 
et de honte el d’ire — (a A) C’après iceste vie régné o toi, bea du sire. 

VI. 

Uns faiselet de rairre en mes amis a moi 

Gui semblance en dolor traitier e[n] présent voi; 

Done moi, piu salveres, tel mirre en moi comprendre 
A Ke puisse dignement et plorer cl complaindre 
Sor tes aigres balures, ke to sens okoison 
Flaelerent a Pastacbe menleür et félon. 

Mes amis, done moi tel mirre conquelhir 
8 Ke je puisse amertune a to jors mais sentir. 

Amere fu ta mors, mais mut de bon odor. 

Car le honte soffris dont nos portons Ponor. 

Oi com[e] duce mirre, ki metroit son penser 
19 De gardeir icel home ki l’orne avoit formeit 1 
Le creator del monde et del ciel le sagnor 
Traitir et deminer a tele desonor ! 

Es bras de mon désir fai moi, sire, asembler 
16 Cest faisselet de mirre, ke je puisse porter 
Legierement le fais de tribulation, 

Ke moi font anemis diable, la chars, li mons. 

Et totes mes grevances en ta subjection 
90 Torner par la vertu de ta compassion, 

Si ensivvre t araor, si curre après t’odor 
Et amender ma vie et servir at’onor. 

Et de la pourece de la mortalité 
9J1 Ke venins de pechier at en moi amené. 


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— 2àl 


La mirre de ta mort ki le monde at salvé 
Garir en puist mi arme al tin de mon eé 
Par la confession de ta grande pieté. 
q8 Et si j’atrai a toi a la fin curlé 

Ou la vie serat et la santez durable, 

En cui li amis Deu joie aront parmanable. 

i. «Fnsciculüs myrrhæ dilectus meus mihi,» Cant. I, 12. en n’est pas admissible » 
il fautes*, comme dans le manuscrit cité au commencement de ce rapport. B, et sans 
doute aussi A , porte e , qui est en effet parfois employé pour est. — 18. Plus correct 
dans B. — a 8. La bonne leçon est évidemment celle de B. Peut-être se lit-elle aussi 
dans d? 

Manuscrit latin 1077,/oL t 3 . — Un faiselés de myrre en mes amis a moi — Cui 
semblance en dolur trailier en presen voi; — Done moi, du savere, teil mirre en 
mo[i] comprendre — (h) Ke puisse dignement et ploreir et complaindre — Sor tes 
aigres batures, ke toi sens okoison — Flaelerent astaché menteor et félon. — Mes 
amis, done moi teil myrre conkelhir— (8) C’amertume a to jors en puis[se] mais 
sentir. — Amerc fut ta mors, mais mut de bon odur, — Car le honte soffris don nos 
portons l’onur.—Oi com[e] duce mirre ki metroi son penseir—(12) D’engardeir icel 
home ki Tome avoit formeit, — Le creatur de! monde et del ciel le sanhor — Trai- 
tier et demeneir a teile deshonur ! — E bras de mon désir fai moi, sire, asembler — 
(îfi) Cest faiselet de mire, ke ge puisse porteir — Legieremen le fais de tribulation, 
— Ke moi funt anemi et li chars et li mons, — Et totes ma gravance en ta subjec- 
tion — (20) Turner par la vertu de ta compassion, — Si ensivre ta vie, si curre 
après fodur— Et amendeir ma vie et servir a t’onur,— Et de la pureture de la mor¬ 
talité — (2 4 ) Ke venins de pechiet at en nos ameneit. — La mire de ta mort ki le 
monde a saveit — Garir en puist mi arme al fin de mon eel — Par la confession 
de ta grande pieté, — (28) Et si Tairai a toi a ta bineûrteit — U la vie serat et la 
santé durable, — En cui li amis Deu joT aront parmanable. 


VIL 

Aiue, Deus bea sire, ki en la crois montas. 

De ton prescios sanc Irestos nos racbatas, 
Estendus enz en la crois por nos et piez et bras ; 
4 Por nos soffris la mor, car fortement nos amas. 
Longis li chevalière le costé vos percha, 

Vostre prescios sanc juske a puins li cola, 

Uh le mist a ses iez, dont si vos regarda, 

8 De ce ke forfait ot merci vos en priât. 

Cant issi fustes, sire, en la crois deviez, 

Joseph rova vo cors, et ilh li fu donez. 

D’un sidone mut bel fustes envolepez, 

1 a En mirre et aloez el sepulchre posez ; 

Sains Johans li npostlos ce creans, e fu la, 


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— 248 — 


Et vostre duce mere ki forlment vos mua. 

L’enspée de dolor, ce fut voirs, senti la 
i G Ke Symeons li justes devant li propheta. 

Gran joie apremairains, ce fut voirs, en ot ele, 

Cant ele soit de li ke vos porta pucelle ; 

Car Deus estiez et home de fit savoit la belle, 

20 Et si vos alnita a sa tenre mamelle. 

Or vos prions nos, sire, par vo saintisme non. 

Par ce[le] vostre ymagene ke nos ici veons 
Ki delle crois recorde vos déposition, 

2 4 De trestos no forfais nos faites vrai pardon. 

A cette pièce et la suivante correspond dans le manusci'it îo 77, fol. t 5 , celle-ci : 
Dues Jhesu Crist ki por no savemen — Venis en terre morir destroitemen, — Puis 
vos a mis Joseph cl monument — (h) K’ilh avoit fait a sin ues proprement, — 
Envolepeit mut onestement — D’on blan sydone ki fut fais subtiement. — Le trois 
Maries a point de l’ajornée, — (8) Vos i requisent sen nulle demorée, — Et unge- 
mcn por toen precios (tic) — Por enuindre vostre cors glorios; — L’angele ont 
trové séant ki lor at demostreit — (1 □) Le liu u poseis fuistes et astiés releveis, — 
Et si lor dist c’a[s] desciplefs] alaissent — Et a Piron et a cas denunchaisent — Ke 
relevez astiës de mort a vie; — (16) Et apres ce vo mostras a Marie, — Le Magda- 
lene, ki tan for vos amat — Et a vo piés si tenremen plorat — Ke sepechiés trestos 
li pardonastes; — (20) Por ce promir a lui vo demostraste (sic). — Dues Jhesu 
Crist si ke c’est voirs et je! croi, — Mon deseir et m'amor Irai a toi — Si purement 
et si cnticremen — (26) Ke ge veoir te puisse sevre (sic) al jugement. 


VIH. 

Deus ki a tier jor de mor resuscitastes, 
Quarante jors en terre puissedi conversastes 
A pluisors aparustes, si com dist l'Escriture, 
4 Et a tes sains apostles, ce fut bone aventure; 
Et puis si ior désistés ke un pau demorroit, 
Ke nus de tes disciples veor ne te poroit. 

Et puis un pau après a ceas si revenroit 
8 Et a tes bons amis si toi demosteroit, 

Et puis voanz auz tos el ciel, sire, montafs] 
Ton saint Espir après, sire, lor enyoas 
En ciel icel liu uilh asembleit astoent, 

12 Ou la tue promesse bernent atendoent. 

Lor furent ilh a pris tôt subitainement, 

Ke de tos les lenwages orent entendement; 
Et puis en totes terres les fesis départir 
tG Por miserius pechors enver toi convertir; 


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— 249 — 

El ilh i alerent nuit debonairement 

Et si baplizarent en ton nom mut de gent; 

Et puis tantost el ciel, peres sire, montas, 
ü 10 Et puis al fin del sicle jugier nos revenras : 

Or[e] te vulh proier, Jésus ii fis Marie, 

Ke la moi’ arme de toi ne soit partie, 

Mais al jor del juwise cant veor nos venras 
2 4 Mon cors el la moi’ arme awee loi emporlras. 

11. Corr. De ciel en icel liu u atcmbleit? — 16. Celle forme miserins m’est sus 
pecle. — ai. vulh , ms. wlh. — ai. Pour emporteras ; on a de même comandrons , 
portra , dans le ms. Canonici mise. 7/1 (Archives des Missions , a“ série, V, 19/1 ). 

Paul Meyer, 

Membre du Comilé. 


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— 250 — 


SECTION D’ARCHÉOLOGIE. 


La qubstios du ferrage des cisbvaux ex Gaule , 

A propos d’une communication de M. Chevrier. 

La note de M. Chevrier, correspondant à Châlon-sur-Saône, que 
la section d’archéologie a renvoyée à mon examen, se rapporte à la 
question toujours controversée du ferrage des chevaux dans l'anti¬ 
quité. Elle est accompagnée de dessins représentant huit de ces sa¬ 
bots de fer que l’on désigne sous le nom d’hipposatfdales, et deux 
fers de cheval de la forme encore usitée aujourd'hui. 

Des dix pièces figurées, cinq seulement (quatre sabots et un fer) 
sont inédites. Notre correspondant a emprunté les autres à des pu¬ 
blications récentes. 

L'intention de M. Chevrier n’a pas été de faire une dissertation. 
Il n’a voulu qu’une chose: mettre, par l’entremise du Comité, à la 
disposition des personnes que cela intéresserait, des matériaux 
qu’il a recueillis et qu’il juge susceptibles de contribuer à l’éclair¬ 
cissement d’une question obscure. 

Comme cette question est de celles qui me préoccupent, que 
j’ai pris une part active au débat quelle suscita il y a quelques an¬ 
nées, et qu’aujourd’hui j’ai par devers moi des preuves décisives en 
faveur de l’opinion que j’ai toujours soutenue, je profiterai de l’oc¬ 
casion qui m’est offerte de dire mon dernier mot, tout en faisant 
ressortir ce qu'il y a d’utile dans la communication de notre cor¬ 
respondant. 

Au sujet des ferrailles qu’on est convenu d’appeler hipposan¬ 
dales, M. Chevrier fait une distinction qui me semble de toute né¬ 
cessité. 

Tels de ces objets consistent en une semelle rendant assez exacte¬ 
ment l’empreinte d’un pied de cheval, avec deux larges pinçons ou 
oreillons amortis en boucles qui se relèvent sur les côtés, et un 
quartier également relevé par derrière; tandis que d’autres, beau¬ 
coup plus irréguliers de forme quant h la semelle, ont ordinaire- 


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mont deux oreillons de chaque côté et de plus deux crochets : l'un 
qui se projette en avant de la semelle, l'autre qui se dresse vertica¬ 
lement par derrière. Pour saisir la 
différence, on n’a qu'à jeter les 
yeux sur les ligures ci-jointes, 11 e * i 
et < î. 

M. Chevrier ne lient pour hip¬ 
posandales que les sabots de la pre¬ 
mière espèce. 

11 se réfère aux pièces du même 
genre, publiées dans le Traité de la 
maréchalerie vétérinaire de M. Rey l . 
Il ne pouvait pas invoquer une 
meilleure autorité. Les exemples de 
im M. Rey sont peu nombreux, mais 

bien choisis. Il y en a un surtout qui est d’une valeur inestimable 
pour la science; c'est celui d’un sabot ayant fait partie d’une garni¬ 
ture complète dont furent trouvés chaussés les quatre pieds d'un 
même animal enseveli sous les ruines d’un établissement romain à 



Granges, dans le canton de Vaud (Suisse). Cette précieuse décou¬ 
verte a fourni à un vétérinaire du pays, M.Bieler, le sujet de la dis¬ 
sertation la plus instructive qui ait été écrite sur la matière 2 ; elle 
a mis hors de doute l'identité de l’objet dont il s’agit avec la solea 

1 Deuxième édition. Un vol. in-8", Paris, i 865 . 

2 Note sur l’histoire de In ferrure, dans le Journal de médecine vétérinaire de 
l'école de Lyon , t. XIII (1857), p. 9^11 . 


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— 252 — 

ferrea des auteurs latins. Elle a légitimé le terme d'hipposandale 
qui avait été adopté un peu à la légère. 

Le nouvel échantillon produit par M. Chevrier (c’est celui auquel 
j’ai renvoyé le lecteur il n’y a qu’un instant) a été trouvé à Lux, 
près de Châlon, à une profondeur de i m , 3 o, dans un terrain d’al- 
luvion. La semelle est forée. L’un des oreillons est muni d’un 
anneau par où passait la courroie destinée à lier l’appareil autour 
du pied. Il y a au quartier de derrière des rivures sur lesquelles 
notre correspondant ne s’explique pas. Elles indiquent la présence 
d’une gâchette qui maintenait la courroie sur le talon. La gâchette 
existe à l’un des types reproduits par M. Rey; mais elle est placée 
en dedans. Sur les quatre pièces trouvées à Granges, elle est rem¬ 
placée par un crochet rabattu derrière le talon. 

Je puis ajouter que la talonnière n’était pas une partie indispen¬ 
sable de la solea ferrea . Elle manque à l’un des échantillons tirés des 
ruines du Vieil-Évreux, que M. de Caumont a fait connaître 1 . Un 
autre type, que j’ai vu au musée d’Autun, est dans le même cas, 
mais avec une différence digne de remarque. La semelle est non- 
seulement forée, mais ouverte jusqu’au talon, de sorte qu’elle se 
rapproche de la forme des fers. C’est un fer très-couvert, cannelé 
eu dessous, et muni sur les côtés de deux oreillons avec boucles et 
anneau. 

Sans doute il se présentera encore d'autres variétés d’hipposan¬ 
dales, quand on aura fiait l’inventaire de tout ce que possèdent eu 
ce genre les collections publiques et privées. 

Pour ce qui est des sabots munis de crochets par derrière et par 
devant, M. Chevrier déclare que de pareilles chaussures eussent 
infailliblement blessé les jambes des chevaux, et il est conduit par 
là à leur chercher une autre destination. 11 se demande s’ils n’au¬ 
raient pas servi d’étriers. Cette hypothèse ne le satisfait pas pleine¬ 
ment. Il y voit bien des objections; mais, somme toute, il lui pa¬ 
rait plus raisonnable de se prononcer pour des étriers incommodes 
que pour des fers impossibles. 

Impossibles, oui, en tant qu'il se serait agi de chausser ainsi les 
chevaux; mais, si ces appareils ont été destinés à des bœufs, la diffi¬ 
culté n’est plus la même. Les bœufs, avec leur démarche et la confor¬ 
mation de leurs jambes, ont pu porter impuuément cette chaussure. 


1 Bulletin monumental , t. VI, p. A 7 3, tig. .H de la plant)»»* 


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— 253 — 

Or, plusieurs fois déjà, ou a proposé de rapporter aux bœufs 
ceux des sabots antiques qui, à cause de leur couformation, ne pou¬ 
vaient de toute évidence convenir aux chevaux. Cette opinion fut 
énoncée dans une séance de la Société française pour la conserva¬ 
tion des monuments, tenue à Dieppe en 18U0 1 . rcLes antiquaires 
d’Autun, est-il dit dans le rapport d’où je tire ce fait, pensent que 
ces objets étaient à l’usage des bœufs engravés. » 

Plus récemment, M. A. Delacroix a émis la même opinion à 
propos d’une découverte faite à Besançon 2 . L’objet était d’une con¬ 
servation parfaite, et par sa forme annonçait mieux que d’autres 
pour quel genre de pied il avait été fait. Le savant franc-comtois ne 
voulut pas cependant s’en rapporter à sa seule impression. Il porta 
le sabot dans un atelier de maréchalerie fréquenté par les gens de 
la campagne. A première vue, un ouvrier dit que c’était un fer de 
vache. Des paysans qui étaient là furent du même avis, et ajoutèrent 
que cette chaussure ne conviendrait pas pour le travail, mais qu’elle 
serait très-utile pour remédier aux blessures que se font les bêtes 
quand les troupeaux sont en marche. M. Delacroix écrivit là-dessus 
un petit mémoire dont la conclusion est que cette pièce et toutes 
celles qui lui ressemblent doivent être appelées busandales. 

Le musée lorrain de Nancy possède un monument qui confirme 
pleinement l’opinion des paysans francs-comtois et la conclusion de 
M. Delacroix : c’est une stèle funéraire sur laquelle est représenté 
en bas-relief un personnage qui n’a pu être qu’un conducteur de 
bœufs. La sculpture est grossière; elle est de plus mutilée; mais on 
en voit assez pour reconnaître tout d’abord un homme de la cam¬ 
pagne. H est affublé d’une large et courte blouse que je crois être 
le birrus. Il porte au cou un sachet d’amulette, dont la forme semble 
indiquer qu’il contenait une petite hache celtique, c’est-à-dire le ta¬ 
lisman dont on se sert encore aujourd’hui dans les montagnes du 
centre de la France pour toucher les bestiaux malades. Mais la pro¬ 
fession de notre Gallo-Romain est indiquée d’une manière plus cer¬ 
taine par l’objet qu'il tient dans sa main droite. C’est un bâton 
pointu d’un bout et de l’autre terminé par un pommeau, qui nous 
représente l’aiguillon des anciens, tel que Rich Ta figuré dans son 
dictionnaire, au mot Stimulus . H est donc hors de doute qu’on a 


1 Bulletin monumental , t. VI, p. h']h. 

2 Mémoire * de la Société d f émulation du Doubs, I. IX ( 3 r série), p. 1 fia. 


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— 254 — 

voulu représenter un bouvier. Or, il tient dans sa main gauche 
une courroie au bout de laquelle pend le sabot à deux crochets. Le 
complément de ses attributs est l'instrument qu’il portait par pré¬ 



caution pour mettre au pied de ses bêtes, s’il arrivait que quelqu'une 
se blessât en chemin. 

La conclusion de tout ce qui précède est que, pour être en pos¬ 
session de la vérité, la doctrine archéologique devra combiner la 
distinction établie par M. Chevrier avec l’attribution et la dénomi¬ 
nation proposées par M. Delacroix. Les sabots de fer qu’on déterre 


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— 255 — 


en si grande quantité sur le parcours des anciennes voies seront, 
suivant leur forme, des hipposandales ou des busandales. 

Passons aux fers de cheval. 

Les deux dont M. de Chevrier nous a envoyé le dessin ont déjà 
été gravés par lui pour les Mémoires de la Société historique et ar¬ 
chéologique de Châlon-sur-Saône l . IL les a trouvés lui-mâme dans 
une sépulture qui était incontestablement de l’époque mérovin¬ 
gienne. Ces fers, quoique ayant, selon toute apparence, appartenu au 
même cheval, sont de façon différente. L’un est percé de six étain- 
pures, ondulé sur ses rives et dénué de crampons aux éponges, tandis 
que l’autre, bigorné sur ses contours, porte des crampons et pré¬ 
sente huit étampures pratiquées dans des rainures. Cette diversité, 
qui s’explique en supposant que les deux fers auraient été posés 
dans des lieux différents, n’est pas ce qui frappe le plus le savant 
châlonnais. Il attache plus d’importance à la date du dépôt, parce 
qu’il voit là un point de repère au moyen duquel pourra être fixée 
l’époque * où la solea ferrea cessa d’être employée pour faire place 
au système plus pratique du fer à clous. « 

Ces dernières expressions, que j’emprunte à la note de M. Che¬ 
vrier, mettent suffisamment sa pensée à découvert. Selon lui, il y a 
eu gradation dans la pratique qui consiste à garnir de fer les pieds 
des chevaux. D’abord on leur attacha, au moyen de courroies, des 
sabots postiches; on n’en vint que plus tard à leur clouer des patins 
sous les ongles. Telle est sa doctrine, ou plutôt telle est la doctrine 
à laquelle il s’est rallié; car il n’est pas le premier qui considère les 
fers à clous comme un perfectionnement tardif des hipposandales. 
La même opinion est exprimée dans la plupart des traités spéciaux; 
elle a dirigé les recherches d’où est sorti le V e chapitre du Tom¬ 
beau de Childéric de M. l’abbé Cochet; c’est celle qui prévaut aujour¬ 
d’hui. 

Elle est acceptée par le plus grand nombre; mais elle a aussi des 
adversaires, et plus d’une atteinte sérieuse lui a été portée. 

M. Bieler, le vétérinaire de Rolle qui a disserté sur les hippo¬ 
sandales, ne la partage pas. 

'M. Rey, après l’avoir exposée dans la dernière édition de son 
traité, présage qu’elle devra être modifiée par suite de découvertes 
nouvelles qu’il ne connaissait encore qu’imparfaitement 2 . 

1 Tome V, a* partie, 1869, p. aai. 

* Traité de la marérhalei'ie vétérinaire ( 18fi 5 ), p. no. 


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— 256 — 


La haute antiquité du ferrage a été soutenue, avec pièces à l'ap¬ 
pui, dans le sein des Sociétés archéologiques du Doubs et du Mor¬ 
bihan *. 

Dans un mémoire très-étudié, où sont réunies toutes les preuves 
qui semblent établir que ni les Grecs ni les Romains n’ont ferré leurs 
chevaux, M. Nicard se prononce pour l’origine gauloise de cette pra¬ 
tique 2 . Moi-même, depuis dix ans, je n’ai laissé échapper aucune 
occasion de conclure dans le même sens. 

Le Comité, sans doute, n’a pas oublié la discussion qui s’éleva à 
à ce sujet entre M. Duplessis, de la Société d’Ille-et-Vilaine, et moi, 
à la réunion des Sociétés savantes de 1866. Je puis, sans être 
taxé de vanité, évoquer ce souvenir. Il n’est pas celui d’un triomphe; 
car je ne parvins à convaincre ni M. Duplessis ni les autres archéo¬ 
logues de la même école qui prirent part au débat. 

Il s’agissait de deux moitiés de fer trouvées dans deux tumulus 
différents sur le territoire d’Alaise (Doubs). La découverte avait eu 
lieu sous mes yeux; je pouvais donc en parler sciemment. J’eus beau 
faire ressortir toutes les circonstances qui prouvaient que ces fers 
n’avaient pas pu être apportés là postérieurement, et que le dépôt 
datait du temps de l’indépendance de la Gaule : comme il était écrit 
que le premier fer connu est celui que l’on trouva, sous le règne de 
Louis XIV, dans le tombeau de Childéric I er , mort en 48 i, aux yeux 
des uns, j’avais été la dupe d’une hallucination, et, dans la pensée 
des autres, les tumulus que j’avais fouillés étaient les sépultures 
de guerriers contemporains de Clovis ou de ses fils. 

Aujourd’hui que les motifs qui jetèrent la défaveur sur tout ce 
qui était annoncé comme provenant d’Alaise n’existent plus, aujour¬ 
d’hui que des fers de la même famille que ceux qu’a fournis cette 
localité ont été trouvés ailleurs, je reprends ma thèse. 

Oui, les moitiés de deux fers de cheval ont été trouvées dans 
deux tumulus situés aux deux extrémités du massif d’Alaise, à 
4 kilomètres de distance l’un de l’autre; et, de plus, un troisième 
tumulus a donné des clous à ferrer sans l’accompagnement du fer. 
Ces objets sont au musée archéologique de Besançon. Ils ont été 
décrits et gravés dans les Rapports si précis de M. Caslan sur les 
fouilles d’Alaise 3 . 

1 Voyez ci-après, p. a 5 <j. 

3 Mémoires de la Société des antiquaires de France, l. XXIX ( i p. 1 \> 7. 

3 l'Os tnmhelles celtiques et romaines d' Alaise, 1 Sfuj, p. mo . — 1a>s tomOelles et 


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— 257 — 


Los sépultures qui ont fourni les fers étaient des tumulus à 
foyers : ce qui ne les classe pas parmi les sépultures barbares du 
vi 6 ni même du-v° siècle. 

Ils offraient tous les deux le même mélange d’ossements d'homme, 
de cheval, de chien et d’ours, avec accompagnement d’un marteau 
de fer, de petits outils à forer et de poterie celtique. L’un des deux 
a donné de plus le mors de cheval en fer tordu, si caractéristique 
de l’époque gauloise. 

Quant à l’hypothèse d’un apport postérieur, elle est de toute 
impossibilité. 

Le fer de l’un des tumulus reposait, avec les autres objets, dans 
une épaisse couche de cendres couverte par un entassement gigan¬ 
tesque de quartiers de roches. C’était une sépulture tout à fait mo¬ 
numentale, qui avait été construite au bord d’un précipice, sur 
une plate-forme produite par des couches calcaires relevées et fen¬ 
dillées de toutes parts, au point que l’accès du tumulus était dange¬ 
reux même pour les piétons. Jamais cheval de selle ni de travail 
n’avait eu à passer en cet endroit. L’autre tumulus était construit 
dans un fourré sur un versant rocailleux; le foyer qui recélait les 
objets avait été recouvert de larges dalles que les ouvriers ne sou¬ 
levèrent qu’à grand’peine. Le dépôt s’est montré intact et inviolé. 

De part et d’autre, un clou à ferrer a été recueilli à côté du fer. Ce 
sont des clous en forme de T, aplatis sur les côtés; mais la traverse 
qui fait la tête de l’un est droite, tandis que celle de l’autre est pro¬ 
filée en courbe au sommet. A ce dernier modèle appartiennent les 
clous isolés qui ont été tirés du troisième tumulus. 

Voilà pour Alaise. 

En 186a, un habitant de Thionville, faisant défricher un bois 
sur la commune de Colmen, lieu dit Dampontswald, rencontra un 
tumulus qu’il lit fouiller avec soin. On y trouva des os calcinés, des 
cendres et du charbon, une massue en bois de chêne incrustée de 
cailloux blancs, une pointe de flèche en silex, une hachette de fer, 
enfin la moitié d’un fer de cheval l . 

M. Fouquet, de la Société polymathique du Morbihan, qui s’est 
particulièrement occupé de recherches sur la destination des men¬ 
te* ruine* du massif et du pourtour d’Alaise, 1861, p. a 3 . — Les champs de bataille 
et les monuments du culte druidique au pays d'Alaise, 1 366 , p. 12. 

1 Bulletin de la Société d 9 archéologie et d y histoire de la Moselle , année t 8 P» 3 , 
p. 1 5 /i. 


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— 258 


hirs, a trouvé à deux reprises le fer de cheval au pied de ces ino- 
uumenls. La seconde fois, c’était en i 865 , lorsque s’était déjà pro¬ 
duite la résistance à l’idée que les Gaulois eussent pratiqué le ferrage. 
M. Fouquet s’appliqua, dans le compte rendu de sa découverte, à 
constater l’état de parfaite intégrité du gisement, et les raisons qui 
s’opposaient à ce qu’on pût dire que l’objet aurait glissé là acciden¬ 
tellement, ou y aurait été mis pour préparer une mystification 1 . 
Ses observations, corroborées par celles de deux autres savants qui 
l’accompagnaient, mettent hors de doute l’antiquité du dépôt. Le 
fer reposait à une profondeur de i m ,i 5 . II était fragmenté en cinq 
morceaux par l’oxydation, et non-seulement oxydé, mais cristallisé 
en plusieurs endroits. La longueur de flèche était de 11 centimètres, 
le plus grand diamètre de 10. 

Une découverte d’un ordre tout différent, qu’un savant de la 
Suisse, M. Quiquerez, signala dès i 856 , est encore plus décisive : 
c’est celle d’un squelette de cheval rencontré à 3 "\ 6 o de profon¬ 
deur dans une formation de tourbe compacte à Bellelay (canton de 
Berne). Ni la nature do la tourbière, ni la situation des os, qui 
étaient posés à plat et dispersés, ne se prêtaient à l’hypothèse que 
l’animal se fût enfoncé dans le sol. Il avait visiblement été exposé à 
l’air après sa mort et dévoré par les bêtes. A l’un de ses pieds adhé¬ 
rait un petit fer à bords ondulés. La rencontre d’un rouleau de 
monnaies du xv e siècle, plongé à 60 centimètres dans la même 
tourbière, permit à M. Quiquerez de calculer le progrès de la for¬ 
mation. L’accroissement du dépôt tourbeux étant de 1 5 centimètres 
par siècle, l’antiquité du squelette, et celle du fer par conséquent, 
remontait à six ou sept siècles avant notre ère 2 . 

Nanti de ce terme de comparaison, M. Quiquerez se mit à la 
recherche des fers gaulois. Le succès a dépassé son attente. Il en a 
recueilli plus de vingt en fouillant certains reliefs de terre qui 
abondent dans la région supérieure du Jura bernois, et qu’il avait 
reconnus pour être les restes des établissements formés par la po¬ 
pulation primitive. Les pièces qu’il en a tirées se sont toujours trou¬ 
vées en compagnie d’outils de pierre et de tessons de la plus gros¬ 
sière poterie. 

On trouvera dans le Recueil des mémoires de la Société d’ému- 

1 Bulletin de In Société polymathique du Morbihan, année 1 865 , p. 67. 

* De V-dge de fer. llecherches sur les anciennes forges du Jura bernois, p. p. Por- 
rentrny, 1 8 G 0 . 


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— 259 — 


lation du Doubs l’exposition éteudue des faits que je viens de ré¬ 
sumer 1 . M. Quiquerez lui-même est l'auteur de ce travail, à l'appui 
duquel il a publié le dessin des variétés que présente sa collection. 
Les différences sont à peine sensibles. On voit que ces fers, ramas¬ 
sés dans un rayon de pays très-restreint, ont été faits pour une 
même race de chevaux et par des ouvriers qui travaillaient tous de 
la même façon. Ils sont petits, étroits, faibles de métal, d'un fer 
très-doux, constamment percés de six étampures qui ont été frai¬ 
sées en long en vue de la forme que présentait la tête des clous. La 
distension du métal a chacune des étampures a produit sur les 
bords l'ondulation dont nous avons parlé à propos du cheval de la 
tourbière de Bellelay. L'épaisseur ne dépasse pas 4 millimètres, 
ni la largeur 16 centimètres. Le poids est renfermé entre 90 et 
tao grammes. 

M. Quiquerez est un savant ingénieur, praticien consommé en 
matière de sidérurgie et l'un des meilleurs archéologues de la 
Suisse. Personne n'a poussé plus avant les recherches sur les ori¬ 
gines de l'industrie du fer dans nos pays. Je ne crois pas pouvoir 
abriter d’un nom plus autorisé que le sien le premier point de la 
doctrine que je me suis proposé d'établir dans ce rapport. Ses re¬ 
cherches achèvent de mettre hors de toute contestation l'antiquité 
du ferrage des chevaux. 

Si nous sommes encore à compter les pièces à conviction d'où 
il résulte que les Gaulois se livrèrent à cette pratique du temps de 
leur indépendance, il n'en est pas de même pour la période subsé¬ 
quente. On peut dire que les fers gallo-romains sont innombrables. 
Depuis que l'on exécute des fouilles dont le résultat est consigné, 
on ne s’est pas attaqué une fois aux substructions d'un établisse¬ 
ment d'importance datant de l'époque romaine, qu'on n'y ait trouvé 
le fer de cheval. Telle localité en a fourni, non pas un ou deux, 
mais des masses. A la vérité, les antiquaires à qui nous devons la 
mention de ces découvertes ont rarement pris la peine de préciser 
la position occupée en terre par les objets, de sorte qu'on a toujours 
fait la même objection : ((Ces fers ne sont-ils pas tombés du pied 
des chevaux qui passèrent plus tard par dessus les ruines??) Et de 
ce scrupule est sortie l’incrédulité d’où il est si difficile aujourd’hui 
de faire revenir la plupart des archéologues. 


Tome IX de ta 3 # série, année 18G/1, |>. 1:19. 



— 260 — 

Cependant, si l’enquête avait été poussée à fond, il eût été pos¬ 
sible de recueillir un certain nombre de faits qui ne laissent pas de 
place au doute. 

Dans la Statistique monumentale du Puy-de-Dôme *, M. Bouillet a 
donné la figure d’un fer à planche, c’est-à-dire fermé au talon et garni 
de cinq clous, qui fut trouvé en i 835 , à 3 mètres en terre, sous le 
pavé d’une voie romaine, tout près de Clermont. Personne assuré¬ 
ment ne pensera que ce fer, détaché du pied d’un cheval au moyen 
êge, soit allé percer la croûte de pierre sous laquelle il reposait. 

En 1862, dans la cave d’une maison de Troyes, à 3 mètres sous 
le sol de cette cave, on découvrit l’orifice d’un puits funéraire bou¬ 
ché avec des briques, et l’on retira de ce puits des chaînes, des 
clefs, des figurines A'ex-voto et un fer de cheval 2 . 

M. de Pibrac, dans l’exploration qu’il fit, en 1867, des puits 
funéraires de Beaugency, retira de l’une de ces sépultures, avec 
d’autres objets qui annonçaient les premiers temps de la domination 
romaine en Gaule, un fer de cheval 3 . 

Plus récemment, M. l’abbé Baudry, à son tour, a vu sortir de 
l’un des puits funéraires les plus profonds de Troussepoil (Vendée) 
un autre fer sur lequel je reviendrai tout à l’heure. 

fie voilà-t-il pas assez d’exemples du même fait pour dissiper 
toute incertitude, et pour autoriser les plus timides à admettre que 
les Romains purent voir des chevaux ferrés longtemps avant que 
les barbares leur eussent enlevé la possession de la plus grande 
partie de la Gaule? 

Mais ce n’est pas tout. Tandis qu’on se tue à* dire qu’aucun des 
monuments figurés que l’antiquité nous a transmis ne représente le 
fer aux pieds des chevaux, l’un de nos beaux musées départemen¬ 
taux et des plus visités, le musée Calvet, à Avignon, possède un 
bas-relief du 11 e siècle au plus tard, qui donne le démenti le plus 
formel à celte assertion. Et ce bas-relief, ce n’est pas d’hier qu’il 
est exposé aux yeux du public. 11 est à Avignon depuis i 835 ; il a 
été signalé par Mérimée, qui a appelé particulièrement l’attention 
des antiquaires sur la circonstance de la ferrure 4 . 

1 Page 6& et planche 111 . 

2 Mémoires de la Société académique de l'Aube, t. XIX. p. 90. 

1 Mémoires de la Société d’agriculture , sciences , belles-lettres et arts d'Orléans, 
t. IV (année 1859), p. 97. 

4 \nles d'un voyage archéologique dans le midi de la France , p. i 7(1. 


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— 261 


Un monument de cette importance mérite qu’on s’y arrête. J’ai 
la satisfaction de pouvoir le mettre sous les yeux du Comité et des 
lecteurs de la Revue des Sociétés savantes, d’après un dessin qu’a eu 
l’obligeance de me communiquer M. Deloye, conservateur du musée 
Calvet, notre correspondant à Avignon. 

Sur un carpentum élégant, attelé de deux chevaux que dirige un 
cocher armé d’un fouet en façon de martinet, est assis un person¬ 
nage habillé à la gauloise. La hauteur de son siège désigne un 
fonctionnaire public d’un rang élevé. Derrière lui se tient debout 
un licteur, la hache à la main. Cette représentation ne constitue 



qu’une partie du monument. Il y a au-dessus une frise où l’on voit 
figurée une course en chars, puis un fronton encadrant un buste 
de grandeur naturelle. 

Ce monument vient de Vaison, où il était encore lorsqu’il fut 
décrit par Mérimée. M. Deloye m’apprend qu’il fut recueilli avec 
d’autres pièces d’antiquités par Sébastien Blégier, gouverneur de 
Vaison en i 56 o, pour servir à la décoration de la demeure que 
ce personnage se faisait alors construire. Notre correspondant voit 
là le mausolée d’un des quatuorvirs de l’antique Vaison. Le carpentum 
nous représenterait la voiture de cérémonie du corps municipal de 

Üet. des Soc. sa?. 5 " série, t. VI. 18 


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— t m — 


la cité Voconlienne, c»l les deux tètes sculptées sur le panneau en 
évidence, lesquelles en font supposer d’autres sur le panneau 
qu’on ne voit pas, seraient les portraits des membres du quatuor- 
virât en exercice. 

Relativement aux chevaux qui sont pour nous l’objet important, 
M. Deloye me donne le renseignement que voici : 

*rOn distingue très-bien sur le pied de devant du premier cheval 
le fer avec quatre clous qui le fixent, tandis qu’on aperçoit à peine 
quelques légères traces du ferrement sur les deux pieds de devant 
du second cheval, et peut-être sur un des pieds de derrière du pre¬ 
mier. r> 

Ainsi, il n’est pas du tout certain que les pieds de derrière aient 
été ferrés, et il faut un effort d’attention pour constater que ceux 
de devant l’ont tous été. Mais cela ne fait rien. Pour détruire l’ar¬ 
gument tiré de ce que les anciens n’auraient jamais figuré un che¬ 
val avec le fer à clous, il suffit que le bas-relief de Vaison nous 
montre un seul pied dont personne ne puisse contester la ferrure, 
et cette preuve, nous l’avons dans le pied de devant du premier 
cheval, car ce pied est ferré aussi visiblement que possible, et ferré 
avec l’attache de quatre clous qui ont été, non pas rivés, mais ra¬ 
battus et tamponnés sur le sabot de la bête. 

Voila donc un monument devant lequel il faut à toute force que 
l’on s’incline. Est-il unique en son genre? Pas précisément. Je suis 
en mesure d’en invoquer un autre dont le contrôle sera plus facile, 
car il a sa place au musée du Louvre. Oui, au musée du Louvre; 
mais il ne crève pas les yeux pour cela. 11 est on ne peut pas plus 
défavorablement placé, scellé très-haut dans un mur et à contre- 
jour l . Bouillon et de Clarac l’ont décrit et fait graver chacun A 
leur tour, sans tenir compte de la circonstance si curieuse qu’il 
présente pour l’objet de ce rapport; de sorte que ce monument, 
rendu depuis si longtemps au domaine public, mérite encore le 
nom d’inédit 2 . 

C’est un bas-relief d’Hector trainé derrière le char d’Achille. 
L’un des chevaux de l’attelage est représenté dans son entier. 11 a 

1 Première salle au rez-de-chaussée, sous la galerie d'Apollon, à gauche en en¬ 
trant. 

* Bouillon, Musée du Louvre , t. III, bas-reliefs, p. a 5 et pl. 2 1. — De Clarac, 
Musée de sculpture antique et moderne , t. Il, première partie, p. f>(n et pi. 111 de 
l'atlrs. 


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— 263 — 


aux quaire pieds des fers à clous tamponnés sur le sabot. De plus, 
comme le pied gauche de devant est levé, on voit le dessous du fer 
et les trous fraisés dans lesquels étaient logés les clous. 

Cet ouvrage accuse le style de la sculpture romaine de l'époque 
des premiers Césars. On sait quil est venu de la villa Borghèse. Ainsi, 
tout se réunit pour accabler la critique négative contre laquelle je 
suis en lutte. 

Comme on s'est prévalu aussi de ce que la numismatique ne 
fournissait aucun indice dont pussent faire leur profit les défen¬ 
seurs de 1'anliquité du ferrage, je suis bien aise d'alléguer, au con¬ 
traire, l’autorité du répertoire de M. Cohen. Je trouve dans cet 
ouvrage 1 la mention d’une tessère de bronze, attribuée conjectu- 
ralement à Domitien, mais datant, dans tous les cas, du Haut- 
Empire, qui semble avoir été frappée à l'occasion d’une victoire 
remportée sur de la cavalerie gauloise. Elle a pour empreinte, au 
droit, deux fers de cheval au milieu d'un torques , et au revers un 
rameau d'olivier accompagné de la légende IO IO TRJVMP. 

Du moment que l’usage du fer de cheval est démontré par des 
monuments figurés du Haut-Empire, et que ce fer a été rencontré 
en Gaule à des profondeurs qui garantissent l'antiquité du dépêt, 
il n'y a pas de raison pour qu’on rejette les pièces qui ont été four¬ 
nies par les fouilles, quand les fouilles ont été dirigées par de bons 
observateurs et qu'elles n'ont rendu que des objets antérieurs au 
v* siècle. Je ne crains donc pas d’être taxé de témérité en accep¬ 
tant comme gallo-romains les fers trouvés, en i846, dans les dé¬ 
combres enfouis sous la forêt de Bretonne 2 , et ceux qui ont été 
recueillis au camp de Dalheim en Luxembourg 3 , et ceux qui, 
lors de la construction des égoûts de Besançon, en 1 863, sont 
sortis des ruines du iv* siècle amoncelées sous le sol de cette ville 4 , 
et ceux de la collection formée par M. Quiquerez avec le produit 
de ses fouilles tant au Mont-Terrible que sur l'emplacement des 
autres stations romaines du Jura bernois. Je ne cite que les décou¬ 
vertes dont j’ai conservé la mémoire. La quantité de pièces quelles 
ont fournies suffit pour justifier l’expression dont je me suis servi 

1 Description historique des monnaies frappées sous V empire romain, t. VI, p. 543. 

3 Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie , t. XIV, p. 9 . 

à Publications de la Société archéologique du grand-duché de Luxembourg , t. VII, 
p. 1 85 ; t. IX, p. 1 aG ; t. XI, p. 9 *j. 

4 Mémoires de la Société d’émulation du Doubs , t. XVIII, 3* «éric (année 1 863). 

18. 


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d’abord, quand j’ai dil que les fers gallo-romains étaient innom¬ 
brables. 

On est à même de reconnaître à présent combien peu est fondé 
le jugement en vertu duquel une succession chronologique a été 
établie entre les hipposandales et les fers. Ceux-ci ne sont pas le 
moins du monde un perfectionnement de celles-là, et tous les rai¬ 
sonnements édifiés sur cette hypothèse tombent à plat. Les Gaulois 
ont pratiqué le ferrage avant la conquête romaine; ils l’ont pratiqué 
après, sous les yeux de leurs dominateurs, qui ne furent émerveillés 
en aucune façon de leur procédé, puisque, loin de se faire une loi 
de l’imiter, ils importèrent et maintinrent concurremment la mode 
italienne d’enfermer les pieds des bêtes dans des chaussures de fer. 
Qu’on dise tant qu'on voudra qu’une telle préférence est inexpli¬ 
cable, qu’il y a une loi de nature qui veut qu’après une conquête 
vainqueurs et vaincus s’empruntent mutuellement leurs pratiques 
utiles, que les Romains se sont distingués entre tous les peuples par 
leur intelligence à s’approprier ce qu’ils trouvaient de bon chez les 
autres, que la ferrure à clous leur aurait été d’un trop grand secours 
dans leurs guerres sur le Rhin et sur le Danube pour qu’ils aient 
consenti à s’en passer lorsqu’elle élait usitée en Gaule : ces argu¬ 
ments, qui sont ceux de M. Duplessis, lorsqu’il traita la question en 
Sorbonne \ ne sont que des arguments spécieux. Le fait est là, pour 
prouver une fois de plus que le vraisemblable n’est pas le vrai. 

Enregistrons-le donc, ce fait, et contentons-nous de le consigner 
tel qu’il se présente, sans lui faire dire plus qu’il ne dit. 

De ce qu’il y a des fers qui remontent à l’antiquité celtique, cela 
ne veut pas dire que tous les chevaux gaulois aient été ferrés. Il se 
peut que cette précaution n’ait été prise qu’à l’égard des bêtes qui 
avaient à faire de certaines évolutions, oü bien que ç’ait été un signe 
de distinction pour la monture ou pour les attelages des chefs; il se 
peut encore que les quatre pieds du cheval n’aient pas toujours été 
ferrés. 

Les mêmes restrictions sont à faire au sujet de la coutume obser¬ 
vée à l’époque romaine. II n’y a pas de fers au plus grand nombre 
des représentations de chevaux trouvées dans notre pays, et, si la 
garniture se montre au complet sur le bas-relief du Louvre, sur 

1 Élude sur l'origine de la ferrure du cheval chez les Gaulois, dans le volume 
Archéologie y 1867, des Mémoires lus à la Sorbonne dans les séances cxtraoidinaires du 
Comité impérial des traraur historiques et des Sociétés savantes. 


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— 265 — 

celui de Vaison elle parait n’avoir été attribuée qu'aux pieds de 
devant. 

En somme, il n’y a de certitude que quant à l’existence du fer¬ 
rage et quant à la forme des pièces qu’on employait à cette opé¬ 
ration. 

Les caractères des fers gallo-romains ont été précisés d'abord 
par M. Bieler, et plus tard par MM. Delacroix et Quiquerez. 

Ceux que M. Bieler avait eu l’occasion d’observer en 1857 , date 
de la publication de son mémoire l , étaient à six étampures oblon- 
gues, distribuées sur une rainure continue, analogue à la rainure 
qui règne encore sous les fers anglais. Les étampures, plus larges 
que la rainure, avaient produit sur les rives les mêmes festons qui 
caractérisent la plupart des fers gaulois. L’ajuslure était nulle ou 
presque nulle; les éponges, refoulées sur quelques échantillons, 
étaient munies sur d’autres de crampons peu travaillés. Quelquefois 
il y avait aussi un crampon à la pince. Les clous avaient la tête 
arquée et la lame carrée. 

La description de M. Delacroix répond parfaitement à celle- 
là, sauf que la rainure n’existe pas sous les fers recueillis à Be¬ 
sançon 2 . Presque tous ont les crampons d’éponges, et la saillie 
des têtes de clous hors de la fraisure où ils sont engagés répond à 
celle des crampon?. La lame de quelques-uns de ces clous a été 
complètement bouclée à la pointe : ce qui explique les saillies figu¬ 
rées sur les sabots des cheveaux du Louvre et de Vaison. Les festons 
du contour ont été effacés sur cinq ou six pièces qui ont subi le 
travail du marteau après l’étampage. Deux fers plus petits que les 
autres, au lieu d’être percés de six trous, le sont de quatre seule¬ 
ment. Dans tous, le métal est d’une pale très-blanche et d’une 
extrême ductilité. 

M. Quiquerez, en comparant les fers des ruines romaines avec ceux 
de l’époque celtique, a constaté une augmentation sensible dans les 
dimensions, d’où il a induit qu’un des effets de la conquête avait 
été d’améliorer la race des chevaux. Il a trouvé le double type avec 
ou sans rainure. D’après les pesées qu’il a faites, ces fers contiennent 
de i8o à aù5 grammes de métal, tandis que, pour ceux de l’age 

1 Sur les anciens fers de chevaux dans le Jura, Mémoires de la Société d’ému¬ 
lation du Doubs f t. IX, 3 * série (année 186/ï), p. 129. 

* Fouilles des rues de Besançon, en 18(> 3 , dans les Mémoires de la Société d’é¬ 
mulation du Doubs, t. VIII, 3 * série, p. aof). 


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— 266 — 


antérieur, le poids se tient entre 90 et iao grammes, et que les 
fers du moyen âge descendent rarement au-dessous de 3oo grammes 
et montentjusquà 365. 

Quoique le plus grand nombre des fers gallo-romains soient 
percés seulement de six trous, ceux qu’on a trouvés à Dalheim l’é¬ 
taient de huit, comme aujourd’hui, et c’est aussi le cas de celui 
du bas-relief de Vaison, puisque quatre têtes de clous ressortent 
du sabot qui est figuré de profil. 

Le fer à planche de Clermont, qui n’a que cinq étampures, peut 
passer pour avoir appartenu à un pied malade ou difforme. 

Enfin on a trouvé des fers sans étampure. 

J’insisterai sur cette singularité, qui a certainement une signifi¬ 
cation, car, à ma connaissance, elle s'est déjà présentée trois fois, 
et toujours dans des sépultures. 

L'un des fragments découverts à Alaise appartint à un fer de celte 
espèce. 11 n’a point été percé, quoiqu’un clou à ferrer eût été déposé 
auprès de lui. 

M. de Bonstetten a publié la figure d’une moitié de fer, égale¬ 
ment sans trous, retirée par lui d’un lumulus qu’il jugea être de 
l’époque helvéto-romaine l . 

Enfin le fer rendu par l’un des puits funéraires de Troussepoil 

est dans le même cas. Ce dernier 



offre de plus une circonstance 
curieuse. Il est muni à la pince 
d’un tenon qui s’élève de a cen¬ 
timètres sur toute la largeur de 
la lame, comme si ce fer avait 
été destiné, non pas à garnir un 
pied de cheval, mais à être fiché 
contre un mur ou dans du bois. 

Ainsi donc, on a déposé dans 


les sépultures, tant gauloises que 
gallo-romaines, des fers impropres au service. Dans quelle inten¬ 
tion? La pensée qui se présente tout d’abord à l’esprit est que ces 
objets ont eu la valeur de symboles. 


La signification la plus simple d’un fer déposé à côté d’un mort 
serait d’indiquer que le personnage, en son vivant, avait pratiqué 


1 Recueil (Vantiquité* xuixxet, pl. VI, fig. 1 3 . 


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— 267 — 

la maréchaleric, qui a pu être considérée comme un art d’une exces¬ 
sive difficulté. 11 se peut aussi qu’une idée différente, une idée re¬ 
ligieuse ait été attachée au fer, et qu’on l’ait mis comme offrande 
dans les tombeaux. 

Ici se présente tout naturellement le souvenir des fers cloués aux 
portes des églises pendant le moyen âge. On en voit encore quatre 
sur la porte de la cathédrale d’Embrun, qui passent pour avoir ap¬ 
partenue cheval de Lesdiguières. On dit Lesdiguières, parce que, 
en Dauphiné, Lesdiguières est le personnage légendaire sur le 
compte duquel ont passé la plupart des anciennes traditions. 
L’église d’Embrun possédait certainement cet ex-voto avant le règne 
de Henri IV. 

Un fer désigné sous le nom de fer du cheval de saint Georges 
fut jadis l’une des reliques les plus renommées de Leipsick. 

Sur la face de lit d’une pierre ornée de moulures, qui parait 
avoir servi de base a un pilier du baptistère antique de Besan¬ 
çon (elle a été retirée récemment des décombres de cet édifice), 
on voit la figure d’un fer de cheval gravée en creux très-profon¬ 
dément. 

M. Aymard, l’un de nos correspondants du département de la 
Haute-Loire, m’a appris qu’en Velay, d’anciennes pierres plantées 
dans les champs portent la môme image, gravée en creux aussi. 
Les paysans appellent ces pierres roche-chevalade , pierremule , pierre- 
mur, et la figure qui est dessus est pour eux le fer du diable», car 
l’opinion dans le pays est que le diable a des pieds de cheval et non 
pas de bouc. Le fer ici est donc pris en mauvaise part, et la môme 
chose est arrivée à l’égard de toutes les superstitions qui dérivent 
de l’antiquité. Suivant les lieux, il s'y est attaché une idée de sain¬ 
teté ou de réprobation. 

Pour moi, je ne serais pas éloigné de croire qu’il y eut dans 
l’olympe gallo-romain un dieu ou un génie forgeron du fer de 
cheval. Les singuliers attributs de saint Eloi dans l’imagerie du 
moyen âge m’ont suggéré cette opinion. Vainement la vie du cé¬ 
lèbre évêque de Noyon a été écrite par un autre évêque, son con¬ 
temporain, avec la plus rare exactitude; vainement celle biographie 
présente sans interruption ni lacunes l’enchaînement des travaux du 
saint, d’abord comme orfèvre attaché à l’administration des finances 
de Dagobert, et ensuite comme apôtre de la Belgique : le peuple, 
transportant sur sa personne des réminiscences d’un autre temps, 


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— 268 — 

a fait de lui un maréchal-ferrant. Les peintres et sculpteurs oui 
ajoute à son costume d’évêque le tablier de cuir; au lieu de crosse, 
ils lui ont mis dans la main droite un marteau, tandis que de 
l’autre main ils lui ont fait tenir un pied de cheval. Pour comble 
de bizarrerie, ce pied est détaché de l’animal, qui figure presque 
toujours à quelque distance ayant l’une de ses jambes de derrière 
coupée au jarret 1 . Cette scène ne se rapporte à aucun texte, et les 
traditions débitées à son sujet ne sont que des légendes forgées à 
posteriori pour expliquer l’image. 11 n’y a rien à dire, sinon qu’on 
voit là un de ces mythes païens qui, malgré les efforts de l’Église, 
ont pris place dans le christianisme. Trouvera-t-on que c’est abuser 
de la permission des rapprochements que d’établir un lien de pa¬ 
renté entre les fers votifs des sépultures antiques et les croyances 
perdues dont notre art religieux a conservé la dernière expression? 
Dans tous les cas, le Comité ne trouvera pas mauvais que j’aie ap¬ 
pelé l’attention des praticiens de l'archéologie sur un ordre de faits 
dans lequel des découvertes d’un véritable intérêt peuvent se pro¬ 
duire. 

Je terminerai ce rapport par deux remarques sur des faits mal 
interprétés de l’histoire ancienne de la maréchalerie. 

La philologie a été invoquée comme donnant, sinon la preuve 
décisive, du moins un indice que le ferrage des chevaux est d’ori¬ 
gine germanique plutôt que gauloise 2 . 

En effet, nous appelons maréchal celui qui ferre les chevaux; 
percer le fer se dit étamper; l’instrument avec lequel on pare le pied 
du cheval avant d’y appliquer le fer est le boutoir : autant de mots 
dont il faut aller chercher la racine dans la langue des anciens Ger¬ 
mains. 

A ce compte, l’armure de nos anciens chevaliers serait aussi d’ori¬ 
gine germanique, car leur casque s’appelait heaume , leur cotte de 
mailles haubert , leur épée branc , l’aiguillon de leurs souliers éperon, 
la flamme de leur lance gon/imon, la bosse de leur bouclier boucle : 
toutes dénominations qui dérivent également de la langue des 
Germains. Cependant il n’y a pas une des choses quelles expriment 
qui n’ait été à l’usage des Gaulois, même du temps de leur indé¬ 
pendance. Comment cela a-t-il pu se faire? 

1 L. P. Cahier, Caractéristique des saints , t. I, p. a09; Forgeais, Plombs histo¬ 
riés trouvés dans la Seine, a* série, p. 1 5 a. 

1 Mémoires lus à la Sorbonne en 1866 (Archéologie) , vol. publié en 1867, p. 199. 


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— 269 — 


L cxplication est la meine dans les deux cas. 

Au ix® siècle, lorsque se forma la langue française, la cavalerie 
était composée des grands propriétaires de la Gaule, presque tous 
Francs d’origine. 11 est tout naturel que les termes pour désigner 
ce qui tenait à l’attirail du cavalier et de sa monture aient été em¬ 
pruntés à la langue des Francs. 

L’auteur anonyme de la vie de Louis le Débonnaire, qu’on dé¬ 
signe sous le nom de « l’Astronome limousin, r> raconte qu’à la fin 
de l’année 832, lorsque l’empereur se rendit en Aquitaine pour 
châtier son fils Pépin, révolté contre lui, une forte gelée étant 
survenue à la suite de pluies abondantes, l’âpreté du sol abima les 
pieds des chevaux au point qu’une partie de la cavalerie fut obligée 
de mettre pied à terre L Cela revient à dire que le plus grand 
nombre des chevaux de ce temps-là n’étaient point ferrés. 

Le P. Daniel a introduit dans son Histoire de France le fait 
rapporté par l’Astronome limousin, mais en y ajoutant une glose 
de sa façon. Répugnant à admettre que les chevaux de la cavalerie 
de Louis le Débonnaire n’étaient point ferrés, il imagina qu’ils 
l’étaient seulement pendant l’hiver, et que cette fois on n’avait pas 
pu procéder à l’opération à cause de l’hostilité du pays où l’on se 
trouvait. C’est ce qu’il exprime dans son récit 2 . 

Le P. Daniel ne cite jamais ses autorités, mais il jouit d’une ré¬ 
putation d’exactitude qui a entraîné Beckmann et d’autres critiques 
après lui 3 . On a cru de bonne foi que tout ce qu i] disait avait été 
tiré d'un auteur original, et l’opinion sortie de là est qu’au ix e siècle 
on ne ferrait les chevaux qu’en hiver. 

On saura maintenant que le ferrage au ix e siècle n’était pas plus 
d'hiver que d’été, et qu’à cette époque, de même que dans les 
siècles antérieurs, il ne fut encore pratiqué qu’exceptionnel- 
lement. 

Nous avons de plus la preuve indirecte que les chevaux auxquels 
on mit des fers, à l’époque carolingienne, n’en eurent qu’aux pieds 
de devant. 

1 «Asperrima hierais incubuit indementia, primo quidem plu via mm m un- 
dan lia, deinde humectalionem terræ glaciali rigore adstringente; quæ adeo noxia 
fuit, ut, subrulis pedibus equinis, rarus quisque foret qui veclione equorum ute- 
retur.n (Dans Duchesne, Histot'iæ Francorum scriptores , t. II, p. 309.) 

- Histoire de France , t. II, p. 267. 

* Mémoires de la Société des antiquaires de France , t. XXIX, p. 187. 


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— 270 — 

L’article ta, livre II, du Miroir saxon obligeait le juge, en cas 
d’appel, de déléguer des commissaires à l’effet de conduire les 
parties devant la justice supérieure. Des fournitures étaient dues 
à ces commissaires, entre autres des fers pour *les pieds de devant 
de leurs chevaux L* 

Cette loi fut écrite en un temps où l’on ferrait les chevaux des 
quatre pieds. Pourquoi le fisc ne faisait-il les frais que de deux fers 
sur quatre? Évidemment parce qu’on n’avait ferré que les pieds de 
devant à l’époque où s’était établie la coutume, et, comme il s’agit 
des Saxons, la coutume ne peut pas être reculée plus loin que le 
ix c siècle. 

Il faut donc en venir à cette conclusion dernière, que, malgré 
l’antiquité de son origine, la maréchalerie ne prit d’extension, 
même dans les pays qui l’avaient vue naître, qu’à l’époque où son 
introduction dans les armées de l’empire grec est constatée par des 
textes, c’est-à-dire au x e siècle. 

J. Quicubrat, 

Membre du Comilé. 


COMMUNICATION DE M. GRASSET AINE, RELATIVE À UN CADRAN SOLAIRE 
EN PLOMB APPARTENANT AU MUSEE DE LA VILLE DE VaRZY (NiÈVRe). 

M. Grasset, conservateur du musée de Varzy (Nièvre), adresse à 
la section le fac-similé d’un cadran solaire en plomb, horizontal, 
mesurant 5à centimètres de diamètre. 11 n’offre d’autre intérêt que 
l’inscription suivante tracée sur une bande qui pourtourne le bord 
extérieur du cadran : GutUermus Legrand presbiter cum Christo vivat 
feüciter. Amen. Bymai (mot incomplet et douteux) et sans nuUe pose 
fufaict. i5iù. Le segment dépourvu de lettres horaires est rempli 
par les attributs de la passion. Ce petit monument gnomonique était 
évidemment placé dans la cour de quelque habitation religieuse. 
C’est un don fait au musée de Varzy par un collectionneur, M. Fayet, 
qui s’en rendit acquéreur à Paris, dans une vente publique. Des 
recherches dirigées dans les archives de la Nièvre n’auraient donc 
aucune chance d’amener la découverte de l’emplacement qu’il oc- 

1 «Cuilibet equo quatuor manipuli infra diem et noctem erogenlur, et in anterio- 
ribus pedibus equi suflerrcnlur.» (Goldasl, Colleclio cimstitutionum et legum imperia- 
lium, 1 . 1 , pari. 9. ) 


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— 271 — 

cupait, ou de faire connaître le personnage, Guillaume ou Guille- 
min Legrand, qui le fil placer. 

Je propose le dépôt aux archives. 

Comte L. Clément de Ris, 

Membre du Comité. 


Lettre de M. le contre-amiral de Lapelin , accompagnée de photo¬ 
graphies DE QUELQUES INSCRIPTIONS GRAVEES SUR DOIS PROVENANT DE 

l’ile de Pâques . 

J'ai déjà rendu compte à la section d'une communication de M. le 
contre-amiral de Lapelin relative à des statues colossales en pierre 
trouvées dans l'ile de Pâques en 187 t. A la date du 5 juin 1873 , 
M. le Ministre de la marine a adressé à M. le Ministre de l’instruc¬ 
tion publique un second envoi de M. de Lapelin, concernant de 
nouveaux objets provenant également de l’ile de Pâques. 

Ce sont trois morceaux de bois en forme de palette oblongue, 
mesurant 99, 37 et ho centimètres de longueur, et chargés de dessins 
ou plutôt de caractères rudimentaires entaillés dans l’épaisseur du 
bois. Les deux faces de ces morceaux en sont couverts. L’amiral de 
Lapelin joint à sa communication manuscrite une photographie de 
chacune de ces faces, qui en permet une description exacte. 

Ce ne sont certainement pas des dessins décoratifs, de simples 
motifs d’ornements que j’ai sous les yeux. Leur disposition en lignes 
horizontales et régulières éloigne toute hypothèse de ce genre. On 
reconnaît facilement des figures d’hommes les bras et les jambes 
écartés, des figures de singes suspendus à des arbres, des oiseaux, 
des poissons, des tortues, des arcs débandés, séparées par des traits 
verticaux ou losangés. Nous sommes donc en présence de caractères 
graphiques qui représentent un objet rappelant un fait, de ceux 
que dans l’égyptologie on appelle spécialement hiéroglyphiques. Ces 
caractères n’oITrent aucune ressemblance ni avec ceux des monu¬ 
ments celtiques, ni avec lesrhunes Scandinaves, ni avec les hiéro¬ 
glyphes égyptiens, ni avec les figures que l’on trouve sur les monu¬ 
ments aztèques ou péruviens. D’après la note de M. l'amiral de 
Lapelin, « les indigènes de l’ile de Pâques donnent à celte écriture le 
nom de Timo-te-ako-ako . Son sens échappe à la majorité des liabi- 


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— 272 — 


tanls. Il s’est conservé dans quelques familles.» On a signalé à 
l’amiral un indigène, habitant actuellement Manga Riva (îles Gam- 
bier), rr comme pouvant en donner le sens ou tout au moins la clef. 
Le seul renseignement que j’aie pu obtenir, dit M. Lapetin, c’est 
que ces bois, dont quelques-uns sont assez récents , seraient des chants 
populaires et plus fréquemment des prières aux divinités du temps 
de leur paganisme.» 

Les questions soulevées par cette communication sont tellement 
vagues, tellement obscures, que la section approuvera, je l’espère, 
ma réserve. Peut-être jugera-t-elle convenable de la renvoyer à l’exa- 
ment de la section d’histoire et de philologie. 

En attendant, je me borne à demander le dépôt de ces photo¬ 
graphies dans nos archives, en exprimant le vœu que l’une d’elles 
soit reproduite par la gravure. La publicité donnée à cette reproduc¬ 
tion pourrait faire surgir des documents dont je serais le premier 
à profiter. 

Comte L. Clément de Ris, 

. Membre du Comité. 


Le diptyque c.oxsulaiiie de Saint-Junien au DiocèsB de Limoges. 

Communication de M. l'abbé Arbellot, correspondant. 

M. l’abbé Arbellot, curé-archiprêtre de Rochechouart, a adressé 
au Ministère de l’instruction publique une notice sur un diptyque 
consulaire dont on conservait jadis les deux feuilles dans l’ab¬ 
baye bénédictine de Saint-Junien, au diocèse de Limoges ( monas - 
terium Comodoliacense). L’auteur de cette dissertation, intitulée 
Diptyque de Flavius Félix , commence par rappeler qu’en 1807 
M. Roulhac de Rochebrune, membre du conseil général de la 
Haute-Vienne, ancien maire de Saint-Junien, envoya la première 
feuille de ce diptyque au Ministre de l’intérieur. Dans sa réponse à 
M. de Rochebrune, en date du 2 5 janvier 1808 , qui est sous les 
yeux de M. l’abbé Arbellot, le Ministre déclare s’être <r empressé de 
* faire remettre cet objetau Cabinet des antiques de la Ribliolhèque 
rr impériale, où il sera ajouté à la collection de diptyques que pos¬ 
sède cet établissement.» 

Après celte citation et après avoir constaté que la deuxième feuille 
du diptyque de Saint-Junien, perdue sans doute au moment de la 


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Révolution, n’a jamais été retrouvée, M. l’abbé Arbellot demande 
au Ministre ce qu’est devenu cet objet précieux et s’il est encore à 
la Bibliothèque nationale. Heureusement, il est facile de répondre 
à cette question. Déposée à la Bibliothèque impériale en t 8 o 8 , la 
première moitié du diptyque consulaire de Sainl-Junien a toujours 
été exposée, depuis cette époque, dans la salle publique du Cabinet 
des antiques, où, grâce à Dieu, on peut la voir encore aujour¬ 
d’hui. * 

Il est plus difficile de répondre à une autre question posée éga¬ 
lement par M. Arbellot : trQuel est ce Flavius Félix, patrice et con¬ 
sul??) M. le curé de Rocliechouart croit cependant cette question 
résolue, et qu’il n’y a qu’à suivre Mabillon, qui a publié le premier 
ce diptyque en 1706 et l’a attribué à un Flavius Félix, consul l’an 
5 11 , que l’on ne connaît que par l’inscription de son nom sur les 
Fastes. Mabillon est certainement une imposante autorité; cepen¬ 
dant l’illustre diplomatiste n’était pas assez archéologue pour que 
l’on puisse accepter sans examen ses opinions en matière d’antiquité 
figurée, surtout lorsqu’il s’est élevé des doutes sur leur exactitude. 
Or c’est le cas pour l’attribution du diptyque de Saint-Junien. A 
l’exception de Banduri et de Passeri, les érudits qui, depuis plus 
d’un siècle, ont parlé de ce monument, se sont accordés à le don¬ 
ner à un autre Flavius Félix qui fut consul près d’un siècle plus tôt, 
l’an ia 8 . Cependant M. l’abbé Arbellot n’a pas mentionné cette 
nouvelle attribution. 

En ce qui concerne cette question toujours si délicate de la date, 
indépendamment de Mabillon, le correspondant ne s’est préoccupé 
que de deux auteurs, aujourd’hui peu connus, M. Rougier-Châ- 
tenet et M. Allou, et ne discute ni Hagenbuch ni Gori, qui n’ont 
pas adopté l’opinion de Mabillon, ni les nombreux écrivains plus 
récents qui ont suivi ceux-ci, comme les auteurs du Trésor de nu¬ 
mismatique 1 et ceux des divers catalogues imprimés du Cabinet des 
médailles et antiques, ni M. Jules Labarte, l’auteur de Y Histoire des 
arts industriels , ni lant d’autres qu’il ne cite même pas. Ce silence 
doit sans doute s’expliquer par la rareté des livres d’archéologie à 
Rochechouart, et il y a lieu de regretter cette circonstance, car 
M. l’abbé Arbellot a montré souvent qu’il savait se servir de ceux 


1 Ccl ouvrage a été publié par Charles Lenormant, avec la collaboration de celui 
qui écrit ces lignes. 


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— 274 — 

qu'il a entre les mains; mais, tout en rendant la justice qui est due à 
son mérite, depuis longtemps apprécié par le Comité, il m’a semblé 
qu'il n’y avait pas lieu de proposer l'impression d'un travail sur un 
diptyque dans lequel n’est pas ^prononcé le nom de Gori, l'auteur 
du livre classique sur ces monuments. Je me contenterai donc de 
demander que des remercîments soient adressés à M. l'abbé Ar- 
bellot. En provoquant une enquête sur le précieux ivoire qu’il 
croyait perdu, M. le curé de Rochechouart n’a pas seulement 
donné un bon exemple, il a aussi démontré l’erreur dans laquelle 
étaient tombés, au commencement de ce siècle, les deux auteurs 
que nous venons de nommer. M. Rougier-Châtenet 1 et, après lui, 
M. Allou 2 ont conjecturé, dit M. l’abbé Arbellot, que le Fl. Félix 
du diptyque de Saint-Junien frétait le même qui, avec saint Rurice, 
depuis évêque de Limoges, assista dans son exil Fauste, évêque de 
Riez.» En quelques mots, M. l'abbé Arbellot a fait justice de cette 
conjecture; il lui a suffi de rappeler que <rce Félix, qui était pa- 
trice et préfet du prétoire, ne parvint jamais, dit Sirmond, à la di¬ 
gnité de consul.» C’est là une réfutation péremptoire, mais, comme 
il y a aussi de graves objections à reconnaître le Fl. Félix de l’an 5 11 
dans le Fl. Félix du diptyque de Saint-Junien, je ne puis me dis¬ 
penser de reprendre cette question, et je me félicite même de l’oc¬ 
casion qui m’est offerte de faire mieux connaître un des plus impor¬ 
tants monuments de l’établissement confié à ma garde, et peut-être 
d’apporter de nouveaux arguments à l’appui de l’attribution qui me 
paraît devoir être préférée à celle de Mabillon. 

I. 

On ne sait pas quand le diptyque de Fl. Félix fut apporté dans 
l’abbaye, puis collégiale de Saint-Junien de Limoges; on sait seu¬ 
lement qu’au xvii 0 siècle, ainsi que M. l’abbé Arbellot le dit dans 
sa notice, ce diptyque servait de couverture à une vie manuscrite 
de Rurice II, évêque de Limoges, que l’on y conservait dans les 
archives et qui avait été écrite en i46i par l’un des chanoines, 
nommé Jean Courtois. 

1 Statistique de la //aute-Ftimi0,parM.Rougicr-Cbâtenet, 1807 ; voy. p. t 5 o. Si 
Ton n’a pas les grands ouvrages d’archéologie à Rochechouart, on ne rencontre pas 
toujours non plus, même à Paris, tous les livres que l’on voudrait yHrouver, comme, 
par exemple, cet ouvrage de M. Rougier-Châtenet. Je l’ai vainement cherché. 

* Allou, Monuments de la Haut c~ Vienne, 1821, p. 33 p. 


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— 275 — 

Voici la description de cet ivoire prise pour ia première feuille 
sur l’original au Cabinet des médailles, et pour la seconde sur la 
planche de Mabillon : 

Première feuille, en haut, on lit en creux : 

FL FELICIS V*C-COM*AC.MAG. 

La suite des titres du consul se trouvait sur la seconde feuille : 

VTRQvMIL * P ATR * ET • COS * ORD. 

L’inscription complète doit être lue ainsi : Flavii Felicis , viri cia - 
rmimi, comitis ac magistri ulriusque militiœ , patricii et consulis ordinarii; 
c’est-à-dire : ( Présent) de Flavius Félix , clarissime , comte et maître des 
deux milices , patrice et consul ordinaire. 

Sur la première feuille, Fl. Félix est représenté dans une tribune 
ou loge, dont les rideaux ouverts sont retenus par des embrasses 
semblables à celles de nos fenêtres. Le consul a la tête nue, des 
moustaches et la barbe taillée en pointe. Son costume se compose 
dè la tunique de dessous sans ornements, de la tunique de dessus 
richement brodée, et de la trabea , ancienne robe prétexte; il a aux 
pieds les chaussures patriciennes. De la main gauche il tient le 
long sceptre consulaire, terminé par un globe supportant les bustes 
des deux empereurs régnants en Orient et en Occident. Sa main 
droite, posée sur son cœur, paraît exprimer les sentiments d’affec¬ 
tueux respect du consul envers les dignitaires auxquels étaient en¬ 
voyés les diptyques. 

Sur la deuxième feuille, aujourd’hui perdue, le consul est, 
comme sur la première, debout dans une loge, mais avec un cos¬ 
tume moins compliqué. Sur le dessin de Mabillon, on ne distingue 
qu’un long manteau. 

Je rapprocherai du diptyque de Saint-Junien le diptyque anépi- 
graphe de Novare 1 . Ainsi que le premier, ce diptyque montre sur ses 
deux feuilles un consul debout dans sa loge aux rideaux entrouverts, 
et à peu près dans la même attitude, tenant également un volumen. 
Les costumes de ces personnages sont semblables. Il y a cependant 
quelques différences entre les deux monuments, et il faut observer 
que le diptyque de Novare paraît d’un meilleur travail que celui de 
Saint-Junien. La loge du consul, dont nous ignorerons sans doute 


1 Anl. Fr. (jori, Thésaurus fliptychnrum veternm , l. H, p. i 83 , pi. IV. 


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— 27 G — 

toujours le nom, est plus ornée que celle de Fl. Félix et se termine 
élégamment par une sorte de dôme. Il est regrettable que le dip¬ 
tyque de Novare n’ait pas d’inscription, car, si nous connaissions sa 
date avec certitude, il serait plus facile de fixer celle du diptyque de 
Saint-Junien, qui est de la même époque. 

C’est dans les Annales de l’ordre de Saint-Benoît que Mabillon fil 
connaître le diptyque de Saint-Junien 1 ; l’illustre bénédictin, qui ne 
parla quincidemment de ce monument, l’attribua, mais non sans 
dissimuler son hésitation, à un Flavius Félix, consul, l’an 5n de 
notre ère, pour l’Occident, avec Secundinus, consul pour l’Orient. 

Quelques années plus tard, Banduri publia de nouveau notre 
diptyque dans ses Antiquités de l’empire d’Orient 2 , et adopta, sans 
la discuter, l’attribution de Mabillon ; mais d’autres savants furent 
moins dociles. Hagenbucb, le premier, je crois, proposa, en 1767 , 
de reconnaître sur ce diptyque un consul nommé également Flavius 
Félix 3 , dont la magistrature remonte à l’an 428 ; et depuis la pu¬ 
blication du Trésor des diptyques de Gori, qui adopta cette manière 
de voir 4 , malgré les réserves émises à ce sujet par Passeri 5 dans la 
préface de ce grand ouvrage, qui ne vit le jour qu’en 1769 par ses 
soins après la mort de l’auteur, on a généralement abandonné la 
vieille attribution. On peut consulter à ce sujet le Trésor de numis¬ 
matique et de glyptique G , la notice du Cabinet des médailles et an¬ 
tiques par Marion du Mersan 7 , une dissertation de M. Costanzo 
Gazzcra 8 , un Essai sur les ivoires antiques écrit en anglais par un 

1 «Alterum diptychon Comodoliacense exhibet duplicem Fiavii Felicis consulis 
eiiigiem, forte ejus qui cum Secundino consulalum geasit anno du, idemque 
cornes ac magister utriusque miiiliæ, palricius et consul ordinarius, ut inscriptio 
refert. His obiler cxposilis, rerum nostrarum seriem persequor.’» (Voyez Annales 
ordmis Sancli Benedicli, t. III, lib. XXXVII, p. ao 3 .) Le mot alterum est motivé par 
la mention du diptyque de Compiègne qui précède celle du diptyque de Saint-Junien. 

* Banduri, Antiquilates imperii Orienùs, t. II, p. /199, édit, de Paris, 1711. 

3 Hagenbucb, Epistolœ epigraphicœ; voy. t. I, p. 396. 

4 Gori, 1. 1 , p. 1 39. 

5 Passeri, préface du Thés. vet. diptych. de Gori, 1. 1 , p. xvn. 

6 Voyez Recueil gâterai de bas-reliefs et d’ornements , a e partie, p. 6; pl. XII. 
(Année 1839.) 

7 Marion du Mersan, Histoire du Cabinet des médailles antiques et pteires gra¬ 
vées... avec une description des objets déposés dan» cet établissement , Paris, 1 838 ; 
voyez p. 18. 

8 Dans un mémoire consacré à un autre diptyque, celui d’Aoste, M. Gazzera 
parle incidemment de celui de Saiut-Junicn. Ce travail sera cite plus loin. 


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— 277 — 


savant hongrois, M. F. Pulszky \ le catalogue du Cabinet des mé¬ 
dailles publié en i858 2 , la description sommaire des monuments 
exposés dans le département des médailles à la Bibliothèque na¬ 
tionale, publiée en 1867 3 , et d autres ouvrages dont il sera question 
plus loin. 

Aujourd'hui, après une nouvelle étude, je crois, comme parle 
passé, qu'il y a de bonnes raisons pour placer la fabrication du dip¬ 
tyque de Sainl-Junien à une époque plus reculée que celle qui lui 
a été assignée dubitativement par Mabillon, puis par Banduri et 
Passeri, et enfin par M. l'abbé Ârbellot; «nais, avant de discuter 
celte attribution, il faut avertir qu'on ne doit pas supposer avec 
divers auteurs, et notamment avec ceux du Trésor de numismatique , 
que l'illustre bénédictin ait confondu un Félix Gallus, consul l'an 
5n, avec un Flavius Félix, consul l'an Z 128 . Il est vrai que, dans 
plusieurs anciens catalogues des consuls, on trouve à l'année 5 i 1 
Secundinus, consul pour l’Orient, et Félix Gallus, consul pour 
l’Occident 4 ; mais c’était par suite d'une erreur, et Mabillon ne l'igno¬ 
rait pas, bien qu’il n’ait pas indiqué l’autorité sur laquelle il s’ap¬ 
puyait pour ne pas suivre cette leçon. Ce ne serait en tout cas 
qu’une simple inadvertance, mais il ne l'a pas faite, et, pour le dis¬ 
culper complètement de cette accusation, il suffit d'ouvrir la liste 
rectifiée et amplifiée des consuls de Borghesi : là, à l'année &â 8 , 
on trouve les consuls Fl. Conslantius Félix et FL Taurus, puis, à 
l’année 5 11 , on trouve un consul, et ce consul a pour collègue 
Fl. Félix , et non pas Fl. Gallus Secundianus et non Secundinus. Ceci 
suffit à la justification de Mabillon, car, en attendant la publication 
des commentaires de la liste dressée par Borghesi, on peut s'en 
rapporter sur ce point à la sagacité et à l’érudition de ce savant, 
pour ne pas parler de l’autorité que chacun reconnaît à celui qui 
a bien voulu se charger de publier les oeuvres complètes du célèbre 


1 Francis Pulszky, Catalogue of the Fejérvary ivories in the muséum of J. Mayer, 
esq ., etc., preceded by an Essay on antique ivories. Liverpool, 1 856 ; voy. p. 6. 

1 Chabouillet, Catalogue général et raisonné des camées . et autres monuments 

exposés dans le Cabinet des médailles et antiques à la Bibliothèque impériale; voy. 
p. 559, n° 3 a 6 a. 

3 Description sommaire des monuments exposés dans le département des médailles et 
antiques à la Bibliothèque impériale , publiée en 1867 ; voy. p. 109, n° hbkh. 

4 Dans la seconde édition des Fastes d’Almeloveen, publiée h Amsterdam en 17/10, 
h Tannée 5 t 1, on lit encore : Secundinus. Orient. Félix Gallus. Occid. 

Rrî. drs Soc. sav. ;V série, t. VI. 19 


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— *J 78 


t'^i^ruphisli» italien et qui a lui-méme adopte cette modification *. Il 
est donc entendu qu’il y eut deux consuls du nom de Flavius Félix; 
ce qui reste en question, c’est-de savoir pour lequel des deux a été 
fabriqué le diptyque de Saint-Junien. Je le répété, j’incline à croire 
qu’il faut reconnaître sur ce monument le plus ancien de ces deux 
personnages, non-seulement par dés motifs tirés de l’appréciation 
de sa fabrique, mais aussi en raison de notions que l’histoire consul¬ 
tée avec plus d’attention va nous fournir sur le consul de l’an 4q8, 
tandis que jusqu’à présent on ne sait de celui de l’an 5 11 que 
l’inscription de son nom sur les Fastes. Si l’on s’en rapportait aux 
assertions de divers auteurs,comme, par exemple, de ceux du Trésor 
de numismatique et du Catalogue du Cabinet des médailles publié en 
1858, le consul de l’an /m8 ne nous serait pas plus connu; on 
verra qu’il n’en est pas ainsi. Mais, avant de le démontrer, nous 
chercherons à établir pourquoi, a ^mori , el simplement au point 
de vue archéologique, il nous semble qu’il faut faire remonter notre 
diptyque jusqu’au commencement du v e siècle. 

Mabillon, disculpé du péché d'inadvertance, n’a pas à être dé¬ 
fendu de n’avoir pas discuté l’attribution entre les deux Fl. Félix 
au point de vue proprement archéologique. La critique de l’an¬ 
tiquité figurée était à peine née lorsqu'il écrivit ses Annales de Tordre 
de Saint-Benoît; lui-même était plutôt historien et diplomatiste 
qu’antiquaire, et, en cette occurrence, au lieu de le critiquer, à 
supposer que nous soyons dans le vrai, il faut le remercier de nous 
avoir fait connaître le diptyque de Saint-Junien alors qu’il était 
entier; sans le soin qu’il prit de le faire dessiner et d’en orner ses 
Annales de Tordre de Saint-Benoît , il est probable que nous n’en au¬ 
rions pas connu la deuxième feuille, ou nous venons de lire le 
complément des titres de Flavius Félix. Au contraire, a notre 
époque, on a fait de grands progrès dans la science délicate de la 
classification des monuments par époques; aussi, en ce qui con¬ 
cerne la fixation de la date du diptyque de Saint-Junien, suis-je 
presque assuré de ne pas m’égarer, surtout si l’on songe à la bonne 

1 Le catalogue des consuls, dressé par Borghesi, sur lequel je m'appuie, n'a pas 
encore été livré au public. M. Léon Renier, l'éditeur des œuvres complètes de l’épi— 
graphiste italien, l'a fait imprimer, il y a dix ou douze ans, sans commentaires, et 
uniquement pour faciliter son travail et celui des collaborateurs de cette grande en¬ 
treprise, qui, comme on le sait, sont répandus dans les divers centres scientifiques 
de l’Europe. 


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— 279 — 


et nombreuse compagnie qui me précède. L'intervalle de près d’un 
siècle qui sépare les consulats de 4a8 et de 5i 1 est tellement con¬ 
sidérable, qu’on peut, sans trop de témérité, dire avec les auteurs 
du Trésor de numismatique qu’il n’est pas probable que le diptyque 
de Saint-Junien soit du même temps que celui de Dijon ou d’Aréo- 
bindus, qui date de l’an 5o6 L Le dernier de ces diptyques est très- 
richement orné, le consul y est désigné par tous ses noms, qui sont 
nombreux, comme il était d’usage à cette époque; au contraire, 
l’ornementation du diptyque de Saiut-Junien est d’une grande so¬ 
briété, le dessin en est sévère. Ce sont là des indices d’antiquité 
relative qui ne trompent guère. Il y en a d’autres encore, par exemple 
le petit nombre des noms du consul, et surtout l’omission de son 
gentilicium , que nous ferons connaître plus loin; en effet, non-seule¬ 
ment la décoration des diptyques fut plus simple à l’origine que 
dans les bas temps, mais, dans le principe, les inscriptions furent 
généralement très-brèves. Les longues énumérations de noms, de¬ 
venus avec le temps de plus en plus nombreux, étaient inutiles au 
moment où le consul envoyait les diptyques aux sénateurs; aussi, 
d’abord, se contentait-on d’y inscrire les noms sous lesquels il était 
désigné d’ordinaire, parfois même un seul, comme sur le diptyque 
d’Aoste, dont nous aurons à parler; mais, comme il arrive habi¬ 
tuellement, on se relâcha bientôt de celle simplicité, et, en 5i3, 
ou inscrivait quatre ou peut-être cinq noms sur le diptyque de 
FL Taurus Clementinus Armonius Clementinus 2 , et nous en lisons six* 
et même sept sur deux autres des années 517 et 5 18 , ainsi qu’on 
le verra tout à l’heure. 

J’espère que ces considérations, empruntées à l’étude des dip¬ 
tyques en général, et qui sont surtout de l’ordre archéologique, 
feront pencher la balance en faveur de l’antiquité relative que je 
crois pouvoir attribuer au diptyque de Saint-Junien, avec beaucoup 
de bons esprits. Mais ce ne sont pas les seules qu’il y ait à 
faire valoir. Il y a encore les arguments de l’ordre historique. Le 
Flavius Félix, consul l’an 5 1 1, n’est connu jusqu’à présent que 
par l’inscriptjon de son nom dans les Fastes : qui peut nous assurer 

‘ «Au reste, cet intervalle ( 5 s ans) avait suffi pour faire subir à l’art une révo¬ 
lution assez sensible pour qu’il fût facile à un œil quelque peu exercé de reconnaître 
que le diptyque de Dijon était postérieur à celui de Sainl-Junien.* (Voy. Trénor de 
numixma tique. Recueil général de box-relief *, etc. II* partie, p. 6, col. 1.) 

1 Voyez Gori, I. I, p. eey, pl. IX et X, et Pulszky, ouvrage cité, p. fa. 

»y* 


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— :280 — 

que, comme celui de Tan A 28 , il ait été revêtu des dignités de 
comte, de maître des deux milices et de patrice? Il y a, au con¬ 
traire, des raisons de croire que le consul qui est inscrit l’an 698 
dans les Fastes avec les seuls noms de Flavius Félix est un Flavius 
Constantius Félix , qui, on va le voir, fut certainement revêtu de ce s 
dignités. Je l'ai déjà dit, on a cru que le consul de l’an 628 était 
inconnu comme tant d’autres; ainsi, on lit dans le Trésor denitmis- 
matique : « L’histoire ne fait que nommer ce consul à son rang chro¬ 
nologique; il paraît avoir dû son élévation à la noblesse de la famille 
Flavia, à laquelle il appartenait 1 .j> Mais, très-probablement, il y a 
là deux erreurs. D’abord Flavius n’est pas ici un gentilicium , mais 
un nom honorifique devenu commun à la plupart des grands per¬ 
sonnages de l’empire, et qui reparaît à chaque instant dans les 
Fastes depuis le règne de Constance Chlore qui le porta sur ses 
monnaies 2 , et qu’on trouve aussi sur celles de la plupart des mem¬ 
bres de sa famille 3 . Quant aux motifs de l’élévation de Fl. Félix 
au consulat, les auteurs du Trésor de numismatique peuvent avoir 
rencontré juste en l’attribuant à sa haute naissance, bien qu’ils 
aient ignoré que le consul de l’an k 28 se nommait Constantius, 
gentilicium qui permet de lui supposer soit une parenté véritable, 
soit une parenté d’adoption avec la famille de Constantin. Je n’in¬ 
siste pas sur cette hypothèse, attendu que ce que nous avons 
à ajouter à ce que l’on sait de ce personnage par le diptyque de 
Saint-Junien se borne à une inscription et à deux brèves mentions 
d’une chronique, qui, à la vérité, nous font connaître ses noms au 
complet, la date et la cause de sa mort, ainsi que le nom de sa 
femme, mais ne nous apprennent rien sur sa naissance. 

1 Voy. Recueil général de bas-reliefs, déjà cité, p. 6, col. a. — On lit également 
dans le Catal. du Cab. des méd. de i 858 : «Le consul Fl. Félix n’est connu que par 
l’inscription de son nom dans les Fastes, n (Voy. n° 3 a 6 a, p. 56 o.) 

3 Ce nom venait de sa descendance vraie ou prétendue de Claude le Gothique, que 
Trebellius Pollio (in Claudio ,^11) nomme Flavius Claudius , mais qui iui-méme ne 
reçoit ce nom ni sur ses nombreuses monnaies, ni sur ses rares inscriptions. 

3 Hier encore on pouvait s’étonner de ne lire les sigles Fl. sur aucune des mon¬ 
naies de Constantin le Grand, tandis qu’on les voit sur plusieurs inscriptions de ce 
prince. Aujourd’hui on peut encore dire qu’on ne les inscrivit pas ordinairement sur 
ses monnaies, mais je viens de les lire sur un aureus inédit, frappé à Trêves, qui 
a été trouvé en 1873 en Bretagne, et dont voici la description : FL. CL. CONS- 
TANTINVS AVG. Buste à droite de Constantin 1 M , avec la couronne diadémée 
et laurée, et le paludamentnm. — Revers : SECVRITAS REIPVBLICAE. La Sé¬ 
curité se reposant sur.une demi-colonne. A l’exergue TR. (Trercris). 


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— 281 — 

On lisait jadis à Rome, dans l'abside de la basilique de Saint- 
Jean de Latrau, l’inscription suivante : 

AVLA DEI HAEC SIMILIS SYNAI SACRA IVRA FERENTI, 

VT LEX DÈMONSTRAT HIC QVAE FVIT EDITA QVONDAM. 

LEX HINC EXIVIT MENTES QVAE DVCIT AB IMIS 
ET VVLGATA DEDIT LVMEN PER CLIMATA SECLI. 

FLAVIVS CONSTANTIVS FELIX V. C. MAGISTER 

VTRIVSQVE MILITIAE PATRICIVS ET CON. ORD. 

ET PADVSIA El VS 1 NL. FOEMINA VOTI COMPOTES 
DE PROPRIO FECERVNT. 

C’est Onuphrius Panvinius qui parait avoir le premier fait con¬ 
naître ce texte important, dans son curieux petit livre sur les basi¬ 
liques de Rome, publié en 1670 . On le trouvera dans le chapitre 
de la quatrième sacro-sainte basilique de Saint-Sauveur, alias de 
Saint-Jean de Latran l ; depuis, on l’a publié souvent, presque 
toujours avec des inexactitudes, et souvent, comme dans les recueils 
de Gruter 2 et de Muralori 3 , avec la fâcheuse suppression des 
quatre vers qui précèdent l’énoncé des noms et titres de Flavius 
Félix. 

Les libéralités de Fl. Constantius Félix et de Padusia sa femme, 
auxquelles font allusion l’inscription qu’on vient de lire et d’autres 
qu’il est inutile de citer ici, sont la décoration, en ouvrages de mo¬ 
saïque , de l’abside de Saint-Jean de Latran, peut-être même la cons¬ 
truction de cette partie du célèbre édifice, et enfin le don d’un 
trône pontifical qu’on y voyait jadis, et sur lequel elle était gravée, 
si l’on s’en rapporte à la note qui l’accompagne dans les trans¬ 
criptions manuscrites de Marini reproduites dans le recueil d’An- 
gelo Maï 4 . J’ai préféré la copie de Marini à celle de Panvinius, qui, 

1 Panvinius, Deprœcipuis basilicis urbi» Romœ, in-8°, 1070; voy. p. 109. 

* Gruter, p. mlxxvi, 2 ( Ronue, in Laterano. — Ex pergamenis antiquis illns- 
iri» biblioihecœ Ehctoralis Paîatinœ. Gruterus.) On sait que la bibliothèque Palatine 
est depuis longtemps au Vatican. Dans la transcription de Gruter, le mot Cons- 
lanlius est omis. 

3 Muralori, p. cdui. h . 

4 Voy. Scriptorum veterum nova collectio e Vaticanis codicibus édita ab Angola 
Maio, lib. Vatic,prœf 0 , t. V, p. 82, et Adnolaliones, p. /iG 3 . Après avoir reproduit, 
page 81, plusieurs autres inscriptions qui se trouvaient, selon Marini, à Rome, in 
abside S. J0bannis in Ijaterano musivo opeie , à la page 82 l'illustre cardinal donne, 
sous la rubrique Ibidem in ihroiw , In loxlo que je viens de reproduire. 


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malgré toute la graliludc que nous lui devons, ne mérite pas la 
même confiance que l'illustre auteur des Atti e monumenti de’fratelli 
Arvali. Un exemple suffira à justifier ma préférence. Selon Pan- 
vinius, que d'autres ont suivi, notamment Murateri, le consul 
Fl. Félix n'aurait pas eu seulement le getitilicium CoysTAynvs , omis 
dans les anciens fastes, comme il arrive souvent, mais que lui donnent 
ceux de Borghesi et de M. L. Kenier; il aurait eu en outre Victor 
pour second surnom; or ce surnom est né visiblement d’une vicieuse 
interprétation des sigles V. C. qui signifient viri clarissimi. D’ail¬ 
leurs, quoi qu’il en soit de cette variante et d'une autre inutile 
à signaler parce qu’elle n'importe pas à l’identification qui nous 
occupe, il est une chose certaine, c’est que le Flavius Constantius 
Félix de l'inscription de Saint-Jean de Lalran fut consul l’an 4 28 , 
et n'est pas, comme font cru Panvinius 1 et Ciampini 2 , le patricc 
Constantius qui fut consul en /117 pour la deuxième fois, empereur 
en 421, et que nous nommons Constance III. Pour arriver à cette 
identification, Panvinius et Ciampini sont obligés de supposer que 
le patrice Constantius aurait épousé Padusia (inlustrisfemina) avant 
Placidia, fille de Thédose I", que l’histoire nomme seule comme 
sa femme, et qui lui donna deux enfants, Honoria et Valentinien III; 
mais cette supposition gratuite tombe devant le simple énoncé de 
deux dates certaines, à savoir que Constance III mourut à Ravenne 
en 42 1 , tandis que Fl. Constantius Félix, le mari de Padusia, 
mourut en 43o. Cette date importante nous est révélée par la 
Chronique de Prosper d’Aquitaine, qui, en mentionnant la fin tra¬ 
gique d’un patrice qu’il ne nomme que Félix, mais qu’il dit être le 
mari de Padusia , ne permet pas de douter qu’il n'ait eu en vue le 
FL Constantius Félix de l'inscription de Saint-Jean de Latran. 

Arrivé à l’année 43*e, le chroniqueur s’exprime ainsi: irAétius 
fit tuer Félix avec sa femme Padusia et Granilus diacre, parce qu’il 
les soupçonnait de lui avoir préparé des embûches 3 .» Or, comme 
quelques lignes plus haut, à l’année 429 , le chroniqueur parle d’un 
Félix patrice, il est impossible de ne pas voir un seul et même per¬ 
sonnage dans le Fl. Constantius Félix de l'inscription de Saint-Jean 

1 Luc. cil. 

- De sacris œdijicnx a ConxtaiUmo magno conslruclt» synopsis lii*torica; voy. p. i 5 
el 16. 

5 «Aelius Felicem cum uxore Padusia el Granilum diacotium, quuni cos sibi in- 
sidiari præscnsissel, inlercinit.» ( Chronic . Prosperi Aquit. tthiio l) 3 o.) 


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de La Ira il el dans le Félix de la chronique de Prosper d’Aquilaine. 
C’est ace Flavius Constanlius Félix que je crois devoir attribuer le 
diptyque de Saint Junieu, en dépit d une ditlieullé sur laquelle je dois 
m’expliquer. Si l’on s’en rapportait aveuglément au texte de Prosper 
d’Aquitaine, on ne pourrait pas attribuer notre diptyque à Fl. Cons- 
lautius Félix, aticndu que, d’après une première mention par le 
chroniqueur du Félix tué par Aétius, ce Félix n’aurait été fait pa- 
triee qu’en 499 l . ,ie pourrait donc attribuer notre diptyque à 
uu consul de l’an A 28 qualifié de palrice sur ce monument; mais 
n’est-il pas évident qui! y a là soit uue erreur du chroniqueur, 
soit une faute matérielle de copiste. Quant à moi, avec Hagenbuch, 
qui a remarqué cette différence et qui 11 ’en n’a pas non plus été 
ébranlé dans sa croyance à l’identité du FL Comtantius Félix , tué en 
43o, avec le consul Fl. Félix du diptyque de Saint-Junien, je crois 
que les coïncidences que nous venons de signaler satisfont aux exi¬ 
gences de la critique la plus sévère. 

En effet, à l’exception du litre de comte omis dans les transcrip¬ 
tions de l’inscription de Saint-Jean de Latran, nous retrouvons 
dans ce texte tous les titres donnés au consul FL Félix sur notre 
diptyque. C’est donc, selon toute vraisemblance, du meme per¬ 
sonnage qu’il est question dans ces deux monuments et dans la 
chronique de Prosper d’Aquitaine. Si je 11 e l’alHrme pas, c’est uni¬ 
quement parce qu’une partie de ma démonstration repose sur l’ap¬ 
préciation du style du monument, et que l’on peut 11 e pas partager 
ma manière de voir à cet égard; mais, soutenu par l’assentiment de 
la plupart de ceux qui ont parlé de ce diptyque depuis Mabillon, 
j’ai cependant quelque espoir de la voir adopter. Il est, en effet, 
difficile de supposer que le consul Fl. Félix de l’an 5n, absolu¬ 
ment inconuu jusqu’à présent, ait eu précisément les titres que 
nous voyous à celui de l’an A 28 sur le diptyque et dans l’inscrip¬ 
tion de Saint-Jean de Latran. 

Ainsi, nous possédons maintenant d’importantes notions sur ce 
consul Fl. Félix de l’an 428, que l’on croyait entièrement oublié 
par l’histoire. Nous savons qu’il fut assez riche pour avoir pu em¬ 
bellir de scs deniers la mère des églises de la ville el du monde, 
urbis et orbis, qu’il joua un rôle assez considérable pour avoir fait 

1 O11 lit en efl'cl dans Prosper d’Aquitaine, à l'année 'lüq: * Indice ;h! |wlricimn 
dif'iiita (cm jmoyihIo, Aeliiis inagislcr mililum Indus rsl." 


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— — 

ombrage au puissant Aétius lui-même, qui te fit mourir avec sa 
femme nommée Padusia, et que la fin tragique des deux époux eut 
lieu en 43 o, deux ans après la date de notre diptyque. 

J’arrive au diptyque d’Aoste, dont j’ai annoncé que je parlerais 
dans ce travail. La publication de ce monument a précédé celle du 
diptyque de Sainl-Junien par le Trésor de numismatique , sa description 
dans le catalogue du cabinet des médailles et antiques de 18&8, et 
aussi la liste des diptyques consulaires connus en 1866, donnée dans 
Y Essai sur les ivoires de M. Pulszky, et cependant les auteurs de 
ces divers ouvrages ont ignoré son existence. U y a donc utilité à le 
Caire connaître des archéologues qui, surtout dans les départements, 
n T ont pas entre les mains les livres où il a été expliqué et figuré. 
D’ailleurs, la description de ce précieux monument, qui, il y a déjà 
plus de trente ans, est venu enlever au diptyque de Saint-Junien la 
priorité de date dans laquelle il s'était maintenu parmi les diptyques 
consulaires depuis Gori, ne peut que corroborer l’opinion que 
nous cherchons à faire prévaloir. 

C’est à Aoste, dans une vieille sacristie de la cathédrale aban¬ 
donnée depuis longtemps, qu’en i 833 on découvrit ce précieux mo¬ 
nument. L’année suivante, le professeur Costanzo Gazzera le publia 
avec une planche de la grandeur de l’original dans les Mémoires de 
l’Académie de Turin mais ce ne fut qu’en 1860 qu’il le fut de 
nouveau dans un ouvrage français, plus accessible que le savant et 
volumineux recueil italien : je veux parler du beau livre intitulé La 
Vallée d'Aoste y que l’on doit à M. Édouard Aubert, membre de la 
Société des antiquaires de France, qui en a écrit le texte et exécuté 
les dessins 2 . 

Le diptyque d’Aoste a été consacré à l’empereur d*Occident Ho- 
norius par Anicius Petronius Probus, fils de Probus, petit-fils de 
Probus, consul, en l’an A06, avec l’empereur d’Orient Arcadius; 
au lieu de l’effigie du consul, on y voit, répétée sur les deux faces 
intérieures, celle de l’empereur lui-même, figuré debout. Sur les 
deux faces, Honorius est représenté en habit militaire, mais nimbé 


1 Memorie délia reale Accademia dt Torino , année 1 83 - 6 , 1 . XXXVIII, publié en 
i 835 . Voyez, p. a 3 5 , Dichiarazione di un ditlico coneolare tnedilo delle chiesa colle- 
drale délia città di Aosta. 

* Voy. Éd. Aubert, La Vallée d’Aoste , p. atè, Paris, 18G0, in-/i°. Malgré les di¬ 
mensions réduites de la gravure, le caractère et le style sont peut-être plus fidèlement 
rendus que sur la grande planche des Mémoires de l'Academie de Turin. 


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— 285 — 

et la couronne en tête. Sur la première face, il tient de la main 
gauche une lance et s'appuie de la droite sur uu bouclier. Sur la 
deuxième face, il tient de la main droite le labarum sur lequel 
on lit : 

IN NOMINE 
XPI VINCAS 
SEMPER. 

Au lieu de se terminer par un fer acéré, la hampe du labarum est 
surmontée d’un chrisme inscrit dans un cercle. De la main gauche, 
l’empereur tient un globe surmonté d’une statue de la Victoire qui 
lui présente une couronne. Au-dessus de la tête du prince, on lit 
sur les deux faces : 

D. N. HONORIO. SEMPER. AVG. 

Enfin, aux pieds de l’empereur, toujours sur les deux faces, on lit: 

PROBVS FAMVLVS V. C. CONS. ORD. 

Ainsi que l’a fait remarquer M. Gazzera, Famtdus n’est pas un 
des noms du consul Probus. Ce mot indique le respect du consul 
pour l’empereur. 

L’antiquité de ce diptyque consulaire, le premier de ceux de cette 
classe par la date, n’est pas son seul mérite; c’est l’un des mieux 
exécutés et des mieux conservés que l’on connaisse. Cependant il 
n’a pas gardé de traces de ces dorures non plus que de cette cou¬ 
leur rouge mentionnées par Claudien dont les vers sont rappelés 
dans le travail de M. l’abbé Arbellot. 

En attribuant le premier rang par la date au diptyque d’Aoste, 
qui ne remonte qu’à l’an 4 o 6 de notre ère, je n’oublie pas que, 
suivant plusieurs écrits récents, il existerait trois de ces curieux 
monuments qui le précéderaient, l’un de plus d’un siècle et demi, 
un autre de plus d’un siècle, et le troisième de près d’un siècle. Si 
je n’ai pas tenu compte de ces diptyques, c’est à dessein, attendu que 
l’attribution des deux plus anciens me parait plus que douteuse, et 
que je ne suis pas sans inquiétude sur l’authenticité du plus récent. 

1 Claudien, De laudibut Stiliconis, lib. III, y. 345 à 34 g : 

Tum virides pardos, et caetera colligit Austri 
Prodigia, immanesque simul Lolonia dentés, 

Qui serti ferro in tabulas, nu roque micantes, 

Inscripti rutilum cælato consutc nomen, 

Per proceres et vtdgus cant : — 


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(l’est M. F. Pulszky, dans son essai sur les anciens ivoires, qui a 
le premier proposé de fixer Page de deux de ces diptyques, d’ail¬ 
leurs connus depuis longtemps, l’un à l’année a48 de notre ère, 
l’autre à l’année 3o3; du moins, à ma connaissance, M. F. Pulszky 
est le premier qui ait motivé cette attribution l ; mais je la trouve 
mentionnée, il est vrai avec quelque hésitation, dans la seconde 
édition d'un catalogue de spécimens d’anciennes sculptures en ivoire, 
dû à M. Ed. Oldfield, du British Muséum, inséré dans une publi¬ 
cation qui date de 1 856 2 , ainsi que l’ouvrage du savant hongrois. 
Quant au troisième de ces diptyques, qui serait de l’an 3sa, mais 
ne parait pas avoir encore été reproduit, je le trouve signalé pour 
la première fois en i864, par M. J. Labarte, daus la première 
édition de son savant ouvrage sur les arts industriels au moyen 
âge 3 , et plus récemment dans la liste des diptyques consulaires 
donnée par M. W. Maskell, dans la préface de sa description des 
auciens ivoires du South Kensington Muséum 4 . 

Le diptyque attribué à l’année 2 48 par M. Pulszky n'est autre 
que la moitié de diptyque sans légende que Millin vit à Mâcon (et 
non à Dijon) en i8o4, dans la collection de M. de Boujoux fils, et 


1 Voy. Catalogue of the Fejàrvâry ivorics, etc., p. 16 et suiv. 

a Voy. p. du catalogue de M. Oldfield, dans ta publication intitulée: Notices 
of sculpture in ivory conrisling of a lecture on the hisloi'y... of the art, deUvered at 
the frst aimual g al meeting of the Arundel Society, on the 2g ,h junc 1 855 , by M. Digby 
Wyatt, etc., and a catalogue of specimens of ancienl ivory-carvings in varions collec¬ 
tions, etc., par Edm. Oldfied, etc. London. Celte publication est de i 856 , c’est 
à-dire de l’année qui vit paraître VEssai de M. F. Pulszky; mais, le catalogue de 
M. Oldfield étant précédé d’une préface dont le titre rappelle une précédente édi¬ 
tion : Préfacé to the original édition of the catalogue, je ne sais quel est le véritable 
auteur de l’attribution que je crois devoir combattre, attendu que je n’ai pu consul¬ 
ter cette première édition. 

3 Voy. 1. 1 , p. 198 de Y Histoire des arts industriels au moyen âge, par Jules La- 
barle, Paris, i86à. Le savant académicien public en ce moment une seconde édition 
de ce magnifique ouvrage. 

4 Voy. A description of the ivorics ancient and mediœval in the South Kensington 
Muséum, wilh a préfacé by W. Mashell , etc ., Londres, 1873. M. Maskell nous ap¬ 
prend qu’il s’est servi, pour dresser celte liste, non-seulement des ancieus ouvrages 
où il est question de diptyques, de l’Essai sur les anciens ivoires de M. Pulszky où 
il s’en trouve également une, mais encore d’une liste donnée par lui comme la plus 
complète de toutes, et qui figure daus un mémoire lu par M. le professeur Wcsl- 
wood devant la Société d’archilecture d’Oxford. Ce mémoire a été publié dans les 
Proceedings de cette Société, Trinily tenu, i 8(>*2, p. 11*7. Je n'ai pu me procurer 
ce recueil. 


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— 287 — 


que le conservateur du Cabiuet des médailles et antiques publia 
en 1807 l . Mon prédécesseur se garda de fixer une date à ce mo¬ 
nument, où il reconnut un consul assistant daus sa loge aux jeux 
du Cirque, entre deux personnages, peut-être ses parents, et rrdont 
l’un, qui est imberbe, pourrait être le (iis de l’autre, qui parait 
d’un âge avancé. 

Plus hardi, M. Pulszky vit dans ces deux personnages barbus 
l’empereur Philippe l’Arabe en compagnie du ilamine de Rome et 
des Augustes, ou peut-être du prêtre du Soleil, et dans le jeune 
homme imberbe le fils de Philippe, qui fut empereur et consul 
avec son père en 2/17 et en 2Z18. Cette attribution, fondée d’abord 
sur la conviction où était son auteur que ce diptyque ne pouvait 
être que du milieu du 111 e siècle, puis sur la nécessité où il s’est 
vu, en conséquence, de faire un consul de ce jeune homme im¬ 
berbe, et, partant de ces deux hypothèses, sur l’impossibilité de 
trouver dans les fastes de celte époque un très-jeune consul autre 
que le fils de Philippe, paraîtra peut-être téméraire. J'en fais juges 
les lecteurs qui examineront soit le diptyque original conservé au¬ 
jourd’hui dans la collectiou Mayer à Liverpool, soit une empreinte 
de ce monument 2 , soit simplement la planche de Millin, qui, 
quoique réduite, en a suffisamment rendu le caractère; après cet 
examen, j’en suis assuré, la plupart penseront avec moi que ce 
monument ne date pas du milieu du 111* siècle, mais du v°. 

D’ailleurs, indépendamment des considérations tirées du style et de 
la fabrique parfois trompeuses, il en est d’autres à faire valoir contre 
l’opinion de M. Pulszky. On ne les exposera pas toutes ici: cela nous 
entraînerait trop loin; il suffira de faire observer que, si jusqu’à pré¬ 
sent on n’a pas retrouvé de diptyques consulaires qui soient certaine¬ 
ment antérieurs au v a siècle, ce n’est peut-être pas seulement parce 
que le hasard nous les dérobe, mais parce que, selon toute probabi¬ 
lité, l’usage de donner des diptyques d’ivoire sculptés et inscrits ne prit 
naissance, même en Occident, qu’après l’année 33 o, c’est-à-dire après 
l’installation de Constaulin à Byzance, devenue la seconde capitale 


1 Voy. Voyage dont les départements du tnitli de la France , t. 1 er , p. 600, pl. XXIV, 
3 . Ce M. de Koujoux fils est le baron P. G. de Koujoux, sous-préfet à Dole en 
1806, puis préfet du Ter en Catalogne, qui se fit connaître plus tard comme pu¬ 
bliciste et historien. 

3 Ce diptyque a été moule; j’en ai eu entre les mains une belle empreinte conser¬ 
vée chez M. Muret, du Cabinet des médailles et antiques. 


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— 288 — 

de l'empire. En effet, il ne faudrait pas arguer d'une loi, souvent 
citée, de Théodose I er , qui, en 384 , interdit à tous autres qu'aux 
consuls ordinaires de donner des diptyques d'ivoire, pour supposer 
que longtemps avant cette loi les consuls étaient dans l'usage de 
donner des diptyques sculptés et portant leurs noms et leurs litres. 
En fait, si les auteurs anciens abondent en témoignages sur l'usage 
des pugillares ou diptyques, il n'existe pas de textes au moyen des¬ 
quels on puisse fixer le moment où s'établit pour les consuls l'usage 
de distribuer à leur avènement des diptyques semblables à ceux dont 
nous nous occupons ; et je crois qu’il est peu d'archéologues que 11e 
mettrait pas en défiance l'annonce d'un diptyque consulaire du 
ni 0 siècle. Aussi, sans avoir la prétention de fixer la date à laquelle 
commença l’usage de l'envoi des diptyques consulaires, je déclare 
que je ne puis accepter l'attribution du diptyque de Mâcon aux deux 
Philippe, empereurs et consuls en 247 et 2 48 . 

Le second des deux diptyques dont l'attribution ne me paraît pas 
acceptable est celui où l’on a vu une représentation commémorative 
de l'apothéose de Romulus, te fondateur de Rome, sous un consul 
incertain, et que M. Pulszky croit avoir été fabriqué en l’honneur 
de Romulus, fils de Maxence, M. Valerius Romulus , consul avec son 
père en 3 o 8 . Cette moitié de diplyque, possédée au temps de Gori 
par les comtes Gherardesca de Florence, est aujourd’hui au British 
Muséum. C'est un monument très-important et qui représente très- 
probablement l'apothéose d’uu empereur; mais, outre que le travail 
ne permet pas de le faire remonter au commencement du iv° siècle, 
je ne puis croire avec M. Pulszky que la fixation de sa date soit aussi 
simple qu’il parait le supposer. Ceux qui jadis y virent l’apothéose 
de Romulus, le fondateur de Rome, se sont fondés uniquement 
sur le déchiffrement du grand monogramme qu’on remarque dans 
la partie supérieure de ce monument, et où l’on a retrouvé les élé¬ 
ments du mot Romulus . M. Pulszky, considérant ce déchiffrement 
comme certain, ne comprend pas comment on n’a pas adopté une 
explication satisfaisante et simple, qui résout toutes les difficultés, eu 
un mot, k qui se présente deUe-même 1 .** Or cette explication , celle 
qu’il veut faire prévaloir, c’est que ce diptyque aurait été exécuté 


1 «AH endeavours to détermine lhe date of the interosling monument were given 
up; though a satisfactory cxplanation, simple, and solving ail the dillicullics, présents 
ilselfat once.» (Voy. p. 18 de I 7 iwm cité.) 


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— 289 — 

pour Bomulus, fils de Maxence, consul en 3 o 8 . Mais, avant tout, 
est-il certain qu’il faille lire Romulus sur notre monument? Gori 
ne le croyait pas; il voyait bien des difficultés à cette lecture, no¬ 
tamment la présence d’un C et d’un A 1 ; il est vrai que M. Pulszky 
interprète ces lettres superflues et les autres par Aurehus Romulus 
Cœsar, interprétation qui n’est pas plus satisfaisante que celle du 
nom principal. Je me suis prononcé ailleurs sur les dangers de 
l’inlerprétation de la plupart des monogrammes des médailles an¬ 
tiques; j’ai fait observer que, leurs combinaisons n’étant pas sou¬ 
mises à des règles fixes, lorsque nous ne sommes pas aidés par des 
circonstances accessoires, par le type, etc., nous risquons de nous 
égarer 2 3 * . Ces considérations et d’autres que je ne puis développer 
ici s’appliquent aussi bien aux monogrammes des diptyques en gé¬ 
néral qu’à ceux des monnaies, et s’appliquent particulièrement au 
diptyque Gherardesca. 

Je ferai donc observer, d’accord avec Gori, premièrement, que 
l’on ne trouve pas nécessairement le nom de Romulus dans le mo¬ 
nogramme de ce précieux monument; puis, j’ajouterai que, si nous 
lisons avec facilité et certitude plusieurs noms de consuls dans plu¬ 
sieurs monogrammes sculptés sur certains diptyques, c’est seule¬ 
ment lorsque ces diptyques portent en même temps les noms de 
ces consuls écrits tout au long. Ces sortes de pléonasmes, qui se re¬ 
trouvent jusque sur des médailles grecques antiques, ne doivent 
pas étonner; il faut y voir une preuve à ajouter à d’autres d’un 
lait qui me parait avéré, c’est que les anciens n’ignoraient pas que 
la lecture des monogrammes est arbitraire, lorsque rien ne vient la 
faciliter. Dans la haute antiquité, comme plus tard et jusqu’au 
moyen âge, ces monogrammes superflus constituaient une sorte de 
blason, de symbole, mais, sauf sur certaines monnaies byzan¬ 
tines 5 , ne tenaient pas lieu du nom du personnage qu’ils servaient 
cependant à désigner. Du reste, sur le diptyque Gherardesca, la 
présence d’un monogramme ne serait pas en faveur de l’attribution 
de ce monument au iv® siècle, attendu que la plupart des diptyques 


1 Gori, The», diptych. veter. t. II, pl. XIX, p. 197, 1A9, 1Û8-9. 

* Revue numismatique , année 1867, p. 3 q 9 et suiv., dans une dissertation inti¬ 
tulée : UEucratidion , etc. 

3 Voy. sur ces monogrammes VEssai de classification des suites monétaire byzan¬ 

tines , de M. de Saulcy, el la Description générale de» monnaies byzantines , par Sa¬ 

batier. 


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290 — 


à inscriptions explicites, où nous en rencontrons d'analogues, 
comme ceux de Clémentinus et d’Oresles, sont du vi p siècle. Je ne 
parle pas des divers diptyques où Ton voit le monogramme d\4rco- 
bindus , parce que ce nom fut porté par deux consuls, et qu’il existe 
des diptyques où le monogramme parait seul, et d’autres où il est 
accompagné d’une inscription qui donne ce nom en entier, et que, 
si je suis disposé à attribuer les uns et les autres au même per¬ 
sonnage, celui qui fut consul en 5o6, à l’exclusion de son aïeul 
qui le fut en 434, je ne puis ici exposer les raisons de ma ma¬ 
nière de voir à cet égard. Cette incertitude partielle n’enlève d’ail¬ 
leurs rien à notre raisonnement. 

Le troisième des diptyques de. la liste de MM. Westwood et 
Maskell, celui qui porte une inscription, mais que M. Pulszky n’a 
pas placé dans la sienne, peut-être parce qu’il ne l’a pas connu, 
est conservé à la bibliothèque royale de Berlin, qui le possède com¬ 
plet. M. Maskell s’est contenté de mentionner ce monument dans 
sa liste; j’en emprunte la description à la seconde édition de l’ou¬ 
vrage de M. Labarte déjà cité : 

trLe plus ancien de tous est celui de Probianus, conservé à la 
bibliolbèque rovâle de Berlin. Chacune des feuilles est divisée par¬ 
la moitié en deux compartiments. Le magistrat est représenté, dans 
les deux tableaux du haut, revêtu du costume purement antique : 
dans la feuille de gauche, il écrit; dans celle de droite, il paraît 
dicter un arrêt. Il est assisté dans les deux tableaux de deux jeunes 
gens vêtus à l’antique, qui écrivent ses décisions. Dans les deux com¬ 
partiments du bas, deux personnages paraissent plaider devant le 
magistrat; une sorte de trépied dans le style antique est placé entre 
les deux plaideurs. On lit dans le haut des tableaux cette inscrip¬ 
tion : VICARIVS VRBIS ROMÆ RVFiVS PROBIANVS V. C. 
(vir comularis). Le diptyque reproduit donc Probianus, personnage 
consulaire et lieutenant du préfet de Borne. La liste des consuls ne 
désigne avec le nom de Probianus que Petronius Probianus qui 
fut COUSUI eu 32 2 l .r> 

Ce n’est pas incidemment et sans avoir vu un monument en na¬ 
ture, sans même en avoir vu une reproduction, que je voudrais me 
prononcer sur son authenticité. .l'exprime donc ici simplement de 


1 Voyez Hixloire de» art» indiutriels au moyen ùffe, etc., par Jules Labarte, 
membre de rinslilul, o** édit. t. 1 er . p. i of>. Ce volume porte la date de i 8 -a. 


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— *291 


rinquielude, comme je le (lisais plus haut; cependant je crois de¬ 
voir exposer les motifs de celte inquiétude. Ce qui Ta suscitée dans 
mon esprit, indépendamment de la singularité de l'inscription qu’on 
vient de lire et aussi de celle de la représentation, c’est l’obser¬ 
vation qui termine l’article consacré par M. Labarte à ce monu¬ 
ment. 

rSous le rapport de l’art, dit-il, ce diptyque est supérieur à tous 
ceux qui le suivent; il est remarquable par la correction du modelé 
et le fini de l’exécution, et doit être sorti des mains d’un artiste qui 
s’inspirait des plus belles œuvres que la statuaire ait produites dans 
les meilleurs temps de l’art romain. Nous pensons que cette sculp¬ 
ture n’a pas encore été eitée, et sa perfection nous aurait fait 
douter de son authenticité, si le savant M. Pertz, conservateur de 
la bibliothèque de Berlin, ne nous avait assuré que cet établisse¬ 
ment en avait la possession depuis très-longtemps L» 

Le certificat de M. Pertz, irréfutable en ce qui touche à l’ancien¬ 
neté de la possession de ce diptyque par la bibliothèque de Berlin, 
paraîtra-t-il suffisant pour établir l’authenl ici té du diptyque de Pro- 
bianus? M. Labarte lui-même est-il tout à fait converti? Que le 
diptyque de Berlin ne soit pas l’œuvre d'un faussaire de notre 
temps, cela est évident, puisque M. Pertz déclare qu’il est depuis 
très-longtemps dans la bibliothèque de Berlin; mais que faut-il 
entendre par très-longtemps? Ce diptyque ne peut-il avoir été fa¬ 
briqué au xvi® siècle, alors qu’il y avait tant d’artistes si habiles, et 
si amoureux de l’antiquité, qu’ils ne pouvaient s’empêcher de la 
contrefaire? S’il en était ainsi, ce diptyque pourrait être depuis 
plusieurs siècles dans la bibliothèque de Berlin, c’est-à-dire de¬ 
puis très-longtemps, sans que, pour cela, on fût en droit d’affirmer 
son authenticité 2 . Il est d’ailleurs une question qui vient naturel¬ 
lement à l’esprit. Comment se fait-il qu'un monument de cette im¬ 
portance, conservé depuis très-longtemps dans la bibliothèque du 
souverain, dans une ville savante comme Berlin, n’ait pas encore 
été publié, ainsi que le croit M. Labarte, et qu’en tout cas ce mo- 

1 Hist. des arts industr. au moyen âge, etc . p. to6 et 107. 

* Une note de M. Maskell nous apprend que ce diptyque sert de couverture à une 
vie manuscrite de saint Ludgerus; niais cet archéologue n'indique pas la date de 
ce manuscrit, et, en tout cas, on pourrait lui avoir donné pour reliure le diptyque 
de Probianus depuis deux ou trois cents ans, c'est-à-dire depuis très-longtemps. 
sans que pour coin la question de l'authenticité do l'ivoire fut plus avancée. 


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— 292 — 

nument soit encore aussi peu connu 1 ? N’y a-t-il pas dans tout ceci 
de quoi faire réfléchir, et n’est-il pas permis de supposer que 
M. Labarte a conservé in petto ses premiers doutes, bien qu’il ail 
cru devoir paraître les abandonner. En un mot, il nous semble 
que, sans témérité, on peut voir dans les paroles du savant acadé- 
cien un acte de courtoise déférence, et non un acquiescement com¬ 
plet. C’est le visiteur reconnaissant du bon accueil qu’il a reçu à la 
bibliothèque de Berlin qui parle, mais non l’archéologue, le cri¬ 
tique dont on connaît le coup d’œil et l’expérience. 

J’ajouterai que, si je ne me montre pas aussi réservé en cette oc¬ 
currence que M. Labarte, c’est que, n’ayant pas eu comme lui l’a¬ 
vantage et l’honneur d’étre reçu par M. Pertz, je suis plus libre 
pour rappeler que le témoignage du célèbre éditeur du recueil des 
historiens de l’Allemagne a peut être moins d’autorité sur les ques¬ 
tions proprement archéologiques que sur celles qui se rattachent 
à la diplomatique et à la critique historique. 

Deux observations encore. En supposant authentique le dip¬ 
tyque de Berlin, en supposant également que Buflus Probianus 
soit le même personnage que le Petronius Probianus inscrit comme 
consul dans les Fastes à l’année 3^2 de J.-C., deux suppositions 
aussi hasardeuses l’une que l’autre 2 , il n’en faudrait pas moins le 
rayer de la liste des diptyques consulaires. Ce n’est pas un consul 
qui est représenté sur cet ivoire, mais un personnage qui, s’il par¬ 
vint à cette dignité, n’en avait pas encore été revêtu au moment 

1 M. Léon Renier est, comme moi, très-disposé à douter de l'authenticité de ce 
monument. Mon savant collègue a bien voulu m’apprendre que Borghesi, qui, grâce 
à l'obligeance de Kellermann, a eu communication de tout ce que les collections de 
Berlin renfermaient de documents relatifs â ses études, ne parait pas avoir eu con¬ 
naissance du diptyque de Probianus. N'est-il pas permis de conclure de cette omis¬ 
sion de Kellermann, évidemment volontaire, qu'à Berlin même jadis des archéo¬ 
logues avaient des doutes sur l'authenticité de ce monument. Je dois encore faire 
observer que M. Oldfield n'a pas mentionné le diptyque de Rufius Probianus dans 
son catalogue des diptyques, où cependant je vois la description d'une feuille d'un 
exemplaire du diptyque d'Anaslasius, consul l'an 5 17, qui se trouve à Berlin, dans 
le Kunstkammer. (Voy. p. 35 du Gat. déjà cité.) 

* D'après les Fastes de la liste Borghesi-Benier, la plus exacte et la plus complète 
aujourd'hui, on ne connaît pas tons les noms du consul de l'an 39 9 de J.-C., car son 
article est ainsi conçu : .... Petronius Probianus ; mais ceci n'autorise nullement à 
supposer que parmi les noms inconnus de ce personuage ait figuré celui de Rufius , et 
il serait téméraire, d'autre part, de prétendre que le Rufius Probianus vicarius urbis 
Romæ du diptyque de Berlin, s’il exista, se soit nommé Rufius Probtamu Petronius . 


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— 293 — 

où il fut sculpté. En effet, les sigles V. C. ne signifient pas mr 
comularw , mais vir clarissimus; l'abréviation consacrée des mots vir 
conmîarii est V. COS ou V. CONS. Ce serait donc en qualité de 
vicaire de Rome que Rufius Probianus, à l'imitation des consuls, au¬ 
rait envoyé des diptyques comme présent d’avénement? Le vicaire 
de Rome avait-il cette prérogative? Exista-t-il un vicaire de Rome 
du nom de Rufius Probianus? Je n aimerais pas à répondre affir¬ 
mativement à fune ou à l'autre de ces questions. En ce qui con¬ 
cerne la seconde, je dirai seulement que, toujours en supposant 
que Rufius Probianus ne fasse qu’un avec le consul nommé FL Pe- 
tronius Probianus dans les Fastes d'Âlmeloveen et le consul ainsi dé¬ 
signé ... Petroniu8 Probianus . .. dans les Fastes Borghesi-Renier, 
on ne trouve pas de vicaire de Rome portant réunis les noms Rufius 
et Probianus dans la liste de ces magistrats conservée parmi les 
papiers du savant épigraphiste *. 

II. 

Ceux qUi savent ce que l’archéologie a obtenu et peut obtenir de 
lumières de l’étude des diptyques, et particulièrement des diptyques 
consulaires, comprendront que je me sois efforcé d'épurer les listes 
de ces précieux monuments que nous venons de citer. Ce sont 
des textes si importants, que j'ai songé un instant à joindre à ce 
rapport une liste raisonnée des consuls dont on possède des dip¬ 
tyques, en la complétant par une brève description des représenta¬ 
tions sculptées sur ces monuments, et surtout par l'exacte transcrip¬ 
tion de leurs inscriptions. J’espérais faire accepter ce supplément, 
qui ne pouvait être très-considérable, puisque l’on ne connaît guère 
plus de douze noms certains de consuls sur les diptyques; mais 
j'ai dû renoncer pour le moment à cette entreprise. En y re¬ 
gardant de près, on s’aperçoit vite que la première condition d’un 
pareil travail serait d’avoir vu tous ces rares monuments en nature, 
et la seconde de posséder l'édition des Fastes que prépare en ce 
moment M. Léon Renier, et qui paraîtra dans l'un des prochains vo¬ 
lumes des œuvres complètes de Borghesi. Je me bornerai donc a 
donner ici la description sommaire des cinq diptyques consulaires 
avec inscriptions conservés à la Bibliothèque nationale, qui a elle 

1 C'est encore M. Léon Renier qui, en m'apprenant cette circonstance, a confirmé 
mes doutes à l'endroit de l'authenticité du diptyque de Berlin. 

Rev. des Soo. sav. 5 e série, l. VI. •><> 


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— 294 — 

seule possède un tiers de ceux connus aujourd'hui; cela suffira à 
montrer que nous n'avons pas exagéré les difficultés de la con¬ 
fection d'une liste des consuls nommés sur les diptyques, puisque, 
sur les cinq diptyques consulaires possédés par la Bibliothèque 
nationale, il en est deux dont on ne peut pas identifier les consuls 
avec une complète certitude. Nous nous sommes expliqué au sujet 
du premier de ces cinq diptyques; on va voir qu'il est sage d'hé¬ 
siter encore à l'endroit du second. 

i° Le diptyque de Saint-Junien, attribué a Fl. Félix, consul 
l'an 4 9 8. 

9° Le diptyque d'Autun. Le Cabinet des médailles et antiques 
n'en possède que la première feuille ] . Selon le P. Allegranza, qui 
a publié un exemplaire complet de ce diptyque, il faudrait le 
donner à un Fl. Petrus mentionné par les anciens Fastes avec ces 
seuls noms, comme ayant été, en 5i6, consul d'Occident, sans 
collègue en Orient 2 . Millin, sans avoir eu connaissance de la dis¬ 
sertation d'Allegranza, a publié, en 1807 , cette première feuille du 
diptyque de Fl. Petrus, qu'il rencontra chez un chanoine d'Autun 
au commencement de ce siècle 9 . 

Avant de discuter l'attribution d'Allegranza, je décris le monumen I. 

Première feuille. On y lit en haut : 

FL. PETR. SABBAT. IVSTINIANVS. V. I. 

Au milieu, dans un médaillon, on lit en creux le premier vers 
d’un distique; le second vers est sur la deuxième feuille : 

MVNERA PAR 
VA QVIDEM PRE 
TIO SED HONOR 
RIB ALMA. 

Sur la seconde feuille connue par les exemplaires complets, 011 
lit en haut la suite des litres du consul : 

COM. MAG. EQCL ET. P. PRÆS ET. C. ORD. 

1 C'est Millin qui, en 1 8 o 5 , fit l’acquisition de cette moitié de diptyque pour le 
Cabinet des médailles et antiques. 

* Voy. p. 3 des Opuecoli eruditi latini ed italiani del P. M. G. Allegranza, publi¬ 
ent* dal P. J. Bianehi, etc . Cremona, 1781, in-A # . La dissertation d'Allegranza, in¬ 
titulée De diptycho Cremonete , est accompagnée d'une planche in-P reproduisant ce 
monument, grandeur de l'original, soit 36 centimètres. 

3 Voyage dan» le» départetnent» du midi de la France , L I, p. 33 q. 


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— 295 — 

Au milieu, dans le médaillon, le second vers du distique : 

PATRIBVS 
ISTA MEIS OFFE 
RO CONS. EGO. 

Ces inscriptions restituées donnent : FL Petrus Sabbaiius Iusii- 
nianus , vit inlustris , cornes , magister equitum et pedkum prœsentalium , 
et consul ordinarius. En 1858 1 , j'avais écrit PRÆSES au lieu de 
l'abréviation PRÆS \ je corrige cette faute aujourd'ui, grâce à la 
planche du P. Allegranza, que je n’avais pu consulter alors, et 
au lieu de prœses, je lis, avec M. Léon Renier, PRÆS entalium, ce 
qui change-les titres de Fl. Petrus Sabbatius Juslinianus; ce per¬ 
sonnage était homme illustre , comte , maître des gardes à cheval et à 
pied prœsentales et consul ordinaire . Le P. Allegranza traduit P. PRÆS 
par perfectissimus prœses , ce qui n’est pas possible, attendu que ce 
litre exige un complément. Quant à M. Pulszki, il a supposé P ra>- 
fectus PRÆSirfu, ce qui n’est pas plus admissible. 

Quant au distique, il doit être lu ainsi : 

Mimera parva quidem pretio, sed honoribus aima, 

Palribus isla meis oflfero consul ego. 

Dans YEssai sur les ivoires , de M. Pulszki, où ce diptyque est 
mentionné, le premier vers se termine par ampla au lieu d 'aima. 
Serait-ce un lapsus calami, ou faut-il croire, bien que M. Pulszki 
ne s’explique pas à ce sujet, que l’exemplaire complet cité par lui, 
comme ayant appartenu d’abord à la famille Stella, puis au mar¬ 
quis Trivulzi de Milan, doive être distingué de celui que le P. AUe- 
granza nomme Diptyque de Crbnonef Je l’ignore. Ce qui est certain, 
c’est qu’on lit clairement aima sur la plaque d’ivoire originale au 
Cabinet des Médailles, ainsi que sur la planche du P. Allegranza, 
et enfin qu’on lit aussi aima sur un autre exemplaire complet de ce 
même diptyque, conservé au Puy-en-Velay, dans le cabinet du 
savant archiviste de la Haute-Loire, M. Aymard, correspondant du 
Ministère de l’instruction publique. La variante ampla est d’ailleurs 
très-acceplable 2 ; elle rendrait même la pensée de l’auteur du dip- 


1 Catal. du Cab. des médailles , p. f»Ga. 

3 On constate souvent des variantes dans les légendes de diptyques d'ailleurs sem¬ 
blables; je noierai encore que sur l'ivoire du Cabinet des médailles on lit honorib , 
et que le mot est entier, honoribus, sur la planche du P. Aliegranxa. Le savant domi¬ 
ne . 


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— 296 — 

tyque plus saillante par l'opposition avec parva. On trouve dans 
Ovide cet adjectif se rapportant également au mot munus : 

Quod minus inlerea est, instar mihi muneris ampli l . 

Bien que le diptyque de Fl. Petrus Sabbatius Justinianus ne 
soit décoré que par des rosaces, ces vers le rendent très-curieux. 
En effet, on ne connaîtrait pas par les textes l’usage de donner 
des diptyques aux sénateurs, qu'on l'aurait appris de ce monument. 
On va voir d'ailleurs que le cabinet des antiques possède un autre 
diptyque, celui de Compiègne, qui porte une inscription grecque 
dont le sens est le même. Si ma mémoire ne me trompe pas, ces 
deux diptyques sont les seuls connus où l'on ait trouvé cette inté¬ 
ressante information. 

Maintenant, en quelle année ce consul a-t-il été en charge? 
Millin, qui a reconnu ici avec raison une œuvre du vi* siècle, n’a 
pas su à qui il fallait l'attribuer; il s'exprime ainsi à ce sujet : «Le 
nom de ce magistrat, qu’on ne doit pas confoudre avec l’empereur 
Justinien, ne se trouve pas dans les fastes consulaires 2 .* Cependant, 
l’an 5i6, les anciens Fastes, précisément au vi° siècle, mentionnent 
un consul à qui il aurait été permis d’attribuer ce diptyque, bien 
qu’avec réserve, attendu qu’il n’y est porté, par exemple, dans l’é¬ 
dition d’Almeloveen déjà citée, que sous les deux premiers des noms 
que nous y lisons, Fi Petrus . Inadvertance ou prudence, Millin a 
bien fait de ne pas se prononcer ; car, si la liste de Borghesi est 
conforme à celle d’Almeloveen pour cette année 5i6, le savant épi- 
graphiste a eu certainement de bonnes raisons pour modifier les 
noms des consuls de l'année 5a 1 . En effet, au lieu de Fi Anidus 
Justinianus pour l’Orient, et de Fi Valerius pour l’Occident, qu’on 
trouve à cette année dans le livre d’Almeloveen, dans la liste 
Borghesi-Renier, avant un consul qui n’a d’autre nom que Vale¬ 
rius , on rencontre en 5a i précisément les quatre noms du consul 

nicain doit être compté parmi les érudits qui attribuent le diptyque de Saiut-Junien 
à Fl. Félix, consul Tan h a 8. A la suite de la dissertation sur le diptyque de Crémone, 
il le place en tête d'une liste des diptyques consulaires connus de son temps, qui 
comprend vingt-quatre de ces monuments. Je n'ai pas besoin de dire que tous ne 
portent pas des noms de consul, et que, par conséquent, plusieurs des attributions 
sont contestables. 

1 Ovide, Trittia, III, 8, v. ai. 

* Voyage, etc. I, 339 el 34 o. 


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— 297 — 

de notre diptyque, Fl. Petrus Sabbatius Jusiinianus , et en outre l'in¬ 
dication Sabbatii f(itius). Il est donc certain que, lorsque paraîtra 
l'édition des Fastes selon Borghesi, préparée par M. Léon Renier, 
nous connaîtrons les bases de cette modification. Jusque-là, on peut 
s'en rapporter à Borghesi, et pour ma part je suis disposé à aban¬ 
donner le Fl. Petrus de l'an 5t6, à qui, sur la foi d’Allegranza, 
j'avais donné notre diptyque en i858 l . 

Il y a trop peu de distance entre les années 5 16 et 5a t pour 
que l'on puisse cette fois motiver une préférence sur des considéra¬ 
tions empruntées au style et à la fabrique du monument; c'est par 
conséquent sur des documents qu'a dû s'appuyer le savant italien, 
et je ne doute pas que l’assentiment général ne soit acquis à la cor¬ 
rection que nous relevons dans sa liste aussitôt qu'on en connattra 
les motifs, surtout si cette correction obtient l’approbation de l’édi¬ 
teur de ses œuvres complètes. 

3° Ce diptyque est l’un des trois qui appartenaient jadis à la ca¬ 
thédrale de Bourges, et qui, après avoir été dispersés, sont tous 
maintenant dans des établissements publics. De ces trois diptyques, 
deux sont consulaires, mais un seul, celui qui est conservé à la Bi¬ 
bliothèque nationale, dans le département des manuscrits, porte 
des noms de consuls. Voici la description sommaire de ce monu¬ 
ment, qui est complet. 

Première feuille. On lit en haut : 

FI. ANASTASIVS PAVLVS PROBVS 
SABINIAN. POMPEIVS ANASTASIVS. 

Le consul est assis sur un trône magnifiquement orné et préside 
aux jeux du cirque, dont une scène, représentant des bestiaires aux 
prises avec des ours, décore la partie inférieure de la plaque. Le 
même sujet est répété sur la seconde feuille, avec cette différence 
qu’en bas, au lieu d’une scène de bestiaires, on voit une course de 
chevaux. 

Seconde feuille. Suite de l'inscription de la première : 

VIR INL COM DOMESTIC EQVIT 
ET CONS ORDIN. 

Ce consul fut en charge l’an 517 avec Fl. Agapitus. 


1 Voy. Catalogue , etc. n r 3 î> 63 , p. 5 (»«. 


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— 298 — 


Le graud diptyque de Bourges, cest de beaucoup le plus grand 
des trois \ déposé au département des manuscrits de la Biblio¬ 
thèque nationale depuis plus d'un demi-siècle, a été reprodoit, en 
i836, dans le Trésor de numismatique et de glyptique 2 . 

Un autre exemplaire de ce diptyque, provenant de Liège, a été 
publié par Gori, qui n'a pas oublié non plus celui de Bourges. On 
lit SAVINIANVS au lieu de SABINIANVS sur l'exemplaire de 
Liège 3 . 

On ne sera peut-être pas fâché de connaître le sort des deux 
autres diptyques de Bourges; il y en a un dans le musée de cette 
ville; l'autre a été acquis, en i864, pour le Cabinet des médailles 
et antiques de la Bibliothèque nationale. 

Celui du musée de Bourges est consulaire, mais dépourvu d'ins¬ 
cription. Peut-être ce monument, qui n'a que 35 centimètres de 
hauteur, a-t-il subi quelque mutilation? Sur la première feuille, on 
voit le consul assis entre deux jeunes gens debout, assistant aux 
jeux du cirque. En bas, un bestiaire combat contre quatre lions. 
Sur la seconde feuille, même décoration; il n'y a de variantes que 
pour le combat de la scène inférieure. Ici la victoire du bestiaire 
parait certaine. 

Le diptyque acquis pour le cabinet des médailles est composé de 
deux plaques réunies au xvi* siècle. L'une appartient à l'art païen 
du iv* ou du v* siècle. C’est une représentation dont on connaît 
l'analogue sur un ivoire du Musée du Louvre, Apollon et les Muses 
et une scène dionysiaque. L’autre est chrétienne et pourrait remon¬ 
ter au xii*, peut-être même au xi* siècle. Ce sont les quatre évangé¬ 
listes représentés assis sous des arceaux de style roman. On peut 
voir la figure de ces deux derniers diptyques à la suite d’une dis¬ 
sertation de M. J. Dumoutet, qui a été insérée dans le Recueil des iec- 
tures faites à la Sorbonne en i 863 4 . 

4° Le diptyque dit de Hollande . Le Cabinet des médailles et an¬ 
tiques, où est conservé ce monument, n’en possède que la première 
feuille 5 . 

1 37 centimètres de hauteur. 

* Voy. Recueil général de bas-reliefs , etc., i 1 * partie, pl. XVII, et p. 11 du lexte. 

1 Voy. Gori, 1. 1 , p. a6i, pl. XI. 

4 Voy. deuxième année, volume publié en 186Û, Mémoire sur les diptyques de la 
cathédrale de Bourges, par M. J. Dumoutet, p. a 3 o etsuiv. pl. VIIJ VIII, IX et X. 

• C’est le n" 3 a 65 du catalogue de M. Chabouillet. 


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— 299 — 


On y lit en haut : 

H. ANASTASIVS.PAVL.PROB 
MOSCHIAN . PROB. MAGNVS. 

11 y a des raisons de croire avec Gori l , qui n'a pu se procurer 
un dessin de la première feuille de notre diptyque, alors en Hol¬ 
lande, que la seconde était celle qu'il a publiée dans sou livre d'après 
Maffei 2 . Si cette conjecture était fondée, comme nous le croyons, 
notre consul aurait porté les titres d'homme illustre et de comte des 
gardes à cheval de F empereur. 

V. INL. COM. DOMESTIC. EQVIT. ET CONS. ORD. 

Sur la première feuille, le consul est assis sur un trône superbe, 
entre les figures de Rome et de Constantinople. Dans la partie in¬ 
férieure, on a représenté les libéralités faites au peuple par le 
consul; deux esclaves vident des sacs pleins de pièces de monnaie 
dans des mesures. 

La seconde feuille, que je ne connais que par Gori, représente 
un sujet semblable, avec cette différence qu’au lieu d'une distri¬ 
bution de pièces de monnaie', la partie inférieure représente des 
scènes des jeux du cirque. 

Les Fastes d’Almeloveen mentionnent à l’année 5i8 un Fl. Mag- 
nus consul pour l’Orient avec Fl. Florentinus pour l’Occident, 
mais avec réserves; ceux de Borghesi n'indiquent pas cette année 
de consul pour l’occident, et nomment le consul d’Orient, Fl. Anas- 
tasius Paulus Probus Moschianus Probus Magnus , peut-être bien 
d’après notre diptyque. 

On ne peut omettre d’avertir que, sur l’ivoire du Cabinet des mé¬ 
dailles et antiques, au lieu des sigles Fl., on lit la lettre H; mais 
la fréquence de l’emploi du nom de Flavius en guise de prénom 
pendant les iv% v* et vi* siècles, et l’invraisemblance d’un prénom 
commençant par une H, autorisent à supposer ici une faute 
du sculpteur en ivoire, qui n’a encore été signalée, que je sache, 
que par le catalogue du Cabinet des médailles et antiques de 
1868 3 . 

1 Voy. The$. têt. diptych. t. II, p. t 3 . 

2 Voy. Muséum Veromm g» p. en. 

' Voy. Catalogue, etc par M. Ghabouiilet, u° 3 sô 5 , p. 565 . 


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— 300 — 

5° Le diptyque de Philoxène, consul pour l’Orient en 5a6, 
provenant de l’abbaye de Saint-Corneille de Compiègne. On le pos¬ 
sède complet au Cabinet des médailles. 

Les noms et les titres du consul ne sont pas gravés dans la 
partie supérieure de ces deux plaques d’ivoire, qui ne diffèrent l’une 
de l’autre que par les inscriptions commençant sur l'une et finissant 
sur l’autre. Ces noms, en latin, sont gravés en creux au milieu de 
l’un des trois médaillons, qui, liés par une bandelette, constituent 
la décoration de ces plaques. Les deux autres médaillons sont ornés, 
l’un du buste du consul, le deuxième de celui de Constantinople. 
Une inscription grecque sculptée en relief occupe* l’espace laissé 
libre par les trois médaillons. 

Inscriptions latines : 

phemièkb plaque. 

FL THEODORVS 
F1LOXENVS 
SOTERICVS 
FILOXENVS 
VIR ILLVST. 

DEUXIÈME PLAQUE. 

COM DOMEST 
EX MAGISTROM 
PER THRACIA 
ET CONSVL 
ORDINAR. 

(Flavius Theodorus Filoxenus Sotericus Filoxenus , vir illustris, cornes 
domcsticorum , ex magislro militiœ per Thraciam et consul ordinarius.) 

On aura remarqué la répétition du nom Filoxenus parmi les 
cinq donnés sur ce diptyque à notre consul de l’an 5 2 5. Cette fois, 
ce n’est pas une faute du sculpteur en ivoire, ainsi que l'a cru 
l’auteur du commentaire de l’article consacré au diptyque de Com¬ 
piègne, dans le Corpus inscriptionum grœcarum 1 . Cette répétition doit 
indiquer le nom habituel du consul ; je citerai trois exemples de ré- 

1 Voyez t. IV, n° 863 a : «Ceterum in tilulo lalino Filoxenus illud alterum inero 
arlificis errore videlur esse repétilum.* 


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— 301 — 

pétitions semblables, qui ne permettent pas d'admettre l'hypothèse 
de M. Kirkhoff. Nous avons cité plus haut un diptyque avec quatre 
ou cinq noms : c’était plutôt seulement quatre qu'il aurait fallu 
dire. En effet, le consul de fan 5t3 ne se nommait pas sans doute, 
comme on le pourrait croire d'après son diptyque, Fl. Taurus Cle - 
mentinu Armonius CkwmUmus , mais seulement FL Taurus Clementinus 
Ârmonius , et, selon toute vraisemblance, son nom habituel était 
Clementinus. La même observation s'appliquerait et au consul Areo- 
bindus de l'an 5i6, à qui son diptyque donne quatre noms : Fl. 
Areobindus Dagaimphu* Areobindus , mais qui n'en avait probablement 
que trois : Flavius Areobindus Dagalaiphus , et au consul Anasta- 
sius de l'an 5 17 , à qui son diptyque donne sept noms : FL Anas- 
tasius Paulus Probus Sabiànus Pompeius Anastasius , et qui n'en avait 
peut-être que six : Fl. Anastasius Paulus Probus Sabianus Pompeius . 
Ces exemples n'autorisent-ils pas à supposer que le consul Phi- 
loxène de l'an 52g s'appelait, non pas Fl. Pküoxenus Sotericus Phi- 
loxenus , mais Fl. Philoxenus Sotericus , et qu'on le nommait habi¬ 
tuellement Pküoxenus ou Fl. Philoxenus, comme on le voit désigné 
dans les anciens fastes. Cette explication de la répétition de l'un des 
noms d'un consul n'est d'ailleurs pas nouvelle. Je ne sais qui l'a 
émise pour la première fois; mais, dès l'année t85A, on la trouve 
dans les Inscriptiones confederationis Helveticœ, de M. Th. Mommsen, 
où figure, sous le n° 3 U 2 , la mention de l'un des exemplaires du 
diptyque d'Aréobindus que nous venons de rappeler et que possède 
le musée de Zurich. M. Léon Renier, qu'il faut toujours citer, pour 
peu que l’on côtoie le domaine de l’épigraphie, est également dis¬ 
posé à admettre cette explication, qu'on justifierait par l'exemple 
de certaines inscriptions où l'un des noms du personnage mentionné, 
évidemment le nom caractéristique, est placé seul en vedette, en 
haut du litulus. A la vérité, on pourrait opposer à notre système 
l'un des diptyques consulaires du Cabinet des médailles, où ce n'est 
pas h la fin de la kyrielle que se trouve semblable répétition, mais 
aux quatrième et cinquième rangs. Cette objection mérite d'être 
discutée. Il s'agit du consul de l'an 5i8, nommé FL Magnus par les 
anciens fastes, et que l’on désignait sans doute par ces deux noms 
ou même seulement par le second, et qui porte sept noms sur le dip¬ 
tyque dont nous venons de parler, le diptyque de Hollande, notre 
n° 4. Fl. Anastasius Paulus Prob Moschian Prob magnus. Nous y 
voyons bien deux fois la même abréviation Prob; mais le consul 


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portait-il réellement deux noms identiques? Qui nous dit que Prob 
signifie ici deux fois Pbobus? Ce nom nVt-il pas des dérivés divers 
comme Probianus, Probinus? S'il en était ainsi, ce diptyque ne 
contredirait nullement notre système; mais, quoi qu'il en soit, il 
n'en est pas moins impossible d'admettre, avec l'auteur du tome IV 
du Corpus inscriptiomm grœcarum, que la répétition du nom PhUoxène 
sur le diptyque de Saint-Corneille soit le résultat d!une erreur du 
sculpteur; nous ne rencontrerions pas autant de fois une erreur 
semblable sur des monuments aussi rares. 

Reprenons la description du diptyque de Saint-Gorneille. 

L'inscription grecque en relief forme deux vers : 

PRKMliBE PLAQUE. 

TOVTI TO 
AGÜPON 
TH CCWH 
TEPOYCIA 

DEUXliMB PLAQUE. 

YTTATOC 

VriAPXGüN 

nPOC4>EP(ü 

4IA0EEN0C 

(Tovri t6 $d>p ov rff aofyi) yepovoia 
tTraroç (nrâp%û>v 'ütpoaQéptû 4 >iX6£evo$. ) 

((Moi Philoxène, consul ordinaire, j'offre ces présents au sage 
Sénat. ^ 

, Ce diptyque, remarquable à tous égards, et notamment par cette 
inscription, qui, aussi bien que celle du diptyque d'Autun, expli¬ 
querait à elle seule l'usage des diptyques, a conservé un ancien 
encadrement en bois plaqué d'argent A la fin du manuscrit qu'il 
recouvrait dans l'abbaye de Saint-Corneille, un religieux a écrit ces 
mots : (( L'on appelle ce livre les tablettes de l'écriture de Rome. » 

Le diptyque de Saint-Corneille a été publié plusieurs fois 1 ; mais 
la plus fidèle des reproductions de ce précieux monument est celle 

1 Notamment par le P. Sirmond, dans son édition de Sidoine Apollinaire, noie 
de Tépilre VI, li?. VIII. Voyei aussi Mabillon, Annales ordinis Sancli Benedictt, t. III ; 
(ion, t. II, p. î A, tav. xviii. Ce diptyque, décrit sous le n° 3 i 66 dans le Catalogue 


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du Trésor de numismatique et de glyptique 1 . Le procédé d'Achille 
Collas, employé par les éditeurs de ce grand ouvrage, parfois 
défectueux lorsqu'il s'attaque à des médailles de petit module, est 
excellent pour reproduire des monuments de grande dimension, 
surtout lorsque, comme sur ce diptyque, il n'y a pas de trop 
brusques inégalités dans le relief. 

Indépendamment de ces cinq diptyques consulaires avec inscrip¬ 
tions et d'autres ivoires antiques, la Bibliothèque nationale possède 
deux autres diptyques consulaires sans incriptions, qui offrent par 
conséquent moins d'intérêt que ceux qui viennent d'être décrits 3 . 
Le premier, provenant d'Autun, ainsi que celui que nous avons 
décrit au n° a parmi nos diptyques consulaires, est entier, mais 
n'a de même d'autre décoration qu'un médaillon destiné à rece¬ 
voir les noms du consul 3 . Celui qui porte le nom traditionnel de 
diptyque du roi de France, et qui a été publié par Gori 4 , est du 
moins remarquable par la beauté du travail 5 ; le sujet offre la 
plus grande analogie avec celui du diptyque dit de Hollande , dont 
nous venons de parler. C'est de même un consul assis sur un 
trône supporté par deux lions entre deux ligures personnifiant 
Rome et Constantinople, c'est-à-dire les deux capitales de l'empire 
romain. 

Chabouillet, 

Membre du Comité. 


Note sur les résultats de fouilles exécutées sur divers points 
du département de la Marne. 

Des fouilles récemment exécutées dans le département de la 

général de M. Chabouillet, déjà cité, porte le n° 6668 dans la Description som¬ 
maire, etc., également citée plus haut. 

1 Voy. Recueil général de bas-reliefs et d'ornements, a® partie, pl. LUI, et 
texte, p. a6. 

* Voyex Catalogue de M. Chabouillet, déjà cité, n°* 3a66 et 3*67, et Description 
sommaire, n°* 6666 et 6669. 

* Voy. Millin, Voyage dans le midi de la France, t. 1 , p. 338 , pl. XIX. 

4 Voy. Thés, vet. diptych. t II, p. 169, pl. 11 . 

* On 11’en possède qu'une seule feuille, et cette feuille pourrait même avoir perdu 
la portion de la partie supérieure où se lisaient ordinairement les noms du consul, 
ainsi que la partie inférieure où devaient être représentés soit des libéralités, soit 
des jeux. C’est le n° 3*67 du Catalogue de M. Chabouillet. 


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— 304 — 

Marne ont amené des résultats assez intéressants, et prouvent une 
fois de plus à quel point cette contrée est une mine inépuisable 
pour l’archéologie. 

A Vertus, près de Châlons, nous avons fait pratiquer, avec M. Al¬ 
fred Werlé, des fouilles qui ont amené la découverte de divers 
objets : un très-beau vase en verre, forme coupe, avec une grecque 
en galerie à l’orifice, un bracelet et un collier en bronze, quatre 
vases en terre noire de ao centimètres de hauteur, un plat pareil 
de 23 centimètres de diamètre, un en terre rouge. Un grand nombre 
de fosses ont été ouvertes; malheureusement, la plupart avaient été 
anciennement fouillées; je dis anciennement, car on n’en a aucun 
souvenir dans le pays. 

Près de la ferme de la Pombelte, à Sillery, près Reims, plu¬ 
sieurs tombes ont été rencontrées à 3 mètres de profondeur; dans 
l’une reposait un squelette de proportions colossales; on y a re¬ 
cueilli une monnaie en bronze très-fruste, mais où l’on reconnaît 
cependant la tête laurée d’un empereur, des fibules en verre, des 
fragments de poterie; chaque tombe renfermait un cercueil en 
bois, d’après les clous et la poussière facilement reconnaissable. 

A Courmont, pYès de Muizon, de l’autre côté de Reims, on a 
exhumé pareillement plusieurs cercueils en pierre, ne contenant 
aucun objet particulier. Un seul en bois renfermait, comme à la 
Pompelle, un très-grand squelette; on y a recueilli des fibules d’ap¬ 
parence mérovingienne, en bronze doré, ornées de petits grenats et 
de têtes chimériques aux extrémités; une boucle de ceinturon et 
un anneau uni de même mêlai ; une bague chevalière en or pesant 
9 grammes, dont le chaton de forme diagonale présente des dessins 
très-délicats ; plus une sorte de manche de petit couteau en or avec 
une croix sur les cannelures. Ces objets sont déposés chez M. le 
comte Adrien de Brimont, à Brimont. 

A Juvigny, non loin de Châlons, près du château, des tra¬ 
vaux faits dans une grevière ont amené la découverte de cinq ou six 
squelettes avec des vases en terre rouge, des vases de verre, des 
clous, etc. 

Enfin, à la Marzelle, près de Suippes, le hasard a mis au jour 
la voûte d’une excavation souterraine de 5o mètres de longueur, 
a de hauteur et î de largeur; à l’entrée, il devait exister une porte, 
à en juger d’après les pilastres qui restent de chaque côté. La voûte 
est taillée en ogive; à droite du couloir sont trois chambres, l’une 


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de U mètres de longueur sur i m ,5o de large et i, m 65 de hauteur, 
de voûte ogivale; l’autre en plein cintre, de 6 mètres sur 3 m ,5o, et 
i m ,6o de hauteur; la dernière, de 3 mètres de long sur t m ,4o de 
largeur, et la même hauteur; à gauche, deux salles, l’une de 3 mè¬ 
tres sur i ro ,/io et i m ,6o de hauteur, l’autre de 3 m ,5o sur 3 m ,3o de 
largeur et i m ,6o de hauteur. Près de là, à 6o centimètres du sol de 
la galerie, est une ouverture en cintre servant d’entrée à une autre 
salle, mais celle-ci est envahie par l’eau. Les salles sont taillées avec 
un instrument tranchant dont les marques sont visibles et accusent 
6 centimètres de largeur. 

Il nous a semblé que ces indications ne seraient pas sans intérêt 
pour le Comité. 

Édouard db Barthélémy, 

Membre du Comité. 


Quatrième note sur les forts vitrifies et lbs blocs de granit fondu 

DU DEPARTEMENT DR LA CREUSE. 

Communication de M. Thuot, professeur de philosophie 
au collège de Guéret '. 

«Les fouilles faites il y a environ deux ans dans la muraille vi¬ 
trifiée du Puy de Gaudy m’avaient permis d’affirmer : i° que cette 
muraille est postérieure à l’ère gallo-romaine; 3 ° que la vitrification 
n’a pas été obtenue au moyen d’un feu intérieur, c’est-à-dire dont 
le foyer se serait trouvé sous le granit fondu; 3° qu’un feu ordi¬ 
naire, allumé sur le mur, n’aurait pu produire le phénomène tel 
qu’il se présente, en raison de circonstances excluant cette suppo¬ 
sition. 

1 La Quatrième noie eur les forts vitrifiés du département de la Creuse est parvenue 
au Ministère de l'instruction publique à la Gn de juillet 1870. Des circonstances 
absolument indépendantes de la volonté du rapporteur en ont retardé le compte 
rendu jusqu'aujourd'hui, et de telle sorte qu'une Cinquième note sur le même sujet 
a été analysée dans la Revue des Sociétés savantes ( 5 * série, 1. 111 , p. 679) avant que 
la note précédente eût été examinée par la section d'archéologie du Comité. Le pré¬ 
sent mémoire de M. Thuot, par la nature des détails descriptifs qu'il contient, se prê¬ 
tant difficilement à une analyse qui ne saurait être que la reproduction même du 
texte, nous avons jugé plus convenable et plus utile de le reproduire, sinon in extenso , 
du moins par extraits assez longs, pour donner au lecteur une idée claire et suffisante 
de l'aspect actuel du monument décrit et du système imaginé par l'auteur pour en 
expliquer l’origine. — Jules Marion. 


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— 306 — 

(tD ésirant compléter mes recherches, j'ai fait, à la fin de l'hiver 
dernier, de nouvelles études dont cette note contient le résultat. 

«... L'endroit que j’ai cru devoir choisir pour y faire mes nou¬ 
velles recherches est cette portion des murs restée seule entière¬ 
ment intacte, que j’ai signalée autrefois. Ce point est voisin de la 
courtine et termine le fort avancé du Bois-Rond du côté du nord- 
est. Là le rempart a y m , 6 o d’élévation du côté de la campagne et 
i m ,g5 du côté de l’intérieur de la forteresse. 11 garnit le flanc d’une 
colline. Des revêtements surmontent l’ouvrage de terrassement et 
forment parapet en dedans et en dehors, c’est-à-dire sur chacune 
des deux faces. Ces revêtements consistent en deux assises de pierres 
brutes, à peu près cubiques, et ayant en moyenne 65 centimètres 
en tous sens, sur le côté extérieur, et 58 sur le côté intérieur. L’as¬ 
sise inférieure est cachée sous la terre presque en entier. Les deux 
assises supérieures forment donc à elles seules ce qu’on pourrait 
appeler le mur proprement dit. Entre ces deux rangées de pierres 
est un espace large en moyenne de t^o, faisant avec les revête¬ 
ments toute la surface du mur. Le milieu de cet espace est occupé 
par le granit fondu, sur une largeur moyenne de i m ,a5 ; le reste v est 
un mélange de petites pierres de terre et de bruyère, séparant de 
chaque côté le granit fondu des revêtements. La surface totale du 
mur en cet endroit est donc de 9, m g8. La largeur du terrassement, 
mesurée suivant une ligne horizontale partant du bas de la pente 
intérieure, est de 9 “,85. 

«J’ai fait commencer la tranchée par la pente extérieure, dont le 
développement total est de ig“,85. Sur cette longueur, j’ai fait at¬ 
taquer en un point d’où je devais, marchant horizontalement, ar¬ 
river à la rencontre de la base du travail de construction ; c’est-à- 
dire que la fouille, atteignant le centre du mur, devait avoir une 
profondeur d’environ U mètres. 

«La pioche n’a rencontré d’abord qu'une terre de bruyère très- 
meuble, mêlée de pierres de petite dimension. Après un travail assez 
court a commencé à apparaître une terre glaise, compacte, grise, 
très-naturelle, humide et semblable en tout à celle qu’on extrait 
dans ce pays des lieux marécageux pour en faire une poterie gros¬ 
sière. Avancer de 2 mètres a suffi pour me faire constater que cette 
terre formait une couche déposée sur une surface à peu près plane, 
horizontale, et, dès lors, faite exprès pour la recevoir. Sur ses bords, 
cette couche était épaisse de 1 mètre; mais son épaisseur allait en 


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— 307 — 

diminuant dans la direction de Taxe du mur, de manière à donner 
à l'ensemble comme la forme d'une cuvelte. 

((La fouille avait atteint de banteur quand a commencé à 

se montrer une argile jaune, pareille à celle des champs. Cette ar¬ 
gile était superposée à la terre glaise, faisait retraite suivant l'incli¬ 
naison du talus, et représentait une seconde couche placée sur la 
première sans aucun milieu. Son épaisseur diminuait aussi légère¬ 
ment dans la direction de l'axe du mur ; sa profondeur moyenne 
était de 75 centimètres. L'argile jaune ne s'est pas présentée avec 
la même unité de nature que la terre glaise. A son apparition, c'est- 
à-dire sur son bord, elle était jaune d'ocre, légèrement humide, 
même un peu grasse, au point de se laisser serrer et de prendre 
une forme. Mais, plus loin, sa teinte se rapprochait du rouge; d'où 
je reconnus que j'avais atteint la région où s'était fait sentir l'action 
du feu. En effet, l'argile en cet endroit paraissait cuite, était sèche 
et coulait entre les doigts qui la pressaient, comme eût fait du sable. 
En.ce moment la fouille était profonde d'environ 3“,5o; nous avions 
parcouru un peu moins de 3 mètres horizontalement, et nous ap¬ 
prochions des revêtements faisant devant nous un parapet au sommet 
du rempart. 

« A cette distance du mur a commencé à se montrer, au-dessus de 
l'argile rouge, une terre de bruyère très-compacte et très-serrée, à 
ce point que la pioche avait de la peine à l'entamer. Cette terre 
était une troisième couche, superposée à la seconde, sans aucun mi¬ 
lieu non plu s et faisant comme elle une retraite déterminée par 
l'angle d'inclinaison du talus. Entre la terre glaise et l'argile des 
champs, la ligne de séparation était régulière et nette; entre l'aigile 
des champs et la terre de bruyère, cette ligne était ondulée, même 
assez profondément. A la terre de bruyère se trouvaient mêlés quel¬ 
ques petits amas d'argile, égarés sans doute, et que le feu avait con¬ 
vertis en terre cuite. La matière formant ces amas ne présentait au¬ 
cune cohésion; les toucher suffisait pour les réduire en une poussière 
rouge. La couche faite de terre de bruyère est la plus épaisse des 
trois; elle atteint jusqu'à i",ao. J'ai dit que la terre de bruyère 
avait été serrée; la même remarque est à faire pour ta terre glaise 
et pour l'argile des champs, qui ont été également entassées et 
battues. 

«Le travail ayant été oontinué sans qu'il se présentât rien de par¬ 
ticulier, le moment vint de faire tomber les revêtements. Quand cela 


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eut été fait, nous trouvâmes derrière eux un redressement de ia 
couche de terre de bruyère, s’élevant perpendiculairement comme 
une petite muraille. Cette muraille, large de 2 5 centimètres, sépa¬ 
rait les revêtements du granit fondu et s’élevait à leur niveau. De 
petites pierres s’y trouvaient mêlées, mais sans arrangement aucun ; 
la terre était foulée au point d’être presque dure. La résistance ve¬ 
nant de cette circonstance fut la seule qu’il y eut à vaincre; toute 
cette petite muraille s’écroula après quelques coups, et laissa à dé¬ 
couvert la face latérale du bloc fondu, avec lequel rien n’avait la 
moindre adhérence. Celte face était mamelonnée légèrement, lisse 
et partout intacte. Les revêtements étaient tombés aussi presque 
d’eux-mêmes; rien ne les unissait à ce qui les entourait; de sorte 
qu’ils ne donnèrent d’autre peine que celle qu’on pouvait attendre 
de leur poids. 

*rLes premiers coups de pioche donnés ensuite furent dirigés vers 
la partie basse du granit fondu et à son point de rencontre avec la 
couche de terre de bruyère. Bientôt nous vîmes apparaître sous, le 
bloc un tuf granitique roux, très-meuble, homogène et semblable, 
sauf la couleur, à celui que les maçons emploient dans le mortier 
sous le nom de tuf maigre. Ce tuf était placé sous le granit fondu, 
mais sans déborder. Il y avait entre les grains dont était formé ce 
tuf une telle absence de cohésion, qu’il coulait de lui-même sur nos 
pieds quand un instrument lui faisait une ouverture. Cette couche 
de tuf a une épaisseur de 35 centimètres; le bloc fondu a une 
épaisseur de 65 centimètres. Bientôt nous atteignîmes l’axe du mur, 
sans rien rencontrer qui dût être signalé. En ce moment, la tran¬ 
chée avait environ k mètres de profondeur. La face du fond, prise 
de bas en haut, présentait : i° sol primitif et terre glaise, i m ,ao ; 
a 0 argile des champs, 75 centimètres; 3° terre de bruyère, i œ ,ao; 
h° couche de tuf, 35 centimètres; 5° granit fondu, 65 centi¬ 
mètres. 

« Jugeant qu’il serait plus facile de percer l’autre pente du rem¬ 
part en suivant une marche pareille à celle que j’avais suivie déjà, 
c'est-à-dire en allant de l’extérieur vers l’intérieur, j’arrêtai le travail 
pour faire commencer une attaque de l’autre côté et en face. De ce 
côté, qui était destiné à être occupé par les défenseurs de la forte¬ 
resse, la hauteur totale de l’ouvrage n’est guère que de 2 mètres, 
et la pente est moins brusque. 

«Je commençai par faire pratiquer un trou d’une certaine lar- 


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— 309 — 

geur à l'endroit où le talus vient faire sa rencontre avec la pente de 
la colline. Quand la couche de terre glaise eut été aperçue dans sa 
partie exlérieurc, puis traversée perpendiculairement en cctle même 
partie, le travail se continua horizontalement, dans la direction de 
la première excavation et à la meme profondeur. La couche de terre 
glaise s’est présentée avec la même disposition et la même épais¬ 
seur que de l'autre côté du rempart; l’argile des champs et la terre 
de bruyère avaient quelques centimètres de moins; cotte différence 
est la seule que j’aie pu constater, de sorte que j’aurais à répéter 
pour ce côté ce que j’ai dit pour l’autre. 

Les deux pentes du rempart, sur toute leur étendue, sont recou¬ 
vertes d’un humus profond de 3o centimètres. Je n’en ai pas parlé, 
parce que cet humus, terre naturelle et très-pénélrable, semble 
avoir été répandu sur le travail de construction pour 1 abriter seu¬ 
lement, et ne lui appartient en aucune manière. Je dirai aussi que 
des pierres se trouvaient mêlées aux trois couches de terre. Ces 
pierres étaient toutes placées de manière à reposer sur leur face la 
plus large, mais sans représenter aucun ordre et brutes; petites et 
abondantes dans la partie haute du rempart, elles étaient moins 
nombreuses et quelquefois fort grosses dans la partie basse; la terre 
comprimée retenait si fortement celles de celte dernière sorte, que 
nous avons dû'cn casser plusieurs pour pouvoir les extraire. 

prQuand il ne resta plus qu’une cloison mince pour séparation 
entre les deux trouées, une forte impulsion fit tomber le tout, et 
le bloc de granit fondu resta isolé et suspendu au sommet du rem¬ 
part, joignant les deux bords de la tranchée, comme une planche 
jetée en travers joint les deux rives d’un ruisseau. 

« . . . Le point purement descriptif étant terminé, je résumerai 
tout ce qui précède de la manière suivante : 

«Une tranchée large de a mètres, longue de i a et profonde de 
4, ayant été faite au travers du rempart vitrifié du Puy de Caudy, 
à un endroit où ce rempart a 7 mètres d’élévation totale h l’extérieur 
et i “,95 à l’intérieur, cette fouille a fait reconnaître qu’il avait été 
creusé sur le flanc delà colline dite le Bois-Rond, et près du sommet, 
une sorte de fossé ou coupure a angle droit, régnant sur toute la 
partie qui regarde la campagne. Le côté vertical de cette coupure * 
était haut d’environ i m ,5o ; le côté horizontal était large de 4 mè¬ 
tres. Ce dernier côté avait reçu sur son bord un remblai, portant 
son développement total a près de 11 mètres. Sur cette aire avaient 

Rev. des Soc. sav. 5 e série, t. Vt. ai 


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été déposées les couclies de terre suivantes : i u une couche de terre 
glaise profonde en moyenne de q5 centimètres, large de 10 mètres, 
relevée sur ses bords et formant comme une cuvette; 2 ° une couche 
d'argile jaune des champs, profonde en moyenue de 70 centimètres; 
3° une couche de terre de bruyère épaisse en moyenne de 1 mètre. 
Ces trois couches vont en diminuant de largeur, de bas en haut, 
suivant la convergence des deux talus. Sur la dernière, c’est-à-dire 
sur la couche de terre de bruyère, large à son sommet de 3 mètres 
seulement, est placé le mur proprement dit. Ce mur se constitue 
de trois parties, qui sont : i° une double assise de pierres, faisant 
garniture ou parapet intérieurement et extérieurement, lesquelles 
pierres sont brutes, à peu près cubiques et un peu plus grosses du 
côté de la campagne que du côté de la forteresse; 2 0 un entassement 
perpendiculaire de petites pierres et de terre de bruyère, large de 
□ 5 centimètres, joignant les assises et régnant derrière elles; 3° en¬ 
fin, au centre du mur, c’est-à-dire entre les deux entassements, une 
bande de granit fondu, large en moyenne de i m ,25 et épaisse de 
65 centimètres, reposant sur un amas de tuf de même laigeur et 
épais de 35 centimètres. 

« J’ajouterai, comme réflexion, que le granit fondu se présente 
sur tous les points du mur avec une épaisseur constante; que, de 
plus, il n’ofîre à sa surface aucun signe de brisure ou de dimi¬ 
nution; d’où j’ai pensé que la muraille, intacte sur ses côtés là où 
a eu lieu la fouille, est aussi, quant à la hauteur, dans l’état où 
elle était originairement. 

«■ L’enceinte vitrifiée du Puy de Gaudy étant faite comme il vient 
d’être dit, à quelle, époque peut-elle appartenir? 

«Il y a deux ans déjà, j’avais été amené à penser que celte mu¬ 
raille n’est point de construction gauloise, par la rencontre que 
j'avais faite d’un morceau de tuile enfermé dans un bloc de granit 
fondu, les Gaulois, d’après le témoignage de Vitruve, n'ayant em¬ 
ployé à la construction de leurs maisons que le bois, la paille et la 
terre. De plus, eu piochant sous des blocs non déplacés, j'avais 
trouvé des fragments de poterie romaine. La conclusion à laquelle 
m’avait conduit la présence de ces objets se trouverait confirmée 
définitivement aujourd’hui, savoir que le mur vitrifié du Puy de 
Gaudy est postérieur à l’ère gallo-romaine. En effet, au ceutre du 
rempart et au plus bas de la couche de terre de bruyère, dès lors à 
une profondeur de i m , 8 o, j’ai trouvé que les débris gallo-romains 


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abondent en quantité aussi grande que sur remplacement même 
de la ville ruinée, circonstance que mes recherches antérieures 
n'avaient pu me faire connaître, étant trop limitées. Je n'ai ren¬ 
contré absolument rien dans la couche de terre glaise ni dans la 
couche d'argile jaune, ce qui n'est pas étonnant. Le gisement de 
terre glaise le plus rapproché des murs est à plus de 600 mètres, 
dans les prés traversés par le ruisseau de Laspeyras; l'argile jaune 
pourrait venir de moins loin, cependant elle n'est abondaute que 
dans les lieux bas et manque totalement sur les hauteurs, où la 
terre de bruyère descend jusqu'à la roche. La terre glaise et l’argile 
jaune ne devaient donc rien contenir, ayant dû être empruntées à 
des terrains éloignés. Il n’en est pas de même de la terre de bruyère. 
D'abord, elle couvre la montagne et pouvait être prise partout; en¬ 
suite, l'emplacement de l'ancienne ville dominant le mur vitrifié 
et s'en trouvant tout proche, c’était là que l’on devait tout naturel¬ 
lement la prendre, surtout à cause de la pente qui facilitait le trans¬ 
port. 

« .De ce qui précède, je tirerai cette conclusion involon¬ 

taire : la construction du mur vitrifié du Puy de Gaudy est posté¬ 
rieure à la destruction de la ville gallo-romaine dont les ruines 
sont sur la montagne. 

(rEn donnant les détails qui sont plus haut, j'ai pensé pouvoir faire 
connaître exactement la manière dont est construit le rempart; ce 
point m’a paru important; peut-être, en effet, par un rapproche¬ 
ment heureux, serait-on conduit à en découvrir les auteurs. Des 
murs anciens appartenant à des lieux et à des temps divers ont dû 
souvent être observés. Or celui dont j’ai parlé est d’une structure 
si spéciale, qu’il semble annoncer tout à la fois et un art particulier 
et une nationalité déterminée; de sorte que, dans le cas où des ou¬ 
vrages militaires faits de même sorte auraient été signalés dans 
d’autres pays, cette similitude mériterait, je crois, d’arrêter l’atten- 
tion; et, s’il existait quelque recueil des divers modes de fortification 
employés dans les temps anciens, il pourrait arriver que le con¬ 
sulter suffit pour résoudre la question. 

* Les forts que l’on appelle vitrifiés sont rares. Mais serait-il né¬ 
cessaire de rencontrer un terrassement tel que celui que nous avons 
décrit, accompagné aussi de granit fondu? Je ne crois pas. Dans le 
fort du Puy de Gaudy, la partie vitrifiée joue un rôle si secondaire, 
qu’elle pourrait être remplacée, avantageusement même, par des 


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pierres ordinaires; à ce point que cette bande de granit tondu 
semble une superfétation, venant ou d'un caprice ou de quelque 
raison mystérieuse. Toutefois, pour asseoir et placer cette superfé¬ 
tation, il a fallu faire un rempart. Ce rempart, tel qu’il s’est offert 
et tel que nous l'avons présenté, ne peut avoir eu aucune influence 
dans la production du phénomène de la fusion; si donc on fait abs¬ 
traction du granit fondu, ou se trouve en présence d’un rempart 
élevé par je ne sais quel peuple, mais élevé certainement à la ma¬ 
nière ordinaire à lui dans les travaux de fortification. Rencontrer 
cette manière employée ailleurs serait peut-être trouver le mot de 
l’énigme. 

«Mais si, en ce qui touche le Puy de Gaudy, on interrogeait l’his¬ 
toire seulement pour résoudre la question, je n'hésiterais pas, pour 
moi, a dire que cette enceinte est un camp fortifié des Visigoths. 

ffDu moment, en effet, quelle ne saurait être ni celtique, ni ro¬ 
maine, ni gallo-romaine, il faut quelle appartienne aux temps pos¬ 
térieurs à la disparition des Romains; il faut, dès lors, qu’elle soit 
l’œuvre d’un des peuples qui se sont substitués à ces derniers; il 
faut donc qu’elle soit l’œuvre ou des Gotlis ou des Francs. Cette 
muraille n’a pas été élevée par les Francs, si on la compare aux 
ouvrages laissés par eux dans les pays qu’ils ont conquis lentement 
et en y élevant pendant plus de deux siècles des moyens de résis¬ 
tance. D’ailleurs, un lieu-fort mérovingien se trouve aussi dans le 
département de la Creuse : c’est Saint-Geoi*ges Nigremont, le Niger 
mons de Grégoire de Tours, où Chramne, fils de Clotaire, se retira 
à l'approche de scs frères venant à la tête d'une armée pour le ré¬ 
duire à l'obéissance. Là, le système de défense est chose presque 
informe : des pierres posées peu régulièrement au sommet d’une 
pente rapide et autour d’un plateau, voilà tout ce qu’il y a. 

<r A l’appui de notre opinion attribuant aux Goths de l’ouest les 
fortifications du Puy de Gaudy, nous ferions remarquer que l'on ne 
trouve nulle part, à l'intérieur de la place, les traces d'aucune 
habitation quelconque contemporaine des murs. Cette circonstance 
indiquerait qu'il y avait là, non une ville, mais un campement; 
d’autant plus que ceux qui se sont établis en ce lieu ont renversé 
la ville gallo-romaine, ne voulant pas s’en servir pour s’abriter... 
Cependant l'établissement du Puy de Gaudy était un établissement 
important et fait pour rester durable; les remparts seuls, sans 
compter de considérables travaux d’approche, ont dû demander un 


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temps fort long. Ceux qui les ont élevés devaient, par conséquent, 
avoir dans le pays une domination assise, puisqu'ils ont pu prendre 
le loisir de faire une enceinte à leur mode, je dirais presque à leur 
fantaisie, sur plus d'un kilomètre et demi d'étendue. 

« Remarquons encore que le sol est nu partout sur l’emplacement 
de la ville gallo-romaine, excepté là où se trouvent les vestiges 
d'un monument religieux; ces ruines seules, dans l'intérieur entier 
de l’enceinte, se présentent comme chose postérieure à l'ancienne 
ville. Tout près des ruines est un cimetière, dont le sol est jonché 
de débris gallo-romains.r» 

La deuxieme partie de la Quatrième note de M. Thuol se compose 
d'une dissertation historique et philologique sur la nature et les 
circonstances de l'établissement des peuplades germaniques dans la 
Gaule. Cette dissertation, trop longue pour être reproduite ici cl 
ne se rattachant d'ailleurs que par incidence au sujet principal du 
mémoire, se termine ainsi : 

tr.. . De toutes les considérations qui précèdent, je tirerai cette 
dernière conclusion : le mur vitrifié du Puy de Gaudy serait, sui¬ 
vant moi, l'ouvrage desVisigoths, et aurait été construit de 4 i 2 à 507. 

«Je ne veux pas terminer sans donner la copie d’une inscription 
curieuse, du moins pour ce pays, récemment découverte au village 
des Bains. 

trLa pierre qui contient cette inscription a 70 centimètres de 
longueur, 3 o d'épaisseur et 60 de largeur; toutes ses faces sont dé¬ 
grossies seulement, excepté celle qui a reçu des lettres, état qui 
indiquerait que la destination première de cette pierre était d'être 
placée dans une muraille. On l'a trouvée en démolissant une maison 
ancienne, appartenant à la famille de M œe du Mirai; c’est à son 



homme d'affaires que l'on en doit la conservation. Une cassure, 
faite par des maçons qui se disposaient à en faire d'autres, partage 
la pierre en passant entre la troisième et la quatrième lettre; mais 
les morceaux ont été soigneusement rapprochés et placés dans la 


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façade de la maisoii nouvelle. Un coin est un peu endommagé. La 
lettre N a 8 centimètres de hauteur. 

Tijuot, 

Professeur de philosophie au collège de Guéret, 
membre de la Société des sciences naturelles 
et archéologiques de la Creuse. 

P.-S. A cette note, écrite en 1870, nous donnerons pour conclu¬ 
sion le dernier paragraphe d’un article lu au mois d’avril 1873 de¬ 
vant le bureau et devant la commisson de rédaction de la Société 
des sciences naturelles et archéologiques de la Creuse, article 
inséré a la page 273 du Bulletin de celte Société*, paru le 3 t dé¬ 
cembre 1873 : 

rr Ce monument épigraphique était le seul qui eût jamais été dé¬ 
couvert au Puy-de-tiaudy ; nous avions, on le comprendra, un ex¬ 
trême désir de connaître le seul mot écrit que nous léguait le passé; 
nous fîmes donc une empreinte de l’inscription et l’envoyâmes à 
M. le Ministre de l’instruction publique, en le priant de vouloir 
bien la soumettre à l’examen du Comité des travaux historiques. 
Quelque temps après nous reçûmes une réponse qui fut pour nous 
la plus heureuse révélation. Jusque-là notre opinion sur la natio¬ 
nalité du peuple qui avait fondé et fortifié la ville de Ribandelle 
n’était qu’une conjecture raisonnable; cette conjecture devint aussi¬ 
tôt une certitude. Le témoignage écrit que le hasard a fait rencon¬ 
trer donne, en effet, à la déduction que nous avions tirée des faits 
historiques un appui si décisif, que cette déduction devient une 
vérité acquise. Les caractères de cette inscription , écrit M. le Ministre, 
semblent être latins, mais grossièrement formés. L'inscription d'ailleurs ne 
paraît pas composée déplus d'un mot, et le rapporteur croit y voir un nom 
barbare, celui du défunt CHVINDO. La racine de ce mot se retrouve 
dans un certain nombre d'origine germanique en usage surtout aux n e et 
vu e siècles. La conséquence à tirer de l’interprétation donnée à l’ins¬ 
cription tumulaire du Puy de Gaudy est que cette inscription nous 
a conservé un nom contemporain de l’existence de la ville de Riban¬ 
delle, lequel nom est un nom germanique. L’extrême importance de 
cette constatation n’échappera à personne; elle permet, en effet, de 
considérer comme certain le séjour d’un peuple germanique dans une 
ville dont la destruction correspond à la fondation de Guéret, cette 
fondation, rapportée à l’année 720, se trouvant coïncider avec la 


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guerre impitoyable que lit Charles Martel aux Aquitains en 719. 
L’inscription du Puy de Gaudy serait donc, en ce qui touche l’his¬ 
toire particulière de la contrée, comme un trait d’union placé entre 
l’époque gallo-romaine et le moyen âge, entre Ribandellc et Vervac- 
tuin, appelé plus tard Waraclum, puis Garactum, et aujourd’hui 
Guéret, d’après Adrien de Valois.» 

T. 


M A RC U H POUR LA CONSTRUCTION DBS ORGUES DE LA CATHEDRALE DE BaïONNE. 

Commun ica lion de M. P. Raymond, correspondant à Pau. 

Maître Domingo de Castelbon, organiste espagnol, demeurant à 
Vitloria, s’engage envers deux chanoines de Bayonne et deux bour¬ 
geois de celte ville à construire les orgues de la cathédrale moyen¬ 
nant 1A0 écus et la fourniture des matériaux nécessaires. L’acte es! 
passé devant un notaire de Bayonne, le 8 novembre i 486 . 

• 

TRADUCTION. 

Ail nom de Dieu. Amen. 

Que ce soit chose connue de tous que le jour de la date ci-dessous écrite, 
en la présence de moi notaire public et des témoins ci-dessous désignés, 
constitués personnellement, les vénérables et discrets seigneurs nossei¬ 
gneurs Auger d’Anglade, Bertrand de Leliet, chanoines de l’église cathé¬ 
drale de Bayonne, Pernauton de Lelande et Mathieu de Legoarde, bour¬ 
geois, marchands et voisins de la ville de Bayonne, d’une part, et maître 
Domingo de Castelbon, organiste, habitant de la ville de Vittoria du 
royaume d’Ëspagne, d’autre. 

Sur les orgues que devait faire ledit maître Domingo, pour les besoins 
de ladite église cathédrale de Bayonne, de leur bon gré, etc., se sont en¬ 
tendus dans la forme et la manière suivante : et d’abord que ledit maître 
Domingo sera tenu de faire les orgues de vingt pans 1 h la mesure des 
pans dudit maître Domingo. 

Item il y aura cinquante-huit grands tuyaux commençant du plus grand 
au plus petit. 

Item il y aura cinquante-huit autres petits à coté des grands, et ceci 
pour le jeu principal. 

Item en plus il y aura derrière un autre orgue qui sera de huit points 
plus haut, lequel aura quatre cents tuyaux et se touchera sans toucher le 
grand, quand l’on voudra, et chacun séparément. 

1 O11 appelle pan ou empan uue mesure égale à la main ouverte, palma , palmus. 


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Item toutes les orgues seront de huit contres modernes, et, parce que 
l’orgue est grand et qu’il y faut quelques primes, le jeu sera augmente de dix 
points dans les notes supérieures sans les fmètes qui sont les bémols qui 
sont six ensemble, qu’il faut prendre et qui passeront la quantité des cinq 
cents tuyaux. 

Et ceci par le désir qu’a ledit maître Domingo de bien servir en celle 
affaire, lesquelles dites orgues ledit maître Domingo sera tenu de faire en la 
forme susdite a la connaissance de deux personnages experts en la ma¬ 
tière, choisis par les deux parties, et cela dans le terme de huit mois 
premiers venant à partir du premier jour de janvier prochain. 

Item ledit maître Domingo sera tenu de faire en plus d’autres orgues 
petites de six pans avec huit contre-flûtes, avec une aile, d’ici au jour et 
fête de Noël prochain. 

Et tout ceci pour le prix et somme de cent quarante écus, comptant 
par chaque écu cent dix liards. 

Item il est convenu que, pour faire tous les soufflets des grandes orgues 
et petites orgues, lesdils d’Anglade, de Lehet, de Lelnndc et de Legoarde 
devront bailler audit maître Domingo quinze douzaines de peaux bounes 
et marchandes, a dix réaux la douzaine, et comptant par chaque réfd 
dix liards. 

Item est convenu cuire les susdits que lesdits d’Anglade, de Lehet, de 
Lelande et de Legoarde seront tenus de bailler audit maître Domingo, 
pour faire lesdites orgues, la quantité d'étaiu nécessaire auxdites orgues, 
bon et marchand, comme il convient pour les orgues. 

Item il est convenu qu’au commencement il sera donné un dauphin d’é¬ 
tain pesé, lequel sera fondu et converti en canes et afliné, et après il sera 
pesé, et, selon la mesure qui sera trouvée dans ledit étain ainsi afliné et 
converti en eancs, il sera baillé le nécessaire pour lesdites orgues, et les 
recoupes resteront auxdils d’Anglade, de Lehet, de Lelande et de Legoarde. 

Item lesdits d’Anglade, etc., seront tenus de payer audit maître Do¬ 
mingo lesdits cent quarante écus, à savoir : un tiers quand ledit maître 
Domingo aura fait le bâtis desdites orgues, l’autre tiers quand il touchera 
le jeu, et le troisième tiers restant six mois après que lesdites orgues seront 
terminées. 

El pour taire et accomplir ceci, etc. 

Ce fut fait à Bayonne, le dix-huitième jour de novembre de l’an de grâce 
quatorze cent quatre-vingt-huit, en la présence aussi des sages hommes 
Barthélemy de Laconie, Pierre Lacatle, prébendier de Bayonne, et Salvat 
de l^abat, prêtre, citoyens de Bayonne, témoins appelés et priés pour les 
présentes. 


(MUGIRAI.. 

In Domine Domini. Amen. 


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Conegude cause sie a tolz que lo die de le date jus scriut, en la pre- 
senci de mi no ta ri public et deus testimonis jus escriulz, constituez perso- 
naumentz, les venerables et discrets seinhers mosseinhers Auger d'Anglade, 
Bertran de Lehet, canonges de le glisie calhedrale de Baione, Peraaulon de 
Lelande el Mathiu 71 e Legoarde, borgnes, marchans et vesins de le ciutal 
de Baione, d'une part, et meste Domingo de Caslel-Bon, organiste, habi¬ 
tant de le ciutat de Viclori deu rêva unie d'Espainhe, d'autre. 

Sus los orguentz fasedors per lodit meste Domingo per et ad obs de 
le dite glisie cathédrale de Baione, de lor bon grat, etc., se son appunctalz 
en le forme et inaneyre seguenl : et primo que fodit meste Domingo sera 
tingut de far los orguentz de vint pamms ab lo p[e] deus pannis deudit 
meste Domingo. 

Item y aura cinquoante oeyt tuetz grans comensan deu maior dequi au 
menor. 

Item y aura autres cinquoante oeyt petitz ab aquelz grans et asso 
quoant au flautat principal. 

Item mes y aura darre autre orgtien que sera oeyt puntz lues hault, lo- 
quoau aura quoate centz tuetz et se toquera chetz toquar lo granl quoant 
hom volera et cascun de per si. * 

Item seran totz les orguentz de oeyt contres modems,et per que l’or- 
guen es gran et y aye de aver primes augunes lo joc sera crescut de detx 
puntz en las sobres agudes chetz las tinetes que son les memols que son 
chiis enehiments, que a de lhevar et que passeran la somc deus sincq centz 
tuetz. 

Et asso per lo désir que lodit meste Domingo a de ben servir en aquesl 
negoci, losquoaus ditz orguentz lodit meste Domingo sera tengut de far en 
le forme suberdite a conechence de dus personatges expertz en la maleri, 
elegilz per ambes partides, et asso deflens lo termi de oeyt mes priimcr 
venentz, conlantz deu prumer jom de gier prumer venent. 

Item plus sera tingut lodit meste Domingo far autres orgueils petitz de 
chiis panms ab oeyt contre flautatz ab une ale, d assi au jom et feste de 
Nadau prumer venent. 

Et lot asso per lo pretz et some de cent et quoarante sculz, contan per 
cascun escut cent et detz arditz. 

Item es accordât que per far tant los barquinx deus grans orguentz et 
petitz sera (ingutz balhar losditz d’Anglade, de Lehet, de Lelande et de 
Legoarde audit meste Domingo quinze dodzenes de baldres bons et mar- 
chantz, a detz revaus dodzene, et contan per cascun reyau detz arditz. 

Item es arcordat enter los susditz que losditz d'Anglade, de Lehet, de 
Lelande et de Legoarde seran tingulz balhar audit meste Domingo, per far 
losditz orguentz, tant d'eslainh que sera necessari ausdilz orguentz, bon et 
marchant, segont a per tin per orguentz. 

liera es .arcordat que de comensement lo sera donal ung daulin d es- 


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tainli pesât, loqtioau sera fundut et convertit cil canes et alinat, et apres 
sera pesât et seront la mezure qui sera trobade esser en lodit estainh aixi 
nlinat et convertit en canes, lo sera balhat lo compliment que sera neces- 
sari per losditz orguentz, et los retalhs demoreran per ausditz d’Anglade, 
de Lehet, de Lelande et de Legoarde. 

Item seran tingutz los susditz d’Anglade, etc., pagar audit meste Do¬ 
mingo losditz cent et quoarante escutz, es assaver : la terce part la et quent 
lodit meste Domingo aura feyt lo git deusditz orguentz, l’autre terce part 
quant toquera lo flautat et l’autre terce part restante chiis mes en près que 
losditz orguentz seran afinatz. 

Et ad asso tenir, couiplir, etc. 

Acta fuerunt hec Baione die decimâ octavâ menais novembris amio Do- 
mini millésime quadringenlesimo octuagesimo octave. Presentibus ibidem 
providis viris Barlholomeo de Corne, Pelro Lacade, prebendario Baione, et 
Salbato de Labat, clerico, civibus Baione, lestibus ad premissa vocatis et 
rogalis. 

(Archives des Basses-Pyréuécs, G. 86. — L'acte est retenu par 
Barthélemy Daguerre, clerc de Bayonne, notaire apostolique et 

. ordinairetle Tévéque de Bayonne.) 

Le 6 décembre îiqo, Domingo de Castelbon réclama le reste 
de l’argent qui lui était dû pour les orgues de l’église de Bayonne. 
Bertrand de Lehet et Mathieu de Lagarde le renvoyèrent au lende¬ 
main, lui promettant qu’il serait content «de bone rason.» 

Quant à Pernauton de Lalande, il répondit qu’il ne devait rien à 
Domingo et ne s'était obligé en rien. 

(Actede protestation retenu par Jean d’Urruti, notaire de Bayonne, G 86.) 

Pour cupio conforme : 

Paul Raymond, 

Archiviste des Basses-Pyrénées. 


Découverte d'une colonne dans des fouilles à Lyon. 

Communication de M. Martin-Daussigny. 

Le 29 mai dernier, des ouvriers terrassiers, eu creusant un petit 
canal clans la rue de Savy, à l’angle de la place Salhonay et tout 
contre la maison n° î (ancieu couvent des dames de la Déserte), ont 
rencontré, à i*Vio de profondeur, une colonue en pierre, choin 


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de fay, couchée perpendiculairement à la rue de Savy, et son extré¬ 
mité supérieure engagée sous le trottoir de ladite maison. Extraite 
avec soin, elle a été portée au palais des arls. 

Le fût de la colonne est intact. Son astragale n'a pas la moindre 
cassure, et le congé du bas n'est que fort peu endommagé, de sorte 
qu’on peut avoir sa hauteur totale qui est de a“, 46 ; son diamètre 
est de 3 i centimètres dans sa partie inférieure; c’est une colonne 
d ’atrium élevée probablement sur une maçonnerie à hauteur d’ap¬ 
pui. Malheureusement, elle est privée de sa base et de son chapiteau. 

Cette colonne est sans cannelures. Tout ù côté, on a trouvé, à la 
môme profondeur, un assez gros fragment d’une colonue absolu¬ 
ment semblable. Le sol dans lequel ce monument a été trouvé est 
formé de‘débris antiques, briques et ciments romains, et d’une 
grande quantité d’ossements de l’espèce bovine. Sur la colonne, on 
remarque les traces d’un instrument de travail qui ressembleraient 
à celles résultant de l’emploi de la boucharde. Pareilles traces se 
trouvent sur des inscriptions antiques, ou plutôt sur les côtés des 
monuments portant des inscriptions. Peut-être même l'instrument 
antique, équivalent à notre boucharde, était-il rond au lieu d’être 
carré. 

Cette découverte n’aurait par elle-même rien de fort intéressant, 
si elle n’était qu’un fait isolé, quoiqu’il soit très-probable que d’au¬ 
tres colonnes seraient trouvées si une tranchée suffisamment large 
était ouverte dans le reste de la rue; mais ladite découverte devient 
d’une certaine importance en ce qu’elle se rattache à toutes celles 
qui ont eu lieu sur ce point à différentes époques, ce quartier du 
vieux Lugdunum gaulois (pagus Condai), d’après une inscription 
qui y a été trouvée, étant celui où ont été découverts les monu¬ 
ments antiques les plus intéressants sur le culte augustal, et enfin 
les restes de la décoration de l’enceinte sacrée, puis les vestiges les 
plus importants et par-dessus tout les restes de l’inscription capi¬ 
tale Romae et Avgvsto, découverts par moi en i85g. 

Je rappellerai donc qu’en i8ao, quinze pas plus loin que le gi¬ 
sement de la colonne trouvée dernièrement, en construisant la mai¬ 
son Girodon, on découvrit trois mosaïques superposées, n’ayant 
entre elles qu’une couche de terre variant de 60 à 80 centimètres, 
ce qui atteste trois habitations, dont la seconde avait été établie sur 
les ruines de la première, et la troisième sur les ruines de la se¬ 
conde. 


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Ces Lrois mosaïques étaient d'un mérite fort inégal, celle de des¬ 
sous, naturellement la plus ancienne, était aussi la plus belle. Une 
bordure d’entrelacs de couleurs variées entre des lignes droites en¬ 
touraient de magnifiques médaillons dont quatre représentaient les 
quatre saisons, tètes d’un caractère remarquable et dont deux seu¬ 
lement conservées ont été employées par moi dans la décoration de 
l’entrée de notre salle des antiques. 

Les deux autres mosaïques, placées au-dessus de celle que je 
viens de décrire, étaient de beaucoup inférieures en mérite et déno¬ 
taient des époques de décadence, surtout la dernière, c’est-à-dire la 
première découverte. Ces deux mosaïques de dessus portaient des 
traces de calcination. 

Enfin, dernièrement, au tU février de cette année, un peu de 
côté et sur la place Salbonay même, vis-à-vis la maison n° 3 , à 
dix pas du gisement de la colonne, a été trouvée, à 1 m , 4 o de pro¬ 
fondeur, une fort jolie mosaïque fond blanc et à dessins noirs, 
formée de seize compartiments semblables. Cet ensemble était en¬ 
touré d’une bordure dans la composition de laquelle étaient rappelés 
tous les ornements de médaillons. Chaque médaillon ayant 9 4 cen¬ 
timètres ella bordure générale 5 o centimètres, la mosaïque, formant 
un carré parfait, avait donc une grande partie de ce travail 

s’étend encore sous le trottoir de la maison n° 3 . 

Cette mosaïque reposait sur un terrain fortement battu et recou¬ 
vert d’une couche de ciment rougeâtre dans lequel on remarque la 
présence de la brique pilée. Ladite mosaïque était recouverte de 
8o centimètres de décombres résultant d’un écroulement, car les 
pierres, dans le plus grand désordre, laissaient entre elles des vides 
assez considérables. Sur ces décombres et au-dessus de la mosaïque 
était établie une conserve d’eau antique, formée d’un béton ou ci¬ 
ment romain de 6 à 8 centimètres d’épaisseur. La conserve avait 
3 m , 5 o de longueur; sa largeur n’a pu être mesurée. Cette conserve 
est encore une preuve des deux habitations établies l’une sur 
l’autre. 

Au résumé, l'ensemble de ces découvertes, auxquelles j’ajouterai 
celle du bas-relief des mères Augustes, donne la preuve d’une grande 
richesse d’habitations gallo-romaines sur ce point, à quelques pas de 
l’autel d’Auguste, de l’amphithéâtre, des statues colossales et sur 
le penchant de- la colline dout le nom de Sébastien ne provient 
que du nom de Sebastos que les chrétiens grecs de Lugdunum 


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— 321 — 

avaient donné à la colline Auguste, à mi-hauteur de laquelle a été 
trouvée, en 1 5 ^ 8 , la laide de bronze contenant le discours de l'em¬ 
pereur Claude. 

Martin-Daussigry, 

Correspondant du Ministère, directeur des musées de Lyon 


Sceau en bAonzb découvert à Saint-Quentin. 

Communication de M. l'abbé Corblet, correspondant, A Amiens. 

J'ai l'honneur d'adresser au Comité des Sociétés savantes (sec¬ 
tion d’archéologie) l’empreinte d’un sceau en bronze qu’on vient de 
trouver à Saint-Quentin, dans le terrain sur lequel s’élevait jadis le 
couvent des Jacobins. L’inscription est ainsi conçue : S. fris (puis 
une lettre que je ne puis déterminer) A icolai Bovelettes in officio sce 
inquisiùonis . Le champ du sceau oiîre la figure agenouillée de saint 
Pierre de Vérone, martyr dominicain, bien reconnaissable au glaive 
qui va lui fendre la tête. Au-dessous, sous une arcade en accolade, 
l’inquisiteur Nicolas Bovelettes semble implorer saint Pierre de Vé¬ 
rone pour qu’il lui communique les lumières dont il a besoin dans 
l'exercice de sa charge. Une banderole qui part de son épaule porte 
ces mots : Credo in. 

De la découverte de ce sceau, on a conclu trop rapidement: 
i° qu’il y a eu jadis à Saint-Quentin un tribunal de l'inquisition; 
2 ° que le couvent des Jacobins était probablement, dans l’origine, 
sous le vocable de saint Pierre de Vérone. 

L’office d’inquisiteur n'était pas attaché à tel ou tel couvent de 
dominicains; c’était une charge personnelle, conférée le plus ordi¬ 
nairement, mais pas exclusivement, à un membre des frères prê¬ 
cheurs. L’official de l’inquisition étendait sa juridiction sur une 
certaine circonscription, et n'avait point de résidence fixe pour l’exer¬ 
cice de ses fonctions. En tant que religieux, il habitait une maison 
de son ordre, située dans son district inquisitorial; mais il se ren¬ 
dait partout où l’appelaient les nécessités de sa charge. Quand le 
tribunal de l’inquisition oLaiL établi dans une ville d’une façon per¬ 
manente, l’official ou grand inquisiteur résidait dans son couvent; 
mais ce couvent restait complètement élranger, comme dans le pre¬ 
mier cas, au ministère spécial de l’un de ses membres. Le couvent 


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— 322 — 

avait son sceau spécial, qui! n'aurait point permis à l'inquisiteur 
(remprunter pour son ministère personnel, ce qui lur aurait fait 
contracter une sorte de solidarité. Dans l'ordre des frères prê¬ 
cheurs, la dignité d’inquisiteur, comme celle de prédicateur général 
et de maître en théologie, entraînait avec elle le privilège du sceau 
cl des armes. Ce n’est donc pas le sceau d’une communauté, mais 
celui de l'inquisiteur Bovelettes qui vient d'être trouvé, et il ne faut 
pas voir dans l’effigie de Pierre de Vérone le patron d’un couvent. 
Il est, au reste, très-naturel que Bovelettes, quand bien même il 
n’aurait pas eu pour patron de religion Pierre de Vérone, ait choisi 
pour illustrer son sceau le plus célèbre dos inquisiteurs martyrs de 
son ordre. 

La lettre qui suit le mot fratrie , et que je ne puis déterminer, 
serait^elle un I, un L ou un P... ? Dans le premier cas, ce serait l’ini¬ 
tiale du nom de religion du P. Bovelettes ( Johannie , Jacobi , Julii, etc., 
car l’usage dominicain est de placer ce nom immédiatement avant 
le nom de baptême. Je ne pense pas qu’on puisse voir là l’initiale 
d'inquieitorie: i° a cause de la redondance qu’offrirait alors la lé¬ 
gende; a° parce que, si je ne me trompe, le titre d'inquieitor ne se 
place point entre le mot /rater et le nom du religieux. 

Si la lettre douteuse est un L, c’est évidemment l'abréviation 
de Lectorie. Le lecteur, chez les Dominicains, correspond au doc¬ 
teur-professeur en théologie. C’est le grade immédiatement inférieur 
à celui de magieter , maître en théologie. Ce titre est toujours inter¬ 
calé entre le mot fratrie elle nom du religieux. 

Enfin, si c’est un P, j'y verrais Pétri , nom de religion de Bove- 
leltes, et cela nous expliquerait la présence de saint Pierre de Vérone. 

En résumé, celte effigie ne saurait nullement prouver que le cou¬ 
vent des Jacobins de Saint-Quentin ait pu être primitivement placé 
sous le patronage de saint Pierre de Vérone. En face du silence de 
l'Iiistoire sur l'existence d’un tribunal de l'inquisition à Saint-Quen¬ 
tin, nous devons supposer que ce sceau aura été apporté au couvent 
des Jacobins par quelque cause accidentelle, peut-être comme un 
objet de curiosité, et que sa découverte n'intéresse point directe¬ 
ment les anuales de l'ancienne capitale du Vcrmandois. 

L'abbé J. Corblf.t. 


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— 323 — 

Acte d émancipation de Joseph Lieaütaüd , sculpteur de la Ciotat, 
par Pierre Libautaud, son père (i'i avril i6S3). 

Communication de M. l'abbé Magl. Giraud, correspondant. 

Après avoir construit et «achevé le maître-autel de l’église de 
Sainl-Maximin (Var) pour la somme de 22,000 livres, et avoir 
rempli toutes les conditions du prix fait h la grande satisfaction des 
religieux dominicains du couvent de celte ville 1 , Joseph Lieaulaud, 
étant alors «âgé de 3 g ans, demanda à Pierre Lieautaud, son père, 
de vouloir bien l’éinanciper et le mettre hors de la puissance pa¬ 
ternelle, afin de travailler à l’avenir pour son propre compte, et se 
faire, par ce moyen, une position avantageuse et honorable. Pierre 
Lieautaud ayant accueilli favorablement la juste demande de son 
fils, l’acte suivant fut passé à Saint-Maximin, le i 4 avril iG 83 : 

Extraict d'émancipation êl donation pour Joseph Lieautaud . 

L’an mil six cens haletante troix et le quatorze jour du mois d’avril, avant 
midj, au reigne du très crestien prince Louis quatorzi*, par la grâce de 
Dieu roy de France et de Navarre, compte (tic) de Provance, Forcalquier 
et terres adjacentes, longuement et heureusemant soit-il. Comme soit que 
par les loix (jivines et humaines, les enfantz procréés de légitimé mariage 
ce treuvent soubmis soubz la puissance paternelle, au moyen de laquelle, 
quojque juste et humaine, par un defaut de liberté les enfantz ce rendent 
nonchallantz h ce pousser h la vertu par l’apréhantion qu’ilz ont de ne 
pouvoir librement disposer des biens qu’ilz pourront acquérir par leur in¬ 
dustrie et vacations et autres considérations, par moyen de quoj bien sou¬ 
vent survient des axcidantz fâcheux; pour ces cauzes jl est que, par devant 
m r m” Jéan Ànibal de Richiere, s r d’A lions, conseiller du roy, juge civil et 
criminel au siège royal de ceste ville de St Maximin, et la prézance et 
acistance de M* Jean Mnyol, advocat en la cour, premier consul de la 
dicte ville, et de nous, not” royal, soubzsigné, et tesmoingz sy après 
nommés, sont constitués en leurs personnes Pierre Lioutaud (sic), maitre 
polliair* du lieu de la Ciotat, et Joseph Lioutaud, son filz, maître esculp- 
teur, jcelluy fisz habitant et résidant nu dici St Mnximin, lequel Joseph 

1 Voy. la Revue des Sociétés savantes , série 2 , tome III, pages 38<)-/ioi, docu¬ 
ments relatifs à la construction du maître-autel de l'église de Saint-Maximin (Var), 
exécuté par Joseph Lieautaud, sculpteur de la Ciotat. 

* Fabricant de poulies. Dans les documents précités, page 3 q 3, ligne 12 , Joseph 
Lieaulaud est qualifié de M* peilicier par erreur ; il faut lire M* pollieur. 


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— 32/1 — 


Lioutaud, oslnnt avec toute humillité au devant le dit Pierre Lioulaud, son 
|>ère, l’auroit humblement requis voulloir l’csmanciper et mettre entière¬ 
ment hors de sa puissance paternelle, ayant experiansse que, moyennant la 
liberté quil acquerra au subjet d'ycelle de ce pousser à la verteu par l’en- 
Iremise des affaires et négosses à quoy il né peut facillement parvenir par 
défaut d’estre esmancipé; ce que enten leü par le dit Pierre Lioutaud père, 
considérant que le dit Joseph Lioutaud, son filz, a passé son eage de nia- 
j o rit té, et quil est dans un estât à sçavoir ce conduire dans les alTaires de la 
négossiation, et d’ailheurs qu’il est sufTizament instrui et de son intelligence 
et bonne voullonté, afin de luj donner plus de moyen de ce pousser b la 
verteu et luj procurer son avanssement en adhérant b la prière et réquisition 
de son dict filz, auroit accordé et mesme rczolleu de l’esmanciper et mettre 
entièrement hors de sa puissance paternelle ; au subjet de quoj le dict Pierre 
Lioutaud père a prié et requis les dietz sieus juge et consul voulloir per¬ 
mettre et accister b l’esmancipotion qu’il entend fère au dict Joseph Liou¬ 
taud, son filz, et le dict sieur juge y mettre et interpozer son authoritté ju¬ 
diciaire pour l’entière vallidité d’icelle; sur laquelle réquisition le dict sieur 
juge, ayant interrogé le dict Pierre Lioutaud, moyennant sermant preste 
entre ces niains, sj l’acte d’esmancipation qu’il entend faire et passer en 
faveur du dict Joseph Lioutaud, son filz, est de sa propre et libre voullonté, 
et sy pour ce faire il y a esté forssé, suborné ou séduit de la part de son 
dict filz, ou autres pour luj, soit par menasses, constrainte ou aulremant, 
l'avertissant que, Ihorsque lelz actes sont faietz et passés aux formes pré¬ 
sentes, sont b jamais irrevocables, et que par après il n’aura plus aulcun 
pouvoir sur la personne et biens de son dict filz, lequel par moyen de 
telle esmancipation sera entièrement hors de sa puissance paternelle, et 
qu’il ne sera nullement obligé le secourir an des nécessités ny lui donner 
aulcuns secours; à quoi le d* Pierre Lioutaud père a respondeu qu’il dezire 
non seullement esmanciper son dict filz, mais encore luj 1ère donation entre 
vifz de tous ces acquetz et conquetz, estant suflisamment informé qu’après 
la présente esmancipation il n’aura plus aulcun pouvoir sur la personne et 
biens de son dict filz, d’ailheurs qu’il ne sera aulcunement obligé à son 
secours, n’ayant, au subject d’icelle, nullemanl esté forssé ny suborné, 
soit de la part de son dict filz ni autres, mais c’est aiussin son propre agré¬ 
ment et libre vollonté, percistant b la requizition, suivant laquelle le dit 
sieur juge a offert d’acister avec le dit consul au faict de la dite esmanci- 
palion et donation, et que, pour la vallidité d’icelle, il interpozera son au- 
tl 10 ri té judiciaire. En exécution de quoj, au mesme instant, aux présences 
susdictes, le dit Joseph Lioutaud filz, eslanl à genoux au devant le dict 
Pierre Lioulaud père, ayant entre ces niains celles du dict Joseph Liou¬ 
taud, son filz, luj requérant tousjours la dite esmancipation, jcelluy Pierre 
Lioulaud père auroit u l’instant rcllaxé de ces mains, pouvoir et puissance 
paternelle, le dit Joseph Lioutaud, son filz, et parle benefiiee de l’esman- 


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— 325 — 

cipation l'a faict et déclaré et constitué franc et libre de son authorité 
paternelle, luj donnant plain et suffizant pouvoir de contracter, agir et ne- 
gossier, séparément et à part d'icelluy Lioutaud,son père, avec telles per¬ 
sonnes que besoin sera, comparoir en jugement, soit en demandant qu’en 
défendant, achefter, acquérir de biens et faculthés, vendre et aliéner, 
d’iceux tester et disposer ainssin que bon luj semblera, et generallement 
faire par son dict filz comme tout père de familbe et home franc et libre 
peut faire de droits, et donne au dict Joseph Lioutaud, son filz, tout ce 
qu'icelluj acquerra par l'advenir et qu'il peut avoir acquis par son travailh 
et industrie par le passé, sur lesquels faict despartement de tous ses droitz 
que la loy luj acquerroit et qu'y peut luy avoir acquis, mesme des acqui¬ 
sitions et profitz que son dict filz peut avoir faict par le passé, dont et du 
tout luy en faict donation entre vifz sans que luy et autres enfantz y puissent 
rien prethandre, et, pour plus de vallidité du présent acte [de] donation, 
par devant monsieur le juge du dit S* Maximin les constituants ont faict et 
estleu pour leurs procureurs, scavoir: le dit Lioutaud père, m r Arbaud, et 
ledit Joseph Lioutaud, ütlz, moi dict notaire procureur par devant le dit 
juge, ausquelz donnent suffizaot pouvoir de requérir et accorder l'insinua¬ 
tion du présent acte, soubz promesse d'agréement et rellevemant en bonne 
forme, dont et du tout le dit Joseph Lioutaud filz en a humblement re- 
merssié son dict père, de quoj et de tout ce que dessus les dits Lioutaud, 
père et filz, ont requis le dit sieur juge voulloir luj en concéder acte, et, en le 
faizant, interpozer son decret et authoritté judiciaire, que le dit sieur juge 
luj en acorde et conssède, et ordonne que le présent acte sera gardé, ob¬ 
servé et executté selon sa forme et theneur. A quoj les parties ce sont 
soubmis, et pour cest effect obligent tous leurs biens prezants et advenir an 
touttes cours de susdits et autres, l'ont juré et requis. Acte faict et publié 
au dit S‘ Maximin, en la maison du susdit juge, aux presances du s r Ber¬ 
nardin Layet et s r Pierre Desautiers de la ville, tesmoingz requis et signés 
avec les parties. D'AUous juge, Mayot consul, P. Lioutaud, Joseph Liou¬ 
taud, Layet, Essautier, et de nous notaire soubzsigné. Gasquel, notaire, à 
l'original. 

Collationné sur l'original par nous no” royal soubz"*. 

Gasquet, no”. 

L'extraict sy dessus, portant donation, a esté insinué et enregistré rière 
le greffe, suivant l'ordonnance de monsieur le juge, randue en jugement 
le 19 * avril i683, par moy greffier; ainssin je le certiffie, je 

Richier, greffier. 

La dite donation contenue en l'acte d'émancipation cy dessus a esté au¬ 
torisée, [h] omologuée et insinuée par l'arrest reudeu en audience par mon- 

Rbt. des Soc. sav. 5* série, t. VI. a j 


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— 326 — 

sieur le lieutenant general au siège general de Provence, séant en œste 
ville d’Aix, du dix neufvies* juillet mil six cens quatre vingt trois, et, sui¬ 
vant icelle, le dit jour le dit contract, ensemble la nouvelle procuration, 
ont esté enregistrées au siège des insinuations au greffe du dit siège. 
Ainssin l’ateste je, greffier soubz ne , je 

Caovin. 

(Original conservé dans les papiers de la famille Lieaulaud, 
de la Cadière (Var). 

Pour copie conforme : 

L’abbé Magloirb Giraud. 

La lettre suivante et quelques croquis, faits à la plume selon 
son habitude, trouvés parmi les papiers des descendants de Joseph 
Lieautaud, prouvent que cet artiste, après la construction du maître- 
autel de l’église de Saint-Maximin, employa son talent à la sculp¬ 
ture sur bois et à l’ornement des vaisseaux de la marine marchande. 
Peut-être son ami, le célèbre Pierre Puget, quand celui-ci était 
sculpteur de la marine royale au port de Toulon, lui confiait-il 
quelques ouvrages. Toujours est-il que la lettre dont il s’agit at¬ 
teste que Joseph Lieautaud n’était pas étranger à ce genre de sculp¬ 
ture. En voici la copie : 

Cele (Cette) , jiiie (juillet ). 

ff Me servant de l’oucasion de.pour vous remercier 

de l’onneur que vous m’avet fait d’obliger M r Aüdiber de ce servi 
de moi pour faire l’esculpture de votre vèseau (vaisseau), ie vous 
prie d’avoir la bonté de m’en voyé le sujé ou le non (sic) que yous 
voudré métré au vèseau.?’ 

Ce billet ne porte pas la signature de Joseph Lieautaud; mais il 
est écrit de sa main. Nous en avons découvert le brouillon au dos 
de la lettre que lui écrivit le peintre Bouisson, auquel Joseph 
Lieautaud s’adressa pour peindre les deux tableaux qui décorent le 
maitre-autel de l’église de Saint-Maximin. 

L’abbé Magloirb Giraud, 

Correspondant du Ministère, à Sainl-Cyr (Var). 


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— 327 — 


Documents inédits sur les peintres Ambroise Dubois et Martin Fréminet. 

Notes sur quelques oeuvres d'art de l'abbaye du Lys, prés Melun . 

CoqQmumcalion de M. G. Leroy, correspondant. 

J’ai Thonneur de communiquer au Comité des travaux histo¬ 
riques copie d’un acte notarié passé entre les religieuses du Lys et 
la veuve du peintre Martin Fréminet, le 26 avril 1626 , pour 
l’entrée au couvent d’une fille née du premier mariage de la con¬ 
tractante avec Ambroise Dubois. 

S’il ne s’agissait que d’une prise de voile par une jeune novice, 
dans les conditions ordinaires, peut-être cette communication n’of¬ 
frirait-elle qu’un intérêt tout à fait secondaire. Mais des détails 
qu’elle fait connaître sur les familles des deux célèbres artistes, dé¬ 
tails qui ont échappé à leurs biographes, me semblent dignes de 
remarque. 

Ils constatent, en effet, qu’Ambroise Dubois, que l’on savait 
avoir été marié une première fois, vers 1678 , avec la fille du 
peintre Charles de Maugras, et de laquelle il eut quatre enfants, 
deux garçons et deux filles, épousa en deuxièmes noces Françoise 
de Hoëy, dont il eut Louis Dubois, mentionné dans plusieurs bio¬ 
graphies, et une fille, Étiennetle, religieuse au Lys. Il en résulte 
aussi qu’après la mort de son premier mari Françoise de Hoëy se 
remaria avec Martin Fréminet. Elle en eut un fils Louis Fréminet, 
qui était, par conséquent, et comme l’a dit avec raison M. Villot 
dans sa Notice des Tableaux du Louvre, frère de mère de Louis Du¬ 
bois (3 e édition, 1866 , pages ni et 130 1 ). 

Une particularité du même acte, c’est l’obligation prise par la 
veuve des deux peintres de fournir à l’abbaye du Lys, en considé¬ 
ration de la réception de sa fille Étiennette, une suite de tableaux 
ou peintures pour l’ornement du sanctuaire et des chapelles, savoir : 

L'Assomption de la Vierge; 

Saint Jean au désert et le baptême de Notre-Seigneur ; 

La Vierge portant l'enfant Jésus; 

L'image de saint Louis . 

Quelques-unes de ces peintures se retrouvent dans l’inventaire 

1 Ce degré de parenté est d'ailleurs confirmé par un brevet du 1 h juillet i65i, 
qui accorde à Louis Dubois (fils d'Ambroise) 2,000 livres de pension dont jouissait 
Fréminet fils, son frère de mère , naguère décédé. — Notice de M. Villot, page i3o. 

32 , 


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— 328 — 

du mobilier du Lys, dressé au mois d’août 1790, en exécution des 
décrets de l’Assemblée nationale. La partie de cet inventaire con¬ 
cernant les œuvres d’art est transcrite en fin du document inédit 
que j’ai l’honneur de soumettre au Comité. 

L’église de Damniarie-les-Lys, commune dans l’étendue de la¬ 
quelle se trouvait l’ancienne abbaye du Lys, a recueilli quelques 
tableaux provenant de cette abbaye; mais aucun d’eux ne parait se 
rapporter aux indications de la donation du 26 avril 1626. On 
ignore le sort des œuvres d’art provenant des libéralités de la veuve 
des deux grands peintres Ambroise Dubois et Martin Fréminet. 

G. Leroy, 

Correspondant du Ministère, archiviste de la ville 
de Melun (Seine-et-Marne). 

Réception d’Eliennette Duboys à Vabbaye du Lis. 

Du dimanche vingt sixiesme jour d'apvril mil six cens vingt six, après 
midy. 

Furent présents en leurs personnes : 

Noble et religieuse dame, madame Marie Marguerite de la Trémouille, 
abbesse de l'abbaye Nostre-Dame et roialle du Liz-les-Melun; dames 
Anne Eugénie Arnauld, Magdaleyne Gabrielle Picon, Marthe Marye Lad- 
vocat, Marye Magdaleyne Pailliot, Francoyse Mârye Chauveau, Angelicque 
Ysabel Dolet, Anne Catherine Chauveau, Magdaleyne Agnès Gibert, Marye 
Angelicque Suireau, Catherine Agathe Le Bernard, Geneviève Brigidde de 
Thumery, Marye Scholastique de Sèlve, Marguerite Françoyse Saulnier, 
Marguerite Catherine Le Bailly, Anne Magdaleyne du Fresnoy, Catherine 
Claire Lefebure, toutes relligieuses professes de la dicte abbaye, deuement 
convocquez et assemblez au parloir d'icelle abbaye au son de la cloche, en 
la manière accoustumée, faisant et représentant la*plus grande et seyne 
partye des relligieuses professes du dicl lieu ; 

Pour elles, d'une part. 

Dame Francoyse de Hoey veuve en premières nopces de feu Ambroise 
Duboys, vivant paintre et varlet de chambre ordinaire du roy, et en secondes 
nopces de feu Messire Martin de Freminet. vivant chevalier de l'antien ordre 
du roy, demeurant à Fontainebleau; 

1 D’autres documents portent Doul. Nous croyons vicieuse cette façon d’écrire le 
nom de famille de l’épouse des peintres Ambroise Dubois et Martin Fréminet. 
L’acte que nous transcrivons ici est signé par elle ns Hoeï. On ne saurail produire 
de document plus authentique. 


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— 329 — 

Tutrice de Eslienoette Duboys, fille du dict sieur Duboys et de la dicte 
dame de Hoey ; 

Pour elle, d’autre part. 

Lesquelles partyes de leurs bonnes volontez, sans contrainctes, les dictes 
dames abbesse et relligieuses en la presence et du consentement de reverend 
père en Dieu, frère Estienne Maugis, abbé de la Charmoy, de Tordre de 
Cisteaulx, et de père Guillaume de Sabatier, aussy prebtre religieux du 
dict ordre, procureurs d’icelle; et la dicte dame de Hoey, assistée de Claude 
de Hoey, son oncle, paintre et varlet de chambre ordinaire du roy, de¬ 
meurant au dict Fontainebleau, aussy présent; 

Recongneurent et confessèrent avoir fait et font les traictez qui sen- 
suivent, pour raison de la réception de la dicte Estiennelte Duboys, h pré¬ 
sent et dès deux ans novice et aiant pris la vesture en icelle abbaye, c’est 
assavoir : 

Que les dictes dames abbesse et relligieuses du Liz ont promis et pro- 
mectent prendre et recepvoir la dicte Estiennette Duboys pour relligieuse 
de chœur de la dicle abbaye, en laquelle elle a cpjourd’hui, soubz le bon 
plaisir de Dieu, faict vœu et profession, pour y vivre et estre entretenue 
comme les aultres dames relligieuses d’icelle. 

En faveur de laquelle réception, la dicte dame de Freminet a constitué, 
assigné par ces présentes, constitue, assigne et promet doresnavant payer 
et constituer, faire valloir et servir envers et contre tous, de tous empes- 
chements quelconques, aus dictes dames abbesse et relligieuses du Lis, ce 
acceptant, la somme'de soixante-quinze livres tournoiz de pention et rente 
viagère quelle promet paier et continuer aus dictes dames ou leur pro¬ 
cureur, ou au porteur, en la dicte abbaye du Liz, par chascun an, le 
vingt-sixiesme jour du moys d’apvril, première année de paiement com¬ 
mençant dujourd’huy vingt-sixiesme apvril en un an que l’on comptera 
mil six cens vingt sept, et de là en avant continuer d’an en an à pareil 
jour, la vye durant de la dicte Estiennette Duboys seullement. 

Et au fournissement de laquelle pention la dicte dame de Freminet a 
obligé spécialement pareille somme de soixante-quinze livres tournoiz de 
rente quelle a droit de prendre et percevoir par chascun an sur les biens 
de Ânthoine Outrebon, chantre et varlet de chambre ordinaire du roy, et 
dame Nicolle Vattier, sa femme, demourans à Paris, et faisant partye de 
cent livres tournoiz de rente à elle deue et constituée par les dessus nommez, 
et dont elle promet fournir coppye du contrat à la dicte dame abbesse du 
Lyz, et generallement sur tous et chascun les aultres biens, héritages et 
rentes à la dicte dame de Freminet appartenans, presens et advenir, 
quelle a affectez et hypotecquez, à fournir et faire valloir icelle pention la 
dicte vye durant, sans que la generalle d’arrerages à la specialle ni la 
specialle à la generalle, et advenant le decedz de la dicte Estiennette Du¬ 
boys icelle pention demeurera eslairicte. 


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— 330 — 

Aussy promect la dicte dame de Freminet de donner et fournir aus 
dictes dames abbesse et relligieuses le grand tableau qu'il convient au ta¬ 
bernacle d'icelle abbaye, auquel sera empreint et représenté Y Assomption 
de la Vierge, paint en huille et sur thoille et de telle grandeur qu’il con¬ 
vient. 

Et encorres trois aultres tableaux pour les trois autelz et chapelles de la 
dicte eglise du Liz, aussy paintz en huille et sur thoille, l’un auquel sera 
représenté sainct Jehan au desert et le baptesme de Nostre-Seigneur, le se¬ 
cond sera Y image de la Vierge portant Nostre Seigneur, et le troisième au¬ 
quel sera Y image de sainct Louys, convenables aus dits autels qui en ont 
esté baillez à la dicte dame de Freminet, qui promect iceulx tableaux 
fournir en la dicte abbaye dedans le premier jour de juillet prochainement 
venant. • 

Et sy à la dicte dame de Freminet fourny les vestures, meubles et aultres 
choses qui a convenu à sa fille tant lors de la vesture que pour sa profes¬ 
sion , et faict les presants aus dictes dames en la manière accousturaée. 

Car ainsy a esté accordé entre les dictes partyes. 

Et h ce faire estoient presants le dict sieur Anthoine Outrebon, chantre 
et varlet de chambre ordinaire du roy, et dame Nicolle Vattier, sa femme, 
demourans à Paris, rue Sainct-Honoré, paroisse Sainct-Eustache; la dicte 
dame Vattier de son dict mary autorisée. 

Lesquelz ont recongneu et confessé estre debteurs solidairement envers 
la dicte dame de Freminet de la dicte somme de cent livres toumoiz de 
rente, ci-dessus obligée et affectée à la continuation de la dicte pention de 
soixante-quinze livres tournoiz, et accepté ces presantes pour signification. 

Ce fut faict et passé au parloir de la dicte abbaye, en presence de 
M e Pierre Desprez, premier tailleur, varlet de chambre de monseigneur le 
prince de Condé; M e Gabriel Bourget, huissier en l’eslection de Melun, et 
Jehan Sursaime, clerc, demourans à Melun, tesmoings. 

Les dictes partyes, assistans et tesmoings, ont signé ces presantes avec 
les dicts notaires. 

(La minute originale de cet acte, dressée par M* Pierre Violet, notaire 
au Châtelet de Melun, est conservée en l’étude de M* Pujol, notaire 
en cette ville). 


État de» tableaux de l’église du Lis, tels qu’ils sont indiqués en l’inventaire di*essé 
le a août 1790 et jours suivants , en exécution du décret de l’Assemblée nationale 
des îâ et ao avril précédent . 

Dans le collatéral du côté de Tépitre, il y a une chapelle posée 
contre le mur, faite en boiserie, avec un tableau représentant 
Jésus-Christ portant sa croix. 


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— 331 — 

La chapelle de Saint-Jean-Baptiste, au côté droit du grand esca¬ 
lier, par lequel on monte au sanctuaire, est ornée de pilastres, co¬ 
lonnes cannelées, corniches et ornements qui les surmontent, le tout 
de bois, le tableau du saint 1 avec son cadre de bois peint. 

Du côté gauche du grand escalier est la chapelle de la Compas¬ 
sion, ornée dans le même genre que celle de Saint-Jehan-Baptiste. 

Vis-à-vis Tautel du Sacré-Cœur, un tableau de sainte Anne , avec 
son cadre en bois attaché au mur. 

Dans le fond est le maître-autel d’une architecture majestueuse 2 . 
Cet autel est orné de pilastres et colonnes cannelées avec leurs 
corniches, plinthes, chapiteaux et couronnements qui s’élèvent 
jusqu’à la voûte, le tout en bois, peint en façon de marbre; sur les 
colonnes deux anges adorateurs de grandeur naturelle; à côté des 
colonnes deux statues en bois, dont l’une représente saint Louis, fon¬ 
dateur de l’abbaye, l’autre saint Bernard. Un grand et magnifique 
tableau représentant F Assomption de la sainte Vierge, avec un cadre 
superbement doré 5 ; un grand et vaste tabernacle en bois doré; au- 
dessus et dans le couronnement est un tableau représentant Dieu le 
père, avec son cadre doré. 

Le chœur qui est dans une grande croisée à gauche du maître- 

autel est boisé dans tout son contour.Une grille de fer fort 

simple le ferme, au-dessus de laquelle est un grand et beau ta¬ 
bleau représentant la sainte Vierge avec un cadre de bois. Au-dessus 
du siège abbatial un tableau représentant Jésus-Christ en croix avec 
son cadre en bois, de la grandeur du précédent; à côté de ces deux 
grands tableaux deux autres plus petits. 

1 Provenant probablement du don de madame Fréminet. On sait qu’elle devait 
fournir à l’abbaye un tableau représentant : «Sainct Jeban au desert et le baptesme 
de Nostre-Seigneur.fl 

5 Exécuté par Gobert, menuisier du roi à Fontainebleau, en vertu d’un marche 
passé le 99 septembre 1691. 

* Ce tableau provenait incontestablement du don de madame Fréminet, qui, d’a¬ 
près les termes de l’acte du 96 avril 1696, avait promis «donner et fournir aux 
dames abbesse et religieuses le grand tableau qu’il convient au tabernacle d’icelle 
abbaye, auquel sera empreint et représenté YÂstomption de la Vierge. » 

Jehan de Hoëy, père de la donatrice, avait peint pour la chapelle haute du ch⬠
teau de Fontainebleau l’ Assomption de la Vierge. (Guilbert, Hittoire de Fontaine¬ 
bleau; l’abbé Tisserand, Revue de» Société» savante », i 859 - i 853 , p. 969.) — 
N’est-on pas tenté de croire que le tableau du Lys était une copie de l’œuvre de Jehan 
de Hoëy, exécutée par les élèves — peut-être par les fils — d’Ambroise Dubois ou 
de Fréminet? 


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— 332 — 


Avant-chœur, un autel avec un grand cadre en bois qui ren¬ 
ferme un tableau de saint Benoist. 

Dans la chapelle des reliques : 

Un grand tableau représentant le Paradis , avec un cadre doré. 
A droite de l'autel, deux tableaux dont un est de la plus grande 
beauté, avec leurs cadres dorés. A gauche, deux autres plus petits. 
Cinq tableaux dans la petite nef. 


(Extrait de la minute originale, conservée aux archives de la Préfecture 
de Seine-et-Mame.) 


Pour copio conforme : 


G. Leroy, 

Correspondant du Ministère, archiviste de la ville 
de Melun ( Seine-et-Marne. ) 


Deux inventaires d'armes conservées, en i5îi et en i5îs , 
À l'hôtel de ville de Nîmes. 

Communication de M. À. de Lamothe. 


Inventaire de» amoy» de la première chambre de la mainon consulaire 
faict par me »” le» consul» mess” Jehan de Bruey», docteur , tire Jehan Pavée, bergoys. 

L’an mil v* et orne et le xvni de février. 

Premierament faisant led. inventaire avons treuvé : 

A lad. chambre, dix neuf vouges nouvel. 

Trente troys alebardes. 

Une pertusane, ungespieul, quatre voulges anciens. 

Plus quatre aches d armes. 

Plus deux acbes vielles de peu de valeur. 

Plus dix neuf arquebuies de metailh. 

Plus une bele piece de metailh forrée de fleurs de lys garnie de son chas. 
Plus cinq cortaux de fer. 

Plus huict mascles de fer, des serpentines et aultres pièces d’artillerie 
qui sont dessoubz la crote de lad. chambre. 

Plus deux chennes grandes de fer. 

Plus seze bregantains. 

Plus xxiii arbalestes. 

Plus douze corsetz d’arnoys blanc toutz rompus ou mal assemblés. 

Plus dix bassinets, tant bons que peu vaillans. 

Plus certaines pièces d’arnoys blanc despecées. 


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— 333 — 

Plus six caysses pleines de traiclz. 

Plus certaine quantité de cauquetrepes, item certaine quantité de fer 
de ache. 

Plus une grande piece de malhe. 

Plus les originaux des poix, cinq de fer et deux de pierre. 

Plus une grande romaine. 

Plus une romane moyenne. 

Plus l'original cesteyral de fer. 

Plus, sur la porte de lad. chambre, certaine quantité de viretons. 

Desoubz lad. croie y a : 

Premièrement, deux cerpentines longues, chescune montée sur son char- 
riot k deux roues. 

Plus deux gros cortaux de fer enchâssés en boys. 

Plus neuf petitz corteaux de fer enchâssés en boys. 

Plus certaine quantité de pierres rudes pour gratter l'artillerie. 

A la chambre haulte sur les amoys ; 

Six farolz de fer. 

S'enfuit le relie de ceux qui ont payé leur armry* à la ville et quoy ont payé. 

Premièrement monsieur le i* f consul messire Jehan de Brueys 1 * 3 , docteur 
es droicts, a faict fere deux belles coleuvrines à un'artilleur nommé Jehan , 
lesquelles garnies de corcan ont costé xnc florins valant ix livres i 5 sous 
et ont esté mises h la maison consulaire por la tuicion et deffense de la 
ville, et ce en ensuivant la transaction auctorisée par feu monseigneur An- 
thoine Dulau*, en son vivant chevalier et sénéchal de la senechaussée de 
Beaucaire et de Nysmes, et la sentence donnée par monseigneur le sénéchal 
messire Jacques, seigneur de Crussols\ sénéchal de ladite senechaussée, 
confirmée par arrêt de la court souveraine du Parlement séant à Tholoze 
et a esté baylé l'argent dix florins après presté le sacrement de son consulat. 

Item m r le second consul sire Jehan Pavée 4 a baillé, pour le marc d'ar¬ 
gent ordonné estre payé dix jours après presté le sacrement dudit consu¬ 
lat, aultres deux colovrines faictes par ledit maistre, ou le marc d’argent 
ordonné estre payé par ladite transaction, lesquelles ont costé xm florins 
valant ix livres i B sous. 


1 Docteur ès lois, premier consul de Nimes (i 5 t i à î 5 i a ). 

* Antoine de Châteauneuf, seigneur du Lau, conseiller et chambellan du roi 
(i/t 7 3). 

3 Jacques de Crussols, vicomte d’Uiès, seigneur de Florensac, capitaine de 
aoo archers de la garde, grand pannetier de France, capitaine des châteaux de 
Nimes et de Gallargues ( 1 5 o/ï ). 

4 Jean Pavée, bourgeois, deuxième consul (i 5 i 1 à i 5 ia). 


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— 334 — 

Item sire Jehan Solier \ maçon, tiers consul, a payé deux colovrines 
qu'ont costé xm florins valant ix livres 1 5 sous. 

Item Anlhoine Oudrat \ laboreur, quart consul, a payé pour l’arnoys 
9 livres îosous, lesquelles ont esté converties en un alcier (?), et ses deux 
brasseletz, qua cousté m livres îosous, deux arbalestes garnyes de tilholles 
à seng bonnes et fortes ont costé vi livres. 

Item m r le juge des crismes, messire Jehan Robert 3 , a baillé pour son 
arnoys une salade d’archier et un corps d’arnoys. 

Item m r Mathieu Fazendieri 4 a baillé une arbaleste garnye d’un cric, 
une estaranisse, une cervelière et une ache, plus une bele colovrine de 
metail garnye de son obrier. 

Item Loys Amalric \ coyratier, a baillé une arbaleste a ung senc. 

Item Jehan Quitard 6 , par les mains de Yvonnet, le corps d’une coyrasse 
tant seulement. 

Item Loys Blanc 7 a baillé une arbaleste de passe et deux beles aches. 

Item m* Jehan de Costa \ pour son arnoys, a baillé une arbaleste et 
son seing avec quatre talhes, une escarnisse et une alebarde. 

Item sire Bernard Raynaud 9 , sabbatier, pour son arnoys, a baillé une 
arbaleste avec son bandage, une ache, une escarnisse et une setiole. 

Le xviii de décembre mil \ c et xi. 

Messire Pierre Alesti, fils et heretier de feu messire Pierre Alesti 10 , doc¬ 
teur, pour portion de son arnoys, a baillé deux aches bonnes et prestes à la 
demande du conseil de la ville. 

Le xxiiii de décembre. 

Pierre Advocat 11 , esperonnier, a baillé pour l’année de son consulat et 
pour son arnoys un bel vouge couvert de cuir et une arbaleste en son 
arpe. 


I Jean Solier, maçon, troisième consul (i 5 n à i 5 is). 

3 Antoine Oudrat, quatrième consul (i 5 n à i 5 ia). 

3 II y eut deux juges des crimes de ce nom, l’un en 1687 et le second en 1 56 1 ; 
il ne peut être question que du premier. 

4 Mathieu Fazendierfut troisième consul (i 5 io à i 5 n). 

5 Louis Amalric, tiers consul (i 5 o 6 à 1507). 

6 Inconnu. 

7 Louis Blanc, revendeur, tiers consul (i 5 oi è i 5 oa). 

8 Jean de Coste, notaire, tiers consul (i 5 o 3 à t 5 o 6 ). 

9 Bernard Raynaud, tiers consul (1&93 à îkgk). 

10 Pierre Alesti, docteur, premier consul (1A88 è 1689). 

II Pierre Advocat, marchand, tiers consul (1A90 à 1 /j91 ). 


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— 335 — 


Le xxx de décembre. 

Les hoirs de M r Pierre Payan 1 ont baillé pour leur arnovs une belle 
arbaleste avec son martinet. 

Les hoirs de nions 1 Pons Tellini 2 ont baillé pour l’arnoys d’eu une ar¬ 
baleste avec son arpe et une jusarine à forme de crochet. 

M* Guillaume Deplanes 3 , notaire, a vii de janvier, a baillé une escara- 
nisse, une cervelière, unealebarde et une panesière. 

Jehan Champdony, drapier, a baillé, le vir* jor de janvier, une belle ar¬ 
baleste avecque son guindail, exlimée b cinq escuz d’or. 

Loys Vidal 4 a bayllé pour son arnoys, le xvn* jor de janvier, deux ar- 
balestes garnies l’une d’un cric, l’autre de tilholles. 

Les heretiers de Jehan Simon \ une colovrine de fer avec ung manche 
de fuste et une escarausse. 

Les heretiers de Vidal Bonnier 6 , une arbaleste avec son arpe et ung 
voulge. 

Les heretiers de Pierre et Loys Robert, unes bregantines couvertes de 
fustenne, tous garnies des armes de la ville, et une colovrine de fer. 

Anthoine Lagier, dit Bomies, une escaranisse et une alebarde. 

Mestre Estienne Pinholis 7 , notaire, deux arbalestes, l’une garnie d’ung 
martinet, l’autre de tilholles. 

Sire Pierre Rebol a baillé une arbaleste avec son cric et a promis bailler 
une colouvrine, laquelle fait fere au colovrinier qui a faicte celles de mes¬ 
sieurs consuls. 

Les heretiers de messire Jehan de Aimes 8 ont baillé unes bregantines 
couvertes de fustaine gris. 

Les heretiers de Pierre Torrilhan \ dit le Gavot, ont baillé deux arba¬ 
lestes garnies chascune de son arpe. 

À xyiii de fevner. 

Charles Redier 10 , dit Prunyères, a baillé deux arbalestes garnie chas¬ 
cune de son martinet. 


1 Pierre Payan, notaire, tiers consul(i 4 81 à 1682). 

2 PonsThellin, notaire, tiers consul (1688 à 1/189). 

3 Guillaume Deplanes, notaire, tiers consul (i5o5 à t5o6). 

4 Louis Vidal, laboureur, quatrième consul (1699 à i5oo). 

5 Jean Simon, marchand, deuxième consul (i 48 /i à 1 685 ). 

6 Vidal Bonnier, tiers consul (1696 è 1/197). 

7 Étienne Pignolis, notaire, tiers consul (t5o8 à 1609). 

* Jean d’Àurès, licencié en droit, premier consul (1698 à 1499). 

• Pierre Torillan, laboureur, quatrième consul (i5obà 1 . 507 ). 

10 Charles Rédier, dit Prunière, laboureur, quatrième consul (1607 à t 5 o 8 ). 


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— 336 — 


A xx de février. 

Sire Loys Abraam \ borgoys, a baillé pour partie de son arnoys une 
escarnisse et une alebarde enbloquée, et a promis bailler encores unes 
bonnes bregantines. 

Heres de messire Tristan Valette 1 ont baillé pour leur arnoys une esca- 
ranisse et une belle alebarde. 

Hoirs de Jehan Odols 3 ont baillé pour leur arnoys une escarnisse et 
une alebarbe. 


Le xx de décembre mil v* et xn. 

Les hoirs de feu raestre Jehan Serviers 4 , par les mains de mestre Pierre 
Parinhes, médecin, une arbaleste toute neusve avec ses tilholles sans seine; 
doit encore payer aultre arnoys cest ung (?) une ache et une scaranisse. 

Le xxviii de janvier fan mil v* et douze. 

Sire Guillaume Guérin, second consul de la présente année, a ballié 
pour son arnoys un archequebute en son carcan et molle, et aussi une 
grand arbaleste avec son cric pour la bander. 

Sire Gabriel Mussieu, tiers consul de la dite année, a baillé pour son 
arnoys ung autre archequebute en son carcant, plus une arbaleste en son 
bandage, c’est une arpe. 

Guillaume Gymont *, merchant, a baillé, le xxiv* de janvier, pour son 
arnoys un volgue et une arbaleste avec son harpi. 

Les hoirs de sire Guillaume Noet 6 , borgoys, ont bailhé pour leur arnoys 
une bregantine couverte de fustaine et une arbaleste. 

Les hoirs de sire Pierre Genton 7 , une arbaleste garnye de son guindail, 
et une aultre arbaleste garnye d’une arpe, a xxvi* jor de janvier. 

M r Loys Boysse 8 a ballié une arbaleste garnie de son guindal, et une 
autre arbaleste garnie de talhes, le xivi^ de janvier. 

Les hoirs de Bertrand Laurens, dit Belet, ont baillé, le xxx* de janvier, 
une arbaleste et une escaranissc. 


1 Louis Abraham, bourgeois, deux fois consul (i 5 o 3 à i 5 o 4 , i 5 i 4 à i 5 i 5 ). 
* Tristan Valette, bachelier ès droit, premier consul (i 486 à 16 85 ). 

3 Jean Odols, laboureur, quatrième consul (1695 à 1696). 

4 Jean Servier, tiers consul (1 5 oi à 1 5 oa ). 

4 Guillaume Gimont, cbaussetier, tiers consul (169/1 à 1695). 

6 Guillaume Noyer, second consul (t 5 oo à i 5 oi). 

7 Pierre Genton, arbalétrier, tiers consul (1691 A 149s). 

8 Louis Boysse, laboureur, quatrième consul (1691 à 1699). 


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— 337 — 

M r Barthélémy de Troysemines *, ung carosse ou le corps d’ung arnoys 
blanc sans heaulme, bassinet ne jambes. 

(Archives municipales de Nîmes, reg. k i.) 

Pour copie conforme : 

A. de Lamothe. 

Correspondant du Ministère, à Nîmes. 

Ces deux inventaires sont tirés du registre k 1 des archives de 
la ville de Nîmes, intitulé Comptes de la ville . Le premier est de 1 5 11, 
le second de i 5 is. J’ai pensé qu’il serait curieux de les comparer 
à un inventaire plus considérable et à peu près de la même époque, 
publié par le savant Ménard dans les pièces justificatives de son 
Histoire de Nismes . Réunies, ces trois pièces suffiront pour donner 
une idée de l’armement d’une ville au commencement du xvi® siècle, 
alors que la couleuvrine et l’arquebuse (archequebute) étaient 
employées simultanément avec les arbalètes, que bientôt après 
elles devaient faire disparaître. 

A. de Lamothe. 

1 Barthélemy de Troisémynes, premier consul (i5o8 à 1509 ). 


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— 338 — 


BIBLIOGRAPHIE 

DES SOCIÉTÉS SAVANTES. 


PARTIE HISTORIQUE, ARCHEOLOGIQUE ET LITTERAIRE. 


Société littéraire y historique et archéologique du département de VAin L 
— Revue , mars 1872-février 1873, 12 livraisons. Bourg, gr. 


in-8°. 


Le Travail, par M. Éd. Lhôte. P. 19 k 2 3. 

Les établissements des Templiers et des chevaliers de Saint-Jean de 
Jérusalem ou de Malte dans le département de l’Ain, par M. Guigue. P. 3/1 
à 29, 69 à 72, 1 36 à 139. 

Biographie du général de division Aubry de la Boucharderie, par 
M. Dufay. P. 3o à 33. 

Isabelle de Teyssonge, binette dramatique, par M. Philibert Le Duc. 
P. 35 à 46 . 

Sonnet à M. Nicolas Martin, par M. Eugène Roulleaux. P. 4 7. 

Deux poètes bressans : M. de Moyria, M. Rossand, par M. H. Pic. P. 49 
à 54 . 

La littérature chrétienne et les chants funèbres de saint Épbrem, par 
M. F. Martin. P. 55 h 64. 

Pensées et aphorismes, par M. Ernest Varenne de Fenille. P. 65 à 68. 

Biographies de MM. Adeler, Ador, Aillaud, Aimard, Albert, Arnaud, 
André et Anselmier, par M. Dufay. P. 7.8 h 80. 

Le socialisme au xix* siècle, par M. F. Chicot. P. 102 à 119. 

Le Pistolet, par M. Edmond Tondut. P. 120 à 122. 

La Corde, par M. Edmond Tondut. P. iq 3 . 

Pensées diverses, par M. P. de Vangel. P. 12 4 . 

Samuel Guichenon, sa vie, ses œuvres et sa correspondance inédite 
avec les savants de son temps, par M. Jules Baux. P. 126 à 1 35 , 157 à 
168, 189 a 2o3 , 237 à 245 , 3 o 5 à 3 i 8 , 368 à 378, 897 à 409. 

1 Fondée à Bourg, le 9 janvier 1872. 


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— 339 — 

Economie rurale. Les bois, par M. F. Guillebeau. P. 1/10 à 1 44 . 

Biographie de M. le colonel Armand, par M. Dufay. P. 1 45 à i 5 i. 

La statue de Minerve, par M. Philibert Le Duc. P. i 5 a h i 56 . 

Quelques glanes de la vie de l’abbé Gorini, par M. l’abbé Dubois. P. 169 
à 176. 

Biographies de MM. Aussenac, Avignon, BacheviJle (Barthélemy), Ba- 
cheville (Antoine), par M. Dufay. P. 177 à i 83 . 

Souvenirs de voyage, par M. G. du Puy. P. 1 84 à 188. 

Les arts et les artistes en Savoie, du xui a au ux* siècle, par M. Éd. 
Lhôte. P. ao 4 à 21/1. 

Excursions dans la philosophie moderne, par M. l’abbé Louvet. P. 3 i 5 
à aa 3 , 374 à 383 . 

Biographie de MM. Baillod, Bardet, Basset de Monchat, Baume (Ni¬ 
colas-Auguste), Baume (FIorent-Alex.-Melchior), par M. Dufay. P. 334 
à s 33 . 

Archéologie, par M. Guigue. P. s 34 et 335. 

La Pervenche, par M. Edraont Tondut. P. s 36 . 

Mémoire historique et géologique sur l’essai de forage d’un puits arté¬ 
sien à Pont-de-Vaux, en 1 846-47, par M. L.-M. Nyd. P. 3 46 à 365 . 
Notes additionnelles. P. 394 à 3 00 , 339 à 33 1 . 

Biographies de MM. Béatrix (Joseph), Béatrix (Jean-Baptiste), par 
M. Dufay. P. 366 à 368. 

Soflrey de Belmont h la deuxième croisade, par M. le baron Éd. de Ros- 
taing. P. 369 à 373. 

Biographies de MM. Bellaton, Bellay, Bérard, Berger, Bernard, Ber¬ 
thet (Jean-Philibert), Berthet (Laurent-Joseph), par M. Dufay. P. 3 84 à 
393. 

La mort de Plautilla, par M. l’abbé F. Martin. P. 3 oi h 3 o 4 . 

Biographies de MM. Berthier, Bertrand, Beuret, Billiémoz, Billon, 
Biron, Blanchet, Blanchin, Boget, par M. Dufay. P. 319 à 337. 

Quand j’étais enfant, par M. Eugène Roulleaux. P. 3 s 8 . 

Sires de Beaujeu, seigneurs de Dombes et de Valromey, croisés de l’Ain, 
par M. le baron E. de Rostaing. P. 333 à 339. 

Trois statues de Chinard dans le département de l’Ain, par M. Ét. Mil- 
liet. P. 34 o à 343 . 

Maurice Simonnet et ses œuvres, par M. G. du Puy. P. 344 à 354 . 

Annuaire de la Société philotechnique. Rapport à l’Académie du Var 
(inédit), par M. Éd. Lhôte. P. 355 à 363 . 

L’exposition du Luxembourg, par M. Guillebeau. P. 379 à 388, 4io 
à 4 1 5 . 

Biographies de MM. Boissieu, Boisson, Boivin, Bomboy, Bonnard. 
Bonnard de Brosse de Labarge, Bonnet, Bossu, par M. Dufav. P. 389 à 
3 9 6 . 


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— 340 — 

Biographies de MM. Bourdet, Bourdin, Bouvens. P. 4 it> 4 4 a 4 . 

Ça et là, par M. P. de Vangel. P. 4 a 5 et 4 a 6 . 

Chant du matin, h nia sœur Victorine, par M. Ernest Cotty. P. 427 et 
4 a 8 . 


Société archéologique , historique et scientifique de Soissons. — Bulletin , 
tome III, 2° série. Soissons, Paris, 1872, in-8°. 

Mémoire sur la voirie romaine dans l'intérieur de la ville de Soissons, 
par M. Laurendeau (1” partie). P. a h 3 4 . 

Inscription tumulaire concernant* un membre de la famille Quinquet. 
Communication de M. Dupuy. P. 26 et 27. 

Rapport sur les fouilles pour la distribution des eaux de la ville de Sois¬ 
sons, par M. Laurendeau (a* partie). P. 27 à 38 . 

Imprimeurs de Soissons recherchés pour avoir imprimé des factums en 
laveur du surintendant Fouquet. P. 45 . 

Un livre de famille, par M. de la Prairie. P. 5 i à 77. 

Communication d'une inscription lapidaire trouvée dans les démolitions 
du château de Renansart, par M. Suin. P. 80. 

Testament de Jean II, comte de Soissons, mort en Tunisie. Communi¬ 
cation de M. l’abbé Poquet. P. 81 à 89. 

Notice sur un manuscrit contenant la traduction de la Politique d'Aris¬ 
tote par Nie. Oresme et ayant appartenu h l’abbaye de Saint-Médard de 
Soissons,.par M. Miller. P. 92 à 11 5 . 

Dépouillement des minutes de M a Nicolas Raoullel, notaire à Soissons 
h la fin du xvt e siècle, par M. Suin. P. iqo à 129. 

Acte du 8 octobre 1594 concernant la chapelle et le quartier Saint- 
Christophe. P. i 33 à 1 35 . 

Délibération du conseil de la commune de Blérancourt, du 2 3 pluviôse 
an 11 de la République. Communication de M. Suin. P. i 36 à i 4 o. 

Rapport sur une fouille faite dans la rue Matigny 4 Soissons, par M. Lau¬ 
rendeau. P. i 43 4 1 55 . 

Observations sur le Dictionnaire d'architecture de M. Viollet-le-Duc 4 
propos de la construction des églises cathédrales, par M. de la Prairie. 
P. 1 58 à 190. 

Rapport sur une notice concernant une découverte de monnaies »-o- 
maines, par M. Fournaise. P. 194 et 195. 

Note sur un vitrail connu sous le nom de vitrage de la Passion, que 
l’on voit dans l'église Notre-Dame de la Ferté-Milon, par M. l’abbé Poquet 
P. 198 el 199. 

Note sur les sépultures antiques découvertes 4 Bel leu, au lieu dit la Fon¬ 
taine-Saint-André. P. a 06. 


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— 3/il — 

Noie sur Villard de Honnecourt, par M. l’abbé Pécheur. P. 206. 

Considérations sur le lieu de naissance de Jacques ou Jacob de Sessolis , 
parM. l’abbé Pécheur. P. 206 à 210. 

Notice biographique sur Joseph-Jean-Louis Hoyer, peintre, par M. Lau¬ 
rendeau. P. 217 à 23 1 

Note critique de M. de la Prairie sur un passage des Mémoires de la 
Société littéraire de Lyon sur les pignons gothiques. P. 2 38 et 239. 

Rapport de M. l’abbé Poquet sur l’excursion archéologique faite par la 
Société au mont de Soissons, à Arcy-Sainte-Restitue, à Maast et Violaine, 
à Muret, à Droisy et à Artennes. P. a 5 o à 267. 

Notice biographique sur Pierre-François Robert, ancien curé d’Arcy- 
Sainte-Restitue, par M. Araédée Piette. P. 268 à 289. 

Inscription hébraïque gravée sur pierre, trouvée dans un jardin de la 
rue de la Bièvre, près de l’ancien mur romain. P. 293. 

Peintures murales de l’église de Camelin. P. 296. 

Calice et patène en étain trouvés dans le cimetière de Crécv-au-Mont. 
p. 996. 

Ancienne porte de l’abbaye de Notre-Dame de Soissons, indiquée dans 
une gravure comme celle du château d’Ebroîn. P. 297 et 298. 


Société historique algérienne. — Revue africaine , 1 4 e année. 

Alger, 1870 , in-8°. 

Afrique ancienne. Procédés agricoles, par M. Frédéric Lacroix. P. 12 à 
44 et 97 à 129. 

Esquisses historiques sur la Mauritanie césarienne et iol-Cæsarea (Cher- 
chel), par MM. B. de Verneuil et J. Bugnot. P. 45 à 71 et i 3 o à 1 65 . 

Les écrivains de l’Algérie au moyen âge, par M. A. Chcrbonneau. P. 72 
à 78. 

Lettre à M. Renan, par M. le général Faidherbe. P. 79 et 89. 

Dédicace à Vénus, trouvée à Constantine, par M. Cherbonneau. P. 88 
et 89. 

Les édifices religieux de l’ancien Alger, par M. Albert Devoulx (suite et 
fin). P. 166 à 192 et 280 h 298. 

L’Odyssée ou diversité d'aventures, rencontres et voyages en Europe, Asie 
et Afrique du sieur du Chaslelet des Boys, par M. L. Piesse. P. 198 h 199. 

Cirta-Constantine. Expédition et prise de Constantine (1836-37), par 
M. E. Walbled. P. 200 à 208, 253 à 279, 3 o 5 à 325 , 385 a 4 i 3 , 457 
à 489. 

Balance de la loi musulmane, ou esprit de la législation islamique et 
divergences de ses quatre rites jurisprudentiels, par le cheik El-Charani, 
Iraduit de l’arabe par M. le docteur Perron. P. eoq è s 5 ‘j. 33 1 à 348 . 

Rev. des Soc. sav. 5 4 s<'‘rie, I. VI. a-î 


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— 342 — 

Sur un fragment d'inscription carthaginoise inédit, par M. A. Judas. 
P. 3a6 à 33 o. 

Histoire d’un chérif de la grande Kabylie, par M. N. Robin. P. 369 4 
362. 

Topographie et histoire générale d’Alger, par le bénédictin Fray Diego 
de Haedo, traduit de l’espagnol par MM. Berbrugger et Monnereau. P. 364 
4 375, 4 i 4 4 433 , 490 4 519. 

Origine et constitution de la communauté israélite de Tlemcen, par 
M. Darmon. P. 376 à 383 . 

Épitaphe d’une prêtresse flamine des quatre colonies cirtéennes, trouvée 
4 Constantine, par M. A. Chcrbonneau. P. 384 . 

Note sur la mosaïque de Léda, trouvée à Aumale (Auzia), par M. G. 
Mercier. P. 434 à 44 o. 

Notice sommaire sur le colonel Beauprêtre,.par M. Beaussier. P. 44 1 à 
444 . 

Nécrologie. M. Bugnot, capitaine du génie, par M. R. de Verneoil. 
P. 455 et 456 . 

Rapport sur le concours académique de 1870, par M. Victor Berard. 
P. 520 à 528. 

Chronique. P. 90 à 96, 3 oo à 3 o 4 , 445 4 454 . 


Société historique algérienne . — Revue africaine , 1 5 e année. 
Alger, 1871, in-8°. 

La première révolte des Janissaires, 4 Alger, par M. A. Devoulx. P. 1 
h 6. 

Cirta-Gonstantine. Expéditions et prise de Constantine (i 836 -i 837 ), 
par M. E. Walbled (fin). P. 7 à 4 o. 

Topographie et histoire générale d’Alger, par le bénédictin Fray Diego 
de Haedo, traduit de l’espagnol par MM. Berbrugger et Monnereau (suite). 
P. 4 i à 69, 90 h 111, 202 à 237, 3 07 à 319,375 à 395 et 458 à 473. 

Le registre des prises maritimes, par M. A. Devoulx. P. 70 à 79, 
149 4 160, 1 85 4 201, 285 4 299, 362 4 374, 447 4 457. 

Assassinat du pacha Mohammed Tekelerli, par M. A. Devoulx. P. 81 

à «9- , . 

Chute de la dynastie des gouverneurs Ar’lebites en Afrique. Etablisse¬ 
ment de l’empire Obéïdite (886-912), par M. E. Mercier. P. 112 4 137. 

Négociations entre Charles-Quint et Kheir-el-Din (i 538 -i 54 o), par 
MM. E. Watbled et le docteur Monnereau. P. i 38 4 1 48 . 

Le capitaine Prépaud, par M. A. Devoulx. P. 161 4 172. 

Les inscriptions d’Oran et de Mers-eî-Kebir, par le général de Sandoval, 


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— 343 — 

traduit de l'espagnol par M. A. Monnereau. P. 178 à i 83 , 371 à 284, 
353 à 36 i, 434 à 446 . 

Bibliographie. Compte rendu du Recueil des notices et mémoires de la 
Société archéologique de la province de Constantine, i 4 " volume, par 
M. A. Devoulx. P. a 38 à a 4 o. 

La régence d’Alger sous le Consulat et l’Empire, par M. A. Berbrugger. 
P.a 4 i 4 960, 3 aià 334 , 4 oi à 4 1 4 . 

Querelle entre consul et négociant, par M. A. Devoulx. P. 261 à 270. 
Sur l’établissement romain en Afrique, par M. Hase. P. 3 oo à 3 o 6 . 
Documents inédits sur l’assassinat du pacha Mohammed Tekeleiii, par 
M. E. Watbied. P. 335 à 34 o. 

Quelques tempêtes à Alger, par M. A. Devoulx. P. 34 1 h 35 a. 

J.-B. Germain, chancelier du consulat de France 4 Alger, par M. A. De¬ 
voulx. P. Ai 5 à Ai9. 

Ethnographie de l’Afrique septentrionale. Notes sur l’origine du peuple 
berbère, par M. E. Mercier. P. A20 4 433 . 

Chronique. P. 319 4 32 o, 3 q 5 4 4 oo, 474 4 478. 


Société historique algérienne . — lievue africaine , 16 e année. 

Alger, 1872, in-8°. 

La régence d’Alger sous le Consulat et l’Empire (suite), par M. A. Ber¬ 
brugger. P. 1 4 19. 

Aperçu sur les consulats français dans le Levant et les Etats barbaresques, 
par M. E. Watbied. P. ao 4 34 . 

Le Raïs el-Hadj Embarek, par M. A. Devoulx. P. 35 4 45 . 

Un mot sur les étymologies 4 propos de la signification exacte de Sour 
El-R’ozlan, par M. E. Mercier. P. 46 4 5a. 

Les inscriptions d’Oran et de Mers-el-Kebir, par M. le général de San- 
doval, traduit de l’espagnol par M. A. Monnereau (suite). P. 53 4 69, 89 
4 10A, 187 4 200, 278 4 291, 343 4 355 . 

Le registre des prises maritimes (suite et fin), par M. A. Devoulx. P. 70 
4 77, i 46 4 i 56 , 233 4 a 4 o et 292 4 3 o 3 . 

Un incident diplomatique 4 Alger, en 1750, par M. A. Devoulx. P. 8t 

4 88 . 

Les villes maritimes du Maroc. Commerce, navigation, géographie 
comparée, par M. Elie de la Primaudaie. P. io 5 4 1 35 , 201 4 at 5 , 
3 oA 4 3 i 8 , 388 4 4 oo, 459 4 470. 

Pointes de flèches en silex, de Ouargla, par M. Charles Féraud. P. 1 36 
4 i 4 a. 

Une moitié d’inscription turque, par M. A. Devoulx. P. 1 43 4 1 45 . 

a 3 . 


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— 344 — 

M. de Ghoiseul-Beaupré et le Turc reconnaissant, par M. A. Devoulx. 
P. 161 à 166. 

Délivrance d'esclaves nègres dans le sud de la province de Constantine, 
parM. Charles Féraud. P. 167 à 179. 

Épigraphie indigène du musée archéologique d’Alger, par M. A. De¬ 
voulx. P. 180 à 186,259 à 266. 

Hache en pierre trouvée dans les fouilles du canal de dessèchement du 
lac Halloula, par M. Galland. P. 216 h 218. 

Naufrage d’un corsaire algérien sur les côtes du Roussillon, en 1764, 
par M. Reboud. P. 219a 282. 

Expédition du roi Pierre III d'Aragon à Collo (au xiu* siècle), d’après 
une chronique catalane, par M. Charles Féraud. P. 261 h 2 58 . 

Examen des causes de la croisade de saint Louis contre Tunis (1270), 
par M. E. Mercier. P. 267 à 272. 

La tombe de Khedeur Pacha, à Alger, par M. A. Devoulx. P. 273 à 277. 

Mort du pacha Mohammed Khodja en 1754, par M. A. Devoulx. 
P. 321 à 326. 

Histoire des Oulad Naïl, faisant suite à celle des Sahari, par M. Arnaud. 
P. 327 à 339. 

La batterie des Andalous à Alger, par M. A. Devoulx. P. 34 o h 342 . 

Relevé des principaux Français qui ont résidé h Alger de 1686 à i 83 o, 
par M. A. Delvoux. P. 356 à 887 et 420 à 45 o. 

Aïn Beïda, par M. Ch. Féraud. P. 4 oi à 419. 

Les corporations de métiers à Constantine avant la conquête française. 
Traduction d’un manuscrit arabe, par M. Ch. Féraud. P. 45 1 à 454 . 

Les chiffres arabes, par M. A. Devoulx. P. 455 à 458 . 

Un médecin condamné à mort pour avoir laissé mourir son malade, 
par M. A. Devoulx. 471 à 474. 

Chronique. P. 78 à 80, 157 h 160, 3 i9 et 320 , 475 à 48 o. 


Société académique d'agriculture, des sciences, arts et belles-lettres du 
département de l'Aube. — Mémoires, 3 * série, tome IX ( 36 * vol. 
de la collection), année 1872. Troyes, gr. in-8° avec planches. 

Recherches sur la juridiction du roi, sur celle de l’évêque, dans le bail¬ 
liage de Troyes, et sur les coutumes de ce bailliage, par M. Théophile 
Boutiot. P. 5 à 85 . 

Les tableaux des inconnus ou musée de Troyes, par M. Le Brun-Dal- 
banne. P. 87 à 110. 

Le problème démocratique, ou la politique du sens commun, par Th. 
Mannequin, Bruxelles, 1870, par M. Assolant. P. 111 à 12 4 . 


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— 345 — 

Reciacus , les Riceys (Aube), suivi d’un éclaircissement géographique 
sur Pauliacus (Cote-d’Or), par M. l’abbé Charles Lalore. P. i ?5 à 198. 

Du projet d’une réforme de l’enseignement, par M. Baudrimont, par 
M. Assollant. P. 1990209. 

Eschyle, Xénophon et Virgile, études philosophiques et littéraires, par 
M. Courdaveaux, par M. Assollant. P. 319 à 33a. 

M. Charles Delaunay, membre de l’Institut. Notice nécrologique, par 
M. Émile Socard. P. 233 à a 4 i. 

Etude sur Clotilde de SurvilJe, par M. Charles des Guerrois. P. 2 43 h 
263 . 

Souvenirs et impressions, 1870-71, par M. le docteur Arsène Vauthier. 
P. 305 à 286. 

Le cheval, esquisse de son histoire, par M. Le Brun-Dalbanne. P. 2 85 
à 290. 

Poèmes de l’invasion, par M. Charles des Guerrois. P. 291 à 3 oo. 


Académie des belles-lettres , sciences et arts de la Rochelle. — Notices 
historiques sur les Sociétés des lettres, sciences et arts de la 
Rochelle publiées sous les auspices de l’administration munici¬ 
pale. La Rochelle, 1873, gr. in-8°, 336 pages. 


Société des antiquaires du Centre , à Bourges. — Mémoires , 1870-1871- 
1872, tome IV. Bourges, 1873, in-8°, avec planches. 

Rapport sur les travaux des années 1870-1871-187 2 , par M. A. Buhot 
de Kcrsers. P. 1 à xvii. 

Catalogue du musée lapidaire de Bourges. P. î à 4 o. 

Fouilles exécutées au tumulus de la Périsse, par M. A. de Lachaussée. 
P. 4 o à 53. 

Exploration d’une sépulture à Dun-le-Roi, par M. A. de Lachaussée. 
P. 53 à 81. 

Villa romaine découverte à Levet, par M. Amédée Rapin. P. 83 h 101. 
Épigraphie romaine dans le département du Cher, par M. A. Buhot de 
Kersers. P. io 3 à 192. 

Note sur un très-ancien vitrail de la cathédrale de Bourges, par M. Albert 
des Méloizes. P. 193 à 210. 

Le droit du treizième sur le vin vendu en détail à Bourges, par M. Tou- 
beau de Maisonneuve. P. 211 à 339. 


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Essai» généalogiques sur les anciennes familles du Berry. — Généalogie 
de la famille Tuilier, par M. Paulin Riffé. P. a 4 i à 333 . 

Bulletin numismatique, par M. A. Buhot de Kersers. P. 335 a 35 o. 


Société des sciences historiques et naturelles de Semur (Cote-dOr). — 
Bulletin , 9® année, 1872. Semur, 1873, in-8°. 

Notice historique sur les écoles de Semur-en-Auxois, par M. G. Leleu. 
P. 19 à io 3 . 

Généalogie de la famille Le Prestre de Vauban, par M. L.-P. Desvoyes. 
P. io 5 à i 34 . 

Rapport sur le menhir de Pierre-Pointe, par M. Armand Bruzard. P. i 35 
à i 4 o. 

Monnaies gauloises du musée de Semur, par M. de Saulcy. P. 1 45 a 167. 
Les anciennes forges de l'arrondissement de Semur, par M. Jean-Marie 
Gueux. P. i 48 à i 56 . 

Armorial du pays d’Auxois, par M. L.-P. Desvoyes. P. 157 à 166. 


Société départementale d'archéologie et de statistique de la Drôme. — 
Bulletin , tome VII, année 1873. 

Le Dauphiné en 1698 (i 3 \ i 4 *, i 5 ° art.), par M. Brun-Durand. P. 5 
à 20, 168 à 182, 259 à 274. 

Clotilde de Surville et ses poésies, par M. Henry Vaschalde. P. 21 à 46 . 

Phélisie Regnard, par M. Anatole de Gallier. P. A7 à 5 i. 

Les poètes patois du Dauphiné (2* et 3 *art), par M. A. Lacroix. P. 52 
à 70, 19*1 à 206. 

Inscriptions romaines à Valence et à Soyon, par M. A limer/P. 71 
à 76. 

Entrée de François P r h Romans en i 533 , par M. E. Giraud. P. 77 à 
100. 

Une lettre de Pithon-Curt. P. toi et 102. 

Piégroe-la-Clastre, par M. A. Locroix. P. to 3 et to 4 . 

Chronique, par M. A. Lacroix. P. 108 à lia, ai 3 à 217, 34 a à 344 , 
457 à 463 . 

Réflexions sur les monnaies anonymes des évêques de Valence, par 
M. J. Roman. P. n 3 à 119. 

Nouvelles observations sur les monnaies anonymes des évêques de Va¬ 
lence, par M. Ludovic Vallentin. P. 120 h i 33 . 


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— 347 — 

Saint Bertrand de Garrigue (6 # et 7® articles), par M. l’abbé Isnard. 
P. 1 34 4 16/1, 393 4 4 oa. 

Institutions municipales de la ville de Romans, par M. le docteur Ulysse 
Chevalier. P. 1 65 à 167. 

Inscriptions diverses, par M. Allmer. P. 1 83 à 192, 243 4 258 , 43 o 
à 45 i. 

D’Ornano (Jean-Baptiste), parM. A. Lacroix. P. 207 et 208. 

Nécrologie. M. Odoard (Joseph-Henri-Laurent), par M. A. L. P. 209. 

Jean de Serres, historiographe de France sous Henri IV, par M. Ana¬ 
tole de GalJier. P. 2254242. 

Note sur Mirabel et les trois Blacons, par M. fe. Arnaud. P. 275 à 278. 

Essai historique de la chambre de l’édit de Grenoble, par M. Brun- 
Durand. P. 279 à 337, 345 à 391. 

Lo Carcovelado, par M. A. Lacroix. P. 338 . 

Le duel de Gouvernet et de Du Poet, d’après de nouveaux documents, 
par M. E. Arnaud. P. 4 o 3 à 409. 

Enseignement primaire dans le département de la Drôme avant 1789, 
par M. Dupré de Loire. P. 4 io à 429. 

Un talisman trouvé près Saint-Vallier. P. 452 et 453 . 


Académie des sciences , inscriptions et belles-lettres de Toulouse . — Mé¬ 
moires , 7 e série, t. III. Toulouse, 1871, in-8° avec planches. 

Classe des inscriptions et beiles-ietlres. 

Les intendants du Languedoc, par M. Florentin Astre. P. 3 i à 54 . 

Chartes delà communauté de Hèches,par M. Cénac-Moncaut. P. 137 à 
147. 

La tutelle des communes au xiv® siècle, par M. Ad. Baudouin. P. 166 
£t 17t. 

De l’acquisition de la propriété des objets d’antiquité et des pièces aux¬ 
quelles s’attache un intérêt scientifique. — Rapport sur un écrit de M. Gus¬ 
tave Azzuri, par M. Victor Molinier. P. 190 à 216. 

Coup d’œil historique sur le comté de Foix, par M. Victor Fons. P. 239 
h 267. • 

Mémoires sur les causes de la rareté des livres, par M. le D r Desbarreaux- 
Bernard. P. 281 4 293. 

Note sur des constructions anciennes récemment mises 4 découvert dans 
la ville de Toulouse, par M. Esquié. P. 3 o 3 4 32 1. 

Note faisant suite au mémoire de M. Esquié, par M. de Clauzade. P. 322 
4 324 . 

Les Volkes, par M. E. Barry. P. 335 4 349. 


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— 348 — 

Commencement de la querelle du comte de Foix et du duc de Berry, 
eu i 38 o et i 38 i, d'après un nouveau document, par M. Ad. Baudouin. ~ 
P. 36 o à 3 7 8 . 


Académie des sciences , inscriptions et belles-lettres de Toulouse . (Suite.) 

— Mémoires , 7 e série, tome IV. Toulouse, 1872, in-8° avec 

planches. 

Classe des inscriptions et belles-lettres. 

Notice biographique sur le docteur Auguste Larrey, par le docteur 
N. Joly. P. 1 à 12. 

Notice sur le poète espagnol Alarcon, sur sa comédie La Verdad sos- 
pechosa et sur les diverses imitations qu'en offrent celle du Menteur, de 
Pierre Corneille, et celle de Goldoni, intitulée II Bugiardo, par M. Victor 
Molinier. P. 43 à 64 . 

Quelques précisions sur les origines de la ville de Pamiers, par M. Victor 
Fons. P. 70 à 81. 

Inventaire des livres et du mobilier de Bernard de Béarn, bâtard de 
Comminges (1/197), P ar MM. Desbarreaux-Bernard et Ad. Baudoin. P. 82 
à 1 3 1. 

Les pierres de Naurouse et leur légende, par M. le docteur Jean-Baptiste 
Noulet. P. i 3 q à 1 38 . 

Du mode d’élection en usage dans les communes du midi de la France, 
au moyen Age, par M. Léon Clos. P. i 3 q à i 46 . 

Fragments d'une étude historique sur l'archevêque de Toulouse, Pierre 
de Marca, par M. Roschach. P 1 h 172. 

Les origines et les premiers temps de la ville de Nîmes, par M. Edw. 
Barry. P. 193 à 21 3 . 

Élude comparative sur la comédie des Guêpes et celle des Plaideurs, par 
M. Hamel. D. 260 h 278. 

Introduction à l’histoire du parlement de Toulouse, par M. Astre. P. 285 

à 3 o 5 . 

Une page des souvenirs de M me de Caylus, par M. Delà vigne. P. 3 i 1 à 
322 . 

Des ravages que la peste fit dans notre grand couvent (des Cordeliers) 
de Toulouse en 1628. — Extrait des feuillets détachés d r un registre tenu 
par les religieux Cordeliers du couvent de Toulouse, par M. de PlaneL P. 366 
à 3 7 i. 

Rapport sur le concours de l’année, par M. Roschach. P. 4 o 3 à £07. 


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— 349 — 


Académie des sciences , inscriptions et belles-lettres de Toulouse . (Suite.) 

— Mémoires , 7* série, tome V. Toulouse, 1873, in-8° avec 

planches. 

Classe des inscriptions et belles-lettres. 

Évêques de Pamiers, par M. Victor Fons. P: 65 à 91. 

Notice sur la tragi-comédie de Gabriel Tellez (Tirso de Molina ) : El Bur- 
lador de Sevilla (le Séducteur de Séville), et sur le Don Juan de Molière, 
par M. Victor Molinier. P. 92 à 120. 

Une question de géographie ancienne : les trois Pylos, par M. Léon Clos. 
P. 1 44 à 1 56 . 

Montjoie Saint-Denis, par M. Ad. Baudouin.^P. 157 h 167. 

Fondation de l'hôpital de Négrepelisse par le maréchal de Turenne. No¬ 
tice historique, par M. Vaïsse-Cibiel. P. 168 à 187. 

Étude sur la municipalité de Toulouse et l’établissement de son consulat, 
par M. Léon Clos. P. 188 à 2o3. 

Barthélemy Buyer, marchand libraire et stationnaire à Toulouse (i 48 i- 
1/190), par M. Desbarreaux-Bernard. P. 23 o a 238 . 

La France sous Henri III, par M. Théron de Montaugé. P. 298 à 3 11. 

Tolosa Tectosagum, par M. Barry. P. 34 1 à 36 2. 

Nicolas Dalayrac, par M. A. Pujol. P. 367 à 383 . 


Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine. — Bulletin 
et Mémoires , tome VIII. Rennes, 1873, in-8°. 

Fabrique de poteries artistiques à Fontenay, près de Rennes, au xvi* et 
au xvii* siècle, par M. Aussant. P. 1 h 33 . 

Statistique historique et monumentale du canton de Maure (arrondis¬ 
sement de Redon), par M. l’abbé Guiliolin de Corson. P. 35 à 108. 

Voie romaiue de la capitale des Andes a celle des Rhedones et ses sta¬ 
tions Conbaristum et Sipia, par M. de Matty de Latour (avec carte). 
P. 109 à 1 54 . 

Saliens et Ripuaires. — Formation de la monarchie des Francs, par 
M. E. Morin. P. 1 55 à 211. 

Notices historiques et archéologiques sur les paroisses des deux cantons 
de Fougères, par M. L. Maupillé. P. 2 i 3 à 409. 

Poèmes choisis de Marbode, évêque de Rennes, traduits en vers français 
par M. S. Roparlz. P. 4 i 1 à 5 1 3 . 

Notice biographique sur M. le docteur Aussant, par M. André. P. 5 i 5 
à 54 1. 


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— 350 — 


Société archéologique de Touraine. — Bulletin, tome II, 1", a*, 3 * el 
4 e trimestres de 1871. Tours, 1871, in-8°. 

La sépulture de Ronsard au prieuré de Saint-Cosme-lez-Tours, par 
M. labbé C. Chevalier. P. 13 à 24. 

Un nouveau document sur Michel Colombe. Communication de M. Al. 
Péan. P. 25 à 28. 

Essai sur l’histoire littéraire de Marmoulier au moyen âge, par M. A. 
. Dupré. P. 29 à 53 . 

Aveu rendu en i 366 au comte de Blois pour des droits féodaux perçus 
à Villedomer. Communication de M. A. Dupré. P. 54 et 55 . 

Notice nécrologique sur MM. Champoiseau, Gouin, Lambron de Lignim 
et Voyer d’Argenson, par*M. Ladevèze. P. 56 à 64 . 

Histoire de l’assistance publique à Tours, avec pièces justificatives, par 
M. le docteur Giraudet. P. 70 à i 56 . 

Détermination de la lieue gauloise. Rectification, par M. de la Ponce. 
P. 157 h 160. 


Société d’émulation du Jura. — Mémoires. Lons-le-Saunier, 1873, 
in-8°, 397 pages. 

Les États, le Parlement de Franche-Comté et la conquête de 1668, par 
M. Philippe Perraud. Tout le volume. 


Société archéologique de Nantes et du département de la Loire-Inférieure. 

— Bulletin , t. XI. Nantes, 1872, in-8° avec planches. 

Monuments mégalithiques en Algérie, par M. Lukis. P. 4 i à 45 . 

Lettres missives originales du chartrier de Thouars (série du xv* siècle), 
par M. Paul Marchegay. P. 47 h 66 , 107 à t 3 o et 1 83 à 226. 

Confirmation du droit de haute justice de la seigneurie de Goulaine, par 
M. Charles Marionneau. P. 67 à 72. 

Prières nominales de l’église Notre-Dame de Nantes. P. 88. 

Le château du Goust, par M. L. Prevel. P. 89 à 106. 

Notes rétrospectives sur les monuments mégalithiques du Morbihan, 
par M. René Galles. P. 1 3 1 à 139. 

Réponse posthume de M. le docteur Leray aux notes rétrospectives de 
M. R. Galles sur les monuments mégalithiques du Morbihan. P. i 65 à 
174. 

Derval, par M. Charles Thenaisie. P. 175 à 182. 


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— 351 — 

Bulle d'institution de Jean de Plédran, curé de Saint-Nicolas, en i5o3, 
par M. de la Nicollière-Teijero. P. 226 à q 35 . 

Marc d'or du à la réception d’un conseiller secrétaire, maison couronne 
de France, en la chancellerie, près la cour du parlement de Bretagne, en 
1768. P. 236 à 238 . 


Société archéologique de F Orléanais* — Mémoires, t. XII. Orléans, 
1873, in-8°, avec un atlas in-lMe 16 planches. 

La doctrine secrète des Templiers, par M. J. Loiseleur. P. 1 à 228. 
Recherches et fouilles archéologiques sur le territoire de la commune de 
Sceaux (Loiret), en un lieu nommé le Pré-Haut, par M. l’abbé Cosson. 
P. 22Ç) à 244 . 

Objets trouvés dans la Loire, durant l’été de 1870, par M. l’abbé Des- 
noyers. P. 2 45 h 295. 

La salle des thèses de l’université d’Orléans, par M. Boucher de Molan- 
don. P. 296 à 386 . 

Le Châtelet d’Orléans au xv* siècle et la librairie de Charles d’Orléans 
en i 455 , par M. L. Jarry. P. 387 à 4 ai. 

La librairie de l’université d’Orléans, par M. L. Jarry. P. 422 à 470. 
Examen interprétatif du testament du cardinal de Saluces, par M. J. 
Loiseleur. P. 471 à 489. 

Observations sur l’examen interprétatif du testament du cardinal de Sa¬ 
luces, par M. L. Jarry. P. 490 à 5 08. 

La Saint-Barthélemy à Orléans, par M. G. Baguenault de Puchesse. 
P. 509 h 539. 

Note sur un vase de terre décoré de reliefs, conservé au musée histo¬ 
rique d’Orléans, par M. J. de Witte. P. 54 o à 548 . 


Société d'agriculture, sciences et arts d'Agen . — Recueil des travaux, 
2 e série, tome III. Agen, 1873, in-8°. 

Compte rendu des travaux de la Société, par M. Ad. Magen. P. 7427. 
Inauguration de la statue de Jasmin. P. 28 à 37. 

Notice sur les sépultures anciennes découvertes dans le département de 
Lot-et-Garonne, par M. G. Tholin. P. 38 à 54 . 

Notice sur deux fours à poterie de l’époque gallo-romaine, par M. Ad. 
Magen. P. 5 t> à 67. 

Lettres inédites de Janus Frégose, évêque d’Agen. P. 68 à 99. 

line course en Querey. — I. Cambayrac, par M. Ad. Magen. P. i 00 à 1 3 q. 


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— 352 — 

D’Alexandrie au Caire et à Suez, par M. Eug. Magen. P. i 4 o à 167. 
Une razzia, épisode de la vie militaire en Algérie, par M. le capitaine 
Doit. P. 1 54 à 160. 

Jules-César Scaliger et sa famille. — Vie de Jules-César, par Joseph, 
son fils, avec appendice, par M. Ad. Magen. P. 161 à 376. 

Jeanne d’Arc. Le combat, par M. J.-B. Goux. P. 377 à 3 i 4 . 


Société (Tagriculture , industrie , sciences et arts du département de la 
Lozère. — Bulletin , tome XX, 1869. Mende, 1869, in-8° avec 
planches. 

2* partie. Histoire et archéologie. 

lettre du xvn* siècle relative à l’établissement des moulins d’après un 
nouveau système, par M. Ferdinand André. P. 5 à 9. 

Acte de prix fait des tapisseries de l’église cathédrale de Mende, par 
M. Barjou. P. 10 à i 3 . 

Voies romaines de la Lozère. Rapport de M. Etiévant sur les iouilles 
exécutées à l’emplacement de l’ancienne station romaine de Condate. P. i 5 

à 33. 

Quelques mots sur le médaillier de la Société. P. 33 à 3 o. 

Titres sur le raudonat. Notes sur divers droits seigneuriaux. Sentence 
arbitrale en langue vulgaire des xv“ et xvi* siècles, par M. Benoît. P. 3 i 
à 46 . 

Recrutement de la noblesse du midi de la France pour les armées du 
roi en 1471. Notice par M. Benoit. P. 47 à Sa. 

Notice sur le papier monnaie émis dans le département de la Lozère en 
1793. P. 53 à 73. 

Découvertes de monnaies du moyen âge. Note par M. Ferdinand André. 
P. 74 et 75. 

Musée départemental à Mende. Note par M. Ferdinand André. P. 75 a 
77 - 


Société d'agriculture , industrie , sciences et arts du département de la 
Lozère. — Bulletin, tome XXI, 1870. Mende, 1870, in-8° avec 
planches. 

a* partie. Histoire et archéologie. 

Études sur les dolmens du département de la Lozère, par M. de Mala- 
fosse. P. 5 à 4 o. 

I-»es Sarrasins dans le Gévaudan. Considérations sur une notice publiée 


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— 353 — 

dans le Bulletin des sciences de l’Ardèche par M. le vicomte de Saint- 
Andréol, par M. Delapierre. P. 4 i à 48 . 

Résultat des fouilles faites dans les grottes de Saint-Georges-de-Levejac. 
P. 4 9 à 52 . 

Statistique du bégayement dans la Lozère. P. 52 à 54 . 

La Garde-Guérin et ses consuls. P. 55 à 97. 

Notice sur M. Louis Lecocq, originaire de Meyrueis, par M. Guérard. 
P. 98 à toi. 


Société d’agriculture, industrie, sciences et arts du département de la 
Lozère. — Bulletin, tome XXII, 1871. Mende, 1871, in-8° avec 
planches. 

2' partie. Histoire et archéologie. 

Archéologie, par M. Ferdinand André. P. 5 à 1 4 . 

Notice sur les orgues de l’église cathédrale de Mende, par M. Ferdinand 
André. P. i 5 à 26. 

Les évêques de Mende pendant le xiv e siècle, par M. Ferdinand André. 
P. 29 à 45 . 

Documents relatifs h la Garde-Guérin. Communication de M. Benoît. 
P. 46 à 4 9 . 

Titres sur le randonat. Communication de M. Benoit. P. 5 o à 57. 
Apellalio dotninorum de Cayllario et de Alteyraco et suorum adheren- 
tium. Communication de M. Benoit. P. 59 à 67. 

A la Suisse, poésie, par M. l’abbé Baldit. P. 68 à 73. 

Frédéric-Charles, poésie, par M. l’abbé Baldit. P. 74 à 79. 

Transaction et hommages passés d’entre Messeigneurs le viscomte de 
Polignac et de Morangiés. Communication de M. Benoît. P. 81 h io 3 . 

Cromlech, dolmen et tumuli sur le causse de Sauveterre, commune de 
Sainte-Énimie. P; io 5 et 106. 

Lettres patentes du roi François I #r portant création d’un marché et de 
quatre foires à Châteauneuf-de-Randon en i 542 . P. 106 à 108. 

A M. Thiers, ode, par M. l’abbé Baldit. P. 109 h 112. 


Société académique de Maine-et-Loire . — Mémoires, tome XXVII. 
Angers, 1872, in-8°. 

Lettres et arts. 

Essai sur le canton de Longué et sur le bassin du Lalhan, par M. E. 
Cornilleau. P. 1 à 2o4. 


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- - 354 — 

Progrès de )a grammaire en France, depuis la Renaissance jusqu'à nos 
jours, par M. Arthur Loiseau. P. qo 5 à 3 iq. 


Société nationale £ agriculture , sciences et arts il Angers [ancienne Aca¬ 
démie d'Angers). — Mémoires , nouvelle période, t. XV. Angers, 
1872, in-8°. 

Le cercle catholique d’Angers, inauguré le i 5 janvier 1872, par 
M. Henry Jouin. P. 3 à t6. 

Allocution de M* r l’évêque d’Angers. P. 17 à a 4 . 

Au cercle catholique. Poésies, par MM. Paul Belleuvre et Henrv Jouin. 
P. a 5 à 32 . 

Notice sur M. S. de Vauguion, par M. Joseph de Mieulle. P. 3 a à 

39 . * 

Souvenirs de l’ambulance de la gare d’Angers pendant la guerre de 
1870-1871, parM. le D r A. Lachèse. P. 4 2 à 5 i. 

Goethe et David. Souvenirs d’un voyage à Weimar (1" partie), par 
M. Victor Pavie. P. 5 a à 76. 

Notice sur M. le comte de Quatrebarhcs, par M. le comte A. de Falloux. 
P. 77 à 96. 

Les correspondants de François Bernier pendant son voyage dans l’Inde. 
Lettres inédites de Chapelain, par M. L. de Lens. P. 129 à 176. 

Renaissance de l’université d’Angers ( 3 e partie), par M. Léon Cosnier. 
P. 177 à 272. 

Proposition au sujet du modèle de la statue de Bonchamps, par M. Henry 
Jouin. P. 273 à 278. 

Le roi René d’Anjou et sa famille, d’après trois manuscrits lorrains, par 
M. H. Sauvage. P. 279 à 288. 

Documents pour servir à l'histoire de David d’Angers (impartie), par 
M. Henry Jouin. P. 289 à 32 t. 

L’Amour et l’Intérêt ou les Mariages du jour, fable, par M. le D r Grille. 
P. 322 à 325 . 

A M. Paul Flandrin. Sonnet, par M. Henry Jouin. P. 3 a 6 . 

Réponse au questionnaire de la Commission d’assistance dans les campa¬ 
gnes, par M. L. Cosnier. P. 337 à 373. 

Congrès archéologique de France tenu à Vendôme du 18 au 2 4 juin 
1872 , par M. d’Espinay. P. 37 4 à 384 . 

Tableau de la sculpture historique à noire époque (suite) , par M. Henry 
Jouin. Statue de Bernard Palissy. P. 385 à hoj. 

Revue bibliographique par M. Paul Lachèse. P. 4 o 8 à 426. 

A l’ombre de Roland, par M. Paul Belleuvre. P. 427 à 429. 


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— 355 — 

A l’ombre de Robert le Fort, par M. Paul Belleuvre. P. 43 o à 43 a. 
Les bains romains à Angers, par M. Louis Rondeau. P. 433 à 443 . 


Société nationale académique de Cherbourg. — Mémoires. Cherbourg, 
Caen, 1873, in-8". 

Biographie du brigadier général des Gruberts, par M. Digard de Lousta. 
P. xix à xxi. 

Biographie du chevalier Dauvers, par M. de Pontaumont. P. xxu à xxvi. 

Discours prononcé en 1872 au collège de Cherbourg par M. Frigoult. 
P. 1 à 12. 

Célébrités de village (le baron d’Oxford; — Pierre le Terrible; — Gré¬ 
goire le Conteur; — Biaise le Latineux ; — Cousin Luc et Cousin Zacharie ), 
par M. Digard de Lousta. P. i 3 à 59. 

Récits d’une soirée d’hiver dans la Hague (Voyage au Toboso; — Le 
chevalier Dosber; — Confrérie des cornards à Cherbourg; — Théâtre de 
Cherbourg en 1 y 8y ; — Véritable origine du blason de Cherbourg ; — Le 
docteur Tiphaigne de Montebourg; — Antoine et Antoinette; — la Table en 
litige; — Liste des détenus à la maison d'arrêt de Sainle-Marie-dur-Monl, pen¬ 
dant la Terreur; — Preuve de seconde vue; — Lycée dramatique de Cher¬ 
bourg en 1 7 98)1 par M. de Pontaumont. P. 60 à 116. 

Un tour en Portugal il y a trente ans, par M. Jouan. P. 117 h 1 44 . 

Quatre mois du théâtre de Molière (novembre i 664 -mars i 665 ), par 
M. Édouad Thierry. P. 1 45 à 170. 

Le rois Louis au pavillon de Harlem. Souvenirs contemporains, recueillis 
et annotés par M. de Pontaumont. P. 171 à 175. 

Le poète Michel Le Goupil, par M. Digard de Lousta. P. 176 à 181. 

Bibliographie du département de la Manche, par M. Adrien Pluquet. 
P. 182 à 568 . 


Académie de Stanislas. — Mémoires , 1872 , à* série, tome V. 
Nancy, 1873, in-8°. 

Compte rendu de l’année 1872-73, par M. Ed. Lallement. P. v à xxix. 
L’abbé Grégoire, 1750-1789; discours de réception par M. Maggiolo. 
P. xxx à en. 

Les professeurs de droit à l’Académie de Stanislas; discours de réception 
par M. Ph. Jalabert. P. cm à cxxrv. 

Réponse aux récipiendaires par M. Volland. P. cxxv à cxxvn. 

Souvenirs artistiques et littéraires de Metz, par M. F. Blanc. P. cxxvm 

à CLI1I. 


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— 356 — 

Origines et théories économiques de l’Association internationale des tra¬ 
vailleurs, par M. Jules Liégeois. P. 1 h 55 . 

Notice sur Claude de Lorraine, dit le chevalier d’Aumale, à propos d’un 
jeton, par M. J. Chautard. P. 222 à 267. 


Commission historique du département du Nord . — Bulletin , tome XI. 

Lille, 1871, in-8° avec planches. 

Sépultures anciennes. Tumulus. Recherches k faire. Instructions. P. 4 o à 
44 . 

Statistique féodale du département du Nord, i r * partie : la châtellenie de 
Lille, limitée à l’arrondissement actuel, parM. Th. Leuridan. P. 45 à i 32 . 
* Les francs des cinq offices des feux, xm e , xiv® et xv* siècles, notes et pièces 
justificatives, par M. H. Caffiaux. P. 1 33 à 1 65 . 

Rapport sur les travaux de la Commission pendant l’année 1868-60. 
P. 197 à 2 i 3 . 

Saint Amé, archevêque de Sens. P. 218 à 221. 

Notice sur le couvent des Augustines de Marchiennes. P. 221 à 2 25 . 

Note sur la ville de Marchiennes en 1770. P. 225 et 226. 

États des terriers anciens existant dans les communes de l’arrondissement 
d’Hazebrouck au 1" juillet 1860. P. 226 et 227. 

Inventaire des objets d’arts et d’archéologie contenus dans les églises, 
chapelles et établissements hospitaliers du département. P. 228 à 25 o. 

Mémoires des intendants de la Flandre et du Hainaut français sous 
Louis XIV, publiés pour la première fois par M. A. Desplanque. P. 25 1 
à 328. 

Tableau des patrons des anciennes églises paroissiales de l’arrondissement 
de Douai. P. 36 1 à 364 . 

Notes sur plusieurs collégiales du Nord de la France. P. 365 et 366 . 

Condé-sur-Escaut; sa collégiale et son chapitre de chanoines. P. 367 à 

3 7 i. 

Condé-en-Hainaut ; chapitre des chanoinesses de Notre-Dame (Beata Ma¬ 
ria). P. 371 et 372. 

Rapport sur les travaux de la Commission pendant l’année 1860-70. 
P. 373 et 374. 

Lettre de M. A. Lebeau sur l’emplacement de Duronum et sur la décou¬ 
verte d’un milliaire romain à Etrœungt. P. 375 à 378. 

Lettre du même sur la découverte d’un nouveau milliaire romain et de 
sépultures gallo-romaines, k Godin, commune de Haut-Lieu. P. 379 à 
386 . 


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— 357 — 


Commission historique du département du Nord. — Bulletin , tome XII. 
Lille, 187,3, in-8°. 

La sainte et noble famille de Lille (1686-1793), par le comte de Fon¬ 
taine de Resbecq. P. s 5 h 167. 

Statistique féodale du département du Nord. Le Carembaut par M. Th. 
Leuridan. P. 169 à ai6. 

Rapporta'sur les travaux de la Commission pendant les années 1870-71 
et 1871-751. P. a 55 à 357. 

Annotations concernant certain maître Jacques Jocquet, auteur de pièces 
théâtrales représentées au séminaire Saint-Pierre de Lille, de i 63 o h i 636 . 
P. a 58 à 360. 

Renseignements demandés par M. d’Haffringues, subdélégué de l'inten¬ 
dant de Flandre et d'Artois, aux échevins d’Orchies, sur l’état de juridic¬ 
tion de cette ville, 1766. P. 961 à 967. 

J.-A. Hue de Caligny, auteur du mémoire sur l’intendance de la Flandre 
maritime. P. 968 à a 84 . 

Manuscrit du couvent de Sainte-Catherine-de-Sienne, de Douai. Notice 
descriptive, par M. E. de Coussemaker. P. 309 à 397. 

La joyeuse entrée des Altesses sérénissimes Albert et Isabelle (1600) 
Lille au xvi e siècle, par M. J. Houdoy. P. 399 à 5 i 3 . 

Mémoire pour servir à le revendication du coffret renfermant les prin¬ 
cipales reliques de saint Chrysole, par M. l’abbé Derveaux. P. 5 1 4 à 5 a9. 

Découverte d’un cimetière gallo-romain à Avesnes. — Origine de cette 
ville, par M. Lebeau. P. 5 a 3 à 54 o. 

Notice nécrologique sur M. Louis Cousin, par M. E. de Coussemaker. 
P. 54 1 5 544 . 


Société (Témulation de Cambrai . — Mémoires , tome XXXII, î" partie. 
Cambrai, 1873, in-8°. 

Procès-verbal de la séance publique du a 4 novembre 1873, par M. A. 
Durieux. P. 5 à 8. 

Discours d’ouverture, par M. Aie. Wibert. P. 9 a 90. 

Rapport surle concours d’histoire, parM. J.-B. Blin. P. 31 à 37. 
Rapport sur le concours de poésie, par M. A. Hattu. P. 99 a 5 i. 
Rapport sur divers travaux publics d’art, par M. A. Dumont. P. 53 à 6i. 
Rapport sur le concours de moralité, par M. A. Durieux. P. 63 à 71. 
Beaux-arts. Rapport par M. A. Berger. P. 73 à 77. 

Rapport sur l’exposition artistique de Valenciennes, par M. l’abbé B11I- 
teau. P. 79 5 99. 

Ru?, des Soc. 8AT. 5* série, t. VI. q A 


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— 358 — 

Le drapeau sauvé, scène dramatique. P. 101 à 10 5 . 

Établissement du christianisme, son influence dans l'histoire de Cambrai 
et du Nord de la France, par M. A. YVilbert. P. 107 à 186. 

Une excursion à Lambèse (Algérie), par M. le sous-in tendant Boissonnet. 
P. 187 à 228. 

L'Escaut et ses moulins, par M. A. Ducieux. P. 229 h 271. 

Note sur le peintre Prudhon, par M. A. Berger. P. 273 h «81. 

Notice historique sur Beauvais, par M. C. Douchez. P. 283 à 553 . 
Bulletin archéologique de l'arrondissement, par M. A. Bruyelle. P. 555 

à 573. 

M. de Caumont, par M. A. Wilbert. P. 5 j 5 h 583 . 


Société (Tagriculture, sciences et arts de Valenciennes, — Mémoires his¬ 
toriques sur Varrondissement de Valenciennes , t. lit. Valenciennes. 

1873, in-8°. 

Le beffroi et la cloche des ouvriers de i 358 , par M. H. Caffiaux P. 1 à 
26. 

Une commune flamande. — Recherches sur les institutions politiques de 
la ville de Valenciennes, par M. L. Cellier. P. 27 h 390. 


Société historique de Compiègne, — Bulletin , tome 11 (a° fascicule). 
Compiègne, 1873, gr. in-8°, avec planches. 

Compte rendu des travaux de la Société pendant les années 1870-71, 
par M. Demarsy. P. 169 à 174. 

L’obituaire des Célestins de Saint-Pierre-en-Cha&tres, par M. A. de 
Roucy. P. t 85 à 19 3 . 

Notes sur l’état militaire et les gouverneurs de Compiègne depuis la lin 
du ivn e siècle, par M. de Brécourt. P. iq 4 à 20 4 . 

Les vitraux byzantins de la cathédrale de Novon, par M. Z. Rendu. 
P. qo 5 à 9.07. 

Bellenglise, par M. l’abbé Gordière. P. 208 à 21 5 . 

Sur une trouvaille de monnaies et de bijoux du xvi e siècle à Vieux-Mou¬ 
lin, par M. Du Lac. P. 216 a 219. 

L’église de Ribécourt. par M. Z. Rendu. P. 220 à 222. 

Notice sur des fouilles exécutées à Gury en 1 85 9. par M. A. de Roucv. 
P. 2 a 3 h a 3 i. 

Notice sur le changement de noms de la ville de Compiègne, de ses 


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— 359 — 

rues et des localités voisines, pendant la période révolutionnaire, par 
M. A. Sorel. P. q3*j à a 38 . 

Notice sur M. Woillez, par M. Demarsy. P. 9 3 $ à a 4 4 . 

Rues, hôtels et quartiers anciens de Compiègne, par M. Aubrelicque. 
P. <*45 à 33 0 

La fête de l’Être Suprême h Compiègne ( 1794), par M. A. Sorel. P. 33 1 
à 338 . 

Sur un tableau du musée Vivenel, par M. Demarsy. P. 339 à 34 a. 
Notice sur deux cachets d’oculistes trouvés dans les environs de Com- 
piègne, par M. A. de Roucy. P. 343 à 35 o. 


Académie des sciences , lettres et arts d'Arras. — Mémoires , Q c série, 
tome V. Arras, 1873, in-8°. 

Première partie. 

Séance publique du aa août 1871. — Rapport sur les travaux des deux 
années 1869-70 et 1870-71, par M. l’abbé Van Drivai. P. i5à 27. 

Rapport sur quelques pièces de chant envoyées hors concours à l’Aca¬ 
démie, par M. l’abbé Planque. P. 54 h 69. 

Deuxième partie. 

L’abbé Prévost et ses principaux ouvrages, par M. Lecesne. P. 77 à 
167. 

Notice biographique par M. A. Demorv, artiste peintre, par M. C. Le 
Gentil. P. 1 58 à 196. 

La Sainte-Manne, par M. l’abbé Proyart. P. 197 à <* 5 o. 

Le lieu de naissance de saint Vaa9t, dissertation historique par M. l’abbé 
Van Drivai. P. q 5 i h 260. 

Encore une énigme historique, par M. l’abbé Van Drivai. P. 961 à 37,3. 

Le tombeau de Josué et les couteaux de pierre, par M. l’abbé Van Drivai. 
P. 274 h 289. 

Les armoiries dan9 les troupes romaines, par M. P. Lecesne. P. 290 
à 36 o. 

Troisième partie. 

Lectures faites dan9 la séance publique du <*3 août 1872. — Rapport 
sur les travaux de l’année, par M. l’abbé Van Drivai. P. 363 h 3 70 . 

Rapport sur les mémoires hors concours envoyés h l’Académie. P. 436 
et 437. 

Rapport sur le concours de poésie, par M. Cofïinier. P. 438 à 444 . 


î>4 . 


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360 


Société agricole, scientifique et littéraire des Pyrénées-Orientales , t. XX. 

Perpignan, 1873, in-8° avec planches. 

Résumé des travaux de la section des lettres, du 9 mars 1870 an 
a h janvier 1873, par M. Cruchandeu. P. qq à 2 4 . 

L’ancienne industrie de la verrerie en Roussillon, par M. Alart. P. 307 
à 3 qq. 

Jugement inédit de l’an 865 concernant la ville de Prades. — Examen 
critique des documents relatifs à l’origine des possessions de l’abbaye de 
la Grasse, en Roussillon et en Cerdagne, et à l’histoire de la Maison cen¬ 
trale de Cerdagne et de Barcelone, par M. Alart. P. 3 a 3 à 35 q. 

Lettre à M. Camp sur ses poésies nationales, par M. Léon Fabre de 
Llaro. P. 353 à 36 q. 

Traduction en vers français de la 6* satire du a* livre d'Horace intitulée : 
Parallèle de la vie paisible de la campagne et des tourments de la ville , par 
M. Louis Fabre. P. 363 à 368 . 


Société Belfortaine démulation . — Bulletin , 1872-1873. Belfort, 
1873, in-8° avec planches. 

Pierre de la Miotie, par M. l’abbé Descharrières. P. i5 à 20. 

Un fragment de tapisserie, par M. J. Dietrich. P. ai et a a. 

L’assise de Belfort, par M. G. Stoffel. P. a 3 à 3 i. 

Du champ de bataille de César et d’Arioviste, par M. A. Cestre. P. 33 
à 5 i. 

Le neveu du maréchal de Bassompierre, par M. D.. . P. 53 à 55 . 
Attirail de guerre au château de Belfort en i 585 . Communication de 
M. Frantz. P. 56 . 

Voltaire et l’église de Belfort, par M. G. Ménélrez. P. 57 et 58 . 

Une pierre tombale à l’église de Brasse, par M. J. J. . . P. 5 q et 60. 
Note sur l’inoculation variolique et la vaccination, à propos d’une lettre 
de M. de Berckheim de Schopenwihr h M. le baron de Klinglin, en 1777, 
par M. le D r Marquez. P. 61 à 65 . 

Une charte de 1291 concernant le fief de Rougemont, par M. J. J. . . 
P. 65 et 66. 

Les classes latines à Belfort au xvm* siècle, par M. J. Dietrich. P. 67 à 
?5, 

Quelques mots sur les environs du Rosemont dans l’antiquité, par M. F. 
Voulot. P. 76 à 80. 

Le château de Weckenthal, par M. J. Dietrich. P. 81 à 84 . 


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— 361 — 


Société d'agriculture , sciences et arts de la Sarthe . — Bulletin , 2 e série, 

fin du tome XIII (XXI e tome de la collection), 1871-1872. Le 

Mans, 1872, in-8° avec planches. 

De la nature et de la distinction des syllabes latines, par M. Clouet. 
P. 3 oi à 329. 

Épellation et étymologie. — Réponse à M. Clouet par M. Gasté. P. 33 o 
à 346 . 

Description et nature de la maladie de Charles VI, roi de France. — 
Analyse de la monographie de M. le D r Chereau, par M. le D r Lizé. P. 345 

à 357. 

Maître Julien Bigot, curé de Montfort, et l’hôpital de Montfort et Pont- 
de-Gennes, par M. Bellée. P. 358 à 38 o. 

Découverte de médailles françaises de l’époque de Charles VI. — Note 
de M. E. Hucher. P. 38 i à 384 . 

De la propriété forestière, par feu M. Béraud. P. 448 à 5o6. 

Étude psychologique et physiologique sur l’activité volontaire et libre et 
sur l’activité involontaire et spontanée de l’homme, par M. le D r Lizé. 
P. 507 à 5 a 5 . 

Des prisons départementales. — Réponse aux questions de la Commission 
d’enquête sur le régime des établissements pénitentiaires, par M. Boisseau. 
P. 5a6 à 567. 

Note de M. Charles sur les dates d’exécution et les noms des artistes et des 
ouvriers qui ont travaillé aux diverses parties de l’église de la Ferté-Bemard. 
P. 568 à 570. 

Réponse au S III de l’enquête parlementaire sur les conditions du travail 
en France, par M. Percheron. P. 626 à 638 . 

Rapport de la Commission chargée de préparer une réponse au ques¬ 
tionnaire de la Commission parlementaire d’assistance publique dans les 
campagnes, par MM. Boisseau, Mordret, Charton et Paul Surmont. P. 639 
h 686 . 

Examen des questions générales relatives à l’organisation de l’assistance 
publique dans les campagnes, par M. Garnier. P. 687 à 694. 

De la répression de la mendicité, par M. Boisseau. P. 695 à 729. 

Compte rendu des travaux de la Commission d’archéologie pendant les 
1”, 2* et 3 * trimestres de 1872,par M. E. Hucher. P. 730 à 739. 

Note sur Nicole de l’Escluse, maître ès œuvres de la cathédrale du Mans 
en i 42 o, par M. E. Hucher. P. 740 à 745. 

À part. 

Sigillographie du Maine : — Evêques du Mans. — Sceau de Guillaume 
de Passavant et de Hamelin. 


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— 362 — 

Barons du Maine. — Sceaux des sires de Bueil, seigneurs de Saint-Calais, 
Jean III et Jean IV, sires de Bueil, seigneurs de Saiul-Calais. 


Commission des antiquités de la Seine-hférieure. — Bulletin , tome II, 

1870 à 1879 (a* et 3 e livraisons 1 ). Dieppe, 1873, in-8° avec 

planches. 

Bapports annuels à M. le Préfet de la Seine-Inférieure sur les opérations 
archéologiques de son département, pendant les années 1870, 1871 et 
1872, par M. l’abbé Cochet. P. 206 à 2 15 et 367 à 391. 

Notice sur des sépultures chrétiennes trouvées, en mars 1871, à Saint- 
Oncnde Rouen, par M. F abbé Cochet P. 216 à 957. 

Note sur une tête de lance, en silex, trouvée dans le diluvium, à Caude- 
côte, près Dieppe, par M. Michel Hardy. P. 958 à a 63 . 

Note sur le manoir de Bévilliers, près Harfleur.par M. de Beaurepaire. 
P. 263 à 27a. 

Une pierre-limite de l’abbaye de Saint-Ouen, par M. l’abbé Cochet. P. 973 
à 276. 

Découverte d’une station de l’âge néolithique à BernouviUe, près Dieppe, 
par M. Michel Hardy. P. 4 oo à 4 o 4 . 

Note sur les tombes de l’abbaye de Boudeville, près Rouen, par M. de 
Beaurepaire. P. 4 o 5 è 409. 

Note sur une pièce du musée d’antiquités, dite fer à cheval , par M. F. 
Bouquet. P. 4 to à 43 o. 

Notes extraites des délibérations de l’ancien chapitre, par M. de Beau- 
repaire. P. A a.i à A 2 5 . 

Fouilles à Eu. — Exploration de la ville romaine d’Auguste, par M. l’abbé 
Cochet. P. A26 à 433 . 

La mosaïque de LiUebonne. P. 434 et 435 . 


Société des sciences morales , des lettres et des arts de Seine-etrOise. — 
Mémoires , t. IX. Versailles, 1873, in-8° avec planches. 

Première partie. 

Séance solennelle du 22 décembre 1871. —Allocution de M. Augustin 
Cochin. P. i à v. 

Discours de M. d’Urclé. P. vi à xxvm. 

Rapport sur les travaux des deux années académiques précédentes, par 
M. Anquetil. P. xxix h xlviii. 

1 La bibliographie de !r première livraison a été donnée dans la Revue, 5 * série 
t. III, p. 725. 


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— 363 — 

Séauce solennelle du 99 novembre 187a. — Allocution de M. de Cham- 
l»on. P. lvi à lix. 

Discours de M. Chardon. P. lx à lxxvi. 

Rapport sur les travaux de la dernière année académique, par M. An- 
quetil. P. Lxxvn à xc.vi. 

Deuxième partie. 

La disette de 1781) à 1792. Épisodes de la Révolution française dans 
Seine-et-Oise, par M. Dramard. P. 1 à 108. 

Notice sur la statue de la Vierge, nommée la Diégc, h Jouy-en-Josas, 
par M. l’abbé Grimot. P. 109 h 1 13 . 

Lettre de Pétiou h la municipalité de Versailles, h propos du 10 août 
1799. P. 11/1. 

Le capitaine François de la Noue, dit Bras de fer. — Étude sur le 
xvi*siècle, par M. E. Cougny. P. 1 15 à 167. 

Chars. — Son histoire, ses hauts barons, son vieux château, sonhûtel- 
Dieu, son église. Bercagny et ses environs, par M. le D r Bonnefoy. P. 168 
à 966. 

Notice biographique sur Adrienne Lecouvreur, par M. Mercier. P. *267 
à ‘275. 

De l’éducation d’un gentilhomme français au xvii 0 siècle, par M. Noël. 
P. *276 à q 85 . 

Fabre d’Eglantine à Liège, ou la puissance des vers, par M. Monlalant- 
Bougleux. P. 86 h a93. 

Les œuvres d'Emile Deschamps. Hommage h ses éditeurs, par le même. 
P. 993 à 997. 

Les chiens de berger, le chien de l’aveugle et le limier par-devant Cer¬ 
bère, par M. Charles Lafosse. P. 998 à 3 00. 

Poésies diverses, par M. Courteville. P. 3 oi à 3 o 4 . 

Fragments d’une IraducLion d’Horace, par M. Ânquelil. P. 3 o 5 â 3 j 6 . 


Société archéologique de Rambouillet . — Mémoires et documents , t. 1 , 
3 ®et dernière livraison. Rambouillet, 1873 , in-8° avec planches. 

Sépulture de la famille d’Augeunes dans l’ancienne église paroissiale de 
Rambouillet, par M. A. Moutié. F. 999 à 95a. 

Lettre de M. Joseph Guyot sur les travaux opérés par lui au vieux donjon 
de Dourdan. P. a 53 a a 56 . 

Iæs poésies de Claude Rabat, cbartrain, esleu pour le roi h Montfort- 
l Amaulry, et advocal audit lieu, par M. A. de Dion. P. üb'j a 970. 

Découverte d'une hache en bronze laite dans la commune de Villicrs- 


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— 364 — 

Saint-Frédéric, canton de Monifort-l’Amaury, par M. F. Morin. P. «171 et 
273. 

Saint-Sulpice-de-Favières, croix et stades, par M. L. Morize. P. 978 à 
980. 

Crypte de l’église de Saint-Arnoult, par M. L. Morize. P. 981 à 988. 

Les fiefs du comté de Montfort-rAmaury, par M. A. de Dion. P. 989 à 
387. 

Académie des sciences , belles-lettres et arts <T Amiens. —Mémoires 9 
9 e série, tome X. Amiens, 1873, in-8°. 

Compte rendu des travaux de l’Académie, par M. E. Yvert. P. 97 h 39. 

La maladie au théâtre et dans les romans, par M. le D r Herbet. P. 41 à 
60. 

Le marchand de lunettes, poésie, par M. E. Yvert. P. 61 à 66. 

Satires et épitres d’Horace, traduites en vers français par M. E. Yvert.— 
Compte rendu par M. de Beaussire. P. 67 h 78. 

Des causes de la substitution du drame à la tragédie, par M. E. Don- 
neaud. P. 79 à 13 5. 

Récit des obsèques de M. Obry, doyen de l’Académie. P. i97à i39. 

Quelques fragments d’une traduction en vers du second chant «le 
l’Enéide, par M. H. Dauphin. P. 133 à i5o. 

A travers les livres a autographes, par M. Auguste Decaïeu. P. tbi à 
181. 

Étude biographique sur Simon, comte d’Amiens et de Crépy, par M. l’abbé 
J. Corblet. P. 197 à 917. 

L’art dans l’antiquité, par M. A. Roger. P. 267 à 264. 

Notices sur MM. Sowinski, Thalbeçg, Verroust, Vieux-Temps et Vivier, 
lues parM. Deneux. P. 329 à 337. 

Notice sur Gribeauval, par M. E. Henneberl. P. 339 4 36 o. 

Des sciences en général et de leur influence sur l’esprit de la médecine, 
notamment au xix* siècle, par M. Peulevé. P. 381 à 4o8. 

Amiens pendant la TerreitF, par M. Manuel. P. 421 à 440. 

Rapport sur les travaux de l’Académie pendant l’année 1872-73, par 
M. E. Yvert. P. 46 1 à 476. 

Le Matin, poésie, par M. E. Yvert. P. 477 à 482. 


Société des antiquaires de Picardie. — Mémoires , 3 e série, tome 111 . 
Paris, Amiens, t-873, in- 8 ° avec planches. 

Des ateliers monétaires de la ville d’Amiens, par M. Bazot. P, 1 à 26. 


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— 365 — 

Rapport sur les travaux de la Société pendant les années 1 864 à 1869, 
par M. J. Garnier. P. 37 à 5 â. 

Rapport sur le concours de 1868. — Histoire de la ville de Roye, par 
M. Ch. Salmon. P. 53 à 70. 

Répartition entre les gentilshommes tenant fiefs nobles en Ponthieu, de 
l'indemnité allouée à messire André de Bourbon-Rubempré, délégué aux 
états généraux de Blois, en 1577. Publié par M. le baron Âlbéric de Ca- 
lonne. P. 71 à 98. 

Correspondance inédite de Turenne avec Michel Le Tellier et avec Lou- 
vois. Publié par M. Édouard de Barthélemy. P. 99 à 363. 

Démocharès ou une fausse étymologie du mot mouchard , parM. l’abbé 
J. Corblet. P. 3 63 à 359. 

M. Ducarne de Blangy, par M. de Roquemont. P. 361 à 3 i i. 

Les pestes ou contagions h Amiens, pendant les xv\ xvf et xvu* siècles, 
par M. A. Dubois. P. 3 1 3 à 353. 

Essai sur les châteaux royaux, villes royales ou palais du fisc des rois 
mérovingiens et carolingiens, avec plans des vestiges de ces châteaux ou 
de leurs annexes, par M. C.-P.-H. Martin-Marville. P. 353 à â88. 

Des études archéologiques, par M. Leleu. P. 689 à 5 10. 

Rapport sur les travaux de la Société pendant les années 1869-1873 , 
par M. J. Garnier. P. 5 t 1 h 5 16. 

Rapport sur le concours de 1878, par M. Janvier. P. 537 & 

Rapport sur le concours d’archéologie, par M. l’abbé J. Corblet. P. 553 
â 557. 


Société ([émulation d'Abbeville. — Mémoires , 3 e série, I er vol. (1869, 
1870, 1871 et 1873). Abbeville, 1873, in-8°. 

Notice sur la Société d’émulation d'Abbeville, suivie d’une table générale 
de ses travaux depuis sa fondation, par M. Ém. Delignières. P. 1 à lxxx. 

La ligue à Abbeville ( 3 * partie), par M. E. Prarond. P. 1 à 393. 

Catalogue raisonné de l’œuvre gravé de Jean Dauüé, d’Abbeville, pré¬ 
cédé d’une Notice sur sa vie et ses ouvrages, par M. Ém. Delignières. 
P. 395 à 459. 

Des nouvelles églises construites à Paris et dans ses environs, par 
M. C.-J. Buteux. P. 46 1 à 563 . 

Découverte d’une sépulture franque à Rogent, en 1866. — Notice, par 
M. E. Hecquet d’Orval. P. 6 o 3 à 61 5 . 

Notes sur des fouilles faites à Port-le-Grand en 1869, 1871 et 1873, 
par M. E. Hecquet d’Orval. P. 617 à 633. 

Notice sur la statuette d’un dieu gallo-romain trouvée à Cahon, par 
M. Ch. Louandre. P. 635 à 639. 


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— 366 — 

Inauguration du monument élevé à la mémoire de M. Bouchet* de 
Per thés, par M. Ém. Delignières. P. 63 1 à 660. 

Notice sur M. Calluaud, par M. E. Prarond. P. 66t à 668. 


Société des sciences , belles-lettres et arts de Tam-et-Garonne. — Recueil , 
187^. Monlauban, 1872, gr. in-8°. 

Rapport sur les concours, par M. Emmanuel Soleville. P. 5 à 19. 
L’éruption du Vésuve en avril 1872, par M. te D* Guiraud. P. /19 à 73. 
Les derniers jours du président Bonjean, par M. Paul Gardclle. P. 79 à 
< ( 6 . 

La Vengeance, poème, par M. Julien Lugol. P. 95 à 101. 

Études sur la topographie d’une partie de l’arrondissement de Castel- 
sarrasin pendant la période mérovingienne, par M. Devais aîné. P. io3 à 
i 5 7 . 

Essai sur la poésie lyrique des Hébreux, par M. Charles Bois. P. 187 à 

a41 - . , 

Récits et paysages, par M. Emile Pouviîlou. P. 2^3 à 256 . 

Le Printemps (mars 1871), par M. Henri Nazon. P. 257 à 260. 

Étude sur l’histoire de l’acoustique musicale et la mesure des intervalles 

musicaux, par M. E. Mercadier. P. 261 à 273. 

Un proverbe, par M. Gustave Garrisson. P. 275 à 29t. 

L’agriculture devant l’impôt et le crédit, par M. Perrin de Grandpré. 

P. 292 à 335 . 

Pourquoi Corneille n’a-t-il pas été notre Shakespeare? par M. F. Boudas. 
P. 33 7 h 368 . 

Les aliénés en liberté, par M. le D r Darnis. P. 369 à 387. 

Poésies. — Imitation de Henri Heine, par M. Zénon de Grenier. P. 389 
5 /ioo. 


Société d'émulation de la Vendée. — Annuaire , 18° année, 187t. 

La Roche-sur-Yon, 1872, in-8°. 

Les puits funéraires du Bernard, par M. l’abbé F. Baudry. P. 87 à 55 . 
La mairie ou prévôté de la Châtaigneraie, en la paroisse de Saint-Phil- 
bert-du-Pont-Charrault, par M. E. de la Bouietière. P. 67 à 66. 

Texte de la charte de l'année 1236 instituant ladite mairie. P. 66 à 68. 
Récits de la guerre de la Vendée, par M. l’abbé L. Àugereau. P. 69 à 7 h. 
Approvisionnements et dépenses de table au milieu et à la fin du 
xv" siècle. Documenta publiés par M. P. Marchegay. P. 1 3 t> à i 5 A. 


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— 307 


Société d'émulation de la Vendée . — Annuaire, 19 0 année, 1872. 

La Roche-sur-Yon, 1878, in-8°. 

Note sur une croix-reliquaire du xi* siècle, par M. L. Bailereau. P. 91 
à 96. 

Possessions territoriales des ordres religieux et militaires en bas Poitou, 
par M. L. de la Boutetière. P. 97 à 108. 

Antiquités celtiques de la Vendée et légendes, par M. l’abbé F. Baudry, 
P. 110 à i 36 . 

Saint-Gille^-sur-Vic, par M. Delidon, avec une planche. P. i&8 à i6è. 

Documents sur File d’Yeu, communiqués par M. de Sourdeval. P. iG 5 
h 178. 

Les Châtaigniers, poésie, par M. E. Grimaud. P. 179 à 18a. 

Recherches sur Tiffauges et ses anciens seigneurs, par M. P. Marclie- 
gay. P. t 83 à 226. 


Société des antiquaires de F Ouest. — Mémoires, tome XXXVI, 
année 1872. Poitiers, 1873, gr. in-8°. 

Séance publique dn 97 décembre 1879. 

Discours de M. Ledain. P. 3 à q 5 . 

Rapport sur les travaux de la Société pendant l’année 1872, par M. A. 
Ménard. P. 27 à 4 o. 

Publication de documenta inédits. 

Cartulaire de l’abbaye de Talmond, par M. de La Boutetière. *P. 4 i à 

â 9 8. 


Société archéologique et historique du Limousin . — Bulletin , t. XXI, 
année 1872, 2 0 et dernière livraison. Limoges, 1873, in-8°. 

M. Tixier-Lachassagne, par M. Léonce de Fontaine de Resbecq. P. 169 
« * 9 5 - 

M. François Alluaud, par M. Dubédat. P. 196 à 25 1. 

M. Émile Ruben. P. 252 à 2 55 . 

Monographie du canton de Bessines, par M. A. Lecler. P. *56 a 29/». 


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368 — 


CHRONIQUE. 


Société d'agriculture , sciences , arts et belles-lettres du départemetü 
d Indre-et-Loire. — Composition du bureau pour trois ans. 

Président : M. Houssard. 

Vice-présidents : MM. Blanchard et Fennebresque. 

Secrétaire perpétuel : M. l’abbé Chevalier. 

Secrétaire adjoint : M. Pasquier. 

Trésorier : M. Ferré (Armand). 


Société archéologique de Touraine. — Composition du bureau 
pour trois ans. 

Président : M. l’abbé Chevalier. 

Vice-président : M. Ladevèze. 

Secrétaire général : M. Millet. 

Secrétaire adjoint : M. l’abbé Juleau. 

Trésorier : M..Guyol. 

Conservateur des collections : M. Palustre. 


Société dagriculture , sciences et arts de Douai. — Composition 
du bureau pour 1874. 

Président : M. Alfred Asselin. 

1 er Vice-président : M. Hardouin. 
a* Vice-président : M. Vasse. 

Secrétaire général : M. Montée. 
i er Secrétaire adjoint : M. Favier. 
a* Secrétaire adjoint : M. Grimbert. 

Trésorier : M. Paix. 

Archiviste : M. Brassarl. 


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— 369 — 


Société historique de Compiègne. — Composition du bureau 
pour 187/i. 

Président : M. Al. Sorel. 

Vice-président : M. Miresse. 

Secrétaire : M. A. de Marsy. 

Secrétaire adjoint : M. P.-E. Delarche. 

Trésorier : M. Debesdin. 

Commission de publication : MM. de Roucy, Fourrier et du Lac. 
Commission des finances : MM. Demonchy, d’Espériès et Heudel. 


Société Florimontane d'Annecy . — Concours de poésie. 

Le prix de 600 francs, fondé par M. le docteur Andrevetan, de la Roche, 
avec le concours de la ville d’Annecy, sera décerné par la Société Flori¬ 
montane en juillet 1874. 

Le choix des sujets h traiter est laissé aux concurrents. 

Les pièces de poésie doivent être inédites et écrites en langue française. 

Les envois porteront une épigraphe qui sera répétée à l'extérieur d’un 
billet cacheté, indiquant le nom et le domicile de l’auteur. 

Sont seuls admis à concourir : 

i° Les nationaux, excepté les membres effectifs de la Société Florimon¬ 
tane; 

a 0 Les étrangers, membres effectifs ou correspondants de cette Société. 

Les manuscrits devront être adressés au secrétaire de la Société Flori¬ 
montane, avant le x” juillet 1876. 


Société havraise (Tétudes diverses. — Composition du bureau 
pour 1874. 

Président : M. le docteur Lecadre. 

Vice-président : M. le docteur Maire. 

Secrétaire général : M. J. Bailliard. 

Secrétaire des séances : M. Ludovic Léhaul. 

Archivistes : MM. Duboc et Borelv. 

Trésotier : M. Mallet. 

Bibliothécaire : M. Clerc. 


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— 370 — 


Société littéraire, scientifique et artistique (VApt. —. Programme 
du concours de 187/1. 

i° Recherches sur un point d'histoire, de critique littéraire, d'archéo¬ 
logie, etc., intéressant la Provence ou le Constat-Veoaissin. 

La Société signale aux concurrents, sans toutefois prétendre restreindre 
le cadre de leurs recherches ni le libre choix de leurs sujets, les questions 
suivantes : 

Études historiques sur le comté de Forcalquier. Son origine et ses limites 
à diverses époques. — Épisodes inédits des guerres de religion et de la 
peste de 1730. — Biographies vauclusiennes : évêques, magistrats mu¬ 
nicipaux, artistes, écrivains, etc. etc. — Examen critique des diverses 
opinions sur Laure. 

Prix : une médaille d’or de 100 francs. 

a 0 Concours de poésie française. 

La Société décernera pour la première fois en 1876 le prix Fortuné Pin, 
consistant en une violette d'or de la valeur de cent francs, à l'auteur de la 
poésie française, ayant quatorze vers au moins et cent cinquante au plus, 
et remplissant le mieux les conditions suivantes : 

Le sujet à traiter par les concurrents est laissé à leur libre choix, aussi 
bien que la forme de la pièce; ils devront se conformer exactement aux dis¬ 
positions générales du concours. À égalité de mérite, la préférence sera 
donnée a l'œuvre qui se recommandera, comme celles de Fortuné Pin, par 
l'élévation du but moral, le sentiment religieux et domestique, et l’amour 
du pays natal. 

3 ° Concours de poésie provençale. 

Le choix du sujet et du dialecte est laissé aux auteurs, qui devront joindre 
un glossaire à leurs pièces. 

Prix : une médaille de 100 francs. 

Nota. Il pourra être accordé, pour chaque concoure, des médailles de 
vermeil, d’argent ou de bronze, comme second prix, ou è titre de mention 
honorable. 

Le prix fondé en mémoire de Fortuné Pin, par sa famille, sera décerné 
choque année, à partir de 1876 , alternativement pour la poésie française 
et pour la poésie provençale. 


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~ 371 — 


DISPOSITIONS GÉNÉRALES. 

Les pièces, écrites très-lisiblement, devront être adressées franco au se¬ 
crétariat de la Société, avant le Si octobre , et porter en tête une épigraphe 
ou devise reproduite sur une enveloppe, cachetée et séparée, contenant le 
nom et l’adresse de l’auteur, avec la déclaration signée que le travail est 
inédit et n’a été présenté à aucun concours. 

Les prétendants qui se feraient connaître seraient exclus; ils ne devront 
pas employer une écriture qui aurait figuré dans un concours précédent de 
la Société. 

Ces conditions sont de rigueur . 

Les manuscrits envoyés ne sont pas rendus; ils restent déposés aux ar¬ 
chives de la Société. 


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V- 


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REVUE 


DES 

SOCIÉTÉS SAVANTES. 

NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1873. 


CATALOGUE DES MANUSCRITS FRANÇAIS 

DE 

LA BIBLIOTHÈQUE DE SAINT-PÉTERSBOURG. 


INTRODUCTION. 

La Bibliothèque publique de Saint-Pétersbourg est un bel édifice 
situé dans la perspective Nevski, entre le palais Anytchkoff, rési¬ 
dence du grand-duc héritier, et l'immense bazar nommé Gasùné - 
Dvor. La porte destinée au public s’ouvre sur la place où vient d’être 
inaugurée la statue monumentale de Catherine IL Le département 
des manuscrits occupe, avec la chancellerie, les salles du rez-de- 
chaussée. 

Schnitzler, l’illustre savant strasbourgeois qui avait travaillé toute 
sa vie à nous révéler le monde russe et qui vient de mourir au len¬ 
demain des catastrophes subies par sa ville natale, Schnitzler, dans 
sa Statistique de T empire de Russie , a décrit avec soin la Bibliothèque 
publique de Saint-Pétersbourg. Cette description demeure exacte 
dans son ensemble; et les quelques améliorations qu’il y aurait eu 
à signaler depuis lors sont peu de chose en comparaison des agran¬ 
dissements considérables et des constructions annexes qui vont, d’ici 
à peu de temps, renouveler l’aspect de l’édifice. M. Léouzon-Leduc, 
dans ses articles du Journal général de Vinstruction publique (sep¬ 
tembre et octobre i 85 y), puis dans son livre sur la Russie, et plus 

Rb?, dbs Soc. sa?. 5* série, t. VI. a5 


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— 374 — 

récemment M. le comte Hector de La Ferrière, dans ses trois rap¬ 
ports iusérés aux Archives des mimons scientifiques , ont ajouté d'in¬ 
téressants détails à la description de Schnitzler, particulièrement en 
ce qui concerne les manuscrits français et leur splendide installa¬ 
tion. Au lieu de reproduire ici les renseignements déjà connus, 
nous nous attacherons à compléter ou rectifier ceux qui se rap¬ 
portent aux deux ordres de faits suivants : i° les origines de la bi¬ 
bliothèque et les provenances des divers fonds composant le dépar¬ 
tement des manuscrits; 2° la série des administrateurs qui se sont 
succédé à la tête de cette grande institution. Les éléments de cette 
double notice nous ont été fournis par M. Bytschkoff, directeur- 
adjoint. 

I 

La Bibliothèque publique de Saint-Pétersbourg provient de di¬ 
verses collections successivement réunies à celle des comtes André 
et Joseph Zaluski, qui en a constitué le premier fonds. 

Solennellement ouverte au public à Varsovie en 1767, la biblio¬ 
thèque Zaluski subit depuis bien des vicissitudes; elle fut même en 
partie « dispersée, soit par le fait de l’incurie des premiers admi¬ 
nistrateurs, soit par suite des troubles intérieurs de la Pologne. 
En *795, elle fut transportée à Saint-Pétersbourg comme un tro¬ 
phée des victoires de la Russie. » La Bibliothèque comptait alors 
262,000 volumes imprimés et près de 10,000 manuscrit». Mais, 
dès l’origine, un grand nombre d’ouvrages scientifiques en furent 
distraits pour doter les bibliothèques de l’École de médecine et de 
quelques autres établissements publics, de façon que, en *8io, il 
restait à peine 238 ,000 volumes. 

Ce premier temps d’épreuves passé, les pertes sensibles que la 
Bibliothèque impériale avait éprouvées furent plus que compensées 
par de nombreuses acquisitions, qui bientôt lui assurèrent un rang 
considérable parmi les établissements de ce genre eo Europe. Ce» 
rapides accroissements furent dus, en premier lieu, aux libéralité» 
des souverains; puis à des donations privées, aux achat» faits par 
l’administration elle-même; enfin à la loi de 1810, qui a prescrit 
de déposer à la Bibliothèque impériale deux exemplaires de tous les 
ouvrages imprimés en Russie. 

Nous nous bornerons à énumérer ici les diverses collections com¬ 
posant le département des manuscrits, celles du moins qui sont le 


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— 375 — 

plus remarquables par le nombre, l’importance ou le choix des ou¬ 
vrages. 

Les voici dans l’ordre chronologique de réception : 

I. La collection, justement célèbre dans le monde savant, des 
manuscrits que Pierre Douhrowsky, attaché d’ambassade de Russie, 
était parvenu à recueillir pendant un long séjour à l’étranger, et sur¬ 
tout à Paris, à l’époque de la Révolution (H sera reparlé plus loin 
des manuscrits de cette collection Doubrowski); acquise par le gou¬ 
vernement russe en 1 8 o 5 ; 

9. Les manuscrits et les incunables slaves, réunis par le sénateur 
Froloffet acquis en 1817; 

3 . Les manuscrits orientaux trouvés à la mosquée d’Ardébile, 
trophée de la guerre contre la Perse {1838); 

6. Une autre collection de manuscrits de même nature pris à 
Akhalzikh, Erzeroura, Andrinople, etc., pendant la guerre contre 
la Turquie (1899); 

5 . La collection de manuscrits persans, offerte à l’empereur Ni¬ 
colas parle prince Khozreff-Mirza, envoyé extraordinaire du shah 
de Perse (1839); 

6. La célèbre collection de manuscrits slaves et d’incunables 
slaves et russes, formée par le comte Tolstoï et achetée de lui au 
prix de i 5 o,ooo roubles ass. ou 171,630 francs (i 83 o); 

7. Les manuscrits (avec les imprimés les plus précieux) de l’an¬ 
cienne bibliothèque de l’Académie des Jésuites de Polotzk, acquis 
en 1 83 1 ; 

8. Une partie des manuscrits de la bibliothèque publique de 
Varsovie et de celle de la Société littéraire de la même ville, trans¬ 
portés h Saint-Pétersbourg, avec une partie des imprimés, en i 834 ; 

9. La majeure partie de la bibliothèque du comte Suchtelen, 
célèbre bibliophile, achetée à ses héritiers (1 836 ); 

1 o. Une collection considérable de livres et de manuscrits sur 
les sociétés mystiques, achetée de M. Laurentie à Paris (1863); 

II. La bibliothèque de l’académicien Pogodine, « depuis long¬ 
temps célèbre en Russie au point de vue des antiquités nationales et 
contenant une vaste collection de manuscrits, d’incunables, d’auto¬ 
graphes, delivres imprimés et d’estampes, tous indigènes, u achetée 
par ordre de l’empereur Nicolas I er pour la somme de 1 5 o,ooo roubles 
arg. ou 600,000 francs (i 853 ); 

a5. 


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— 376 — 

19 . La bibliothèque de M. Korobanolî, qui faisait partie de son 
musée national légué au gouvernement (i 85 q); 

1 3 . Une curieuse collection de livres et de manuscrits sur la 
franc-maçonnerie et les sociétés mystiques, offerte par les héritiers 
du comte Michel Wiélhorski (1 856 ); 

1 4 . Les manuscrits et la correspondance du comte Spéransky, 
l’un des hommes d'état les plus considérables de la Russie; don de 
M me Froloff-Bagréeff, sa fille (î 856 ) ; 

1 5 . Les palimpsestes et les manuscrits grecs et orientaux achetés 
au professeur Tischendorf, de Leipsig (î 858 ) ; 

16. La bibliothèque de M. d’Adelung, particulièrement riche 
en livres et manuscrits intéressant la science linguistique (î 858 ) ; 

17. La collection de manuscrits orientaux du prince Dolgorouki, 
ex-ministre de Russie en Perse (1859J; 

18. La collection de manuscrits slaves que possédait M. Trekh- 
létow, marchand, offerte par M. Olovianischnikow (1860); 

19. Une collection de *r manuscrits russes se rapportant particu¬ 
lièrement aux deux derniers siècles,* offerte par M. Goundobjne, 
correspondant honoraire de la Bibliothèque (1860); 

90. Une collection de deux cent cinquante-cinq autographes de 
différents personnages français, offerte parM. Paul Lacroix (1861 ); 

91. La collection de manuscrits hébreux et caraïms, rassemblée 
par les caraïms Firkovitch (vingt de ces manuscrits sont antérieurs 
au x e siècle); acquise aux frais du Trésor (1869); 

99. Une (?collection d’antiques rouleaux et autres manuscrits 
hébreux que le caraïm Abraham Firkovitch avait confiée, en 1839 
et i 859 , aux archives de la Société d’histoire et d’archéologie 
d’Odessa, et qui, par l’ordre de l’Empereur, a été achetée pour 
être jointe à la collection mentionnée plus haut» (i 863 ); 

93. Une collection de cinquante-deux manuscrits slaves et de 
deux cent vingt-quatre chartes ayant appartenu à M. J. Sakharow, 
membre honoraire de la Bibliothèque (i 863 ); 

9/1. Une collection de quarante <r manuscrits slaves, acquis de 
M. Kouprianow, archéologue estimé, professeur au gymnase de 
Novgorod* ( 1 863 ); 

95 . Une collection d’anciens «corans coufiques, sur parchemin, 
offrant presque tous les différents types d’écriture, achetée à 
M mo Denoyers, héritière du sieur Marcel, qui fut membre de l’ex¬ 
pédition scientifique d’Égypte, organisée par Bonaparte* (i 864 ); 


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— 377 — 

q 6. La collection de cent soixante et un manuscrits arabes, per¬ 
sans et turcs, rassemblée par M. Khanikow, conseiller d’état actuel, 
pendant son séjour dans divers pays de l’Orient, et acquise de lui 
eq 186/» ; 

97. Une frcollection de quarante-quatre manuscrits en vieux 
slavon, ayant appartenu à M. Bersénew (la pièce principale est 
Tunique exemplaire des Vies des saints, Patérik Petcherski , sur par¬ 
chemin, grand in-6°, qui remonterait au temps d’Ivan Mikhaïlovitch 
et à Tan 1606);» collection acquise en 1 865 ; 

98. Une rr collection autographe de compositions musicales du 
célèbre Michel de Glinka, comprenant les premières œuvres écrites 
par lui en 1896, ainsi que les œuvres des derniers temps de sa vie;* 
collection offerte par M. V. Engelhard en 1867; 

99. La collection de * manuscrits russes et slaves ayant appar¬ 
tenu à Tillustre historien N. Karamzine, qui a ajouté de sa main, 
sur lesdits manuscrits, de nombreuses annotations marginales;* 
collection offerte par les fils de N. Karamzine (1867); 

3 0. Une collection de vingt-sept manuscrits orientaux, pour la 
plupart persans, achetée aux héritiers du comte N. Simonitch, au¬ 
trefois ministre de Russie à la cour de Téhéran, frà qui plusieurs 
de ces manuscrits, d’une exécution élégante, avaient été offerts par 
les princes et les ministres persans* ( 1868); 

3 1. Une collection de manuscrits slaves, offerte par M. le con¬ 
seiller d’état actuel Hilferding, qui l’avait rassemblée en 1867, lors 
de son voyage en Bosnie, en Herzégovine et dans la Vieille Serbie 
(1868); 

39. La correspondance du prince V. Odoïèvski, * comprenant les 
lettres qui lui furent adressées par divers personnages, et offrant 
d’innombrables renseignements relatifs à l’histoire de la littérature 
et de l’art russe pendant la première moitié du siècle courant;* don 
de sa veuve, M”" 0 la princesse Odoïèvski (1869); 

33 . Une collection de manuscrits relatifs à là franc-maçonnerie 
et aux sectes mystiques, en diverses langues, ayant appartenu à 
M.Th. Prianischnikow, membre honoraire de la Bibliothèque; don 
de sa veuve (1869); 

36 . Une collection de trente manuscrits latins, sur parchemin, 
se rapportant particulièrement à l’histoire de la théologie dans 
l’Europe occidentale, pendant cinq siècles, du xiT au xvn* inclusi¬ 
vement; » achetée en 1 869 ; 


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— 378 — 

35 . Une collection de quatre cent cinquante^cinq cartes de géo¬ 
graphie, avec des plans de villes, d’édifices, ete.; transmise à la 
Bibliothèque par les archives scientifiques de l’etat-major (1869); 

36 . La collection de crmanuscrits samaritains, que le professeur 
caraïm Abraham Firkovitch avait rassemblée pendant ses pèlerinages 
en Syrie, en Palestine et en Égypte (Les plus précieux manuscrits 
de cette collection sont : a, un livre de commentaires sur le Penta- 
teuque, en langue arabe, et 6, un recueil de poésies liturgiques 
pour toutes les époques de l’année et toutes les circonstances de la 
vie, par divers auteurs. Un recueil manuscrit de poésies du même 
genre, qui se trouve à la bibliothèque ducale de Gotha, a été publié 
par Gésénius);» collection acquise en 1870; 

37. Une collection d’œuvres musicales, copiées à Rome en 
i 85 a -54 dans différentes archives; offerte par M. W. Stassow, 
conseiller d’état actuel ( 1870); 

38 . Une collection de *• copies de cadastres, de registres d’arpen¬ 
tage et de divers inventaires dont les originaux se trouvent aux 
archives du ministère de la justice a Moscou; collection très-impor¬ 
tante pour les études de géographie et de statistique de l’ancienne 
Russie; transmise à la Bibliothèque par autorisation du ministre de 
la justice, comte K. Païen» (1870); 

39. Une collection de quatre-vingt-dix-sept «■ manuscrits orien¬ 
taux, trouvés lors de l’occupation de la ville de Kitaba dans le 
palais du bek de Schakhrisiab ;» offerte par le gouverneur général 
du Turkestan, aide de camp général Kauffinann, membre honoraire 
de la Bibliothèque ( 1871 ) ; 

l\ o. Une collection de mauuscrits relatifs à l’Espagne; offerte par 
le comte V. Panine, membre honoraire de la Bibliothèque (1871); 

4 i. La collection de manuscrits mystiques de feu N. Boutéoew; 
acquise de ses héritiers en 187a. 

fi 

Le premier chef que la Bibliothèque Zaluski ait reçu, après sa 
translation à Saint-Pétersbourg, fut le comte de Choiseul-Gouffier, 
émigré français connu dans le monde savant par ses voyages et ses 
productions littéraires. En 1800, la Bibliothèque passa sous les 
ordres du comte Stroganoff, qui reçut le titre d’administrateur 
général des bibliothèques impériales, et eut pour adjoint un autre 


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— 379 — 

émigré français, le chevalier d'Augard. La charge d'administrateur 
général ayant été abolie à la mort du comte Stroganoff, cette insti¬ 
tution, devenue en 1811 une dépendance du ministère de l’ins- 
traction publique, fut placée sous les ordres d'un directeur spécial : 
d’abord ce fut le secrétaire d'état Olénine, et, après sa mort, en 
t 843 , M. Boutourline, membre du Conseil de l'Empire, puis, à 
la mort de celui-ci, en 18/19, le baron Modeste de Korff, membre 
du Conseil de l'Empire et secrétaire d'état. Lors de cette nomination 
du baron de Korff, l'administration de la Bibliothèque, détachée du 
ministère de l'instruction publique, passa dans les attributions de la 
Maison de l’Empereur. Depuis 1861, la Bibliothèque se trouve sous 
la direction de M. Délianoff, membre du Conseil de l'Empire et se¬ 
crétaire d'état, lequel a pour adjoint M. l'académicien A. Bytschkoff. 
Actuellement, la Bibliothèque relève du ministère de l'instruction 
publique. 

La Bibliothèque n'a été régulièrement ouverte aux hommes 
d'étude et aux visiteurs, avec le titre de *Bibliothèque impériale pu¬ 
blique,» qu’en 181 4 , son inauguration ayant été retardée jusque- 
là soit par divers travaux préparatoires, soit par les embarras et 
les préoccupations de la guerre de 1812. 

En ce qui touche les manuscrits français de la collection Zaluski 
et de la collection Doubrowsky, nous avons pu nous borner d'abord 
aux simples notes qui leur sont consacrées plus haut (p. 2 et 3 ), 
puisque la publication du catalogue va révéler toute l’importance 
qu'elles ont, soit par la quantité considérable des manuscrits 
qu'elles ont fournis à la Bibliothèque de Saint-Pétersbourg, soit 
par la rare et inestimable valeur d’un certain nombre de ces vo¬ 
lumes. Les lettres D et Z, inscrites après les numéros d’ordre, 
indiquent que les manuscrits proviennent de l'une ou de l'autre de 
ces deux collections. 

Ajoutons que, si la majeure et plus précieuse partie de la col¬ 
lection Doubrowsky ne figure pas dans ce « Catalogue des manuscrits 
français,» c’est qu’on en a fait un corps spécial sous ce titre : Col¬ 
lection des autographes . M. Léouzon-Leduc, dès i 852 , et M. H. de 
La Ferrière avaient analysé les richesses de cette collection; nous 
en avons copié, il y a deux ans, le catalogue pour toutes les parties 
du moins qui intéressent la France (et c'est la presque totalité, 
deux cents volumes environ). Ce catalogue particulier a été publié 
dans la lleme des Sociétés savantes ( 5 e série, tome IV, novembre-dé- 


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— 380 — 

ceinbre 1873).-11 suffit de rappeler ici eu peu de mots que là 
Collection des autographes se compose de recueils de chartes et de 
lettres de rois, princes, ambassadeurs, ministres, maréchaux de 
France et autres personnages de marque; que la série chronolo¬ 
gique des pièces qu’elle contient va du moyen âge aux premières 
années de ce siècle, et qu’elle abonde particulièrement en papiers 
d’état et pièces diplomatiques pour la période qui s’étend depuis le 
règne de Louis XI jusqu’à celui de Louis XIV. La plupart de ces 
précieux volumes proviennent, comme on sait, des archives de la 
Bastille et surtout de la bibliothèque de l’abbaye de Saint-Germain- 
des-Prés, héritière des grandes collections Séguier et de Harlay, et 
non moins riche en documents historiques qu’en manuscrits litté¬ 
raires de l’ancienne France. 

Il 11e fut que trop facile à Pierre Doubrowski de se procurer toud 
ces recueils, puis de les expatrier à la faveur des troubles révolu¬ 
tionnaires, et malgré le comité nommé par la Convention à l’effet 
de réserver les documents et les objets intéressant l’histoire ou l’art 
national. 

C’est également de la bibliothèque de Saint-Germaiu-des-Prés 
que sont venus la plupart des splendides manuscrits à miniatures 
sur lesquels on trouvera de sommaires notices dans le présent ca¬ 
talogue. Les plus beaux sont exposés sous vitrine dans certaines 
salles de la Bibliothèque de Saint-Pétersbourg qui forment un musée 
bibliographique de la plus rare valeur. Aux murs sont partout ap- 
pendues d’autres vitrines verticales, offrant une série chronologique 
d’autographes de princes et de personnages célèbres, pour laquelle 
la Collection des Autographes français a encore été mise à contri¬ 
bution. 

Encore bien que les manuscrits français de la Bibliothèque de 
Saint-Pétersbourg aient subi plusieurs classements successifs, et 
qu’il en résulte souvent, au dos des volumes et sur les feuilles de 
garde, un luxe embarrassant d’indications contradictoires, il ne serait 
pas impossible de faire l’histoire des plus importants, et particuliè¬ 
rement des recueils et portefeuilles distraits de nos anciennes col¬ 
lections historiques, qui sont encore tels que nos archivistes du 
xvii 0 et du xviii 0 siècle les avaient composés, et se raccorderaient ai¬ 
sément aux volumes de même famille demeurés en France. 

Mais un assez long temps serait nécessaire pour mener à bien 
line étude de ce genre el pour faire un catalogue irréprochable des 


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— 381 — 

manuscrits français de la Bibliothèque de Saint-Pétersbourg. 11 s'en 
faut bien que nous attribuions cette qualité à la présente publica¬ 
tion. Une courte explication est indispensable à ce sujet. 

La première pensée qu'on pouvait avoir était d'obtenir une trans¬ 
cription du catalogue officiel, tel qu'il est en usage pour ce dépar¬ 
tement de la Bibliothèque : c'est précisément ce que M. Taschereau, 
administrateur général de la Bibliothèque Nationale de Paris, avait 
demandé, il y a quelques années déjà, et ce qui fut en effet en¬ 
trepris par les soins d’un des membres les plus distingués de la co¬ 
lonie française de Saint-Pétersbourg, M. Howyn de Tranchère. 
Nous avons fait reprendre et achever ce travail interrompu. A part 
un certain nombre d'additions plus ou moins récentes, ce catalogue, 
en son ensemble, date du premier tiers de ce siècle, et fut l’œuvre 
de bibliothécaires apparemment très-inexpérimentés; les notices 
des manuscrits les plus importants sont le plus souvent incomplètes 
sur des points essentiels, souvent même fautives, et c’est à pre¬ 
mière vue qu’on devait les juger telles. Une année eût suffi à peine 
pour revoir ou plutôt pour refaire tout ce catalogue; or nous ne 
pouvions guère prolonger au delà de deux mois notre dernier 
séjour à Saint-Pétersbourg, en novembre et décembre 1873; .encore 
devions-nous la plus large part de notre temps à la révision et au 
collationnement des copies de sept recueils de documents histo¬ 
riques. Nous avons pourtant corrigé en toute hâte les notices d’en¬ 
viron deux cents manuscrits, nous attachant de préférence aux plus 
anciens, antérieurs au xvn* siècle. 

En ce qui regarde ce travail, accompli les originaux toujours 
en mains et, pour ainsi dire, sur les rayons mêmes, nous devons 
des remerciments tout particuliers à deux personnes : d’abord à 
M. le secrétaire d’état Délianoff, directeur dé la Bibliothèque, dont 
la sollicitude hospitalière ne nous a jamais fait défaut durant 
nos trois missions successives, et puis à M. Bytschkoff, directeur 
adjoint, conservateur général des manuscrits et membre de l’Aca¬ 
démie des sciences de Russie. Marquons bien expressément que 
M. Bytschkoff a participé de la façon la plus active à cette révision 
provisoire du catalogue des manuscrits français. 

Nous sommes tout des premiers à souhaiter que ce catalogue, 
ainsi revu et amélioré, serve de point de départ à quelque travail 
complet, approfondi, définitif, analogue enfin à relui qui se pour¬ 
suit dans nos archives et bibliothèques de France, suivant un plan 


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— 382 — 

et daprès des règles déterminées; mais d'où viendra l’initiative,et 
quand ce vœu sera-t-il accompli? Sans plus attendre, nous suivrons 
l’avis de juges autorisés qui estiment que la présente publication 
sera déjà un sérieux service rendu à l’érudition nationale : trop 
longtemps réduite à des notions vagues ou partielles sur ces im¬ 
portantes collections françaises de Saint-Pétersbourg, elle entre¬ 
verra mieux tout ce qu’on en peut espérer de lumières nouvelles 
pour notre histoire politique et notre histoire littéraire. 

Gustave Bbrtrand, 

Membre du Comité des travaux historiques, 
chargé de missions en Russie. 


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383 — 


I 

THÉOLOGIE. 

THÉOLOGIE. 

In-folio ( v*Hn ). 

1 D. Bible (La) hystoriaux, où les hysloires escolatres sont, et 
les livres qui après ensuivent (1291). 

Manuscrit du xiu* siècle, à trois colonnes, avec lettres ornées en miniature au com¬ 
mencement de chaque livre. — Le i w volume contient 299 feuillets, le a* vol. 2 A 9. 
— Au i"vol., feuillets ia 3 et 12A, a68 et 369, et au a* vol., feuillets 1 et a, 
1 a6 et 127, aa 5 et 326, se # trouvent des écussons en couleurs avec des armes écar¬ 
telées de France et de Navarre. 

Traduction de la paraphrase latine de Comestor, exécutée par Guiare des Mou¬ 
lins, prêtre et chanoine de Saint-Pierre d'Aire, qui fut élu doyen de ce même cha¬ 
pitre en 1397. N commença son travail en 1391, au mois de juin, anniversaire de 
sa naissance, et l'acheva au mois de février 1296. 

Les signatures de Marie d'Albret, de Jean d'Albret, de Henry d’Albret, de Henry 
de Navarre (Henri IV), sur la feuille de garde du 2* volume, et au verso de la même 
feuille la signature de Marguerite, femme de ce dernier, ne laissent aucun doute 
que ce précieux manuscrit ait appartenu à la famille royale de Navarre. 

Reliure du xv* siècle, en velours rouge sur un tissu d'or, avec des fleurs de velours 
effacées au-dessous par l'usage. 

2 Z. Paraphrase de la Bible (chapitre par chapitre jusqu'au 
4 a chapitre d’Esther). 

Manuscrit de 280 feuillets; xv* siècle; incomplet, écrit à deux colonnes; les lettres 
initiales de chaque livre peintes et rehaussées d’or; miniatures très-vulgaires. Le 
manuscrit finit par ces mots : aies pu celles et les eunuches.rj 

ZD. Jérôme (Saint). Épitres de saint Jérôme, traduites par 
ordre de la reine Anne de Bretagne, à laquelle l’ouvrage fut dédié 
par le traducteur Antoine de Four, évêque de Marseille. 

Le manuscrit commence : i° * Considérant que tous les anciens 
interprètes. . . n 2 0 «s’ensuyt le trespas de Mons. sainct Ihérosme 
par son disciple Eusèbe* (ff. 39 et 4 o), en forme depltre adressée 
a Damase, évêque de Porthueuse ( episcopo Portuensiï ), et à Théo- 
dose, le gouverneur de Rome. 

Manuscrit de 65 fouilles, du xvi* siècle, exemplaire qui fut présenté à la reine, 


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— 384 — 

avec i a superbes miniatures. On remarque dans les ornements la Cordelière, ordre 
de chevalerie féminine, institué par la reine Anne. 

L’épitre d’Eusèbe «sur le trépas de saint Jérôme» n’est qu’une traduction libre 
ou une paraphrase de l’original. Voyez le n° i 53 , Manuscrits latins In-quarto. 

k D. La vie des Apostres et des Martyrs et d'autres Sainz et de 
Saiutes. Commence par la table des matières : * La Disputation de 
sainct Pol contre Symon mage.* 

Manuscrit de a 55 fl*, du xm* siècle, à a colonnes, avec miniatures à la tête de 
chaque vie; initiales à figures peintes et dorées, rubriques rouges. 

Acheté à Paris par M. Doubrowski. 

5 Z. Bonaventure (Saint). La vie et la passion de Jésus-Christ. 

Commence : «t Comment toute sa vie... ; * ünit : « Allez par toutes 

terres enseigner. » 

Manuscrit de 1 33 fl*., du xv*s.; incomplet; miniatilfes assez belles au commen¬ 
cement de chaque rubrique, lettres initiales peintes et rehaussées d’or. 

Le volume porte trois astérisques (***) comme signe de rareté. 

6 Z. Albert le Grand. Somme abrégée de Théologie par très- 
excellent docteur en théologie de l’ordre des frères prescheurs, Al¬ 
bert le Grant, archevesque de Ratispone. Commence : «Cy com¬ 
mencent les rubriches.» 

Manuscrit de ai 5 fl*, du xvi* siècle, à a colonnes; lettres initiales peintes en cou¬ 
leur bleue et rehaussées d’or. — Ce manuscrit a été fait probablement pour Louis 
Malet de Graville, amiral de France, gouverneur de Picardie et de Normandie, 
chevalier de l’ordre du roi, qui mourut en 1 5 16, âgé de 78 ans. 

7 Z). Pseaumes ou Cantiques sur les attributs de Dieu. Dédiez à 
monseigneur le chancelier (Pierre Séguier) par M. de la Serre, 
conseiller du roi en ses Conseils et historiographe de France. A 
Paris, de l’